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Alors Dieu toucha lé cœur du roi de France. Il fit alliance (1623) arec le pape, avec Venise et la Savoie. Il ne put Toir sans peine que les Autrichiens, toujours libres d'entrer par les Alpes rhétiennes en Italie , se rendissent trop puissans dans ce pajs. Lorsque Pempereur d*Autriqhe et le roi d'Espagne entendirent parler des préparatifs de la France, ils acceptèrent la proposition du pape, qui offrit d'occuper provisoirement la Yalteline, Clèves* et Bormio jusqu'à l'issue du procès des monarques; ce qui fut exécuté.
Non content de cela, le roi de France envoja ane armée par la Suisse dans les Grisons (1624). Berne et Zurich lui accordèrent le passage. Tous les Grisons exilés fo/mèrent l'avant-garde de cette armée; ils étaient commandés par le héros* Rodolphe de Salis, par le vaillant colonel George Jenatsch, et d'autres encore. Zurich aussi joignit aux troupes françaises des troupe! qu'elle fit partir sous les ordres du colonel Gaspard Schmid , et Berne en envoja sous le commandement du vaillant Nicolas de Diesbach. Les Yalaisans arrivèrent aussi en plusieurs corps d'armée. A leur approche, touf les Grisons poussèrent des cris de joie et coururent aux armes. Les garnisons des Autrichiens et leurs gouvei^ neurs barbares furent chassés de la ligue des Dix juridictions (1625); les comtés de Clèves^et de Bormio et la Yalteline furent reconquis.
La ligue des Dix juridictions ajrant été de nouveau réunie aux deux autres, les Rhétiens s'attendaient à la restitution de tous les pavs sujets qui leur avaient appartenu. Mais le général français, le comle de Cœuvres ^ leur dit: ^11 n'en sera point ainsi ! La Yalteline, Clèves et Bormio vous payeront un tribut annuel de 25,000 couronnes^ mais ces pajrs auront le droit de se choisir
Icms niftgUtrâts> •! toos o'j tnrtrm ni goaTtroe^rt^ ni garnisons.
Les Grisons^ afiSigës de cette issae^ le furent plus encore en apprenant la paix conclue à Monzone^ dans rArragon, entre les rois d'Espagne et de France (5 mars 1626) , qui ratifièrent i peu prés tout ce que le comte de Cœuyres arait annoncé. Le traité de Monzone reçut son exécution en plein. Les troupes étrangères sortirent des Grisons^ et, dans Pinte rét de la sûreté et de la paix , les troupes du pape occupèrent provisoirement la Valteline. L'empereur d'Allemagne , bien d'accord arec les Espagnols 9 garda le silence.
Mais aussitôt que la paix entre l'Espagne et la France fut rompue et suivie d*une nouvelle guerre en Italie^ Tempereur envoja subitement dans les Grisons une armée de 40,000 hommes, qui rendit toute résistance impossible (1629). Une partie de cette armée passa dans la Lombardie au secours des Espagnols ; une autre partie resta en garnison dans la Rhétie. La ligue des Dix juridictions redevint pajs sujet de l'Autriche ; la basse Engadine eut le même sort L'épée fut la seule loi des malheureux Grisons.
La misère de ce peuple, parvenue à son comble, lui ravit toute espérance de revoir jamais de meilleurs jours. Les passages et les cantonnemens de troupes étrangères augmentèrent de jour en jour; plus de moissons dans les granges, plus de bétail dans les étables. Les pajsaus, esclaves des soldats, construisaient, à leur placC) des remparts. Des maladies pestilencielles se ré-* pandirent; près de 12,000 personnes en furent les victimes. Pour mettre le dernier terme à tant de maux, l'évéqae de Goire exigea que tout ce qui avait été an^ ciennement sujet et tributaire i i'évéché , devait le
r«deT«Dir i perpétuité, La justice et Phumanité araient fui de cette terre malheareuse.
Les Grisons sauvent leur liberté,
(De l'an i63o k Tan i64o.)
Tant qu*an peuple n'a perdu ni le courage qu'inspire Famour de la liberté, ni la confiance en lui-même , il' n'a rien perdu; le jour de son salut paraîtra. Il parut pour les braves Rbétiens.
Tandis que toutes les têtes étaient accablées sous le Joug du malheur ; l'empereur fit tout-à-conp la paix avec les Français à Cherasco en Italie (juin 1630}, et l'une des conditions du traité fut qu'il retirerait ses gar« nisons des vallées rbétiennes. L'empereur se trouvait vivement pressé en Allemagne par la guerre, et le grand roi de Suède, Gustave Adolphe, passait la meT avec ses guerriers pour marcher contre lu^.
