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Première guerre civile. — Alliance séparée de Zurich avec l'Autriche. — Interveution française suivie de la paix avec la France et Zurich.
(DêVan44S8à44ëO.)
^^^S^^ KRDAiiT que la mort du comte de Toggenbourg ^«^9^ appelait les Grisons à la liberté , élle avait des 7^^9^^^ suites tout opposées chez les Suisses, où elle
allumàtl les torches de la guerre civile. ^pHS Il faut chercher les causes principales de cette
guerre dans Tégoïsme ambitieux et jaloux de deux États confédérés, et les rivalités d'hommes puissants, excitées au dernier point par des prétentioris exclusives à la succession embrouillée et litigieuse du comte de Toueenboura.
Le comte Frédéric de To^^enhouri,» était mort sans enfants, le 30 avril 1436, laissant de vastes domaines au-delà du Rhin, entre Zurich et le Tyrol , le long de rAp{»enzell. Ces domaines étaient le To,i;r^'eTd)oii rg , Utznacbf la Marche supérieure, le Gasler, le Uheintbal, Sargans, les Dix-Juridictions, une partie du Vorariberg.
De nombreux héritiers .se présentèrent pour partager la riche dépouille du comte : sa veuve Élisabeth d'abord, dont la position n'avait pas été r^lée d*nne manière définitive ;
DB Là VATWK SUI88B.
la sœur de Frédéric, femme du comte de Thiersteip; ses parents à degrés divers, Brandis, MoDlforl, Rhœznns, Sax, etc.; I« duc d'Autriche, suzerain da comte de Toggeobourg; les États de Zurich et de Schwytz ses alliés et auxquels il avait promis ou donné des seigneuries; enfin Tempereur lui-mémOi qui, informé de Tabsence de testament régulier, réclamait le Toggenbourg comme 6ef mâle de Tempire. D'un autre côté, les sujets du défunt paraissaient disposés à profiter des circonstances pour s'afTrancliir de toute domination. Les habitants (i«\s Dix-Jiiritliclions parvinrent, en eftet, comme nous Taxons vu, 5 former une lit^ue indépendante. KspércUit iirriver au riièiiie résultat, ceux d lllznach et du Topgenbourg [haut ot l)as) s'érigèrent en une seule counnune et instituèrent des niai^istrats et des capitaines charités do défendre les intérêts iicnéranx du pa\s. Les £;ens de Gaster et de Sargdns, au contraire « préféraient rentrer souS la domination autrichienne, prévoyant bien que si cela n'avait pas lieu, ils seraient réduits a la condition de sujets de Scbwylz et de- Zurich. Telles étaient, en efTet , les vues de ces deux États, naguère encore si amis de la liberté des autres peuples, et ne rêvant plus maintenant que conquêtes et agrandissement. Cette politique nouvelle était représentée par deux chefîi poissants , le bourgmestre Rodolphe Stttssi è Zurich , et le hadamman Itel Reding à* Schwytz. Reding et Stttssi sont deux des plus grands honimes de noire histoire. Doués de cette volonté inébrani.ihle qui fait les iirands caractères, et de rélo(juenoe nécessaire |)our émouvoir le peuple, ils étaient aussi hraves c.jpitaiiies (pi liabiies diplomates. A ces avantaî^es intérieurs . Siussi joiiinail une force de corps extraordinaire et une taille itnposanle, qui frappait tous les regards dans les cérémonies publiques. Mais autant le bourgniestre de Zurich était fier, impétueux, irascible, autant le landamman de Schwytz était froid, tenace et prudent dans la combinaison et l'exécution de ses desseins. C'est par là quil devait remporter sur son adversaire. Tous deux, au reste, manquaient de ce noble esprit fédéral qui place les intérêts et la gloire de la commune patrie au-dessus des intérêts et de rbonoeur de chaque canton en particulier.
Déjà du vivant dn comte Frédéric , qu'irritaient les procédés hautains de Stilssi et la perte d'un procès à Zurich ,
KMTOIIB
Reding avait réassi par son adresse à obtenir la cession de la Marche supérieure. Zurich, en revanche, obtint de la veuve de Frédéric, la promesse de la cession de Sargans et d'Ulznach. A la mort do comte, Reding et Stttssl, bien loin de songer à former, des États vacants du Toggenboorg, on nouveau membre de la ligue suisse, rivalisent de moyens artifi* deux ou violents pour faire reconnaître leur canton, seigneur de ces contrées : « Sachez, dit StUssî aux hommes d'Ulznach, qui rofusaient de prêter serinent aux Zuricois, que chez vous tout nous appartient, jusqu'à vos entrailles. » Reding tient un langage non moins dur aux hon)mes de Gaster et de Sargans réunis en landsgemeinde dans le pré aux clercs (Pfafl'eiiwiese). Mais tandis que, révoltes des paroles du bourgmestre, les peuples du Toggenl)ourg se détachent de Zurich , ces mêmes peuples cèdent à l'influence toutepuissante du iandamman de Schwytz, secondé par Jost Tschoudi, iandamman de Glaris Ce dernier État, dans la lutte qui va s*ouvrir, jouera le rôle d'un allié Kdèle , tout dévoué à Schwytz. Reding avait su intéresser Giaris à sa cause en lui offrant la* co-jouissance des pays en litige.
Profondément irrité de se voir ravir on héritage qui lot avait tant coûté de démarches et de peines, Zurich, principal marché de blé des Waidsiœtten, profite des calamités d*une disette excessive pour aflanier ses adversaires et les pousser à la guerre. Lopposition d'un certain nombre de magistrats et de bourgeois animés d'un esprit plus fédéral, est foulée aux pieds. Le chef de ce parti modéré, le bourgmestre Rodolphe Meyss, collègue de StUssi depuis trois ans, est déposé, enfermé au Wellenberg et remplacé par Schwarzmann, une créature de Stîissi. De nombreuses diètes en conciliation se réunissent inutilement à Zurich, Baden, Lucerne, Zoug. L'empereur Sigismond et le concile assemblé alors a Bâie interviennent sans plus de succès. Zurich repousse toute média* lion. Il refuse également de se soumettre à la sentence prononcée conformément au droit fédéral par dix-neuf arbitres siégeant à Lucerne (9 mars i 437). Les sarcasmes amers que se prodiguent dans cette diète les chefe des deux partis, enveniment encore la querelle. StUssi reprodie aux Schv^y tzois
(1) L'aïeul du célèbre Iandamman et bislorien Égide Tscboudi, et luimême homme d'État distingué.
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leur malencontreuse intervention à Zoug et leur retard è Ârbedo. Schwytz parle de Schœno et des autres traîtres de Zorîob. StOssi n'ayant pas épai^é Glaris, sa terre d*ongiiie| le banneret Bîetler rappelle en termes Ironiques è Torgueillenx bourgmestre son origine pastorale. Le landamman Tscboudi met fin à cette scène scandaleuse en prononçant ces mot^, qui devraient être gravés en lettres d*or partout où l'on s'occupe des affaires publiques : « Rappelez-vous que » nous sommes ici pour délibérer non sur les personnes, a mais sur les choses. »
Zurich ayant peu après renouvelé ses mesures de prohibition, la iiuerre civile éclate entre cet État et Schvvvlz soutenu par Glaris. Apaisée un instant par la médiation armée d'Uri et d'Un(ierwald sur l'Elzel, et une trêve conclue par l'avoyer de Berne Henri de Boubenberg et les députés des quarante- neuf villes, elle éclate tout de bon au mois de no-* vembre 4441.
