SCEAUX DES HUIT GANTONS ET DE LEURS ALUÉS
cet emblème dans les sceaux du couvent et de la ville de Saint-Gall^ ainsi que dans celui d'Appenzeli. Sur le sceau du couvent, le saint fissure avec Tours. Comme armoirie, Tabbé portait d'or à ours de sable levé en pied ; la ville : l'ours de sable levé en pied en champ d'argent lampassé et armé de gueules. Le même motif se trouve reproduit dans le sceau d'Appenzell.
Fig. j8. — Le sceau de Fribourg représente une tour crénelée accompagnée à sénestre d'un mur crénejé ; cette image est l'emblème parlant de la forteresse bâtie par le duc Berthold IV de Zeeringen et qui a donné aussi son nom à la ville : Freie Barg ; la couleur de Tarmoirie correspondant au sceau était à^azur à la tour crénelée d'argent. A cette armoirie, qui a été conservée comme armoirie municipale, est venue s'en substituer une autre consistant en un écusson coupé sable et argent. L'aigle qui figure dans le sceau est des Zœringuen et des Furstenberg.
Fig. 7p. — Le sceau de Soleure porte la figure de saint Ours, patron de la yille^ armé de toutes pièces comme un chevaliei, flanqué de deux écussons coupés gueules et argent, avec l'aigle impérial en cimier.
Fig. 8j. — Les ligues grisonnes, éprouvant le besoin d'un emblème unique, adoptèrent pour leur confédération le sceau de la Ligue Grise, consistant en une croix florencée. Le choix de ce signe par les ressortissants de la Ligue Grise ellemême était un acte de déférence pour l'abbé de Dissentis. Leurs armoiries étaient parti argent et gris, différentes ae celles de l'abbé qui portait de gueules au sau~ ioir d'argent. Suivant Adolphe Gautier, le qualificatif de gris, appliqué à la plus ancienne des trois ligues, n'aurait pas trait à la couleur des sarreaux que portaient les gens de la contrée, il devait être pris au figuré et signifierait ancien ; dans la langue rhéto-romane, les hommes du pays s'appellent Grisch, par opposition aux colons étrangers qui sont venus plus tard habiter ces contrées ; grisch (en allemand grau) désignerait ainsi l'autochtone, l'ancien habitant qui prédominait dans cette Iiffiie. Delà,- le gris comme couleur auquel est venu se- joindre l'argent; le gris n étant pas une couleur héraldique, a été remplacé par les émaux qui s'en ra| prochent le plus, soit le sable ou l'azur. Plus tara, lorsque la Confédération grisonne se constitua en canton, elle adopta des couleurs communes à tout le pays, en empruntant le gris, figuré par du noir, à la Ligue Grise, l'argent à la Ligue Caddée Îui portait d'argent au bouquetin effaré de sable^ et l'azur à la Li^ue des Dixuridictions qui portait écartelé d'or et d'azur à la croix de l'un à Poutre.
Fig. 8i. — Le grand sceau de Bàle portait l'image de sa cathédrale. Les armes de la ville sont dérivées de celles de son prince-évèque, qui portait en champ d'ar^ gent sa crosse de gueules posée en pal y l'extrémité supérieure recourbée en chef et tournée à sénestre, et l'extrémité inférieure terminée par trois pointes. La ville porte la même figure, mais de sable et non de gueules. Comme support des armes, on voyait figurer à l'origine des lions, et plus tard, à partir du quinzième siècle, l'écusson s'appuie sur un animal fabuleux, sorte de chimère ou dragon ailé appelé Basilisky qui rend les armes parlantes.
Fig. 82. — On a fait dériver le nom de Schaffhouse des mots Schaf (brebis) et Haus (maison) ; la vraie étymologie du nom est Schiffhausen ou Schifferhausen, Navium domus en latin. On dit Scaph pour vaisseau en vieil allemand (comme en grec skaphos), l'origine de la ville était une halte de bateliers. C'est ainsi, par suite de cette erreur, que les armes de la ville sont devenues faussement parlantes, elles étaient d'or au bélier saillant de sable lampassé de gueules, couronné^ accorné et ongle du métal du champ ; un autre blason^ vraisemblablement le plus ancien et qui a été conservé comme armoirie municipale, porte : en champ d'or au demi-^lier de sable mouvant d'une maison {ou d'un château crénelé) d'ar^ gent placé à sénestre sur une terrasse (ou sur un mont) de sinople.