‹ Histoire de la nation suisseChapitre 3 sur 14 · XV · texte numérisé non relu

XV

Origfine de l'allinnec perpétuelle don huit ancien» eanfonM de In Confédération.

(De ran 1340 à l'an 1360.)

Les exilés s'étaient retirés à Rapperschwyl et dans les châteaux et les forteresses de leurs amis; de là ils faisaient une petite guerre aux Zuricois et leur nuisaient en toute occasion. Mais les Zuricois avaient du cœur, et

Broun était aussi brave que prudent. Voyant toutes leurs tentatives f^chouer, les exilés résolurent de faire à Zurich un massacre nortnrne. Des comtes et des nobles arrivèrent dans h ville, les uns publiquement, sous tontes sortes de prétextes, d'autres en secret. On iH^ii convenu qu'après s'être rendu maitre de la ville au mofeu d'un grand massacre, on ouvrirait les portes aux troupes qui viendraient de Rapperschwyl. La nuit fixée anriTa ; îfes eoujurés se rassemblèrent dans la maison d'au ami. On jeune onTrier boulanger, à moitié endormi derrière le poêle, entendit leur complot : il le découvrit aussitôt à son maître, lequel courut chez Broun. Celuici, armé et cuirassé, vola nu-pieds à Thotel de ville, criant au secours dans les rues. La cloche d'alarme fut sonnée; les citoyens se trouvèrent bientôt sous les armes. Les conjurés trahis se disposèrent à se retirer ; mais les femmes lancèrent sur eox, du haut dins fenêtres^ < des pierres^ des pots de terre , tout ce qu'elles trouvèrent sous te main: Bronn, : à la tdte de la boiar^ geoisie, les rencontra sur la place du Marché; 'H s'ensm* vit un combat long et meurtrier. Les conjurés furent vaincus; beaucoup furent tués, beaucoup faits prison-» niers; les autres s'enluirent.

' Broun ne pensa plus qu'à la vengeance. Les cadavres des conjurés restèrent trois jours entiers exposr's sur la place sans sépulture. Trente-sept citoyens, partisans de la conjuration, et dans leur nombre d'anciens magt^ trats, furent décapités ou roués devant leurs maisons* Ensuite Broim marcha avec ses troupes contre Rap^ perschwyl^; : la forteresse, prise d'assaut, fut démolie ; les habitants de la ville furent chassés, les murs abattus; tout, jusqu'à la dernière maison, réduit en cendres. Telle fut la vengeance de Broun : elle frappa des coupables et des iniiocents (1350).

L'année suivante, le duc Albert d'Autriche menaçant de punir d'une façon terrible la conduite des Zuricois, leur bourgmestre s'adressa aux Confédérés des Waldstœtten pour obtenir du secours et pour faire recevoir Zuriidi dams la Confédération* Uri, Schwytz, Unterwal^

den et LueerDe^ dévoués à Zurich, qui était à la feii leur marché et leur boulevard, accueillirent avec joie

cette ville, et conclurent avec elle une alliance perpétuelle le 1" mai 4351. Cette alliance mit le comble au ressentiment du ilnc Albert contre les Zuricois; il leur demanda satisfaction pour la destruction deRapperschwyl qui avait appartenu à des membres de sa famille, et

Sour les traitements faits à ses serviteurs et à des sujeto e TAutriche. S'avançant à la tête de 16,000 hommes» il somma le peuple de Giaris de lui envoyer des trotti>es auxiliaires; mais les Glaronnais opposèrent leurs droita è cette sommation . Ils étaient tenus, disaient^ls , d e pren- * dre lesarmespourrabbavedeSeckingeii leur souveraine, sous le commaudemeol des ducs, avoués * de cette abbaye; mais non de suivre ces princes dans leurs guerres particulières. Albert résolut alors de faire occuper par ses troupes la vallée deGlaris.

