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Nous avons déjà signalé Tinfluence immense des réformateurs de la Suisse sur les idées et les destinées de plusieurs peuples des deux races germanique et néo>latine, rinfluence à la fois théologîque et littéraire de Zwingli, BuUinger, Viret^ fièse et de Calvin Burtout. Calvin est l'un des pères de la prose française ; le premier il façônna cette langue au raisonnement, à la logique; tandis que sur le bord opposé du Léman, saint François de Sales, fondateur dhine académie, foîsait entrer dans ce même idiéme toute la douceur de son esprit et Ponction tendre de sa parole. .
Dans ïordre purement sdent^que et littéraire, la Suisse est encore mie terre d'impulsion, d'initiatives Les grands travaux des Érasme, des Glaréan, des Paracelse ; ceux de Conrad Gesner, de Byrge, de MUnster, de Goldast (^), ont tous eu, dans des genres divers, un certain retentissement en Europe, et tous, ils ont fait faire des progrès plus ou moins considérables à la science.
L'art , non plus , ne reste pas en arrière ; il a trois de ses représentants les plus illustres à cette époque, dans le peintre et chef d'école bûlois Ilolbein ; dans le fameux architecte tessinois Fontana, et dans le musicien Senfl, aussi de Bâle, auteur de tant de belles mélodies religieuses Moins connus
(4) Séb. MUDSter, professeur à runivereité de Bâle et géographe célèbre, a été surnomnié le Strabon de l'Allemagne ; Josi Byrge était up mathématicien et astronome de premier ordre. On lui a attribué en même temps qu'à l'Écossais Néper l'invention des logarithmes. Goldast, do BischofTzell en Thurgovie, a éclairé los origines du droit public gerinaniquo. Goldast est le seul de tous ces écrivains qui ait écrit on allemand. Les autres ont employé le lailn, langue ordinaire de» aaTanta A cette époque, qui latlni«' saiont jusqu'à leur nom, quand ils ne le grécisaient pas. Un savant trèsremarquable à cotte époque est aussi le physicior» genevois Varro, qui faillit devancer New ton dans I9 découverte des lois de la pesanteur.
(5) A l^oole de peinture, créée parleanRolbein, se rattaeiie enlreautrea Heinz, de Berne, peintre de l'empereur Rodolphe II (dont un autre Suisse, Guillimann, était l'historiographe, et un troisième, Byrj^'c. l'astronome.) Le Gbevalier Domenico Fontana s'est immortalisé par l'œuvre immense de rérection de Pobéitsque de Sixte-Quint, à Rome, et beaucoup de grande travaux d'architecture et d'utilité publique. Sept autres Fontana cultivèrent Tart à Texemple de cet architecte. Le Bâiois Louis Senfl, maître de chapelle du Duc de Bavière, mit en musique plusieurs des chants de Luther, àia demande de ce dernier. Uir musicien, distingué de la Suisse au XVe Méde était aussi l'organiste de Salnt^Nicolas à Pribourg, Jean Vannlus, qui composait des airs pour Érasme et Glaréan. Une théorie musicale remarquable a été composée par Glaréan lui-môme sous le nom des Douze ac- 9ordi (Dodel^achordon). Le goût de la musique était général en Suisse : Zwingti louait, dMH»| supérieurement du lotli. Àasea fhyorable au cHaot
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DB LA NATtOn SUtSSB.
peol-ôtre de leurs cooteoiporains qui n'avaient qu^une partie de leurs ouvrages entre les mains, Tschoudi, de Glaris ; Guillimann^ de Fribourg; Simler, de Zurich, et BoDuivard, de ûeoèvei sont renommés aiyourd'hui à i'égai des précédents et méritent d'autant plus d'être appréciés par leurs concitoyens^ qu'ils oj[it foit de leur patrie le théâtre et l'objet presque exclusif de leur activité inteilectuelle. Égide Tschoudi, dont nous avons loué le patriotisme élevé, comme homme d'État, est le véritable fondateur de «lotre histoire nationale. Il en a donné le premier, dans un allemand clair, nerveux et naïf, un traité complet, basé sur les docuinciUs authentiques. Bonnivard est trop passionné et tro() caustique dans SCS chroniques demi-gauloises pour être bon histoi'ien. Mais L\s saillies spirituelles semées dans les livres de cet éiriNain politique en font le véritable contemporain de Uabelais el de Montaigne, dont on serait fort tenté de croire ((u il partageait la philosophie épicurienne, sans le noble dévouement qui a immortalisé sa mémoire et le vif sentiment suisse qui respire dans plusieurs, de ses écrits.