La conduite des Zuricois, qui non-seulement avaient rendu encore plus sévères leurs mesures .de prohibition, et re* jeté le droit fédéral aux nouvelles diètes de Zoug et de Schwytz, mais encore accusé les Suisses du crime de lèsemajesté devant le nouvel empereur Frédéric m d'Autriche, arme contre eui tous les Confédérés.
Attaqués de tous les côtés et saisis d'une terreur panique à Pfaeflikon, les Zuricois sont oblii;és de se rendre et d'acheter la paix par la cession de la contrée qui longe le pied de rElzel(*). C'était la une politique inique et funeste de la part des Confédérés, dont tous les eflbrls devaient tendre à établir une paix durable, sur les bases de réquilé et de la justice.
La Confédération ne tarda pas à fecueillir les fruits de ' cette politique. Les Zuricois, exaspérés de la perle de leur territoire, oublient tous leurs engagements envers la Confédération et la haute place qu'ils y occupent comme Yorort; Us s*allient avec la maison d'Autriche par le traité séparé d'Âix-la-Ghapelle (4443). L'empereur Frédéric m, reçu en triomphe dans leurs murailles, voit Taigle d'or de l'empire flotter sur le Grand-Mo6tier et la plupart des bourgeois
(4) PfœrflkoD, Wollerau, Hurden et 111e d'Ufnau, dansJe lac de Zuricb
Oigitized
HI8TOIRI
mettre à leurs chapeaux la plume de paoa ou la croix rouge des ducs d'Autriche. A peine un petit nombre d'babitaots restés 6dèles à ralliance éternelle osent-ils encore arborer hors des fenélres la queue de vache ou la croix blanche, que portaient les partisans de la Confédération. Bientôt le parti suisse est réduit au silence par l'arrivée d'une garnison autrichiennê commandée par le margrave de Uochberg , gouverneur de PAutriche antérieure , et Thuring de Haliwyt , officier du duc, qui prend le commandement de la place (io Zuricli. EnUés par des promesses fallacieuses, et par l'adhéfeion de Rappcrschwyl , Winlcrlhour, Diessenhofen, et d'autres villes auirichionnes, lt\s Zuricois se llalleiit déjà de devenir le iK^yau et la téle d'une confédération nouvelle. L'Autriche, de son côté, espère bien recouvrer tous ses doniaities, en conunenoanl i^.ir l'Ari^ovie. Plein de conliance dans i'alliauce zuricoiscet la désunion des (Confédérés, Tempereur refuse à ces derniers la confirmation de' leurs privilèges, qu'ils ne demandaient, du reste, que pour se conformer à l'usage; car ce n'était plus qu'une simple formalité.
Enfin la guerre civile éclate (4443). Première guerre de Suisses à Suisses. La fortune se déclare tout d'abor^ contre les Zuricois, qui sont battus au Freyenbach, le 23 niai, par les guerriers de Schwyiz , et sur les hauteurs du Uirzel , le jour suivant, par les soldats de Lucerne, Uri et Underwald. Les retranchements qu^îls avaient élevés en oe dernier endroit sont pris et renversés après une vive résistance et la perte d'un i-rand nondjre d'hornines vaillants, l'élite de l'armée zuricoise (*). Une (Ji version tentée par Slussi et Ilochher'j du côté de Blikenstorf. sur le territoire (Je Zoii^, échoue. Bremgarten , assiégée (^t défendue avec intrépiiiii*^ par les Zuricois, qui veulent, maintenir leur portion de souveraineté sur elle, est prise et livrée aux ilamuies. Le sort de Bremgarten effraie Baden, qui aurait voulu rester neutre et qui se^voit contrainte d'ouvrir ses portes au\ Confédérés. Ni la tour de RUmlang,,ni les forteresses de GrUnin^en et de Regensberg ne purent résister aux Suisses. Pour comble de
(4) Au nombre des morts se trouvaieni un Meyer de Knoiiau, chef des troupes ziiricoises, un Laodolt, uu Triokler; les Waldstietten perdirent aussi beaucoup de monde, des LOtlshofen, Zelger, Jauch, Imbof, Zweyer d'Evebach Jean Punliner, un descendani du béros d'Arbedo, sauva le drapeau d'Uri daos ceue journée.
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revers , les Zuriooîs voient se tourner contre eox rarmée berouise, longtemps indécise et que la victoire des alliés de Schwytz décide à joindre ses armes aux leurs, après une délibération tumultueuse à Langenlhal.
Au mois de juillet, réunissant leurs forces, Schwytz, Uri, Underwald, Glaris, Zou.i> et Lucerne passent l'Albis au nombre de 5,000 hoinnjes pour iiuircher sur Zurich. Itel Reding élait un de leurs chefs. A la nouvelle de leur approche, Tarniée austro-zuricoise , emportée par la fureur, brave l'ordre des chefs autrichiens Uechberg, Hallwyl , et vole au-devant des Suisses , conduites par le bourgniestre Stiissi. L'action s'engage dans les prairies, entre le village de Wiedikon et la chapelle de Saint-Jacques, le juillet 1443. Les Zuricois et leurs alliés combattent avec acharnement, mais sans ordre et sans discipline.
Tout à coup, 300 jeunes gens de Schwytz, %Qxquels' Reding, par une ruse de guerre assez'eommune, mais nouvelle en Suisse, a fait prendre des croix rouges pour abuser Ten- Demi , tombent ^ur ses derrières et font un grand carnage. Une terreur panique s'empare de Tarmée auslro-zuricoise, qui se débande et repasse dans la plus horrible confusion le pont de la Sihl. Le bourgmestre StUssi, reniarijUiible par son héroïsme et ses cheveux bl.iucs, se place au milieu du pont, et brandissant sa hache d'armes : « Arrêtez 1 citoyens, arrêtez! « Mais un citoyen de Zurich, nomn)é Zur-Kinden, lui crie d'une voix terrible : « Tout le mal nous vient de toi, que la foudre t'écrase! » et lui passe sa lance au travers du corps. Le bourgmestre tombe avec fracas dans son armure. Amis, ennemis, tout passe sur son cadavre, et se précipite >ers les portes de la ville. eût été envahie, sans la présence d*esprit d'une noble femme, Anna Ziegler, qui lit tomber la herse et donna ainsi le temps è ses concitoyens de se rallier pour repousser les Confédérés. Ceux-ci se vengèrent . sur le faubourg, qui fut pillé et réduil en cendres. S'asseyent ensuite an milieu des cadavres sanglauis, les vainqueurs boivent et mangent à la lueur de Tincendie qui dévore le faubourg et les villages voisins. Mais ce n'était là que le prélude de plus grandes horreurs. Des soldais glaronnais ayant reconnu le corps de SiUssi, le mettent en pièces, lui arrachent le cœur avec les dents, enduisent leurs chaussures
USTOtll
de sa graisse et jeUeol ses restes mutilés dans les flots de la SibL
Après avoir'oaaipé trois jours devant Zurich « les Confédéréis levèrent le siège le quatrième jour pour aller attaquer le nouveau Rdpperschwyl, dont les habitants, hommës el femmes, se défendirent avec la même inlréf)i(iiié qu'en 1388, après la bataille de Nccfels. Pemlunt le siège de Uapperschwyl, l'évêque de Constance, Henri do liewen, chercha à négocier un armistice, puis une paix definilive. Ses tentatives de conciliation trouvèrent de Técho dans le parti redcral zuricois, auquel la mort de SlQssi avait rendu le courage et quelque influence au sein des conseils. Les membres les plus considérables de ce parti, les conseillers Jean Meyss, Jean Bluntschtli , Ulman Trinkler, Ëffinger etfirunner furent envoyés à la diète de Baden, et trouvant les conditions qu'on leur faisait très-acceptables pour Zurich, ils conclurent la paix de leur propre chef et sans attendre Tautorisation du gouvernement de leur canton. Ces conditions étaient que Zurich renoncerait à ralliance autrichienne, moyennant quoi toutes ses possessions loi seraient rendues et les choses rétablies sur Tancien pied.