Mais les WaldstaBtten le prévinrent, chassèrent le baiUi autrichien et vinrent ensuite avec 200 Glaronnaia renforcer la garnison de Zurich. Broun était allé au-^ vaut de 1 -ennemi avec 1900 hommes, mais se voyant cerné à Tseltwyl par des forces supérieures, le bour^ mestre perdit la tête et s'enfuit avec son valet à sa maison de campagne, près de Zurich. Heureusement pour cette ville, le brave Ruediger Manesse, lieutenant de Broun, n'en combattit pas moins avec courage. Les Autrichiens en déroute furent poursuivis jusqu'à Baden, et le lendemain Manesse fît flotter, devant Thôtel de ville de Zurich, sii bannières prises sur rennemi, Broun, malgré sa conduite à TattwyL fut rappelé par le peuple, qui le regardait comme son principal appui contre la noblesse.

L'hiver suivant les Autrichiens pénétrèrent dans la vallée de Giaris, mais ils furent délaits près de Naefels, et le bailli Walther de Stadion tué sur le champ de bataille. Giaris délivré, demanda .aussitôt et obtint mu aàr

t Les avoués déftodaMnt lai iotMit lempmlt des moasitlmi dp évMMi et ^ r

DE IsK NATION SUISSE.

mission parmi les Etats confédérés, le 4 juin 4352; toutefois il fut fait réserve des droits légitimes du duc et de l'abbaye de Seckingen.

L'annexion de Glaris fut bientôt suivie de celle de Zoug. Cette ville, importanteparsa situation géographi* que à rentrée des Waldstatteo, servait de place dW-mes au duc d'Autriche. Assiégée par les Confédérés, elle députa en hâte au duc Albert pour lui demander du secours.

Le député trouva le duc près de Kœnigsfolden; ce prince fit à peine attention A ses plaintes : car tandis que le député pleurait, Albert s'entretenait avec un fauconnier du plaisir de la chasse. Indignés de cette insouciance, les citoyens de Zoug ouvrirent leurs portes aux Confédérés, et entrèrent dans leur alliance perpétuelle avec la réserve des droits et des revenus de la maison d'Antricbe.

Le duc avait dit aux députés de ZougnJ^aurai bientôt reconquis tout cela. » Il se reposait sur ses grandes forces : la noblesse de l'Argovie , de la Thurgovie, de l'IJechtland, des troupes de Schaffhouse, de Bâle, de Strasbourg, villes alliées, nfirmn des bataillons de Bernois, renforçaient son armée. Il reçut ewcove un renfort d'Allemagne, guelui amena Télecteurda Brandebourg. Aussitôt il assiégea Zurich avec une armée de 30,000 hommes. Cette ville fit vaillamment défendue par une garnison de Confédérés.

L'électeur s'aperçut bientôt quMl n'y avait pas beaucoup de iilolre à espérer en combattant contre un peuple -dusii l'erme, aussi uni, aussi intrépide que les Suisses ; d'ailleurs les v ivres couuuençaieiilà manquer dans le camp si nombreux du duc, et Ton était meiiacé de la famine. Il offrit donc sa médiation au duc pour taire la

Eaix, et envoya aux Suisses deux hommes de confiance, es Suisses acceptèrent ses propositions, et la paix fut signée A Lucerne.

Sur ces entrefaites, les Bernois qui avaient pu se convaincre par leurs propres yeux de la force et du oou-

9t HiSTûiaË

rage des Confédérés, conclureiU une alliance perpétuelle avec Uri, Schwytz et Unterwalden (1353).

Cependant le duc d'Autriche engagea bientôt les habitants de Zoug à se détacher de la Confédération suisse. Ils répondirent: «L'alliance des Suisses a été reconnue dans le traité de paix; nous o'obéissoos au duc que dans ce qui concerne ses droits. » — Le duc porta plainte à l'empereur; celui-ci condamna l'alliance des Confédérés, c Des membres de Tempire, dit-il, ne peuTent pas s^unir entre eux sans le consentement du chef ae Vempire. » Il vint lui-môme en Suisse avec une armée considérable, et campa sous les murs de Zurich; mais voyant la force, runion des Confédérés, et reconnaissant que le duc n'avait en vue que Tagrandissement de rAutriche, il changea de dessein et laissa les Suisses en repos. Alors fut conclue avec l'Autriche la trêve ou paix de Thorberg (du nom de son principal négocia* tenr).