On peut ajouter à ces noms celui de Nicolas Manuel, de Berne, peintre habile de la Danse des morts, et auteur de. ces drames satyriques qui avaient tant contribué à préparer les esprits à une réforme religieuse { Le drame français, allemand, latin, est unades formes préférées de la poésie populaire, à régal de la chanson guerrière. Cette dernière a cour servé Paccent hérotque qui la distinguait au siècle précèdent ; elle y joint un caractère sublime d'exaltation religieuse, em^ prunté aux idées bibliques de la réformalion. La guerrè dé Genève, véritable croisade de la liberté et de l'Évangile, aux yeux des populations protestantes, donne naissance aux plus beaux chants de cette poésie ('^J.
proprement dit, la réforme Tut très hostile à la musique sacrée comme aux arts religieux en général. Proscrit avec los tableaux el les statues, l'orgue fut cependant rétabli k la flo du XVIe siécla dans plusiaurs églises de la
Suisse protestante.
(4) Les écriiii Uo Manuel ont tu le jour avec sa biographie À Stuttgart, en IS37.
(2) Voici trois strophes do l'hymne trlomplial que diantaient les soldats l)ernois on entrant à Rolle :
« Ç'â été un beau jour pour les amis du Christ quo celui où l'ours a poussé son cri de guerre; ç^a été pour le prince un jour de honte et 4e concision. Qu'il vienne le téméraire^ qu'il se moatrOi que ses gonlanons
- Ainsi théologie, philosophie, langues andennes, histoire, géographie, sciences juridiques, sciences naturelles, beauxarts, poésie, presque toutes les parties du domaine intellectuel furent cultivées dans la Confédération, au temps de la réforme. Toutefois, une branche domine toutes les autres, soit par la grandeur et Futilité pratique des résultats, soit par le vif Intérêt qui s'attache à ses travaux dans la plupart des C9pXons suisses. Cette branche est celle éesseimees mûurdleSé Dans un pays aussi riche que la Suisse en beautés et en productions de tous genres, on ne sVHait guère occupé jusque-là que des eaux minérales, dont plusieurs descriptions avaient paru au siècle précédent. Les montagnes commencèrent ensuite à être explorées par les curieux de la nature. Un pasteur bernois (Arélius) décrivit les plantes du Niesen; un pasteur grison (Fabricius), celles du Calaiida; un troisième (Rhellican) avait gravi le Slockhorn en herboriste avant de le chanter en poète. L'ascension du Pilate fut accomplie par le célèbre Vadian en 1517. Il gravit plus tard le Bernegg pour observer une comète. Il se fît accompagner dans cette ascension par son compatriote et ami Jean Kessler, que son état de sellier n'empêchait point d'être un grand ami des lettres, comme il s'en explique noblement dans une page touchante de son livre des Sabbats (^).
80 déploient ; car c'est un affront pour lui do voir nos oursins passer l'hiver sur les terres Jle son patfimoine.
» Adam, Adam, en (juel lieu to tiens-lu caché? Adam, écoute la voix qui t'appelle à balallier. Lonj^icmps a été cette voix pour loi douce, tendre et bienveillante, tu lui as fermé i'oredie. £lle excite aujourd'hui la dent de Tours ft te déchirer Porellle. . ^
» Courage, ma vaillante héte, courage, et l'œuvre accomplie, tu viendras le refaire en mes pâturages. Ma doclrine est salutaire, elle est pure, elle rafraîchit les sens, elle relève le cœur. Elle retid aux yeux la lumière et porto aux mourants la santé. » (Traduction de M. Vulliémln. Chromiiqueur, 227.)