Mais les chefs du parti austro-zuricois n'avaient consenti à la trêve et aux négociations qui suivirent, que dans l'espoir de gagner du temps. Ils s'étaient môme adressés aux cours de France et de Bourgogne pour en obtenir des secours contre les Cofiféderés. Exaspérés par un traité qui ruinait toutes leurs espérances, les chefs de ce parti, qui étaient alors, cuire les chefs autrichiens proprement dit, le bourgmestre Schwarzmaurer et bailli Keller, répandirent les bruits les plus odieux contrtf les généreux auteurs du traité de Baden. On les accusa en plein grand-conseil d*avoir trahi les intérêts de leur ville natale, calomnié le bourgmestre Sttlssi, et de vouloir faire du landamman Reding le patron et Tarbitre des Zuricois. Les négociateurs repoussèrent aveo indignation ces attaques, et leur justification trouvait faveur auprès de rassemblée, lorsque des cris de mort retentissent aux abords et hors des fenêtres de l'Hôtel-de- Ville, où était réuni le grand-conseil. Le peuple de Zurich, trompé par des démagogues et des agents autrichiens, demandait la téte des , malheureux auteurs du traité de Baden. Une troupe de for-
ceoés avait déjà pénéiré daos la salle. Le graod-conseil Idlimidéy vota la mise en jugement des cinq négociateurs, qui forent anssitél conduits au Wellenberg an roilieo des imprécations d^une multitude égarée et furieuse. Un tribunal, présidé par le bailli Keller, s'assembhi pour juger les prévenus. Une partie des juives, courageux défenseurs des droits de la justice et de Tinnoeence opprimée^ déclarèrent les prévenus non-coupables et conclurent à racquitlenjent. Une autre partie, espérant par cette concession désarmer le coui roux populaire, les condamnèrent à une amende. Une troisième partie, plus faible que les deux précédentes réui.ies, mais plus forte que chacune d'elles, les condanma à mort, et le bailli Keller, un des chefs du parti autrichien, n'hésita pas de faire exécuter la sentence contre les trois négociateurs, qu'on regardait comme les plus coup<ibles. Meyss, Trinkier et Bluntschli furent décapités sur le Marché aux Poissons, martyrs de leur ssèle pour la' paix et de leur patriotisme fédéral. BruBoer fut condamné à une amende de SOÛ florins, et à vivre comme prébendaire à Piiôpital, rendu héritier de toute sa fortune. On ne connaît pas au juste la sentence portée contre le oonseiller £ffinger (
Non content de ces victimes, le parti autrichien, redevenu seul dominant, engloba dans la persécution une foule de braves gens, dont tout le crime était leur attachement à la Confédération et leur fidélité à l'alliance éternelle. Les cachots se rem{)lireiit des partisans des Suisses et de Tunion fédérale. Plusieurs furent envoyés sur Téchafaud. Le traité de Baden fut déclaré nul, et l'arbitrijge de révôque de Constance oa des villes impériales, offert pour la forme aux Confédérés, qui repoussèrent cette offre dérisoire avec indigoalion.
N'écoutant plus que la voix de leur haine ^et les sentiments de vengeance qu^avaient allumés en eux les sanglantes exé- GQlions dont Zurich avait été le théâtre, les Confédérés mirent le siège devant Greifensée, petite forteresse zuricoise, défen^ due par Jean de Breiteniandenberg, surnommé Jeav^le-Sanh wge, t Ce capitaine, dit un historien, résista vaillamment avec une faible garnison composée d'Autrichiens, de Zuricois et d'habitants de Greifensée. Cependant, après plus de quatre semaines de défense , n'espérant aucun secours des
(4) Bliinlscfall. Afiolredtia Ji^M^<iglf•«llriooi^
Zarieois, que la crainte retenait dans leur ville, Jean-le- Sauvage , pressé vivement par les Suisses, fut obligé de se rendre è discrétion. L'année fédérale se forma en conseil de
guerre pour juger les prisonniers de Greifensée. Redin^ , le premier, opine pour la inorl el demaude que tous sans exception soient décapités le jour même, desanl \,i forteresse. <j Tous, répèle la soldatesque farouche; tous mourront, les étrauf^ers, les Zuricois et ceux de Greifensée aussi. » Le capitaine liolzach, de Menzingen au pied de la montagtie de Zoug, fit entendre une prulestalion courageuse : « Confédérés, craignez Dieu, éf)ar£;nez le sang innocent, ne souillez pas l'honneur de la Confédération. » Le iandamman Itel Reding, reprenant la parole, répondit: « Cet hotnmea dessentimenis autrichiens : qu'ils meurent tous , à Texception de ceux de Greifensée. » Là horde cruelle pousse des hurlements d*ap* probation. Des vieillards, des enfants, des femmes enceintes implorent en vain pour un fils, pour un père, pour un époux. En vain des larmes jciilfissent des soldats eux-mêmes. Reding donne le signal; le cercle est fermé; le bourreau de Berne y entre, le glaive à la main. Jean-le-Sauvage meurt le premier courageusement. Les télés de heaucoup d'autres tombent au[)rés de la sienne. Le bourreau s'arréie, regarde Itel Reding et semble dematuler i^ràce pour les survivants. Reding r.q)Oslrophe plein de colère : « Si tu ne reniplis pas ton office, un autre le remplira sur ta personne. » Alors tombent aussi les tètes de Félix Ott, de Jean Ësoher, de Jean Denzler, de Zurich. Â la cinquantième, la nuit est venue; Reding fait allumer des torches de paille pour éclairer la fin de i*œavre sanglante. Lorsque la soixante-deuxième tôte est abattue, Reding s'éloigne enfin de ce théâtre d'iniquité et d*horreur. »{ ') Le massacre de Greifensée indigna toutes les âmes honnêtes dans la Confédération. On attribua à ces sanglantes exécutions le grand désastre qu'éprouvèrent les Suisses à la bataille de Saint-Jacques sur la Birse , où Ton prétendit avoir entendu des guerriers blessés a mort s'écrier douloureusement : « 0 Greifensée, terrible est ta vengeance 1 » Les Zuricois élevèrent plus lard sur le lieu du supplice une chapelle de bois qui lut reconstruite en pierre au couuiencement du XVi^ siècle.