Deux ans plus tard» en 4360, moamt le bourgmestre Rodolphe Broun, hai pour son ambition et son despotisme ; pendant tout le cours de sa vie, il n'avait eu en vue qu'un seul intérêt ; le sien. Une année avant sa mort, il s'était engagé par un serment secret à servir les ducs d'Autriche, ainsi que leurs agents, a condition qu'ils n'exigeraient de lui rien de contraire an bien de la Confédération. Le duc Albert lui promit mille florins une rente viagère et la charge de conseiller intime.

Etes Suisses agrandisseiit leur territoire i défaite des Anf^iais et de» nobles t mlite du comte de Hjboiarg.

(De ran 1360 à l'an 1385.)

Pendant que la Confédération grandissait ainsi et voyait le nombre de ses cantons porté à huit, l'affranchissement du peuple taisait de sensibles progrès dans le comté de Neucbâtel. Aux bourgeoisies de Neuchâtel et daLanderon^ yenait se joindre celle de Boudry. Valan*

I Le Landeron fat foadé eu 1315 (1 année de la bataillé de Mor-

D£ Uk NATION SUISSE.

gîn recevait SOS promi^res franchises. LoLoclo et la Sagne obteiiaient d'importantes liherli^s(1372;. La Chauxde-Foods qui commençait à se peupler, et le village dos Brenets, fondé par des Francs-Comtois, eurent part aussi aux largesses des seigneurs de Valangin, car tout le pays compris entre la rive du Doubs, la combe de la Sombaille et les crêtes qui dominent le Val-de-Ruz, reçut les mômes libertés, et fut appelé le Clos-de-la-Franchisc. Le Locle était le centre des montagnes; c'est de là que trois chemins de trente-deux pieds de larcre * conduisaient aux Brenets, à la Sague et à la Cbaux-de- Fonds.

Après avoir fait la paix avec ^Autriche, les Suisses mirent en ordre leurs affaires intérieures, s'appliquèrent à leurs métiers, à leurs négoces; amassèrent de rargcnt, non pour alimenter le luxe ou pour flatter la, sensualité, mais pour mettre la république en état dV' cheter des droits et des revenus que la noblesse appauvrie était prête à vendre. Par là ils augincnlcrent leurs forces et leur liberté sans blesser la Justice, base de toute liberté.

Gersau, commune de bergers, près du lac de Liicorne, entra, sons la réserve de ses prérogatives, dans l'alliance perpétuelle, en s'incorporant aux Quatre-Cantons. Hergiswyl et Alpnach ractietèrent leur liberté de leurs seigneurs et s'unirent au canton d'Unterwalden. Luceme acheta du seigneur deHamstein tous se$ droits sur Weggis, situé au bord du lac ; Zurich^ beaucoup de fiefs im^ périaux, au moyen des contributions de ses bourgeois. Berne reçut, comme Zurich, de la faveur de l'empereur, des franchises municipales et des privilèges; acquit la

nrleii), p^r le comte RoUin, pour néposdre à la fmâaiion 4« U NeuTeviUe par l'é^êque de Bàle, leqaâ menaçait déjà la fhmtière da l'Etat par son châteaa du Schlowberg. Le comte avait troaTé la sitaatioii de Nagerol ou de Neorenx (au pied du Jura) trop àêùiYOrable pour la dofonsede cette frontière. Pen après sa fondation, le Landeron eut à soutenir deux siép-es, coup sur coup; les Bernois, aUiés de l'éveque, y furent deux fois repouaséi, y perdireel (ears machines de guerre, et y laissèrent leur baimeret prisonnier. * Ânnaks de Boyve*