(1) Les Sabbats de Kcsslersont une espèce de chronique domestique, religieuse et politique de sa ville natale. « Mes enfants, dil Kessler dans cet ouvrage, il vous échappera peut-être de murmurer contre mol, en lisant ce livre et de dire : Notre père eût mieux fait d'écrire moins et de travailler davantage pour nous enrichir. Vous trouverez ma jusiiflcalion dans le titre môme do mou livre, mes Sabbats^ c'est-à-dire ma réuréation, mon repos. Je suis sellier durant le jour, auxlieures où tout le monde travaille; le soir, lorsque d'autres se livrent au sommeil, au vin, au jeu ou à d'autres plaisirs moins honnêtes, je me délasse par l'étude des fatigues de la journée. Croyez-moi, mes enfants, votre père économisait, lorsqu'au lieu de dissiper son hicn, son temps et son honneur en passe-leuips frivole, il consacrait ft écrire les saintes lioures du repos. »
Mais le roi des naturalistes suisses, c'est Conrad Gesner, de Zurich , surnommé le Hine defAilemagne Ce nom
qu'il reçut de ses contemporains ne dit qu'une partie de ses travaux et de sa gloire. Pline, dans son histoire naturelle, avait étudié une seule classe des êtres de la création : les animaux. Nouvel Aristote , le médecin et professeur Gesner embrassa toute la nature dans ses recherches et ses conceptions. Tète philosophique et encycIopédi(jue, il ne se borna pas à l'étude des faits; il osa remonter dos elfets aux causes et à la cause première qui est Dieu, « pèie do la nature et de l'humanité. » Bien supérieure h celle de Pline, son excellente histoire des animaux posa la base de la zoologie moderne (^). La botanique lui doit un essai de clnssification systématique {d'après le système de la fructihcationj, un catalogue des plantes en quatre langues et le dessin de 1,500 végétaux; la minéralogie, un traité sur les fossiles, les pierres et les gemmes ; la médecine, la réimpression des meilleurs ouvrages connus alors sur cette partie de la science, avec des additions précieuses tirées de son propre fond. Il améliora Forganisation des pharmacies à Zurich ; fonda un musée pour toutes les parties des sciences naturelles ; établit deux jardins botaniques pour son usage, et donna la première idée de la création d'un jardin public des plantes. En même temps qu'il exécutait en histoire naturelle des travaux qui eussent suffi à remplir plusieurs vies (riioinme, il inventait pour l'étude des langues anciennes et modernes la méthode comparative suivie dès lors par les philologues, et commençait sa Bibliothèque universelle, premier grand ouvrage bibliographique qu'aient produit les modernes. Que de services ce grand homme eût pu rendre encore à la science, s'il ne lui eût été ravi par la peste, alors qu'il était dans la force de l'âge et de sou talent! Né à Zurich le 26 mars 1516, il y mourut le 31 décembre 1565, à l'âge de 49 ans.
Si admirables que soient les travaux de Gesner, les vertus qui ornèrent sa vie le sont encore plus. Visité par l'indigence dès le berceau, et en proie à tous les maux d'une existence pauvre et obérée, Gesner ne fait entendre au-
(i) Pline, lo premier des ccrivuins naturalistes de l'aoliquité, vivait sous le règne de Vespasien et de Titus.
{%) Expression de Cuvier {Biographie umvmtUe),
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cône piaiote. Le moins payé des professeurs du Carolinum , parce quil en était le plus jeune, Il ne nourrit aucune amertume contre ses collègues plus favorisés et ne se livre point à ces récriminations jalouses , si familières aux- talents médiocres. Jour et nuit cloué sur son pupiti^e, il travaille ^ur apaiser sa faim et celle de sa famille, pour faire honneur aux engagements de sa jeunesse studieuse, et pour réunir les petites économies nécessaires aux voyages de vacances , qui servent à la fols à remettre sa santé délabrée par Texcèis du travail et à , accroître ses connaissances et ses.ricbesâes scieàtifiques. Très-éloigné de tout calcul d'intérêt quand il s'àgissait de sa personne (*), ce penseur sublime et profond ne dédaignait point les plus humbles recherches, quand il y voyait une uliliLé pratique pour ses send)lables. Il composa divers traités sur le lait et le froinai^e des Alpes. L'un des premiers, il reconnut et analysii les propriét(*s du tabac et de la canne à sucre (]ui venaient d'être apportés en Europe. Médecin plein d'humanité et de couniLre, il s'asseyait. au lit ties pestiférés quand tout le monde les abandonnait, et essayait sur lui-même et non sur.de pauvres malades Teflel des nouveau k remèdes. Exempt de charlatanisme, il examinait avant de les rejeter, ces recettes de maison si simples et parfois si salutaires. Sa candeur et sa véracité égalaient 'sq bienfaisance. Toutes ces vertus domestiques et privées étaient couronnées par le patriotisme le plus sincère et par un christianisme ardent, qui éclatait à chaque, page de ses écrits, comme il consolait et embellissait sa destinée laborieuse et souiïrante.
Tant de mérite uni à tant de génie ne devait pas rester sans récompense. Un prince ami des sciences, Fempereur Ferdinand I*', qui appréciait le noble caractère, plus encore que les belles découvertes de Gesner, l'adniit à sa table à Augsbourg et lui donna des lettres de noblesse , avec le hon et l'aigle pour end)lèmes. Le gouvernement de Zurich améhora sa position matérielle, au point qu'il put s'acheter une maison spacieuse et y construire pour ses collections une belle salle, qu'éclairaient quinze vitraux coloriés et représentant des ligures de poiâsons et d'animaux. La Suisse
(1 ' C'était même une maiUme de Gesner, qu'il a qp*unt âme butn H twéidû qui regardé m UnU U Itfcr» VutUUé*
M LA RATIOH SUIS». 147
catholique unit ses hommages à ceux de la Suisse réformée. La ville de Lucerne lui olFrit le vin d'honneur lorsqu'il passa dans cette. ville pour faire l'ascension du Pilale (1555).