(1) Zscbokke, dont le réctt est calqué sur une chronique suricoise du qulDsidme siècle, la chronlgue <l*BdlU>acb, publiée en IS47.
DB LA HAVIOll fUUSB.
Le massacre de Greifensée fut soivi du siège de Zurich. Les Suisses ceroèrent de nouveau cette ville au Dombre de 90,000. On vit alors ce que peut le dévouement de quelques citoyens. Seiie Znricols, surnommés les Boucs, et formant nn corps franc semblable à celui des Renards de Pierre Dttrr dans le siècle précédent , rendirent de grands services à la ville et firent beaucoup de irinl aux Confédérés, qu'ils attaquaient en partisans. Toutes les mesures furent prises, d'ailleurs, pour nietlre celle cilé en état de défense. Tout autour de la ville on abattit des arbres, on creusa des fossés, on planta des pieux pour arrêter les opérations de l'ennemi. La constitution fut suspendue et une commission de douze membres investie de pouvoirs extraordinaires. Un officier autrichien, Hanz de Rechberg, fut mis à la tète de toutes les .forces militaires zuricoises. Le grand-sautier Asper commandait les Boucs, dont le nombre fut porté de 46 à 60 hommes.
Mais to\it ThéroYsme des Zuricois n*eût pu à la longue résister aux Suisses, si un secours extraordinaire ne fût venu faire diversion et attirer sur un autre point Tattention des Confédérés. L*empereur, qu*une guerre lointaine empêchait de secourir efïicacement les Zuricois , était parvenu à intéresser le roi de Krance , Charles VII, dont le royaume était couvert de troupes iridisciplinées et formées de toutes nations, dans le genre de celles qui avaient envahi la Suisse sous Enguerrand de Goucy, soixante-neuf ans auparavant. On appelait ces troupes les Armagnacs^ du nom d'un chef qui commandait dans la guerre civile précédente. Le roi les réunit, leur donna des chefs et les envoya au secours de Zurich sous les ordres de Théritier de la couronne, le dauphin Louis. Les Armagnacs étaient au nombre de 30,000; lorsqu'ils arrivèrent prés de Bâie, les Soleurois, aidés par des troupes de Berne, de Lucerne et de Bàle, assiégeaient la forteresse de Parnsbourg, appartenant au seigneur de Palkensiein qui avait mis le feu d la ville de Brougg quelques temps auparavant. Ceux-ci expédièrent en bâte des messa» gers au camp devant Zurich, pour demander du secours contre les nombreux Arntagnacs. « Ce ne sont que de pauvres Jacques » répondirent les assiégeants, el ils se con-
(1) Le nom de pauvrei Jacques [armen Jaken en Âllemand), est à la fois une alluâion à la Jacquerie ou révolte des paysans en France, et la traduction ironique de la dénomination dUmaynoc. 4 4
HISTOIM
tentèrent d'envoyer à Parnsboorg an renfort de 600 hommes. A la nouvelle que les Français couvraient déjà les champs de MUnchenstein , non loin de Bâle, 900 de ceux qui assiégeaient Famsbourg et les 600 hommes qui venaient de Zurich, parmi eux 50 Neuchâtelois , alliés Odèles de Berne, allèrent à leur rencontre. Chemin faisant, ils rencontrent deux chanoines de Neuchâtel qui revenaient du concile de Bâie et qui, par le tableau des grandes forces de rennerai, cherchent à (hssuader ces braves .cens de courir a une mort inévitable, a S'il en est ainsi, répond un chel bernois que Ton croit être Ihins M.uier, el que nous ne puissions rompre les dits empèchemenls , nous l);iilierons nos ;imes à Dieu et. nos corps aux Armad>nacs. » Le 2(] aoùi 1444, au point du jour, les Suisses surprennent 4,UU0 Arinaij;nacs devant le village de Praltelen; ils h ur livrent un combat sanglant, les reppoussent dans leurs fortifications près de Mutlenz, puis les forcent d*en sortir et de se jeter dans les ûots de la Birse qui coule près de là.
Du haut des tours de leur ville, les habitants de BâIe étaient témoins de la valeur avec laquelle la petite troupe des Suisses combattait contre un ennemi si supérieur en nombre.
Trois mille Bâiois sortent de leurs murs pour couvrir la retraite des Suisses, mais bientôt un siiiual parti du haut des tours les iap[)elle à la défense de leur cité, dont la possession était convoitée par le dau[)hin. Acharnés au cond><\l et bravant Tordie des chefs qui veident les retenir, les (Confédérés, pendant ce temps, traversaient la Hnse à l.i na^e, et arrivaient au rivaî^e oppose, malgré les terribles décharges des ennemis, dont toutes les forces étaient rangées sur les bords de ia rivière. Ils pénètrent dans ces hordes innombrables, semblables à des anges exterminateurs. Obligés de se séparer en deux corps, ils ne s'en battent pas moins, 500 dans une ile formée par la Birse, 1,100 autres derrière Ten^ clos de la léproserie de Saint-Jacques. Terribles comme des lions, les défenseurs de Vile luttent avec acharnement jusqu'à ce qu'ils tombent sur les cadavres d'ennemis nombreux, moins vaincus, dit un témoin oculaire, que faiiî^ués de vaincre; tués, leurs rangs étaient aussi serres que pendant la bataille. Ceux de la léproserie combattaient avec non moins de valeur derrière leur mur ; trois fois ils repoussereut l'as-
DE LA HATIOR SUISSB. 159
8aa(; deax fois ils fireol une sortie. Od vit des guerrière saîsses arracher des javelots de leurs plaies sanglantes pour les renvoyer à IVnnemi; d*autres, couverts de traits, s'élancer encore au nailieu des Armagnacs. Enfin le mur croula ; l'hospice et la chapelle brûlèrent.
Tous les Confédérés moururent en héros. On en trouva 99 étouffés (i<ir»s les voûtes des caves. Mais des milliers d'Iiommt's et de c lievaux eonemis joachaieol la terre eutre Sainl-J;KM|(K's cl l^alleleii,
k l.i fin de ia bataille, (jui avait duré dix heures, le chevalier Bourkard Muucli. seigneur d'Ani^eiisleiii et de Landskron Tun des plus farauds ennemis des Confédérés, parcourait à ciieval le champ de bataille, accomf)a^né de quelques autres chevaliers; foulant les cadavres des Suisses, il s écria dans un transport de joie barbare : « Maintenant, je me baigne dans les roses. » Du milieu des morts et des mourants, le capitaine Arnold Schick , d*Uri , se relève et lui crie : « Baise encore cette rose-ci! i» et lance au front de Bourkard une pierre qui l'ét^nd sans vie parmi ceux au courage des* quels il insultait avec tant de jactance et de lAcheté.