Dès que les Autrichiens furent sortis du pajs des Grisons et qu'on eut fait sauter leurs remparts, tout le peuple renouvela avec joie et avec serment l'ancienne alliance faite en .faveur de^Ia liberté; 6000 hommes furent mis sur pied pour garder les frontières de la patrie. Dans ce temps il vint à Goire un célèbre guer^ rier, le duc Henri de Rohan, ambassadeur du roi de France auprès des Suisses et des Grisons; ils le nommèrent leur général (1631) et lui donnèrent un grand pouvoir. G'était un seigneur aussi sage et lojal que vaillant et ami des libres Rbétiens. Il fortifia promptement tous les défilés du c^té de l'Allemagne et du Tjrol, :6t venir lin renfort de troupes françaises (1632), et mit
tout sur U meillenr pied. Mais comme la paix eittre Ut roi de France et Pemperear subsistait encore^ il ne pot pas 9 au gré des courageux Grisons, entrer à main armée dans la Valteline. Ainsi s*écoulèrent deux ou trois ans.
A la fin , pourtant, la France s'étant unie à la Suéde contre Pempereur, an moment où une nouvelle guerre éclata, le duc de Rohan reçut de son roi l'ordre de ne pas tarder davantage. Aussitôt le duc négocia secrètement avec les cantons évangéliques de Berne y de Bàle et de Zurich. D'accord avec eux, il fit passer par leur territoire une armée considérable, au grand déplaisir des cantons catholiques, et pénétra, par-dessus les Alpes rhétiennes, dans la Valteline (1635). Le bruit des armes retentit dans tout le pajs des Grisons. Six mille hommes de ce peuple vaillant marchèrent avec les Français a la conquête d'un pajs autrefois sujet des trois ligues. Les colonels George Jenatsch, Florin et Pierre Gouler levèrent trois nouveaux corps soldés par la France.
Alors furent livrés des combats terribles et sanglans contre les Autrichiens et les Espagnols dans la vallée de Glèves, dans la vallée sauvage du Freelthal, près de Morbegno dans la Valteline et près de Mazzo dans le: pajs de Bormio. Partout Rohan et le téméraire Jenatsch se montraient à la 'tête de leurs soldats, et partout ils étaient victorieux.
La conquête achevée, les Grisons espérèrent rentrer a la fin en possession du pajs qui leur avait appartenu; mais le roi de France fil des difficultés et voulut que les choses restassent sur le même pied que depuis la paix de Monzone. Cette conduite excita Pindighation des Grisons; mais la France était la plus for(e; ils furent contraints de garderie silence. Bien que fatigué du cantonnement des .troupeau françaises, le peuple dut
le supporter. Presque rien de ce que Rohan araif promis ne reçat son exécution, mais ce ne fut pas sa faute; il ne pouvait rien faire contre les ordres de son roi. Ce monarque avait enTOjé à Goire, comme ambassadeur, Lanier, homme hautain et irascible. La plupart des troupes grisonnes à la solde de la France menaçant de quitter le service parcequ^on ne les pajait pas exactement, Lanier s^éçria arec colère : » Je planterai ma lance dans Goire et je mettrai sous mes pieds les têtes des chefs rebelles.**
Les Grisons se consultèrent entr*eux : y L'Autriche prend, la France ment,'* dirent-ils; ^ que personne no se fie à une puissance étrangère; aidons -nous nousmêmes.**
Le 6 de février 1637 , trente et un des hommes les plus considérés de toute la république se réunirent dans la maison du bourguemeslre George Mejer à Goire ^ et jurèrent de risquer leurs biens et leur vie pour délivrer la patrie du joug des étrangers. Puis ils se dispersèrent dans toutes les vallées et firent avec le plus grand accord les préparatifs qu'exigeait leur dessein.
Le colonel Jenatsch dut négocier à Inspruck aveo l'Autriche pour rétablir les anciennes relations d*amitié, et en même temps tromper le duc do Rohan par les dehors d'un dévouement sans bornes. Les Grisons s'armèrent en secret. Il n'j avait dans leur pajs que peu de troupes françaises. Près du défilé do Louciensteig se trouvait encore le colonel zuricols Gaspard Schmid; mais déjà, à la prière des Grisons, il avait reçu de son gouvernement l'ordre de ne s'opposer à aucune de leurs entreprises.