Les faommès instruits tous les cantons et des savante étrangers de tout pays s*bonorèrent de correspondre avec rillustre naturaliste et sVmprossèrent à l'envi d'enrichir d'envois de toute espèce son iierbier et ses autres collections. Un cadeau du généreux chancelier bernois Zurkinden remplit d'une joie enfantine Tâma pieuse et naïve de Gesner. C'était une belle médaille d'or, où TAncien et le Nouveau- Testament étafent Hgurés d'une manière allégorique. Non moins cher aux savants anglais qui avaient vécu dans sa société à Zurich, pendant la persécution d'Henri VIII et de Marie Tudor, le nom de Gesner n'était prononcé qu'avec respect par le plus célèbre d'entre eux, le théologien Balée; et son coinpcitriote l'évéque de Winston gardait comme une reli(|ue (juehjues lignes autographes du grand naturaliste.
L'élan donné aux sciences naturelles par Conrad Gesaer ne huit point avec la mort de cet homme éfninent. L'université de Bàle ou Paracc^lse avait fondé la première chaire de chimie qui ait existé en Europe et où le fameux anatomiste Vésale, médecin de Charles-Quint et de Philippe II, avait disséqué un corps humain en 1542 , l'université de Bâle devint le principal siège des naturalistes. Là fleurit la. famille des Bauhin, les pères de la botaniffue. Là professa et pratiqua l'art de guérir, pendant trente années, le docteur Félix Plater, dont le célèbre écrivain français Montaigne loue dans ses essais l'herbier et la collection anatomique qu'il visita en 1530, dans Ja demeuré sooiptueuse et bien décorée à la française, que ce savant s'était fait construire. Le luxe de Félix Plater contraste avec l'extrême pauvreté dans laqiieTle avait véca Id grande partie de sa vie, son père, le savant professeur de grec et de latin Thomas Plater, réduit à cheFchcr dans l'état de cordier les ressources que lui refusaient ses vastes connaissances littéraires et son enseignement au CaroUnum de Zurich. Les bizarres destinées de ce savant ont été racontées par lui-même dans son autobiogra})hie, un des ouvrages les plus curieux de l'époque par la naïveté de
Dumas. Philotuphiê chimiquê. ^ ^
BISTOm
la narration et les i>iquant9 tableaux de moDUfs qu^il renferme. On y trouve sur la vie errante et misérablè dès écoliers et des professeurs, au seizième siècle, des détails pittoresques, qui éveillent tantét le rire, tantét la compassion du lecteur. Comme beaucoup de ses plus illustres contemporains suisses , Thonifis Plater avait passé les jours de son enfance à garder les troupeaux sur les hautes Alpes.
Le progrès des sciences est inlimément lié à celui des Arts utiles. Le premier de ces arts, I'Agriculture, reçut des améliorations notables au seizième siècle. L'un des personnages les plus célèbres de ce temps, le sage et économe Sully, ministre d'Henri IV, avait coutume de dire : Le labourage et le pâturage sont les mamelles de la France, Sans connaître la ma&ime de Sully, nos pères desséchèrent, plusieurs lacs et marais, divisèrent des communs, défendirent la vaine pâture, extirpèrent des forêts et élevèrent leurs troupeaux avec plus de soin qu'auparavant.
Les belles vaches de i'Underwald ne se vendaient pas moins de 70 écus aux foires de Domô et dé Yarèse dans le Milanais. Le nombre des charrues évalué à 46,000 dans le siècle précédent, s'accrut dans une proportion considérable* De nouvelles, méthodes de labour: furent rapportées de là Flandre, cette terre classique des belles cultures et des florissants troupeaux. La culture de la vigne participa du perfectionnement de celle des champs. La fôte des vignerons, célébrée à Vevey avec une ponipe extraordinaire, devint le poétique symbole de la considération qui s'attachait à cette branche de l'industrie agricole.
L'exploitation des mines ouvrit à nos pères de nouvelles sources de richesse. Le produit des mines de fer du Valais avait enrichi l'avoyer bernois Jean Stciger, beau-fils du conquérant du Pays-de-Vaud et le bienfaiteur de Gesner, dans ses études yniversitaires. De ce temps date la découverte des mines de sel à Bex et l'établissement des forges d'Undervelier et de Ckwrfendiin , dans l'évéché de Bàle. La route du flauenstein entre Soleure et Bàle fut rendue' praticable pour les voitures. Cette prospérité croissante fut malheureusement troublée par Ja peste qui, à quatre reprises, désola les cantons suisses, et enleva -à Bâie seulement près de 4,000 personnes et en Tfaurgovie 33,000.
DE Là nation suisse.
