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qui aunulu ÏActe de médialionci réclama les cantons de Vaud et d Argovie (i3 décembre), comme une propriélé que lui avait ravie Tiovasion française. Ces actes arbitraires blesaèrent luémc les partisans modérés de l'ancien ordre de choses. Voyant le maavais eflet produit par les manœuvres de Senft-Filsach , la cour de Vienne le désavoua. Néaomoins , le général Boubna avait reçu ordre d'occuper Lausanne et de faire rentrer le Pays-de-Vaud sous la dooaination bernoise. La fermeté des dignes chefe du gouvernement, Honod, Pidou, Muret et Glavel, sauva Tindépeadanoe cantonale. Un homme de cœur du parti nobiliaire, le colonel Rovéréaz, déclara aussi au générai autrichien,- dont il avait été le compagnon d'armes, que la réunion de Vaud à Berne, pour laquelle il avait combattu lui-même avec tant de persévérance, était devenue chose impossible. L'intervention de llovéréaz ne fut pas inutile non plus a la délivrance de Gonève, dont la garnison capitula entre les mains du général Boubna (31 décembre). Le lendemain, cette ville rétablit ses syndics et ses institutions républicaines.
L'entrée tics Autrichiens eut pour résultat général l'annulation de l'Acle de médiation, décrie depuis longtemps comrne une importation étrangère et l'œuvre de la violence de Napoléon. La diète des 19 cantons, réunie a Zurich sous la pré- - sidence de Reinhard, le déclara dissous par la convention du 19 décembre, et songeait à établir un nouveau pacte basé néanmoins comme le précédent : i'^ sur l'égalité des droits civils et politiques; T sur l'indépendance réciproque des \9 cantons. Mais ce système ne faisait pas le compte des réactionnaires bernois qui voulaient à tout prix le rétablissement du patriciat et la réunion de Vaud et Argovie à leur canton, comme avant ^98. Bravant Topinion de la grande majorité du peuple suisse et celle même des souverains alliés dont ils tiraient toute leur force et qui conseillaient la modération , ils allèrent de f avant et entraînèrent successivement dans leur orbite Soleure, Fribourg et Lucerne. Le patriciat fut rétabli dans ces quatre cantons avec tous ses privilèges. •
Le rétablissement de l'aristocratie eut lieu b Soleure les 8 et 9 janvier 1814. Les membres de rancieu gouvernement, réunis a 1 Uôlol-de-Yiile au milieu de la nuit, se déclarèrent
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gouyernanls légitimes de la ville et république de Soleure, levèreol des troupes, firent occuper Olteu, foyer de la résistance démocratique, et arrêtèrent les membres influents du gouvernement de la médiation qui protestèrent contre ces violences. Une tentative des patriotes pour renverser à mains armées le gouvernement aristocratique échoua. Elle n'abou* tit qu^à l'occupation du canton par les troupes bernoises et à la proscription des chefe, parmi lesquels figurait un patricien éminent par le talent et le patriotisme, rhistorien national Robert de GIoutz-Blozheim.
La révolution de Fribourg suivit de six jours celle de Soleure. Pendant les premières années de la médiation , les patriciens purs avaient pu être contenus par l'union des députés de la campagne avec la noblesse (les d'Allry, Forel, Diesbach, Praroraan, Fégely). Mais la mort du grand landamuian d'AfTry, arrivée en juin 1810, ôta à ce parti mixte son point d'appui et livra le pays h des menées de tous genres. Mécontent de n'avoir pas été élu avoyer en 1811 et 4 813, le conseiller Jean de Montenach se mit à la tête de Topposition. Caractère ambitieux et morose, mais orateur éloquent et homme d'État distingué, Montenach, surnommé le Turc, avait déjà joué un grand rôle comme oclobriste et membre du comité réactionnaire de Neucbàtel en 1801. La proposition d'annuler TActo de médiation et de rétablir* le patriciat fut volée en grand-oonseil par 26 députés, tous patriciens, contre 25 membres, tous de la campagne sauf deux nobles (un Praroman et un Gastolla). L'avoyer Joseph de Diesbach , qui représentait le canton à la dièto de Zurich, Ait indigné de ce coup d'État et approuva la conduito des communes qui, Morat et Bulle en této, revendiquèrent les droits du pays dans des pétitions énergiques. Mais on répondit aux pétitions par l'occupation mllltafre de ces deux vittea et par ilncarcération des principaux pétitionnaires, aunom« bre desquels se trouvaient le fils du landamman d'Aifry et deux hommes politiques célèbres depuisdans l'histoire du canton, François Duc et l'avocat Fouruier. L'intervention des ambassadeurs d'Autriche et de Russie ne fit point lâcher prise à l'aristocratie, qui condamna les démocrates a l'exil et à l'amende comme coupables de rébellion. Les anciens avoyers Werroet Techtermanu reprireutles réo^ du gouvernement*
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A Luceniei le cbaogemeni se fit avec plus de violence. Uo certain nombre de patriciens^ des Pfyffer, Goldlin , Segumeiff Meyer, s'emparèrent de Tarsenal de l'Hôtel-de- Ville. 300 ml«* liciens qui occupaient ia caserne se disposaient à marcber contre les insurgés, lorsque lelandamman Ruttimann, qui s*était laissé gagner par ces derniers, fit consentir les soldats à poser les armes (i 5 février). Un mouvement analogue avail eu lieu dès le 4 janvier à Goire, où un ancien officier, le baron de Salis-Zizers, à la téte de quelques cents paysans, contraignit le gouvernement d'annuler le régime de TAcle de médiation, et de rétablir les trois ligues grisonnes.