Le duc de Rohan s'apercevant de quelqqe agitation et de ces armera ens secrets, renforça la garnison re-
trancliée snr lef bords du Rhin et du Landqiiart^). HâU Jenatsch. par ses disconrs rasés lui ôta toate inqaiétade, Tout-à-coup le peuple se ière en masse. Jenatsch i la tête de six bataillons de ses concitojens cerne le rempart des Français au bord du Rhin. D'intelligence areo Inïf un corps d'armëe allemand se montre prés do Lindauy un corps d'Espagnols sur les bords du lac de Gome. Rohan^ surpris de toutes parts ^ est contraint de consentir à retirer sur-le-champ ses troupes de la Yalteline et de toutes les Tallées rhétiennes. U rappela aussitôt prés de lui le maréchal de Lecques et tous les Français; ils étaient au nombre de 5000 hommes. Ils quittèrent le pays et passèrent le Rhin. Le duc de Rohan se sépara amicalement des chefs de la république (mai 1637); le maréchal de Lecques de même. Mais lorsque celui-ci^ au moment de partir ^ aperçut Jenatsch, pâlissant de colère, il youlut lui tirer un coup de pistolet et s'écria : ^ C'est ainsi qu'on prend congé d'un traître. '* Mais le coup ne partit pas.
Jenatsch ne perdit la Tie que deux ans plus tard; ce fut à Goire dans une fête d'officiers. A minuit (24 janvier 1639) Rodolphe Planta, fils de Pompée, entra dans la salle du bal arec d'autres conjurés. Une balle traversa la joue du colonel; celui-ci se défendit avec un chandelier. Six coups de bâche mirent fin à sa vie* 8on corps fut enterré dans l'église cathédrale avec tous les honneurs militaires. Ainsi finit cet homme qui, ardent ami de sa patrie, la sauva, mais ne dédaigna îamais, pour atteindre sou but, les mojens les plus honteux. Rodolphe Planta, son assassin, mourut une année après d'une mort violente dans l'£ngadihe, dans un mouvement populaire. *
*).Riviâre qui traverse le PrettSgaea d'orient en ocôdent et se jette dans le Rhia, non loin de Pfeffers.
Libres de tout joug étranger, maîtrcs^ d'un pajs <]u'ils yenaient de reconquérir, les Grisons supplièrent \eê rois d'£spagne çt de France de les laisser paisibles possesseurs de leurs anciens états. L'£spagne fit avec eux à Milan (3 septembre 1639) une paix perpétuelle qui les rétablit dans tous leurs anciens droits sur Bormio, la Valleline et Cléves; mais sous la réserre <mo la religion catholique resterait seule dominanle dans ces bailliages. Telle était aussi la yolonté des communes catholiques des trois ligues.
La bonne intelligence arec TAutriche fut rétablio par le renouvellement des anciens traités fait à Feldkirch le 9 d'août 1641. L'Autriche, accablée de guerres ea Allemagne, se contenta de conserver ses anciens droits dans r£ngadine et dans la ligue des Dix juridictionsi Mais dix ans ne s'écoulèrent pas que cette ligue acheta ^ à grand prix il est vrai , les droits de la maison d'An-* triche sur son territoire. Les communes de la Basses £ngadine imitèrent cet exemple, ensorte que dès ce moment l'Autriche ne conserva plus que quelques petits droits seigneuriaux à Rhsezuns et à Tarasp.
Par ce mojen, la ligue des Dix juridictions devint enfin libre et indépendante, à l'égal des deux autres ligues de la Haute-Rhétie. Davos demeura le chef^fieu de la ligue, comme il l'avait toujours été, malgré l'opposition des autres juridictions, soulevées par le colonel Pierre Gouler, opposition si violente qu'il fallut la tné^ diation de Zurich, de Berne et de Glaris pour prévenir un grand malheur. £n vertu de la sentence arbitrale du greffier de Zurich, Jean Henri Waser (2i lanvier 1644^9 Davos conserva ses anciens honneurs; la diète continua de s'y assembler; la bannière et les archives ^ d'y être dé|>osées; le droit de nommer le banneret^ de lai appartenir exclusivement.
Troubles dans la Confédération pendant la guerre de trente ansj l'indépendance de la Suisse à l'égard de Tempire germanique se .consolide.
(De l'an 1618 k Fan 164S.)