Les progrès du commeroe et de rindnstrie nianiifiictarièrs sont plus remarquables encore que ceux de ragriouhure e( des arts qui s'y rattachent. Ces progrès sont dus en grande
partie aux réfugiés tessinois et français établis à Zurich et à Genève. Le lissage de la soie et Tari de la leindre sont introduits dans la preiniere de ces villes. La banque et l'horlogerie sont fondées à Genève. L'orfèvrerie, la pelleterie et J'impriinerie y prennent un nouvel essor. La ville d'Arve et Rhône ne compte pas inoins de 24 imprimeurs et de 60 libraires. Les juifs de Francfort y sont admis h y faire le commerce d'argent sur la demande du réfugié Pyrame, de Candolle, tige des célèbres savants de ce nom et fondateur lai-môme d'une typographie considérable. Une fabrique de papier s'établit à Serrières,' dans le comté de Neuchâtel. Les réfugiés anglais essaient aussi de doter la Suisse d'une industrie lucrative ; ils commencent à Aarau et à Zuçich des ma* nufàcture^ de draps, destinées à remplacer les grands ateliers en décadence de Berne et de Fribourg. Mais le peu de succès qu'ils obtinrent les fit bientôt renoncer à leur entreprise.
La grande industrie n*est pas toujours favorable à la petite. Les métiers arrivés à leur a[)ogée au quinzième siècle, déclinent dans le "courant du seizième. Les artisans toutefois jouissaient encore d'une grande considération, comme on le \oit par la promotion de plusieurs d'entre eux aux principales magistratures de leur canton. De simples artisans jouent un rôle considérable, soit dans les luttes religieuses, soit dans la révolution politique qui signale rélahlisseinent du patriciat.
LMnfluence des tribus ou corf)s de métiers sur rétablissement de la réforme est constatée par les annales de presque tous les cantons. Les chapeliers exercèrent une action décisive dans ce sens à Genève; les maçons et charpentiers à Bâle; les pécheurs et vignerons à Schairhouse, et les tailleurs de pierre à Berne. Les bouchers, au contraire, furent presque partout hostiles à rintroduction des nouvelles idées dont le triomphe favorisait pourtant leurs intérêts matériels par la suppression du carême et des jours d'abstinence.
Le STSTÈHB MaiTAiEB dcs Suisscs s'était enfin rapproché de celui de tous les peuples. Ils avaient consenti à adopter le mousquet, mais sans renoncer tout-à-fait aux armes favorites de leurs ancêtres. Sur une escouade de 100 hommes,
mSTOIRE
00 comptaU environ 60 mousquets, 45 longnes piques, 45 cairasses el 40 hallebardes. Dès symptômes d'indiscipline s'étaient mânifoslés au sein des bataillons bernois pendant la guerre de Gappel. Un pouvoir dictatorial fut conféré au général Nilguoli, à rouverture de la campagne de Genève, en 1536. Cola n'cmpccha point les miliciens bernois de se former en landsfjcmcinde |)rùs de Saint-Julien et de refuser de suivre leur valeureux conmiandiint, lorsqu'il se disposait à pénétrer au avyw du duché de Savoie. Xagueli, h ce qu'il paraît, ne tira aucune vengeance de cet acte d'insubordination, trop diflicile à punir et dont quelques exemples anciens autorisaient d'ailleurs la pratique dans les armées suisses ('). Mais il en gnr<fa le souvenir et s'en fit un argument contre ceux qui voulaient la guerre, vingt-huit ans après, quand la question de la restitution fut agitée dans le grand conseil. La coutume d'orner x le chœur des églises des drapeaux pris sur l'ennemi s^était conservée au seizième siècle. Saint Gbàrles Borromée travailla à abolir cet usage dont sa piété ombrageuse ne comprenait pas le côté véri^blement religieux et grandiose. ^
Les Mgrurs ou peuple suisse corrompues par les guerres de Bourgogne et le service mercenaire s'étaient épurées au ci'cuset de la tourniente religieuse. Dans plusieurs cantons, un honteux libertinage avait fait place à une austérité excessive, qui assombrissait le caractère en réformant la vie. On ne se con(eiila pas de proscrire le vice et de le punir d'une manière exemplaire. On fit la guerre à toute espèce de divertissements, aux jeux, à la danse, aux spectacles. Ce rigorisme était commun aux deux confessions; car le changement qui s'était opéré chez les protestants à la voix des réformateurs, les jésuites et d'autres prêtres zélés l*accomplirent au sein du catholicisme. Une des conséquences de celte- transformation fut TafTaiblissement de l'esprit d'association et par suite aussi la décadence de c^' jeux nationaux qui avaient fait les déljces et en partie aussi la force morale de la vieille Suisse. Les tirs, les divertissements gymnastiques et niNîtaires ne disparurent cependant pas toat-è*
(4) Loi pelils canlons nvaionl clouaé Toxomple de cos kmdsrjeinMndê gucMTi^iro!» clanâ l ui^cit^iine guurro du Zuiluli (1440; ut plus d'uiitt fuib depuiê his». ' ■
BB U KATION SnS8B.