L'esprit de réaction se répandit dans tous les cantons auxquels la révolution avait fait perdre des possessions ou des droits souverains. Uri revendiqua la Léventine ; Schwytz, La-Marche, Uznach, Sargans. L'abbé de Saint-Gall protesta contre ia sécularisation de sa principauté. La diète de Zurich ayant écarté toutes ces réclamations, Berne lui opposa une diète séparée, (|ui s'assembla à Lucerne ('). Chacune de ces diètes cherchait à l'emporter sur l'autre par la protection des puissances étrangères, plutôt que de s'entendre dans un esprit de conciliation fraternel et patriotique. Vaud et Argovie, dont rindépendance était menacée, mirent des troupes sur pied. Les notes des puissances obligèrent la diète de Luterne à se dissoudre. Une diète de tous les cantons s'assembla alors h Zurich pour élaborer un nouveau pacte qui consacrait rindépendance des i9 cantons, et en recevait trois nouveaux dans la famille helvétique : GenèvCi Valais et NeuchAtel.
Mais ce nouveau pacte devait être soumis à la sanction des souverains, réunis en congrès à Vienne pour régler les aflîiîres de FEurope. La diète fédérale, plusieurs cantons et les partis qui divisaient la Suisse s*y firent représenter pour obtenir des modifications conformes à leurs vues divergentes. Pendant que les envoyés dWrgovie et de Vaud, César de Laharpe et le docteur Rengger, plaidaient la cause des nouveaux cantons cL do la démocratie, Zeerleder, de Berne, défendait celle des 13 cantons, et Montenach, de Fribourg, second
(4} Les cantons représentés à Luceroe étaient Berne, Fribourg, Soleurc , Lucerne et les petits cantons. Ffibottfg y envoya Monleoaclk, l'auteur Uu 14 janvier.
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envoyé de la diète, la cause de Parislocralie. Le premier dé* puté, Reinhard, de Zurich, se borna à la défense du pacte tel qu'il était sorti des raains de la diète. Après six mois de conférences, le congrès confirma ce projet et disposa sans façon de plusieurs pays et territoires. Ainsi, pour indemniser Berne de la perte de Vaud et d'Argovie, on lui donna la plus grande partie de l'ancien évéché de Bàle, contre le gré des hal)itants de ce pays, qui demandaient à former un canton séparé. Genève reçut un accroissement considérable par suite de l'annexion de Versoix , Carouge et de plusieurs communes catholiques, détachées de la Savoie. La France fut invitée à rendre au canton de Vaud la vallée des Dappes, Mais la Valteline, dont les Suisses ne voulurent consentir à faire ni un 23"* canloQ, ni une quatrième ligue ^ resta locorporée à la Lombardie.
Au moment où les affaires suisses étaient sur le point de se terminer à Vienne, Napoléon quittait l'Ile d'Elbe, que les souverains lui avaient assignée pour demeure, et rentrait en France, où il se maintint pendant cent jours (de mars à juin 4845). La bataille de Waterloo (18 juin) gagnée par le général anglais Wellington, et la captivité de Napoléon à Sainte-Hélène mirent fin aux audacieuses entreprises du géant des combats. La France Ait envahie une seconde fois par les alliés, auxquels la diète suisse, entraînée par les sollicitations des rois et Pempressement des réactionqaires de Tintérieur, eut le tort de joindre ses troupes, violant ainsi elle-même une neutralité qu'elle avait tant de fois proclamée. 22,000 Suisses pénétrèrent en France, sous les ordres de Bachmann et du général fribourgeois Gastella de Berlens, qui avait fait sous Napoléon la campagne de Russie. Un autre corps, commandé par le colonel Charles d'Affry, second fils du landamman, concourut avec les troupes de larchiduc Jean d'Autriche au siège et à la prise d'Huningue, d'où les Français avaient bombardé Bûle (juin). Le 7 août suivant, la longue diète, ouverte à Zurich plus d'une année auparavant (avril 4 814), pro- . clama en vigueur le nouveau pacte fédéral, et prêta serment dans la grande église, en présence de l'archiduc Jean. Un seul État, celui deNidwaid, refusa son adhésion au nouveau pacte, comme déjà dix-sept ans auparavant il avait refusé d'accéder à la république helvétique. Ce refus était dû en grande partie
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aux eflbrts de Charles-Louis de Ualler et du comité de Waldsbout, irrité de n'avoir pas réussi à rétablir randenne Suisse des XIII cantons. La diète dut lever mille hommes et envoyer des commissaires fédéraux dans ce demi-canton. La land^^meinde, que le kmdraih n*avaîtpasinstruite du véritable étal des choses, reconnut alors son erreur et vota Fadhésion à Tunaoîmité.
