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le brave évôque Supersax, les Valaisans arrêteront les auxiliaires italiens que le duc de Milan envoyait au duc de Bourgogne ; ils aidèrent aussi aux Fribouriioois a défendre leur ville contre les Savoyards, comme l'avaient fait leurs pères au temps de la guerre de 1440. Les prêtres eux-ménies prirent une part glorieuse à la lutte nationale. Le curé de Neueneck, à la tête du landsturm de sa contrée, empêcha les Bourguignons de s'emparer du pont de Gumine.
Le résultat de la défaite des Bourguignons fut la conquête du Pays-de-Vaud par les Bernois et les Pribourgeoîs. Ces • derniers, irrités contre les Romontois, brûlèrent leur ville et massacrèrent plusieurs habitants. Mais un brillant congrès d'ambassadeurs français , savoyards, autrichiens et de dépu» tés fédéraux, réuni dans les murs de Fribourg, stipula la restitution du Pays-de-Vaod à la Savoie moyennant une certaine somme. Toutefois Morat , Grandson , Gerlier, Ëchallens restèrent en commun aux Bernois et aux Fribourgeois ; le Bas- Valais, aux dixains du Haut, qui l'ont conservé jusqu'à ce jour. Fribourg, si cruellement traité par la Savoie vingthuit ans auparavant au traité de Morat, prit sa revanche. La duchesse Yolande dut lui payer 25,000 florins, et un an après, renoncer formellement à sa suzeraineté sur cette ville, qui forma dès lors, jusqu'en 1481, une république indépendante, alliée de Berne et des Suisses.
Le congrès de Fribourg ne rétablit point la paix avec le duc de Bourgogne. S'obstina nt n sa perte, Charles refusait de rendre à Réné son duché de Lorraine. Aux instances de ce jeune prince , et par le crédit de Waldmann, Pun des généraux de Morat, la diète de Lucerne accorde 8,000 hommes. Unis à 7,000 Allemands et Lorrains, ces" auxiliaires livrèrent . sous les murs de Nancy une bataille décisive, où le due Charles, trahi par le Calabrais Campobasso, perdit ta couronné et la vie (5 janvier 4477). Hanz Waldmann et Brandolphe de Stein, le prisonnier de Grandson, commandaient les Suisses dans cette mémorable journée. * ' A'
•lolpho {l'Erlacli, If Clncivnntnf! : ncMiix-nhor;;. le Fafiricius de l'hisloiro hel- • vélique. Nos Thcnnopyles suul à Sainl-Jacques ; à Morat, notre Marathon. Les Neunhaapt tombent tous à la Sclioosliaide eomme sles Fabius Crémèro. Si Fninkli a pu être comparé à Caton, Waldmann a quelqnecbose
de Tlifinisto'^Ir, el Gundoldingen û'Epaminon(}as. Que l'antiquito noUSIBOh— tre maintenant un Nicolas de Flue et un avoycr Weogi en io<ii I
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Après la victoire de Moral, Louis XI s^était hâté de se rapprocher des Suisses. Invités à sa cour, les prinnipaux che£s confédérés, Waldmann, Boubenber» et HallwvL v reçurent Taccueil le plus empressé et le phis brillant. C'est que Louis XJ, prévoyaut la ruine du duc de BoiirgO£;ne, éspérait, à la feveer de 1 anulié des Suisses, s'emparer des États boargoi* gnons: Mais après la bataille de Naoey et la mort de Chartesle*Téaiéraire, les Bernois, toujours ambitieux et grands dans leur politique, songéreot à faire de la Bourgogne oa État allié et tributaire des Suisses. Les Franos-Comtois-^jt-némeft demandaient à être agrégés, à perpétuité, à la Confédération de la Haute-Allemagne. Mais Tesprit envahissant des Bernois était devenu suspeot aux autres Stiisses. Ceux des Waldstœlien surtout commençaient à craindre la prépondérance des villes. Ce n'était deja qu'a contre-cœur qu iKs avaient pris part à la deruieie 4>iierre, faile uniquement, pensaientils, pour ai^randif Hei ne du côté de la Savoie. Louis XI et son agent Sdinen suihmU ex[)luiu>r «-e inécnnienlenient. Moyennant 100,000 florins^, ils ohiinrent de la diète non-seuieinent qu'elle se désistât de ses pi-tHor) lions sur la Bour L;(>i,'no, mais encore qu'elle envoyai des auxiliaires à Louis pour conquérir cette provifice. Cependant, aux cris de dotresse du peuple franc-comtois, un corps franc de 5,000 houimes s'organise dans les cantons pour défendre .la liberté l)ourî<'jignonne. Mais il arriva ce qui devait arriver encore plus d'jmie fois en pareille ciroonstance; les Suisses de Parmée bourguignonne se laissèrent corrompre par ceux de Tannée de Louis XI et livrèrent par trahison la ville de Déle- qu'ils étaient chargés de défeodre. La diète punit les. traîtres et i&nvoya au roi de France, en faveur des Bourguignons ^ des députés qui montrèrent d'abord plus de loyauté et de palrietisttie. a Ne vous
> laisses pas prendre aux douces paroles du roi de* France, » écrivait à la diète l'un de ces députés, fe fameux Wafd» » mann ; je n'ai jamais vu de gens plus fourbes et plus im-
> piloyahlos. Les Welsehes (*) nous trompent et nous niepri- » sent. Laissons la celte per^de alliance française et soyons
(I) WOêchtê, nom donné lef allemands à tous ceux qui parlent la langue française ou des idiomes dérives du latin et du cdtique, ^^Uch99
vient de Welsh, Dom des Gallois ou Gaulois dans l'ancienne langoe celti- «lue parlée enoore. dans la principauté de Galles.