fait, mais ils tendirent de plus en plus à s'enfermer dans la localité qui donnait la féte ou ne s'étendaient qu'aux contrées voisines et de la même croyance. Un curieux exemple de Fenthousiasme qu'inspiraient encore ces réunions, c'est le merveilleux trajet des cinquante-cinq Zuricois qui, partis dô leur ville sur une grande barque pavoisée aux couleurs suisses, arrivèrent le même jour à Strasbourg, après avoir descendu la Limmat , l'Aar, le Rhin. Ainsi put être partagée encore toute bouillante avec leurs bons amis et alliés « la bouillie de mil, n qui cuisait à bord dans une immense chaudière. Cette aventure a été célébrée par la poésie, et on Ta comparée à celle des argonautes grecs. Mais un sentiment plus élevé que raiiiour du gain animait les rameurs zuricois : celui de montrer aux: Strasbourgeois quel proiiii)L secours ils pouvaient attendre de leurs alliés et coreligionnaires de Zurich, dans le cas où ils auraient quelque chose à craindre pour leur liberté.
La vieille gaité suisse résistait aux lois somptuaires les plus rigides. Elle éclatait principalement dans les réunions de famille, dans les repas d'élections, de noce et d'abbaye. L'élection ou le mariage d'un magistrat populaire mettait en émoi tout un canton. Une vraie noce de Gamache fut celle du (ils du bourgmestre Cham, qui épousait la plus riche héritière du territoire zuricois. Outre les nombreux convives qui avaient pris place autour de trente-une tables dressées sur les bords du lac, un millier d'homnfes accoururent sur vingt* deux bateaux , prendre part au festin. Des fêtes plus splendides encore signalèrent les noces du noblé avoyer Sleiger avec la belle Madeleine Nttgueli, fille du grand avoyer et général de ce nom. Une haine aveugle avait longtemps divisé ces deux chefs de la république bernoise; cette haine était telle qu'ils avaient plus d'une fois levé la main l'un sur l'autre dans le conseil. Les grâces pudicjues de la belle Madeleine triomphèrent de ces funestes dissensions. Un matin, Sleiger parut au château de lîremgarten où demeurait Tillustre conquérant lie Vaud et trouva Madeleine occupée dans la basse-cour à jeter de la pâture aux poules. A la vue de son adversaire, Nagueli croit qu'il vient le braver jusque chez lui; il tire son épée et crie d'une voix terrible : « Que cherches-tu, malheureux? — - La mort si tu es inexorable, ton amitié et la main
OtSiOftB
de ta fille, si tu as un cosur. » a Le vteHIard fut vaincu, dit on historien. L'épéc tomba de sa main. Il se jeta dans les bras de Steiger et lui donna sa fille en gage d'une amitié qui dura jusqu'à leur mort. Les noces des deux époux fùreni une féte nationale, à laquelle la seigneurie et le clergé prirent part le premier jour; le second, les parents des deux fomilles; le troisième, les ambassadeurs de France et les députés des cantons; le quatrième, les bourgeois. L'histoire de la sage Estber et du roi Âssoérus fut représentée en grande pompe. Nëgueli mourut en 4579, âgé de 83 ans, après avoir été quarante ans à la tète de la république. Steiger ne lui survécut que deux ans. iMais Madeleine, qui était beaucoup plus jeune que son mari, épousa successivement deux autres avoyers et comptait sur ses vieux jours quatre vingt deux enfants et petits-enfants. Il est peu de familles de Berne (|ui n'aient de son sang dans leurs veines. Son portrait dans la bibliothèque de Berne est celui d'une matrone belle et imposante. » (*)
A côté de ce luxe d'occasion, une extrême simplicité de mœurs distinguait souvent les grandes familles et les chefs religieux et politiques de la nation. Un modeste pourpoint gris était le oostume favori du bourgmestre Gham. li ne le quitta pas même' pour se rendre à la cour impériale, où il était chaiigé de porter les vœux et les félicitations de ses compatriotes. Son collègue Muller s'était passé de domestique jusqu'au jour où son élévation à la première charge de la république lui rendit ce secours nécessaire. UiDe certaine élégance de mise et de manière était en échange asses &milière à Bullinger, le chef de l'Église réformée à Zurich. Les portraits de ce savant nous le présentent comme un beau et frais vieillani à la bnrbe blanche, et dont le costume habituel n'avait rien tic la sévérité de celui des premiers réformateurs. Il portait un corselet rouge et un pourpoint blanc enveloppés dans une pelisse noire ,^ et le stylet à la ceinture. Il avait plusieui*s domestiques et un train de maison considérable, rendu nécessaire, il est vrai, par ses nombreuses relations et Thospitalité accordée libéralement sous son toit à tous les réfugiés pour cause de religion. Mais honorant la
(I) Vulliémin, XII, 7i.