Quinze cents Confédérés moururent glorieusemenl à Saint- ' Jac(|ues ; trente- trois furenl laissés i:rKi\ ement l)lessés sur le cliamp de bataille; dix seulement sauvèrent leurs jours par la luite. Ils forent honnis dans loule la Confedératn)n et repuussés [)arlout, f)0ur n avoir () is \oulu {)artai;i'r en vrais Suisses le courage des héros et la gloire de leur Irepas (*).
Le dauphin s'arrêta sur le champ de carnage, et ne jugea pas a propos de pousser plus avant. Plein de respect pour la bravoure des Suisses, il 6l la paix avec eux n Einsisheim par la médiation des pères du concile de Bàle (î8 octobre).
La Bataille de Saint-Jacques ne termina pas la guerre intérieure entre Zurich, les Confédérés et la noblesse dévouée à TAutricbe. Bàle, dont les Confédérés venaient pour la seconde fois de sauver rindépendaiice, se rallia franchement à eux et exila de son sein les nobles qui , après avoir concouru a appeler les Armagnacs, travaillaient à livrer leur
(1] Au nombre des principaux officiers tués à Saint-Jacques se trou~ vaienl Josl Reding , deSchwyl/. , frùre du lari(l.iiiimnn ; II.iiiz Mallor, de Borne: Ho(lnl])he N'ï'ts!;ih»r, (h'Glaris: HrniKlIi, d L lulerxs ald ; HolTsteller, (\r Lucerne; Heiniuunn Seevogel, chef des volontaires de Llestal, auquel on a érigé uoo slatue dans la cour de lliôtel-de-Ville, à BAle.
viHe ao dauphio. Renfbrcés par les troupes de Berne et de Scdenre , les Bàlois marchèrent eosaite sur Bbeinfelden. Les habitants de cette ville argovienoe étaient dévoués aux Suisses; mais le château fort, appelé Stein, était occupé par
Tburing de Ualiwyl , Falkenstein et d'autres ennemis jurés de la liberté helvétique. Ces nobles, i\ rapproche des Confédérés, s'enfuirent, la forteresse fut ruinée et quelques soldats des cantons laissés pour la garde de la ville. Mais peu de temps après, une grande barque remplie d'hommes armés, déguisés en pèlerins, qui revenaient soi-disant d'Kinsiedlen, pénétra dans le port de Uheinfelden, massacra une f)artie de la population et chassa l'autre de ses demeures. Bâle recueillit d'abord les malheureux fugitifs; puis elle arma pour les venger et brûla les châteaux de ces brigands-gentilshommes. Bbeinfelden ne demeura pas longtemps entre leurs - mains et rentra à la paix sous la domination^de TAutriche.
De 4444 à 4450 , toute la Haute-Allemagne ne présente que petites guerres, brigandages, hostilités de tous genres. On se bat en même temps sur tous les points de son territoire, aux bords du Rhin, de la Reuss, des lacs de Zurich, de Constance et de Wailenstadt, devant BatitMi, Rapperschwyl, Wollerau, Wyl, Bren)garien , Wolfhalden, Ragali, et tout autour de Fribourg, dans la partie occidentale.
A Ragatz, un corps de 1,500 Glaronnais et Schw ytzois, conduit par Jost Tschoudi et liel Reding, le fils du célèbre landammanqui venait de mourir tranquillement à Schw ytz ('), remporte une victoire complète sur Ilanz de fiecbberg et 6,000 Autrichiens (16 décembre 1446). Plus heureux sur leur lac y les Zuricois détruisaient avec leur flotille toutes les petites forces navales de Schwytz.
Jamais guerre ne fut conduite avec plus de fureur et marquée par plus d*excés de tous genres. Au meurtre, au viol, à rincendie, au pillage, les Suisses égarés par la haine joignirent les profanations les plus odieuses. Plus de trente églises furent dévastées, les tonibeaux violes, les vases sacrés brisés ou enlevés, les hosties répandues, les images et les crucifix livrés aux derniers outrages. Ces dévastations étaient accompagnées d'horribles blasphèmes contre le Dieu, la Vierge et les saints des Zuricois, comme si la croyance de
(I) En décembre 4445.
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ces derniers n'eût pas été celle de leurs voisins et Confédérés des autres cantons. Triste exeiupie des aberrations auxquelles peuvent entraîner les passions politiques.
Une lutte aussi longue et aussi cruelle avait épuisé tous les cantons, et causé un lei mécontentement parmi le peuple, qa'iJ y eut des éii^eules contre les magistrats que Ton envisageait à tort ou à raison comme les instigateurs de la guerre. Ceux qui y avaient le plus contribué, StUssi et Reding, D*étaient plus là pour raviver les haines. Les villes impériales d'Allemagne et le comte palatin de Bavière , jeone seigneur plein dé prudence et d*habileté , profitèrent de ces dispositions pour ménager une entrevue entre les chefs des deux partis à Wœdenschwyl sur le lac de Zurich. Cette entrevue donna lieu des scènes touchantes. Debout, dans des barques pavoisées aux couleurs de Zurich et de Schwytz, les magistrats des deux cantons ennemis se donnèrent de nouveau le nom de ConféiJérés. Les députés de Schwytz et des autres cantons manquant de provisions sur leur bord, les Zuricois leur firent part du vin et des t;égues (') qu'ils avaient apportés en abondance.
L^entrevue de Wœdenschwyl fut suivie des deux arbitrages de Pierre d^ÂrgOD, bourgmestre d'Augs bourg, et de Henri de Boubenberg, avoyer de Berne, désignés par les villes impériales. Par sentence arbitrale datée de Lindau sur le lac de Constance, d'Argun confirma le jugement rendu par les dixneuf arbitres fédéraux à Lucarne en 4437, et condamna Zurich à respecter Talliance et le droit fédéral. Henri de Boubenberg, siégeant à Einsiedien, annula ^alliance de Zurich avec l'Auiriche. En revanche, on restitua aux Zuricois tout le territoire dont s'était emparée la Confédération, sauf le petit pays conquis dans la première guerre et qui mettait Schwylz en communication avec le lac à l'est du pont de PfaelDkon. Le Toi;i»enbourg , du consentement de toutes les parties contractâmes , fut abandonné au sire de Ra rogne, parent du comte défunt.
Le rétablissement de la paix causa une joie universelle dans la Haute-Allemagne; elle fut annoncée partout au son des cloches. Quelques citoyens cependant demeurèrent exclus
(4) Sortes de petits pains dont on m'ange beaucoup en Suisse.
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des bienfaits de l'ainnistie générale : c'étaient leis Boucs ou corps-francs zuricois, (Jont le trop t'rand zèle pour la défense de leur ville natale avait profondéiueiil irrité les Suisses. Pour ne pas être un obsiacie a la recoiiciliaiion , ils s étaient retires volonlairenient a liohenkravn, château fort sur le Rhin. Un i;etiéreux enuenii, le l.indaimnaii Fness, d'Uri , ne put s empêcher de les plaindre et de dire ; « Si j'étais l'un des Boucs, je ferais prisonnier quelque magistral considéré des cantons et ne loi rendrais la liberté qu'au prix de la mienne et de celle de mes comp<ignons. » Ûavis, rapporté aasL exilés, fut trouvé bon; ils enlevèrent le landamman Friess lui-même un jour qu'il traversait le lao de Zurich , ei le gardèrent an château de Hohenkrayn. Pour obtenir l'élargissement du premier magistrat d'Un, il fallut comprendre les Boucs dans la paix générale et leur compter 300 florins.