seigneurie d'Ârberg et plusieurs villages. D'autres villes aussi, hors de la Confédération, agrandirent, sous la domination de leurs seigneurs ecclésiastiques ou séculiers, leur ancien territoire, telles furent Schaffhoiise, Bâle, Lausanne. St-Gall, Bienne et Soleurc. Mais la puissance des cvéques et des comtes s'affaiblit par d'éternelles discordes ; leurs trésors s'épuisèrent par des guerres sans fin. Cette circonstance donna au peuple une force et des moyens de s'affranchir qu'il n'eût pas trouvés dans les annes et dans la violence. Les Apçenzellois aussi obéissaient déjà depuis quelque tempsuien plus à leurs propres lois qu'aux ordres de Tabbé de Saint-Gall. Les vallées situées au-dessus du lac de Thoune jouissaient de leurs libertés héréditaires sous la domination paternelle de leurs comtes, dont le pouvoir n'était plus illimité. Le pays de Gessenay, soumis autrefois aux comtes de Gruyères, s'était affranchi à prix d'ari; m L. L'Uberhasli et Brienz auraient volontiers anéanti par la force le pouvoir qu'avait exercé sur eux jusqu'à cette époque le bailli de Rinkenberg. Mais les Confédérés leur refusèrent tout secours pour cette entreprise, en disant : Paint de literftf sans justice t

Au contraire, lorsqu'un peuple membre ou allié de la Confédération était menacé de quelque danger ou de quelque besoin, les Confédérés volaient promptement h son secours. On le vit dans rexpédilion d'Arnold de Gervola, qui vint d'Angleterre avec des hordes indisciplinées, parcourut la France et menaça Bâle. — Mais il n'en fut pas.de même dans le temps que le seigneur français Enguerrand de Coucy fit la guerre aux ducs d'Autriche ^ Craignant de perdre leurs propriétés en Argovie, assignées au comte comme dot de sa femme, les ducs demandèrent inutilement du secours aux Waldstaetten et à Lucerne; ces peuples nourrissaient dans leurs cœurs une trop forte haine contre la maison d Autriche.

Enguerrand entra dans TArgovie à la tête de plusieurs mille hommes. Il y eut en Suisse un moment d'eûroi,

* Engnemiid VU z^lamait la dot de Catherine sa mère, iUe aînée de lÂogM If talneii à Hoi gartoi*

cansé par une invasion si subite. Les vaillants monta* gnards de TEntlibnch recouvrèrent les premiers leur

sang-froid. Aidés des volontaires de Liicerne et des Waldslsctteu, et au Tjombrede600, ils coupent des massues dans la forêt du iliiuisholz, pr^s de Willisau (Lucerne), attaquent l'ennemi qui venait de piller les ouvi^ rons. et le mettent en fuite après un combat sanglant. Les Anglais, au nombre de 3000, laissèrent une fouie des leurs sur le champ de bataille. Quant aux vainqueurs, * montés sur les chevaux des cbevaliers tués, revêtus de leurs cuirasses, ils retournèrent chez eux eo triomphe.

L'héroïsme des braves gens de TEntlibuch , encore sujets de TAutriche , rendit honteux les Confédérés. Commandés par Otbon de Bubenberg, quelques cents hommes de Berne, de Fril»ourg et du Seeland turrent près d'Anet (Ins) bon nombre d'Anglais, on Gnqlev, comme on les appelait A cause de leurs casques pointus. Mais l'ennemi, s'étant retiré du côté de Cerlier, où il trouva des renforts, recommença un combat meurtrier; alors l'arrivée d'un corps de 800 Neuchâtelois qui venait de repousser au delà de la ThieUe un fort arti d'Anglais, décida la victoire en faveur des Bernois, eux-ci, au nombre de 4500 hommes, attaquèrent une ileriiière fois les aven lunors au couvent de Fraubrunnen. La lutte fut acharnée, une foule de gnerriers périrent, entre autres l'intrépide banneret ïïans Kiedcr, qui a\ait ranimé le courage de ses concitoyens, dans un moment où ils voulaient ravager les campagnes environnantes et attendre le danger dans leurs murs. Le sire de Coucy, découragé, abandonna ses projets et se retira tristement en Alsace, en passant le Hauenstein.

