GUERRES D ITÂUE. BATAILLE DE NOVARE
non reDOuvellemeDt de Taltiance était au contraire un acte de sagesse. Les Confédérés n'avaient rien à gagner à unir leur sort à celui d'un allié perfide qui en leur demandant leur appui n'avait en vue que son propre agrandissement, et qui une fois !e concours obtenu se refusait à en payer le prix. Le danger de pareilles
Fig. 81. — Portrait du pape Julei II, par Rapbaël.
alliances a été signalé par Machiavel : « A moins que la nécessité ne l'y contraigne, a dit ce profond penseur, un prince ne doit jamais faire alliance avec un plus puissant que lui pour en attaquer d'autres, car le plus puissant étant vainqueur, tu restes, toi, à sa discrétion, et les princes doivent, autant qu'ils le peuvent, éviter d'être à la discrétion d'autrui '. »
* Traité da prince, ch. XXI.
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IndépeDdants de l'empire, libres de toute obligation à l'égard de la France, les Suisses eussent pu se retirer avec honneur de l'arène et semblaient disposés à le faire, lorsqu'ils y furent ramenés par deux prêtres ambitieux, le pape JtUes II et le cardinal Schinner.
Julien de la Rovère, qui sous le nom de Juks II oceupa le trône pontifical de 1503 à 1513, avait plus à cœur les intérêts temporels du « patrimoine de saint Pierre » que les intérêts spirituels de l'Eglise. Le salut des âmes confiées à ses soins le préoccupait peu. Pour s'élever, il flatta Louis XII ; une fois parvenu au suprême pouvoir, objet de son ambition, son caractère se révéla impérieux, violent., obstiné et audacieux. Sa préoccupation ardente fut d'arriver à agrandir le territoire de l'Eglise et de chasser de l'Italie les barbares^ c'est-à-dire les étrangers, afin de mieux dominer la péninsule. Pour parvenir à ses fins il fallait commencer par humilier Venise, dont la puissance lui portait ombrage. Dans ce but, il ne craignit pas d'appeler à son aide ces barbares qu'il détestait, se réservant, une fois ce premier résultat obtenu, d'aviser aux moyens de se débarrasser de ses alliés gênants en les opposant les uns aux autres. En 1508 il conclut contre Venise la ligue de Cambrai, dans laquelle entrèrent Louis XII, l'empereur MaooimUien et Ferdinand le Catholique, Les Confédérés, invités à prendre part à cette guerre, s'y refusèrent, estimant qu'elle était contraire à leurs intérêts. Venise rechercha leur alliance, ils refusèrent également; la France ayant encore des mercenaires suisses à sa solde, les cantons restèrent dans l'expectative. En peu de jours le territoire de la fière république fut envahi, ses troupes battues se concentrèrent dans ses lagunes. « Les Vénitiens vaincus, dit Guizot, acceptèrent leur défaite avec un mélange d'humilité et de grandeur qui changea bientôt en Italie leur situation. » Le sénat prit toutes ses mesures pour mettre la reine de l'Adriatique en état de supporter un siège et attendit tranquillement que la diversité des intérêts fît éclater la discorde entre les alliés. Ce qu'il prévoyait arriva; le pape, ayant repris les places que les Vénitiens lui avaient jadis enlevées dans la Romagne, et le roi d'Espagne ayant reçu du saint-père l'investiture du royaume de Naples, tous deux firent leur paix avec Venise. La ligue de Cambrai se trouva ainsi dissoute. La première partie du programme pontifical réalisée, Jules II, avec un parfait défaut de prudence, se retourna contre
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Louis XII auquel il devait principalement le succès de la campagne contre Venise et il forma en 1510 une seconde coalition, connue sous le nom de sainte-ligue, dirigée cette fois contre les Français, et à laquelle prirent part les Suisses, Venise^ Ferdinand, Maximilim, et le roi d'Angleterre Henri VIII.
La rupture de Talliance franco-suisse en 1509 était venue à point pour favoriser les projets de Jules II et pour faire des Confédérés le pivot de la nouvelle coalition. La responsabilité de l'intervention des cantons dans la guerre franco-italienne appartient au célèbre cardinal Schinner, évéque de Sim. Ce prélat, comme Waldmann, avait une origine des plus modestes et parvint grâce à son habileté, à son énergie et à son esprit d'intrigue à jouer un des rôles les plus en vue dans un des drames les plus mouvementés de notre histoire.