Mais le rL-sseiiliineiii (ju avaient lait naîlre pai'mi les Suisses ces eorps-lVancs^ ne s était pas calmé par leur exil. Il éclata au carnaval de Zurich, en 1454, où le i^rand-saulii-r Asper, chef de la société des Boucs, n échappa cpie par la fuite aux tireurs des autres cantons, (jui voulaient le pt ecij)iler par les fenêtres de illôtel-de-Vilie. Moins heureux fut le clianoine Hâttuuerlein, dont les écrits mordants, très- répandus en Al^ lemagne, lui avaient attiré à la fois la haiue des moines et celle des Confédérés. Sans égard pour son grand âge, ses lumières et son patriotisme local , il fut saisi, jeté à GoUUeben, dans la prison qu'avait occupé Jean Uuss, et ensuite enfermé à perpétuité au couvent des Franciscains, à Lucerne , où il 6oit ses jours, entouré de ses livres , seuls compagnons qui lui fussent restés fidèles dans^ l'adversité (-l 460). La vie du noble et malheureux Hâmmerlein a été décrite avec détail par sou disciple et an)i VVyl de Bremgarten. Elle a lail aussi Tobjet d'un travail savant publié à Zurich eo 4846.
D£ LA KATION SUISSE.
Amédée VIIl, duc de Savoie et baroa de Vaud. — Fribourg, émancipé de rAutriche et de la Savoie , devient l'allié des Suisses.
(De Van 4400 à 4400,)
EKDANT la guerre (Je Zurich el toute la première moitié du XV siôde, les populations romaodes des bords dq Léman étaient soumises à la do* mination ou à rinfluence d*Amédée VIII, le plus célèbre des anciens princes de Savoie après le Petît-Charleniagne. Sa prudence et son habileté le 6rent surnommer le « Salomon de son siècle. » Duc de Savoie jusqu'en , 1434, ensuite cnnile n Uipaille, ))uis nouiine pape au poncile de 13àle, sons le nom de Félix V, il abdique à Lausanne en 1449 et éclianiie la tiare pontificale contre la mître des evôques de Genève qu'il réussit à transmettre à son petit-fils âgé de huit ans seulement et à plusieurs princes de sa famille. L'acquisition du comté du Genevois (^j, en augmentant sa puissance, augmenta ses prétentions. Il chorcîia a soumettre entièrement à sa maison celte cité d'abord, et toutes les principales villes de la terre romande, Fribourg, Lausanne et Sien, déjà si souvent occupées par tes Savoyards. A Genève, ses tentativés échouèrent devant la résistance des chefs de famille ou maUres d^hôtel (% qui , assemblés au son de la cloche par les quatre syndics ou premiers magistrats de la ville, au oombre de 7^7, déclarèrent solennellement « ne jamais vouloir soulîrir de domination étrangère. »^
Le iiouverneint nt de (ienève conserva donc sa l'orme mî'^^É?, c'est-a-dire a la fois nionarchi iiie })ar revé(|ut', ari>Locrati(|ue par les chanoines, le conseil el les syndics, et decnocratique / par le co}iscil youral des chefs de famiile <pii se réunissaient deux fois l'année au son de la grosse cioche de Saint-Pierre. Geite constitution existait depuis la lin du Xlir siècle , où
(1) I.C comté du Genevois comprenait une grande partie des environs
de Genève.
(â) Hàtelj dansle vieux Irauvais, avait ainsi la même siguiiicaUon qu'ottau dans le patois roman et désignait le foyer donestiqne.
i 64 HISTOIRE
Pévêque Guillaume de Gooflans avait fait de vains efforts pour abolir toutes les institutions démocratiques et supprimer le droit que s'étaient attribué les citoyens d'avoir leur sceau propre el celui de garder les clés des portes de la ville et des chaînes qu'on tendait dans les rues en cas de danger. Les libertés de Genève furent confirmées par l'empereur Sigismond , qui prit « VégUse el la cUé sous ia protection de Vaigle impériale. »
Mais ce qui valait mieux qoe la protection des empereurs, c'étaient le généreux courage et Tesprit public qui animaient les citoyens de Genève, parmi lesquels op voyait déjà briller les noms de ces treize mémorables familles dont les descend^nts immédiats procureront à leur patrie, au prix de/ leurs biens e( de leur sang, Taffrancbissement complet du joug de la Savoie, dont les souverains , résidant souvent a Genève, ne néâtligeaienl aucune occasion d'étendre leur pouvoir sur cette %ille
Dans le Pays-de-Vaud , Anuklée VIlï eut plus de succès qu'à Genève. 11 s'empara des trente seigneuries du dernier sire de Cossonay et de toutes les propriétés d'OtliOQ de Grandson, le plus puissant des chevaliers vaudois.
Othon avait guerroyé, en France, en Angleterre, en Italie ; il était beau, spirituel, connu à la fois dans les cours de l'Europe comme gracieux troubadour et vaillant capitaine. Mais une passion coupable qu'il avait nourrie dans sa jeunesse pour la femme de Gérard, baron d*Estavayer, en offensant ce dernier , causa la ruine d'Othon et celle de toute sa famille. La mort subite du dernier comte de Savoie, Amédée VII, avait donné lieu b des bruits d'empoisonnement. Gérard accusa de ce crime Oïlion de Grandson, son rival. En vain, le malheureux chevalier chercha-t-il à se lavor de cet horrible soupçon, il fut obligé de se sournetlre ixu jugement de Dieu, et de se battre un duel avec son accusateur, à Bour^-en- Bresse, où s'ehiient rendus Amédee VIII et un in)mense concours de nobles vaudois, savoyards, bourguignons, partisans d'Otbon ou de Gérard d'Eslavayer. Olbon, qui était malade le jour du combat, fut vaincu et tué par son implacable ad-
(i) Ces treize noms historiques sont ceux des LuUin, Hugues, Delà Rive, Pécolat, Tacon, Berthelier, Lévrier, Jean-Philippe, Roset, d'Orsièm, Carra de Baud, BaodièrM, Vandel. Pieitt dt S«r^.
M LA KATION ftUlSS£.
versaire. On inhuma ses restes dans la belle cathédrale de Lausanne, où l'on voit encore aujourd'hui sa statue couchée sur les dalles du chœur, les poings coupés el placés à ses pieds, seioD les lois du duel.
De Lausanne, où il aimaU à faire sa résidence el qui lui dot plusieurs foodalioDs, entre autres le riche couvent de SaÎDl- François, Amédée VIII jetait des regards de convoitise sur Fribourg, ville dépendante des ducs d^Âulricbe, mais •entièrement isolée au milieu d'un réseau de châteaux et de villes dévoués à Berne ou à la Savoie. Les Fribourgeois ayant refusé de suivre les drapeaux de Berne dans la guerre contre les Armagnacs, cet État confédéré leur déclara la guerre. Dans le morne ten)[)s, le premier magistrat delà république fribourgeoise , l'avoyer Guillaume d'Avenches, qui avait dû être puni comme concussioiinaire et jeté à la tour Rouge (*), trahissait sa patrie adoptive. Il se relirait à Romont, d'où, nouveau Coriolan, il friisait une izuerre de plusieurs années à ses concitoyens, portant dans tous les villages environnants, le meurtre, Tincendie et le pillage. Les Fribourgeois usèrent de représailles, noyèrent, décapitèrent ou précipitèrent du haut des rochers les émissaires d^Àvencbes qui tombaient entre leurs mains.