Dfi LA HATfOR SmSSB.
dignité de rhomme et du chrétien dans la personne do ses serviteursi le célèbre théologien les admettait tous à sa table. 11 ne cnit médae point déroger, en prenant deux servantes * dé conûance pour les marraines de ses petits enfaiitâ. La maison de Bullinger offrait Timage de la paix, de la concorde et de cette belle vie de famille qu'aimaient et pratiquaient nos pères. Les lettres de ce pasteur à son fils, étudiant à Strasbourg, sont remplies de nobles sentiments, d'avis salutaires. La tendresse et la sollicitude d'un bon père s y joignent à la vigilance et a l'amour éclairé de l'ordre et de l'économie qui ne doivent jamais abandonner un chef de famille. « Mon cher enfant, dit-il, dans une de ses lettres, prie Dieu tous les matins, en te levant, dans ta chambre; prie-le avant les repas et le soir avant de te coucher. I*rie-Ie à genoux, sans le gêner de tes compagnons si tu ne peux le faire en secret. Ne dispute jamais sur ta croyance avec ceux qui la haïssent. Laisse ce soin à ceux qui en sont chargés et
contente-toi de la confesser ouvertement Lève-toi de
grand matin. Il a perdu la meilleure partie de sa journée celui qui a laissé passer les premières heures dans Toisiveté. Tiens à la propreté dans tes habits sans sacrifier à la mode. On juge souvent des personnes sur Tapparence. Sois modéré dans le boire et le manger et ne recherche point les mets friands. Souhaite aussi quelque chose aux autres. Souviens-toi du dicton : ce qui est superflu revient toujours irop cher. »
Dans une autre de ses lettres, Bullinger critique les dépenses exagérées (\uc son lils Hiisait pour sa toilette, et les articles dont il enfhiit, à la manière des mauvais écoliers, les comptes qu'il devait soumettre tous les deux: mois à la censure paternelle. « Tu donnes trois kreulzer pour faire ta barbe. Ici je n'en donne (pie deux pour la mienne; c'est payer en gentilhomme. A ce jeu-là on a vite épuisé sa bourse. Ta mère a fait de grands yeux en voyant que tu demandais des souliers neufs. 11 y a cjuinze mois que tu es parti et tu en as emporté avec toi trois paires, des noirs et des gris cendrés. Tu n'es cependant pas d'airain, mais tout bonnement de chair et d*os comme nous. Tu te seras trompé en écrivant. T'envoyer ton luth serait une folie; le transport coûterait plus que l'instrument. J*envoie à ton patron un superbe fro-
HlSTOriB
mage. Tu le lui offriras en cade<au de nouveI*an avec mes compliments et ceux de ta mère. J'écris directement à ta maîtresse de pension, et lui fais aussi mon petit présent : c'est une médaille d'or dont j'ai lieu de croire qu'elle sera satisfaite. »
La bienfaisance est un autre Irait disUnctif des moBors de l'époque. La \ille de Genève, peuplée alors d'environ 45,000 habitants, comptait à elle seule sept hépitaux; Berne fonda des
hospices pour les aliénés, les pauvres domestiques et les femmes en couches. Parmi les bienfaiteurs do ces établissements, lieux noms méritent de passer à la postei ilé la plus reculée : ceux du Bernois Jean Gléberg et de Barbe Uoll, de Soleure. Le premier s'est rendu célèbre par sa charité à Genève et à Lyon où la reconnaissance populaire lui décerna le surnom de Bon Suisse et lui érigea sur la place du Bourg-Neuf une statue, qui existait encore au dernier siècle. Barbe de RoU, que Glaréan appelle « une héroïne de bonté » dans la préface d'un de ses ouvrages, était une veuve belle, aimable, spirituelle, dont la vie entière s'écoula dans des œuvres de dévouement et d'humanité. Pour se rendre plus utile aux pauvres, elle avait fait une étude particulière des simples et allait de maison en maison soigner les malades qu'elle traitait avec un succès extraordinaire. Plusieurs des hommes politiques et littéraires de la Suisse au XVI* siècle se signar lèrent aussi par leurs actes de philantropie ; Lussy, Wengî, Pfyffer, Heid enrichirent les hôpitaux de leurs villes natales. Éraste, le docte médecin de Baden, fonda quatre bourses de 4,000 livres chacune en faveur de pauvres étudiants.