Six ans plus tard, l'an 1382, la ville libre et impériale de Soleure se trouva dans un grand danger. Non loin de ses murs, le comte Rodolphe de Kybonr£^ habitait le château de Bipp, qu'il avait reçu comme hypothèque du comle de Thierstein. Il vit avec douleur à quel point les biens de son ancienne et noljle famille avaient été diminués par la mauvaise économie de ses pères. Thoune et Aarberg, propriétés de ses aïeux, avaient été hypo-

théqaées i Berne. Il alléguait quelques prétentions i^ur Soleure, en vertu de certains droits, et comptait recouvrer toutes ses propriétés par la force jointe à la ruse. Il engagea de tous côtés à son service des honnnes capables de faire un coup de main. Son dessein riini de surprendre et do soumettre Soloure au milieu de la nuit. Le prieur de l'église de Saint-Ours, dans cette ville, était son oncle. Un chanoine, Jean Amslein, dont rbabitation touchait au mur d'enceinte, devait faire entrer la troupe par sa maison et envelopper de linges le marteau de la cloche d'alarme« Tout était prêt; la nuit vint, et la horde ennemie s^avançait déjà vers la ville au milieu des ténèbres.

Mais Jean RoU, paysan de Rumisberg, prit les devants, et révéla au poste de la porte orientale de la ville les projets meurtriers du comte. On voulut soiiiier la cloche d'alarme : ce lut en vain. Des cris de terreur retentirent dans toutes les rues; tout le inonde prit les armes et courut sur le rempart. En voyant ces préparatifs de défense inattendus, Rodolphe de Kjbourg se retira couvert de honte« Pour récompenser le service de Jean Rott, on décréta que la ville donnerait chaque année à Tatné de ses descendants un habit neuf aux couleurs de la ville (rouge et blanc).

Des ce jour les alîaires de Rodolphe de Kybourg allèrent de mal en pis. Soleure et Berne, pour se venger, s'emparèrent de ses biens et de ceux de ses amis Le manque d'argent le priva de tout moyen de détense; bientôt après le chagrin mit fin à ses jours. Ses frères combattirent courageusement pour leur héritage. Beaucoup de nobles embrassèrent leur parti. Cependant Berne appela les Confédérés à son secours. Alors de grands malheurs fondirent sur Kybourg et les comtes firent une paix désavantageuse. Ils abandonnèrent à perpétuité aux Bernois la ville dcThoune, lebaillage du Geissenberg, et leur vendirent Berthoud (Burgdorf), déjà assiégée parles troupes bernoises Berne dédommagea par de l'argent les Confé^dérés qui avaieut envoyé des

troupes, et Soieure qui avait pajé les Irais de la guerre.

Ainsi se termina, pour la porte de la maison de Kybourg, 'l'entreprise snnLriiiiiaire qu'elle avait formée contre Soleure; Berne en recueillit les plus grands avantages. Mais, dans le même temps, ses propres murs renfermaieot un ennemi de sa liberté bien plus redou* table <iae toute la puissance de Kybourg.

Soit par Tabus ou la fausse interprétation des lois, soit par TindilTérence des citoyens, un petit nombre de familles étaient insensiblement parvciiucs à dominer dans le conseil et à gérer seules toutes les affaires. Ces familles traitaient au gré de leur caprice les citoyens peu considérables, se jouaient des lois et partageaient les meilleurs emplois entre leurs membres. Cependant les bourgeois portaient dans leurs réunions et dans leurs travaux la vivacité d'un esprit actif et libre. LorsquMIs se rassemblèrent le mardi gras 1384, pour élire, seloo un antique usage, dans leur assemblée générale, les magistrats de la ville, ils destituèrent tous les conseiller, un seul excepté, et firent serment pour eux et leur postérité qu'à Tavenir les magistrats et les bourgeois vivraient ensemble comme frères ; que chaque année, les bons emplois seraient confiés à d'autres personnes, et la majorité du conseil renouvelée; que chaque année les bannerets et leurs assesseurs choisiraient deux cents bourgeois honorables parmi les artisans pour en former un Grand Conseil; mais que deux frères ne pourraient jamais y siéger ensemble. Le conseil élu devaitse présenter devant rassemblée générale des citoyens pour être confirmé par elle, si elle le jugeait convenable, et, dans ce cas, pour Jurer d'observer toutes les lois et les ordonnances coutenues dans les registres publics.