Un de ces agents, le Lombard Salicelto, s'était réfugié à Avencbes, ville de la juridiction de l'évéque de Lausanne. Sans respect pour rimmunîlé épiscopale, les Fribourgeois enfoncent les portes de la ville et s'emparent de Salicetto, qui est enfermé "à la tour Rouge et a la tête tranchée. Le traître Ricca ayant montré aux ennenns un côté faible do rempart vers la porte de Mornt, fut écartelé. L'audace des partisans de Guillaume d'Avenches était telle, que l'un d'eux, nommé Drochal, pénétra dans-la chambre de l'a voyer Felga et y dé{5osa sur un buO'et une lettre de défi. Les efl'orts que firent à diverses reprises les Fribourgeois pour obtenir de la Savoie une paix équitable, restèrent infructueux. Le combat malheureux du Gotteron , où ils perdirent hommes contre les Bernois alliés aux Savoisiens, acheva leur ruine. Us furent obligés d'accepter la paix hmieuse de Morat (46 joillet U48). Cette paix les obligeait à indemniser et à ré-
(4) La tour Ihuffê est oette tour qui s'élève flèremeiit entre les dans ponts suspendus, sur le roc vif qui domine la route.
UISTOIAB
lablir dans ses honneurs Tavoyer Guillaume d'Avenches; a payer 40,000 florins ciu duc de Savoie pour frais de t^uerre; à reuoncer à la coudjoui>'eoisie de Berne et a toutes leurs prétentions sur le baillici.ue de G; u^bo-jrg possédé eu commun par les deux villes, et en diM ijin' lieu à paraître a genoux et tète nue devant le duc de Savoie pour implorer leur pardon de ce prince!!!
Albert, duc d'Autriche, frère de l'empereur Frédéric iil et seigneur de Fribourg, ne s'était jusque-là que trôs-médiocremenl inquiété des Joyaux sujets qui s*exposaient à tant de malheurs par dévouement à la cause de sa maison. Mais lorsqu^il eut connaissance du traiVé de Morat, il u :rnT)sporte à Fribourg accompagné de son maréchal Thuring de h.iHwyl, casse le conseil , (ait jeter Tavoyer Felga et ses collègues dans les tours de la ville, les remplace par d'autres nuii^isij-als plus dociles, et disparaît, en enlevant l'ariierilei le qui avait servi à le régaler lui et sa suite. Aprt'S avoir encore indignement r<inçonne les cinfj plus riches des conseillers de[>osés qu'il avait trames après lui jusqu'à Fribourg en Brisgau, il abandonne Fribourg a son Irere Sjg^suiond , qui entre en marche avec le tiuc Louis de Savoie, fils d'Amédee Vlll, pour la cession de cette ville. Les paysans allemands, peuple fidèles aux traditions, préféraient l.i domination autrichienne. Ils s'emparent des portes de la ville dans le but de la livrer à 400 soldats autrichiens de la garnison deRheinfelden, et de faire de Fribourg un simple bailliage. L*un des conjurés, nommé Grauser, révèle ce projet. Neuf paysans, parmi lesquels un Fulistorf, sont saisis et décapités sur la place Saint- Georges, devant rHdlel-de- Ville; d'autres, condamnes a de fortes amendes (U février 1458).
Trois partis dechir«iient la repul)lique, le parti de l'Autriche, celui du gouvcj iiement existant et celui du gouvernement déchu , dont les chefs, Feigu en lèle, s'étaient réfugiés à Morat. Le duc de Savoie, jugeant le moment favorable, recommence a inquiéter la ville pour les sommes qu'elle lui devait depuis le traité de Morat, et les troupes savoisieanes se montrant jusque sur les hauteurs de Bertigny et de Cormanon, TÉtat de Fribourg, réduit aux abois, se décide enfin à accepter le duc de Savoie pour prolecteur et suzerain du peys. Le 10 juin 1453, la croix blanche de Savoie est arbo-
DB LA MATiON SUISSJB. i 67
rée sur les tours; le pelil-conseil, les Deux-Cents et la con»incinauté , réunis au sot) de lu cloche a Siiinl-Nicolas sous la présidence de r.noyer jeau Pavillard, nireut fidélité a leur nouveau seiijueur. Mais Frd)ouriz ne resta pas longlenips sous Ja doniinaliou savoisienne. Dès J^anoée suivante, le renouvellement de TancieD traité de combouri^eoisie avec Berne procure aux Pri bourgeois la restitution de la corêgenoe de Grasbourg et un solide a[>pui contre les exigences du suzerain. Le traité entre Berne et Fribourg fut conclu le 4 8 septembre i 459 par Tavoyer frîbourgeois Rodolphe de Vuippens, Thuring de Bingoltiogen , de Berne , et d'autres magistrats des deux villes.
Gloire militaire des Suisses. — Leurs alliances avec les États Toisin» et origine des services mercenaires. — Conquête de la Thurgovie.
(D« i'an iUO à 4470.)
ES journées de Sempach, Nœfels et Saint-Jacques avaient fait counaitre en Ëurope la république militaire des Suism. Le nom suisse lui-même, naguère un objet de dérision pour les partisans de TAutriche, était devenu glorieux et respecté chez tous les peuples du voisinage. Une foule de villes et de petits États d*Allemagne , soucieux pour leur existence, ou désirant sassurer contre le> ch.Hices d'un avenir incertain, cherchèreut un point d'(ip|)ui et un centre dans le redoutable faisceau (pie foruiaieiit les Klals de la lif^ue helvéïitjue.
Ainsi firent d'aliord les montagnards de 1 Appenzcll. Déjà liés aux Suisses par le Iraite de coinbonri^eoisie (Bourg-und Landrecht) de 1411, ils resserrèrent encore ce lien par le titre ^alUés perpélueU que leur conféra l'acte de 1452^ auquel souscrivirent tous les Étals sauf Berne. Ce dernier caaton, en revanche, s'aliia à perpétuité aux Valaisans avec ses co-États de Lnceroe, Uri et Uoderwaid (4 A 75). Les cités de Saiot-Gail, Schafffaouse, Mulhouse et Rothweil dans la Forét- Nolre, qui oraigoaient d'être mecftaftt^ef» et de perdre lear
OISTOIRB
rang de villes libres et impériales, se placèrent égalenienl sous ia protection des cantons, réclamée encore par Strasbourg, ancien allié de Bernt^ et toujours aux prises avec son évéque ou avec les nobles du voisinage. Deux princes ecclésiastiques demandèrent la même faveur. C'étaient le prince-abbé de Saint-Gail et le prince-évéque de Constance. L'abbé de Sainl-Gail, en s'aiiianl lui-même aux Suisses, prévenait toute tentative de la part de ses sujets d'en faire autant pour leur compte et de se soustraire à sa dépendance comme Tavait fait Appenzell. Les quatre cantons alliés de ce prélat étaient Zurich^ Scbwytz, Claris, Lucarne ; ils furenl regardés dés lors comme les États protecteurs (Sehirm'Orte) de Fabbaye et investis à ce titre de plusieurs prérogatives, comuic celle de nommer à tour de rôle le commandant des troupes du prince-abbé.