Ce qui manquait aux Suisses du X\T siècle, ce n'était donc j)cis le cœur, le vif sentiment du bien et la volonté de l'accomplir. Mais les lumières, bien que plus répandues que dans ràge précédent, faisaient encore généralement défaut. Des croyances, des traditions absurdes continuaient à exercer leur empire sur les populations, et les savants qui auraient du iravailler à extirper ces préjugés ridicules, n'en étaient pas toujours exempts eux-rnômes. Le plus illustre représentant de la science, Conrad Gesner, coml)attit vaiilannnenl en faveur des vérités naturelles. Il attaqua l'usage fréquent de la saignée et l'emploi des amulettes; par son ascension du Pilate, en compagnie du curé de Lucerne, il
DE LA llÀfiaN Si;iSSE.
dissipa les vaines terreurs qui s'attachaient depuis des siècles à ôette montagne, regardée comme le séjour et le Jleu de supplice de Fâme du fameux gouverneur delà Jn« dée qui avait condamné Jésus-Christ. Mais Gesner luimême croyait aux chimères de l'astrologie, restées, il est vrai , le rêve do plusieurs espi its distingues dans les siècles qui suivirent celui où vivait le grand naturaliste. Lorsfiue le savant pape Grégoire Xlll entreprit de corriger le calendrier en 1582, et régla l'ordre des temps sur le mouvement exact du soleil et de la lune, cette utile réforme eut beaucoup de peine à se faire acce|)ter des peuplades pastorales de la Suisse. Les peuplades protestantes rejetaient le nouveau calendrier, parce qu'il venait d'un pape; les autres, comme une innovation contraire à leurs idées et à leurs habitudes. L'introduction du calendrier grégorien faillit donner lieu à une révolution dans l'Underwald et à Giaris. Le dix-septième siècle, siècle d'érudition, mais non de progrès populaire, ne devait pas changer grand'chose à l'état général des intelligences dans notre patrie.
Troubles des Grisons pendant les seiziùme et dix-septième siècles. — Massacres de lu Valieline. — Occupations autrichienne, espagnole, française. — Les Grisons recouvrent leur indépendance.
{De Van 1560 à 4940,)
'ÉTABLISSEMENT dc la réforme avait profondément divisé les Grisons. La lutte déjà engagée entre i"évè(jue de Coire, les ministres protestants, avait pris une nouvelle intensité par l'arrivée des capucins et des jésuites. Ces derniers fondèrent un collège dans la Yalteline, province italienne, sujette des Grisons, mais peu affectionnée à ses maîtres qui ropprimaient de toute manière, et ne respectaient ni ses franchises, ni ses mœurs, ni sa religion.
A la lutte confessionnelle vint se joindre la lutte des partis politiques. L'Espagne^ maîtresse du Milanais, eût voulu
HISTOIU
Fétre aussi de la Yaltcline poar communiquer avec l'Aulrlcbe par le Tyrol. La France, nvale de TEspagne, et Venise^ occupée à se maintenir dans la péninsule, travaillaient contre TËspagne. Ces trois puissances sollicitaient chacune à l'exclusion de l'autre l'appui etl'alliancede la république grisonne. Leurs ambassadeurs parcoururent le pays dierchant li corrompre par les pensions et les présents les citoyens influents et les communes souveraines. La situation morale des Grisons rendait facile l'œuvre de la corruption. La vénalité était la plaie des ligues. Tous les emplois, même ceux de députés aux dicHcs générales, se vendaient au plus offrant. Bientôt trois faclions se formèrent : celles des Salis, dévoués à la France; dos Plaiiln, favorables à l'Autriche et à l'Espagne, et celle des Travers qui enrôlaient pour Venise. Un quatrième parti, un parti conciliant, celui des neutres ou doctrinaires, cherchait à réunir les esprits, repoussant Tidée de toute alliance étrangère, a L'alliance du faible avec le fort, s'écriait le capitaine Uartmannis, n'est qu un dur esclavage.»
L'avis du sage ne fut pas écouté. L'alliance française l'emporta et fut jurée à Davos (1565). Dès lors la guerre civile fut en permanence dans les Grisons. Le parti opposé à la France se souleva, institua à Davos même un tribunal crimmd (StrafgeridU dans le langage du pays] (^), qui chassa les Salis et punit de la prison les promoteurs du traité. Écrasés pendant quelque temps, les Salis reprirent le dessus l'année suivante, s'assemblèrent à Zouz dans l'Ëngadine et opposèrent à leurs adversaires un autre iribufuU qui proscrivit les Planta. La fameuse ordonnance appelée loi des chaudières (Kesselbrief) rendit pour un moment la paix aux Grisons. Dirigée contre la corruj)lion, cette loi défendait aux chefs de parti de tenir table ouverte et de répandre des largesses pour séduire le peuple. Mais un Planta, seigneur de RhtTzuns, ayant voulu se mettre en possession d'un prieuré lucratif avec l'assentiment du pape, et contre le gré das trois ligues, il fut saisi, traîné devant un tribunal criminel tenu à Coire par les communes et conduit au supplice (4572). Ga tribunal, conservant une sorte d'impartialité dans
(4) Les StrafyericKi comineneeni, ù ce qu'il semble, avec le seizième slôcle. C'est un SHufgerieht qui condamna, en rabbé de Sainte-Lucie (page îl de ce velume}.