Les querelles et les expéditions des Grisons araient donné beancoup d'inquiétudes aux villes et aux campagnes de la Suisse; elles avaient occasionné beaucoup de discussions aux diètes et dans les conseils^ beaucoup de dépenses pour des ambassades et des armemens^ mais elles n'avaient fait faire aux Suisses aucune grande action , digne de leur ancienne gloire et utile à Pindépendance de leurs alliés. Il faut en cbercher la cause dans la discorde des cantons non moins grande^ non moins funeste que celle des ligues rbétiennes. Les cantons catholiques s'opposaient aux secours que les cantons protestans offraient à leurs alliés ; les protestans paraissaient toute Factivilé des catholiques. Ceux-ci tenaient pour l'Espagne et l'Autriche; ceux-là ^ pour Venise et la France. Les uns recevaient de l'argent des premières de ces puissances ^ les autres en recevaient des secondes; chaque parti s'unissait par des traités et envoyait des troupes à la puissance étrangère dont il embrassait les intérêts. Par là quelques seigneurs devinreni riches 9 beaucoup de familles s'appauvrirent et perdirent leurs appuis.
Les bailliages communs^ dont la domination se trouvait partagée entr€ des cantons des deux religions> étaient le théâtre de querelles sans cesse renaissantes. Quoique la paix de religion accordât aux deux cultes une égale
liberté danf ces bailliages, les baillis réforme oliercbaient à restreindre la liberté des catholiques, les baillis catholiques la ^ liberté des réfornfiés. Dans la^ Thurgoyie et dans le Kheinthal les cantons souTcrains se disputèrent sur la question , si ^n matière de religioa la pluralité des voix devait remporter comme en matière civile et politique? Les ecclésiastiques^ comme il arrive souvent 9 ne prirent part à la querelle que pour Fenvenimer. L*évéque de Bâle , soutenu ptr Fempereury tant que ce monarque fut victorieux en Allemagne , exigea des villes de Mulhouse et de Bâle; la . restitution, de tous les biens que son étèché avait possédés autrefois^ mais depuis longtemps perdus. L'abbé de Saint-* Gali réclama dans la Thurgovie et dans le Rheinthal plus de droits qu'il ne pouvait naturellement en prétendre ; Pabbé d'£ibsiedeln tenta de se rendre tributaire le canton de Schwjz y l'abbé de Fischinguen voulut élever un autel catholique dans Téglis'e réformée de Loustorf. Chacun de ces seigneurs ecclésiastiques eut'se& partisans et ses adversaires. Plus d'une fois la guerre civile fut sur le point d'éclater, et l'on vit souvent lea^ Suisses prêts à tirer Tépée fratricide contre des Suisse. La'crainte des puissances étrangères put seule les arrêter^ Dans ce temps là, en effet, une guerre longue et. terrible désolait l'Allemagne. Commencée en Bohème depuis 1618, elle s'était propagée entre les catholiques et les protestans, dans tout l'empire germanique, et avait enfin entraîné dans le malheur commun la Suède^ l'Italie, r£spagne, la Hongrie et la France. Entreprise par l'esprit de secte, elle fut continuée par l'esprit de conquête. Tantôt les Yéniticns et les Français, tantôt les Espagnols et les Aulrichieus rivalisèrent avec ardeur pour obtenir le passage à travers les Alpes rhétiennes. et le secours des armes des Confédérés.
En êé poanaiYant sar le sol germanique de champ de bataille en chahip de bataille^ les armées des pnisganees belligérantes approchaient souvent des frontières de la Suisse. Mais, dans le sentiment de leur faiblesse et de lear désunion , les Confédérés ne youlurent pas attirer dans leurs vallées déjà trop malheureuses le fléau de la guerre étrangère. Ils défendirent sagement leur neutralité et l*JnviolabiIité de leur territoire. Mais telle était la discorde ehtre les membres de la Confédération qu'ils s'entravaient les uns les autres dans la juste défense de leurs limites et de leurs alliés.
La ville de Mulhouse, alliée de la Suisse, se trou- Tant exposée i des périls à cause des courses continuelles de corps de troupes suédoises et impériales, Zurich et Berne y envoyèrent des soldats pour la défendre (1632). Mais lorsque les Bernois voulurent passer par Thermitage de Soleure , la garde placée dans ce défilé leur ferma le passage et fit sonner le tocsin. Les baillis ioleurois Philippe Roll de Bechbonrg et Ursus Brounner de Falkenstein, ainsi que le capitaine Souri, enveloppèrent le bataillon bernois , firent feu, sabrèrent, tuèrent plusieurs hommes, et. les désarmèrent tous. Soleure expia, gravement ce forfait; quelques-uns des auteurs du crime furent condamnés à mort, d'autres au bannissement: mais la haine et la défiance subsistèrent.