Bynom
• bons allemands. » Adrien de Boubenberg, qui faisait aassi partie de la députation, ne se croyant pas en sûreté à la cour de Louis XI, s'enfuit et revint en Suisse déguisé en ménétrier ambulant. Mais WaldmaDn s'étaot laissé corrompre par line pension de 600 livres, se ravise el tient dans ses dépêches on loal aolre langage : « Avant que nous soyons de retonr, 9 la peUte Bourguignonne (il appelle ainsi Marie de BûorgQjigogne.) aura perda tout son hérilage; le roi Louis XI a a 6ent mille hommes. Qui pourrait songer à lui résister? m BîentM le faéf^ de Morat et de Nancy poussera Timpudetir jnsqtt'k se moquer de Boubenberg, a dont les vaines terreorSi » disall-H, avaient empêché la cour de France de le combler, t comme lui, d^honnenrs et de présents. » Rien ne montre mieux que ces paroles quelle atteinte profonde la loyale probité des Suisses primitifs avait déjà subie dans leurs descendants du XV siècle. C'était l'œuvre des conquêtes injustes et des guerres mercenaires. Malbeureusemeut tout cela n'ét^ft pas près de disparaître.
A peine la guerre de Bourgogne terminée, qu'une autre guerre tout à fait semblable *^allunia. Celle fois c'élail contre la duchesse (Je Milan et pour servir l'ambiiion du pape Sixte IV. Il n'y avait cependant qu'une année que les Suisses avaient renouvelé avec les Milanais un capitulai chèrement acheté par ces derniers ; mais Sixte IV fit sonner haut le mot d'tnéulqtiMiit déploya une bannière bénite et promit butin et pensions; les mercenaires affluèrent. Un État même, celui d*Uri, se laissa entraîner. Le n>inistre de la duchesseide Mi* lan réclama contre une telle violation du droit des iens et de la justice. Un lui répondît en alléguant un conflit de limites et requit tous ses co-Ëtats de combattre avec lui. lV),000 Confédérés passèrent le Saint-Gotibard conduits par Waldmann etBouoenberg (décembre 4 478). Le siège de Bellinsona fàt commencé, puis abandonné par ces chefs sous le prétexte de la chute des neiges, mais non sans bruit de vénalité et de trahison. Ils se retirèrent en laissant 600 Confédérés pour la garde de la Lévenline. Le comte Borelli, commandant des forces lombardes, crut qu'il aurait bon marché de cette poignée de guerriers el marcha contre eux avec \ 5,000 hommes. La bataille de Giornico, dans la Léventine, détrompa cruellement cette confiance. Un otficier léventiu, qui a Ja bravoure
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helvétique joignait la ruse italienne, le juge Stanga, avaii conseillé aux Suisses de faire déborder les eaux du TeasÎD snr les prairies qui a voisinent ce village; puis de se munir de crampons et d'attendre Tenneinî sur la colline. Ainsi firaH 'les Suisses; puis lorsqu'ils virent Tennemi chercher à en gravir d*on pas mal assuré la pente couverie de verglas , île ^ s'élanoèrenl sur loi avec inipéliionlé ei le mirent en déreole complète. 1,500 Lombards périrent; leur sang teignit le Mige jQsqu*^ Bellinzxma. C'est ainsi, chose presque tneroyablei que €00 homnoes en défirent 45,000. Le héros de la jonniée fat Frischaifk Tbeilig , intrépide marchand de toile de LnoenM, qui, tournant dans ses mains sa flamboyante et terrible épét, portait l'épouvante et le carnage dans les rangs milanais, semblable a Tange de la mort. Le duc de Milan fut obligé d'acheter la paix et de céder la Léventioe et Brugiasco aux Suisses.