GUERRES D'ITALIE. BATAILLE DE NOVARE
Tappui des Suisses, qu'il ne méritait guère à vrai dire^ car, pendent son court règne, il s'était adonné au plaisir et ne s^était pas fait souci de ses devoirs de souverain. Les Suisses tinrent néan« moins leurs engagements, ne jugeant pas conforme à leurs intérêts de laisser tomber le duché de Milan en d'autres mains.
Le 18 avril 1513, 4000 hommes furent envoyés à Maximilien et dirigés sur Novare. Le 3 juin Parmée française, commandée par La Trémouiile, l'investit avec une nombreuse artillerie. Le général français, vendant la peau de l'ours avant de l'avoir tué, avait déjà annoncé au roi qu'il allait se saisir de Maximilien Sforza sur les mêmes lieux où son père avait été fait prisonnier treize ans auparavant. Le 5 juin au matin, apprenant que des renforts étaient envoyés aux défenseurs de la place, La Trémouiile abandonna le siège et prit position au sud-ouest de Novare, entre Trecate et Galléraie, sur un terrain coupé par des canaux et protégé par un bois. Les troupes des Confédérés entrèrent dans Novare le même jour à dix heures du soir ; elles n'étaient pas encore au complet, des inondations ayant retardé la marche des Zuricois et des contingents de la Suisse orientale. Avec la garnison de Novare les Suisses ne disposaient que de 10 000 hommes ; les Français avaient 11 000 hommes d'infanterie, plus 1100 lances (soit 5000 hommes). Sans se reposer, les Suisses prennent leurs dispositions de Combat. A la pointe du jour, « comme un essaim d'abeilles s'envole au premier rayon de soleil, » dit le chroniqueur bernois Anshelm, les Confédérés sortent des portes de Novare pensant surprendre les Français. La Trémouiile et Trivulce disposèrent promptement leurs troupes. La bataille ne dura que trois heures, mais fiit chaude. Avec cette sûreté que donne l'habitude de la victoire, les Suisses attaquèrent résolument leurs adversaires. L'aile droite engagea la première le combat contre la cavalerie et Tartillerie françaises qu'elle réussit à tourner, tandis que le centre chargeait l'infanterie et que l'aile gauche attaquait les lansquenets souabes et bohèmes que La Trémouiile avait à sa solde. Etant parvenue à s'emparer des canons français, l'aile droite les retourna contre l'ennemi et décida de la victoire. Dans cette mémorable et meurtrière journée les Suisses perdirent 1 500 hommes et les Français 8000 hommes. La Trémouiile, blessé, prit la fuite par le Mont-Cenis avec les débris de son armée, et abandonna aux Suisses le duché de Milan.
Le pape et l'empereur, spectateurs passifs de cette guerre, féli-
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citèrent hautement les Suisses de leur brillante campagne. Machiavel manifesta son étonnement de ce que le peuple le plus belliqueux était en même temps le plus libre, et l'un des historiens italiens les plus illustres de Tépoque, Guicciardini , compara la victoire de Novare à celles qui ont rendu à jamais illustres les Grecs et les Romains.