c Ainsi, dit le dernier des continuateurs de Jean de Muller, ainsi fut juré un nouveau pacte d'alliance en 4815. C'était la 500* aonée depuis le renouvellement du serment fédéral, à la suite de la bataille de Morgarten. » (*) Heureux d'avoir conservé son indépendaDce, le canton de Vaud honora par une ovation publique le grand citoyen César de Laharpe, dont le crédit auprès de l'empereur de Russie et le zèle patriotique avaient le plus contribué à la fonder en 1798 et à 1^ maipteoir dans ks années critiques de 4843 à 4815.
Temps de la Restauration (de 1815 à 1830). Le patriciat s'appuie sur les rapitulalions militaires el les jésuites. — Lutte du libéralisme contre l'absolutisme religieux el politique. — Révolutions démocratiques de 1830. — ForiuatioD du parti radical. Aejel du pacte fédéral de 4833.
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B pacte de 4845, inférieur à l'Acte de médiatioo, et sous le rapport de Tunité natioDale et sous celui des droits politiques des ciloyeas, établis* sait une Confédération de vingt^eux cantons, avec trois Vororts ott caDtoDS-directeurs, qui étaieot Berne, Zurich el Luoeme. La charge de landamman de la Suisse, illustrée par les d*Âffiry, les Wattewille et les Beinhardf était supprimée. L'avantage de deux voix accor-
(4) Monnard, XVIU, 399. — Nos sources pour l'histoire de TAcle de médiation soot^ outre eelies qui ont été indiquées page S56 de ce voluuae, la biograptiie de Refjobard, par M. de Murait, les journaux du temps , et divers papiers politiques et mémoires des hommes d'État fribourgeois les plus influents de cette époque où Fribourg a jouà UO rdto Si impoitant (jpapiers des d'AJb'y, Diesbacii, Maiiiardoz, UfOeger).
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DE LA NATIOK SlîlSSB
dé aux six grands cantons leur étail enlevé. La diète de 4798 reparaissait avec son cortège d'instructions , de protddoled
onyoriSj de référendum, qui entravaient la marche des délibé* râlions et ajournaient des années entières la solution de questions ini portantes.
Les constitutions cantonales étaient moins libérales encore. Celles qui n'établissaient pas le patriciat consacraient le renouvellement des c:rands-conseils par eux-mêmes, l'inamovibilité des fonctions, la confusion des trois pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire, la censure préalable des écrits destinés h l'impression et le huis-clos des assemblées législatives. Le droit de pétition n'était garanti que dans très-peu de constitutions. A Fribourg et à Berne, on avait eu l'air d'accorder une sorte de représentation aux campagnes. Mais les délégués du peuple, peu nombreux, étaient pris dans les rangs de la magistrature subalterne des districts, et maint patricien, domicilié hors de ville, trouvait encore moyen de se faire élire au grand-conseil , comme représentant des campagnes. ÂInsi, au moment de la révolution démocratique de 1834), sur H4 membres dont se composait le grand-conseil de Fribourg, il y en avait tout au plus vingt qui ne portassent pas la particule aristocratique, et qui appartinssent réellement aux petites viUes et aux communes rurales du canton qu'ils étaient censés représenter. Quant aux préfets des districts , ils étaient tirés , comme à Zurich, de l'ancienne bourgeoisie secrète et privilégiée de la capitale.
Mais les emplois de l'Etat, modestement rétribués a cette époque, ne pouvaient oiïrir une carrière lucrative qu'à un petit nombre de patriciens suisses. Ils trouvèrent un ample deiloiinnagemcnt dans les ca|)itulalions militaires, conclues successivement par la diète avec la France (1 81 6), les Pays- Bas (1818) et Naples (1829). Un service de parade et de salon avait remplacé les sanglants hasards de la guerre napoléonienne. Un patricien fribourgeois, le général Gady, s'éleva aux plus hautes faveurs de la cour de Louis XVIII et de Charles X , et fut appelé à remplir les fonctions de colonelgénéral des Suisses pour S. A. R. le duc de Bordeaux. Au commencement de leur règne, les patriciens fribourgeois, au nombre desquels se trouvaient de hautes intelligences, avaient paru vouloir suivre et même élargir la voie tracée