Tels furent les changiuaents que Ton fit à Berne et les engagements qu'on y prit. Néanmoins, le temps fit oublier les uns et les autres : on négligea peu à peu le renouvellement annuel du conseil, et l'on finit par ne plus connaître même de nom les membres du Conseil des Deux- Cents.

BISTOIHE

xvn

La bataille de !Seinpach«

(Deraai3â5àraiiia&7.>

La noblesse, comme il arrive toujours, voyait avec regret les progrès de la liberté du peuple. Elle opprimait les paysans sujets, et trailnit avec hauteur les Confédérés : elle se croyait tout permis, Hère deTappui du duc d'Autriche, qui établit de nouveaux droits de péage dans ses Etats héréditaires, afin d'entraver le commerce des Suisses* Un jour, une troupe de Lucernois auda* cieux se rendirent au château de Rothenbourg, où Ton avait établi un nouveau péage, et en démolirent lr> laurs; dans le même temps les lialjilants de TEntlibuch, vexés de mille manières par leur bailli Pierre de Tborberg, qui venait d'augmenter leurs impôts, supplièrent les Lucernois de protéger leurs droits et de faire avec eux une alliance; les Lucernois accédèrent à \mr demande. Ce fut là l'origine de la guerre contre les sei- ' gneurs.

Pierre de Thorberg fit exécuter ignominieusfement les hommes de TEntlibuch, auteurs de Falliance avec Lucerne, et, à la tête d'une troupe, il ravagea le pays

jusque sous les murs de cette ville. Le duc Léoi)old d'Autriche vint aussi, et jura de tirer vengeance des Confédérés pour tout le mal qu'ils lui avaient déjà fait ainsi qu'à sa maison. là des cris de guerre, de là le bruit d'un armement général. Les Confédérés assemblèrent en hâte une diète ; Berne seul n'y envoya point de député, parce que sa trêve avec le ducLéopold n'était pis encore expirée. Cent soixante -sept seigneurs ecclésiastiques et séculiers déclarèrent la guerre aux Confédérés dans Tespace de quelques jours^ jurant leur perte et leur ruine totale.

Les Suisses coururent subitement aux armes sans être épouvantés de ces menaces ; ils ruinèrent sur-le-champ plusieurs châteaux: Riimlang sur la Glatt, Mœrsbourg, Scbenken sur le penchant de la montagne près de Sur-

M u «unov sinsai.

léB, Windegg daas le pays de Gaster. Lei eaiiemiA^ de leur côté, âides par la trahisoa des babitaoto, égorgèrent

noe grande partie de la garnison de Mayeaberg, coin^'

posée de ciloyeiisde Zug eLdo Lucerne; Mayenbergmôme deviût la proie des flauiines. Relcliensée, dévoué aux Suisses, expia sa fidélité par riiicendie de ses maisons et par ie massacre lie la plupart de ses batulants; ïm^ font à la mamelle ne fut pas épargné.

Léopold, suivi d'une armée formidable; d'une foule de chevaliers de la plus haute noblesse et de troupes auxiliaires de tous ses États, menaça d'abord Zurich» puis marcha de Bade, par TArgoTie el par Sursée, contre Sempach | Lucerne) , pour châtier les citoyens de cette

fietite ville, à cause de leur attachemeiilaux Coiifédérés. 1 voulait ensuite fondre sur Lucerne. Arrivé dans la contrée de Sempach, il trouva les baunières des Suisses rassemblées sur les liauleurs. Sans attendre son infanterie, il fit mettre pied à terre aux chevaliers, au nombre de plusieurs mille, parce qu'il craignait que les chevaui ne produisifisent de la confusion dans un combat sur une colline I et leur ordonna de serrer leurs rangs et de s'avancer, semUables à un mur de fer, lances baissées, contre la petite armée des Suisses. La noblesse poussa des cris de joie ; mais le baron Jean de Hasenbourg s'écria : « L'orgueil n'est bon à rien. » Léopold répondit: f Ici, dans mon pa^s, je veusL triompher pour mou peu* pie ou mourir, i