Le prince-évéque de Constance désirait mettre un terme à l'abus de ces fameux tribunaux secrets connus en Allemagne sous le nom de tribunaux réhémiques (Vehne-Gericht). La Vehme on Sainte- Vehme, conujje l'appelaient les iniliés, était une association de seigneurs et de bourgeois instituée pour protéger le faible et l'innocent contre Toppression du méchant et du fort. Mais cette institution, qui pouvait être bonne dans le principe, avait. singulièrement dégénéré et donnait lieu aux plus graves abus. Tout y était mystérieux et terrible. L^acousé était enlevé de nuit , conduit dans des souterrains ou dans des lieux solitaires, et jugé par des hommes masqués qui étaient souvent ses ennemis et qui lui donnaient la mort sans admettre aucune justification. Au XVr siècle, la Sainle-Vehme avait des ramilicaiions dans plusieurs parties de la Suisse; baden, Zurich, Bàle, les Grisons comptaient plusieurs francs-juges vèhémi(]ues. Les Confédérés, qui comprenaient le danijer de celle société secrète, s'unirent à l'évèque de Constance et à d'autres silles et princes de l'Allemagne pour abolir une institution dont Timportauce avait beaucoup diminué et que l'on n'eût peut-être pas osé attaquer lorsqu'élle était à Tapogée de sa puissance.
L'alliance des Suisses n^était pas seulement recherchée par les petits États. Les puissances du second et même du premier ordre ne dédaignaient pas de la solliciter eV'se mon- Iraient heureuses de l'obtenir. Ainsi la Savoie, Milan , la
Dl LA NATIdl f UISSB.
Bourgogne et la France. Les alliances de la Savoie avec Berne étaient anciennes, elles remontaient aux temps de Pierre de Savoie et de Rodolphe de Habsbourg. En 1454, à la demande d'Amédée IX venu en personne à Berne pour cet ot)jet , ce canton lui accorda 3,000 hommes contre le dauphin Louis de France, qui avait envnhi ses Étals. L'aili.ince l)ourguignonne est du 22 mai 1467. Philipf)e-le-Bon , duc de Bourgogne et grand ami des Suisses, la forma avec Borne, Fribourg, Soleure et Zurich. Le capitulât de Milan est de la inèuie année
fut conclu f)ar Galéas Sforza, fils d'un condollier, devenu par usurpation duc de Milan à la place des Visconti.
La première alliance française date de Tan 1452 et du roi Charles VIL Dans Tacte qul en fui rédigé, les huit États de la ligue suisse y sont appelés pour la première fois les CanUms de la vieille ligue de la Haule^-Allemagne. Les Suisses, encore tous allemands à cette époque, ne connaissaient pas ce mot de canton et se désignaient sous le nom û'Orte, littéralement localités, pays. Le traité de 1452, base de toutes les alliances subséquentes conclues avec la France , devint funeste è l'indépendance , à la moralité et à la dignité de la nation suisse.
Les alliances des Suisses avec les princes étrangers eurent pour résultat les services mercenaires. Deja en 1439, l'Étal de Soleure avnit délentiu les enrôlements, sous peine de bannissement et d'amende }>our les enrôleurs. Cela n'eujpôcha pas les soudards (*) helvétiques de courir sous les drapeaux des villes et des princes, et de prendre pari, çotnaie volontaires, à toutes sortes de guerres qui leur étaient tout à fait étrangères; à la lutte, par exemple, de la ville de Nuremberg en Bavière, contre le margrave Albert, TÂchille de l'Ailemagne; aux combats de l'électeur palatin contre les Lutselstein et où S,000 Suisses culbutèrent Tarmèede ces seigneurs. Dans ces guerres mercenaires, deux capitaines font leurs premières armes, qui seront plus tard les meilleurs généraux de la Suisse, le Bernois Adrien de Boubenberg et le Zuricois Hauz Waldmann. Un autre officier fameux, Jean de Hallwyl, servait sous Podiébrad et recevait de ce vaillaul roi de Bo-
(4) Soudard*, ou soudoyés, routiers, et en allemand JMflati/er, étaient las noms dont on désignait les soldats do profession. De soiMlor4 on t fait
HI8T0IME
hême le collier (ie la chevalerie. L'humeur guerroyante des Suisses, entlaminée par le zèle religieux, s'était montrée dès le commencemeul du XV* siècle, dans la croisade contre les HussiUs ou sectateurs armés de Jean Huss« et à laquelle 600 guerriers de Fri bourg, Berne, Zurich et Lucerne avaient pris part, à la prière d'Âmédée YIII et de Tempereur Sîgismond  la même époque on trouve des Suisses com-
battant les infidèles dans le nord de TËurope.
Une nation si belliqueuse est ordinairement très-irritable. Malheur à la ville et au peuple qui oseiit lui nuinquer de respecl, ne fût-ce qu'ei) appai'tMu^e. Les citoyens de Constance, ville impériale, voisine et auiie des Suisses, en tirent i épreuve à leurs dépens.
An tir de Constance, en U58, on oiloven relusa de recevoir d'un Lucer nuis un plapparl , petite pièce de monnaie bernoise (ju'il qualilia avec mépris de plappart de vaches.
Outrés de cette injure, tous les Suisses quittèrent aussitôt la fête. Quelques jours après, une armée fédérale de 4,000 hommes bloquait la ville de Constance , qui dut s'estimer henreuse d'en être quitte par une contribution de 5,000 florins et les grands dégâts commis sur son territoire. Cette invasion fut nommée la guerre des plapparts,
£n rentrant dans leurs foyers, 300 hommes d'Uri, Schwytz et Dnderwald qui avaient fait partie de l expédllion précédente, demandèrent à la ville de Ra pper.-chws I le passaue et un gîte. Les habitants d(^ Rapperschvvj 1, loni;lemps de\<)ués corps et ame aux ducs d'Autriche, n'avaient pas beaucoup plus à se louer de leurs pio(;edes que les citoyens de Fribourg. Deux partis set<;ienl îonnés dans son sein (|ue l'on appel. ut bizarrement le ()arli turc et le parti chrétien. Les Turcs étaient les partisans de i'Aulriche, les Chréliens les amis des Suisses. Ces derm'ers profilèrent delà présence, dans leurs murs, des Confédérés d'Uri, Schviryts et Underwald pour amener la conclusion d^une alliance perpétuelle avec ces trois États d'abord et Glaris plus tard.
Ces événements brouillèrent les Confédérés avec le duc d'Autriche Sigismond. Ce prince, qui n^avait pas foi à ses armes, fit lancer contre eux les foudres de l'Église. Mais
(4) Le plappart bernois était la 29e partie du florin.