Né à Muhlibach, dans le Haut- Valais, de parents obscurs, Mat^ thieu Schinner avait dans sa jeunesse laborieuse connu de dures privations qui trempèrent son caractère ; c'est en chantant dans les rues, suivant la coutume des écoliers de son. temps, qu'il gagnait comme enfant sa maigre subsistance. Après avoir étudié à Sion, à Berne, à Zurich et à Coire, où parfois il remplaça ses maîtres, il revint en Valais. Devenu curé de campagne, il continua à se vouer aux humanités, avec son chétif salaire il trouvait moyen de faire des économies pour acheter les œuvres des auteurs classiques. Sa prédication éloquente attira l'attention. L'évêque de Sion était alors Jost de Silinen qui, ainsi que nous avons vu plus haut, avait été, durant les guerres de Bourgogne, un des agents de Louis XI auprès des Confédérés. Les dissensions intestines ayant amené la chute de ce prélat, un oncle de Matthieu, le chanoine Nicolas Schinner fut appelé au siège de Sion. Lié avec Georges de Supersax, l'un des principaux chefs de la république valaisanne, Matthieu fut nommé coadjùteur de l'évéché, puis il remplaça son oncle en 1499.
A rencontre de Jost de Silinen et de Georges de Supersax, le nouvel élu était un adversaire résolu de la France. Il était, nous dit M. Kohler, l'implacable ennemi de la France pour avoir vu dédaigner par Louis XII des services qu'il voulait vendre trop cher. En 1500 il avait personnellement soutenu Ludovic le Maure; en 1503, lors de la conquête de Bellinzone, il 6gura au nombre des médiateurs de la paix d'Arona. 11 considérait l'alliance de la Suisse avec Louis XII comme un péril pour la Confédération et
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pour le Valais, il ne voulait pas que les Français pussent s'établir sur les deux versants des Alpes, aussi s'efforça-il de faire écarter par la diète les- propositions des ambassadeurs du roi de France. Mais la neutralité de la Suisse ne suffisait pas au belliqueux prélat ; pénétré des dangers que la présence des Français en Italie faisait courir à l'Eglise qui, pour lui, se confondait avec le pouvoir temporel des papes, il se constitua le champion de Jules II, et se rendit à Rome pour préparer les voies à une alliance entre le saint-siège et les cantons.
Jules II avait été naguère, de 1472 à 4476, évéque de Lausanne, aux temps des guerres de Bourgogne, il savait de quelle utilité pouvait lui être le concours des Suisses. Schinner revint de Rome investi de la confiance du saint-père, et se présenta devant la diète de Luceme avec un projet d'alliance. Il existait alors en Suisse un groupe de patriotes désireux de jouir des avantages de la paix et de la neutralité. Mais Schinner fit miroiter aux yeux des députés des cantons les conditions avantageuses de la curie romaine, il fit appel au dévouement des Confédérés aux intérêts du saint-siège et obtint une levée de 6000 hommes pour une durée de cinq ans, en échange de laquelle le pape s'engageait à payer annuellement aux douze cantons une somme de 12 000 florins et accordait des in inimités ecclésiastiques. Un traité de cinq années fut conclu su(^ «? ^te base le 24 mars 1510. En apparence, ce traité semblait dii' • contre les princes italiens ; en réalité, c'est^, contre Louis XII «^ *e les troupes suisses devaient être
Le drape; * la planch ; ci-coutre figure dans le Fahnenbuch de Fri-
bourgs il e^ ibqarg arti tîqae de i893. Dans la notice qui accoin|MigDe
cette public ., lu. Max de Diesb^ch noua dit que cette bannière doit vraisemblablement {)rovenir du butin rapporté par le capitaine Falk lors de la campagne de 1512, et faisait naguère partie des trophées qui décoraient la collégiale de Saint- Nicolas et qui furent détruits à l'époque de la république helvétique vers 1799. La bannière elle-même, suivant cet auteur, doit remonter au temps de la république ambroisienne (1447-1450). L'efHgie de saint Ambroise, patron de Milan, entourée de la légende commanitas mediolani se retrouve en effet sur les monnaies de cetie période ; la devise de liber tas était une affirmation de l'indépendance récemment conquise par la république. Autour du saint, on renuirque quatre femmes vêtues de blanc et couronnées d'or figurant les quatre vertus cardinales : la prudence, la justice, la force et la tempérance. Autour du médaillon central sont disposées quatre femmes rayonnantes de beauté, tenant des boules dans les mains représentant probablement les quatre éléments : le feu, la terre, l'eau et l'air. M. de Diesbach pense que cette bannière doit avoir été prise non sur un champ de bataille, mais bien dans quelque édifice public où elle avait été reléguée après la chute du régime républicain.