‹ Histoire de la nation suisse d'après les principaux écrivains nationaux et quelques sources originalesChapitre 17 sur 34 · HI6T0I1II · texte numérisé non relu

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pMid*aiIes, on les abat comme dos corbeaux. A grands coups de lance on les fait dévaller, sans crainte de gâter leur plumage ou de voif leurs aiies s'enfler au vent.

> Deux lieues au loin ce n'était qu'une même bataille. Deux lieues au loin gisait foulée et broyée la puissance du Bourguignon. Deux lieues de sang répandu vengèrent le trépas de nos frères iniquement égorgés à Grandson. » (4)

De tels chants devaient plaire à une nation belliqueuse. Aussi étaient-ils extrêmement populaires. Les camps, les « tirs, les dédicaces retentissaient des mâles ncconfs de Weit- Weber et des autres bardes helvétiques. Vieillards, enfants, femmes se faisaient les échos de cette poésie et s*en allaieol, chantres ambulants, les colporter de ville en ville, en s*accompagnant du violon et de la guitare. Populaires par leur objet, ces chants l'étaleot aussi par la manière dont ils avaient pris Dsissance. Ils Quêtaient point le fruit d'un travail opiniâtre , ni éclos dans le silence du cabinet. La tenta du soldat, le foyer rustique, le coin du poële, voilà les lieux qui les avaient vu natlre. Les chantres eux-mêmes, gens peu lettrés pour la plupart, étaient des artisans, des pâtres et des laboureurs. C'est ce que nous apprennent leurs poëmes, dont la dernière strophe est urdinaireniont consacrée à révéler le nom de l'auteur, sa pairie, ses inclinations et jusqu'à son arme favorite. Une invocation pieuse termine parfois Thymne guerrière :

« Celui qui composa ceUa chanson a nom Mathys 7n\\or. Il brandit tioromenl sa lame d'acier à Berne en UecliUaud. Dieu el la Vierge vieuueni en aide à la chrétienté ! »

Nous n'avons parlé que des poêles populaires et guerriers. La Suisse avait d'autres poètes composant en latin ou dans la langue vulgaire, des ouvrages savants ou salyriques. Le latin avait cessé d*étre la langue de TÉtat, mais il était encore celle de TÉglise et do !:i science. Le meilleur poëte du temps esf le Glaronnais Fleuri Lorit, surnommé Glaréan, de son lieu d'origine. Son bel éloge des XIII cantons de rHelvétie, dédié à la diète, était dans toutes les bouches et s*apprenait par cœur dans les écoles. Versé dans les Tangnes, la

(4) « Zwei Mellen lang war eine Schlachtl

Zwei Meilen lanp; seine Machl Zerbauen uad Zersloclien I Zu Grandson wurde iwel Meitonrotli Uod blutigrotb geroeiien I »

BB Lk NÀTIOll 8UIB8B.

géométrie et la musique, Glaréan mérita encore, comme éducateur, Testime et la reconnaissaDce de ses contemporaios.

Il ouvrit, en faveur des étudiants glaronnais el des autres caoloQS qui fréquentaient l'université de BÀle, ao pensionnat remarquable qu'il transporta è Paris lorsque ceux-oi 8*y ren* dirent pour y compléter leurs éludes. L'exoallence de sa doctrine et de son enseignement, les soins paternels qnH prenait de ses élèves, lui firent de ciiaoun d*eux un ami. Tout ce que la Suisse possédait alors d*bommes éminents, Zvringli, Watt, Érasme, s'honoraient d'entretenir des relations avec Glaréan. Attaché , comme professeur, à rnniirersité de Béle, Il en devint, avec Érasme, le plus bel ornement, et contribua à en faire l'un des premiers centres intellectuels de l'Europe et une métropole du savoir pour la Suisse.

La fondation de l'université de Bâie marque comme l'un des événements les plus importants de notre histoire littéraire. Ce fut l'un des heureux fruits du concile de Bàle et du pontificat éclairé de Pie II, qui avait été secrétaire de ce concile. Apprenant ravènement au Saint-Siège de Thomme distingué qui avait longtemps séjourné parmi eux et dont les écrits, rendus publics par la presse nouvellement inventée, témoignaient de sa bienveillance et de son estime pour les Suisses en général et pour Bâie en particulier, révéqueetles magistrats de cette ville s'adressèrent au nouveau pape. Ils sollicitèrent non des indulgences ou une image miraculeuse, mais la création d*une de ces hautes écoles comme l'Italie en avait à Bologne, la France à Paris, et comme rAllemag^e venait d'en fonder à Vienne, Heidelberg, Erfurt, Cologne et Leipzig. La réponse du pape ne se fit pas attendre, et la bulle que promulgua Pie II à cette occasion est un monument de la sagesse de ce pontife et de la protection accordée aux lettres par ce digne précurseur de Léon X, le grand Mécène des lettres, des savanls et des artistes au XVr siècle :

« Rien de plus précieux que la perle de la science, dit » Pie II dans sa bulle. Par elle, le fils du pauvre se rend » nécessaire au monarque. Elle lire de la poussière l'esprit » immortel, infini. C'est le seul trésor qui s'agrandisse en se » disséminant. Comment le Saint-Siège apostolique, destiné à » l'avancement du bien, n'exaucerait-il pas une telle prière! » Oui , au nom de Dieu (et que ce soit au plus grand avan-

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