Le général suédois Horn, pour surprendre la ville autrichienne de Constance, ajant passé de force (1633) par Stein, ville de la Thurgovie, dépendante de Zurich, les Suisses catholiques reprochèrent aux réformés de favoriser la Suède au détriment de l'empereur. Préten-^ dant à un droit semblable, Uri, Schwjz, Unterwalden et Zoug mirent 3000 hommes sur pied pour les envojer au secours de Constance. Aussitôt les Zuricois prirent les armes, menaçant de s'unir aux Suédois, si les ean-*
tons catholiques faisaient cause commune arec les Au*^ tncbiens. La paix ne fat rétablie qu'ayec beaucoup de peine.
Peu de temps après , les Autrichiens Tiolèrent la neutralité de la Suisse prés de Schaffhouse^ comme les Suédois rayaient yiolée prés de Stein. Les ScbafFhonsois eurent recours aux armes ^ et quelques bataillons zuricois Tinrent de la Thurgovie à leur secours ^ mais trop lard y et d'ailleurs sans accord et sans énergie. Les-ylllages de Barguen, d'Altdorf^ de Begguinguen^ de Barzheim et de Schleitheim furent en partie pillés par les Autrichiens y en partie livrés aux flammes. Les yigou-^ reux pajsans se battirent ayec fureur contre les pillards et en tuèrent un grand nombre ^ tandis que le gouyernement timoré de SchafFhouse se bornait à échanger des lettres ayec le général autrichien. .
Des armées autrichiennes et des hordes indisciplinées yiolérent de même plus d'une fois le territoire de la yille de Bâle^ ravageant^ pillant ^ insultant aux demimesures que les Suisses pi'enaient pour leur défense. Ineapables de faire respecter leur propre territoire, ils Tétaient plus encore de protéger celui de leurs alliés. Ils abandonnèrent entièrement Rottweil en Souabe, ville impériale et leur alliée, parcequ'elle avait reçu une garnison autrichienne, et pris ainsi parti contre la Suède. Lorsque les Français et les Suédois violèrent tour-à-tour la neutralité reconnue de la Haute-Bourgogne et rompirent par là son alliance héréditaire avec l'Autriche, les Confédérés n'opposèrent aux armes ennemies que des ambassadeurs supplians et des lettres pleines d'une politesse voisine de la lâcheté ; ils ne montrèrent pas plus d'énergie > lorsque le duc Bernard de Weimar se cantonna . avec les Suédois dans l'évéché de Bile (163S}. Il j resta tant qu'il voulut, malgré les représen-
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tatiant des Souses^ et ext^ua le peuple^ yictime de la faiblesse du gouyernement
Dans les diètes on prouva souvent par de bcfauz discours qu'il fallait maintenir une armée permanente aux frontières pour défendre la neutralité sainte et in^ violable du sol helvétique et protéger l'honneur de la commune patrie. Mais les Confédérés du centre de la Suisse disaient : ^ Que les cantons frontières pourvoient à leur sjftr^té 1 *' D'antres encore trouvaient les frais d'une armée permanente trop considérables. Chacun eût voulu recueillir les avantages d'une confédération, sans lui faire aucun sacrifice: aussi n'obtint-on aucun résultat Les ambassadeurs des puissances étrangères intervinrent entre les cantons par une médiation dangereuse, soii pour leur commander en maîtres, soit pour les diviser par leurs artifices. Même dans les choses les plus justes pu les moins importantes, les gouvernemens n'eurent que rarement le courage de résister aux envojés des étrangers. Un jour (1642) l'ambassadeur français * passiint en voiture par Mellinguen, les gens de sa suite se prirent de dispute avec les bourgeois au sujet du pontonage;le« bourgeois coururent aux armes et fermèrent les portes de la ville. Pour appaiser l'ambassadeur, la diète obligea l'avojer, le greffier et Finspecteur du pontonage d'aller à Soleure lui demander pardon à genoux et lui rendre les douze batz *) qu'il avait payés» Mais l'orgueil du Français ne se contenta pas de cette peine. La' diète fut obligée de l'aggraver et , à la demande de l'ofFensé, de tenir les coupables dans les prisons de Bade jusqu'à ce que son ressentiment fut calmé.
Entraînés dans une grande pénurie d'ai^cnt par ces querelles, par ces armemens, par ces désordres, plu-
*) Un bal* vaut trois sous de France.