C'était le temps de la moisson. Le soleil était haut et ardent. Les Suisses tombèrent à genoux et firent leur prière; puis ils se relevèrent; 400 hommes de Lucerne, 900 des Waldstœtten, 100 de Glaris, de Zug, de Gersau, de rEnilibuch et de Rothenbourg. Tous se précipitèrent avec fureur contre Tarmée de fer, mais en ^in: elle était inébranlable. Les Suisses tombaient Tun après l'autre: déjà soixante nageaient dans leur sang, tous chancelaient.

• Je vais ouvrir un chemin à la liberté 1 crie subitement une voix de tonnerre : ^ Fidèles et chers Gonfé-

dér^:pren9^ 4^ ma im^^ et de pies eofauts* •

Ainsi parie Arnold Strulhan de Winkelried, chevalier d'Unterwalden. Il embrasse autant de lances ennemies n^il peut, les enfonce dans sa poitrine et tombe. Les onfédérés se précipitent par-dessus son corps dans Touvertirre de la muraille de fer, écrasant tout sous leurs coups terribles; les casques et les brassards volent en éclats sous les massues; les cuirasses brillantes se teignent de sang. Trots fois la principale bannièn^ de rAulriche échappe à des mains mo '.ira nt(v^, trois foison la relève ensanglantée. La terre est jonchée des cadavres des nobles. Le duc lui-môme mort la poussière : un homme de Schw^ Ta frappé. La terreur parcourt les rangs des chevaliers ; ils crietit qu'on fuie et demandent leurs ciievarux; mais leurs gens et lemrs chevaax ont déjà pris la foite , saisis d^ipouvante. Les malheureux chevaliers, accablés de leurs cuirasses lourdes cl rendues brûlantes par Tardeur du soleil, commencent à fuir; les Confédérés volent sur leurs pas. Plusieurs centaines de comtes, de barons et de clievaliers de la Souabe, du Tyrol et de l'Argovie, périrent avec des milliers de leurs ' valets. Schaffhouse perdit sa bannière , inutilemeni défendue, jusqu'à la dernière goutte de leur sang, par trente-quatre nobles et bourgeois de cette ville. bah* neret de Lenzboùrg, Werner de Lo, tomba au milieu de ^pt ; Tavoyer d^Aarau au milieu de quatorze de ses concitoyens, et Nicolas Thut, avoyer de Zofingen, entouré de douze des siens. Sentant sa mort prochaine, Thut déchira sa bannière pour qu'aucune maia ennemie ne pût se vanter de l'avoir enlevée ; mourant, il en tint le bâton serré entre ses dents. Les citoyens de Mellingen et de Bremgarten combattirent égaux en courage aux Confédérés, inférieurs en bonheur. — Telle fut l'issue de la batçiille de Sempach , livrée le 9 de juillet 1386 : tel fut le glorieux résultat de Théroisuèe et du martyre d'Arnold de Winkelried.

Berne vint à son tour se rallier à ses anciens Confédérés et frères d'armes pour faire la guerre à l'Autriche et à ses partisans dans les montagnes ; ils renversa maint

château iort de la noblesse; prit sous sa protection

m LA NATION SUISSE

PObersibenthal *, vallée riche en pâturages, et battit les Friliourgeois dans la plaine de Biimplitz (à une lieue de Berne). Les bannières do Zurich et de Lucerne floUôrent victorieuses dans les vallons et dans les plaines du territoire de ia maison de Habsbourg. La ville impériale de Wesen assiégée par terre et par ean , pressée par le feu et parle fer , fut cootrainto de se renure i Giaris» à Zurich et aux WaldstaBtten.

L^Autriebe se trcmvaDt daos des circoDstances défa^ ▼orables , négocia. On condot une trêve de dix-huit mois; repos pour les armes el non pour la haine Telle était Tanimosité contre la noblesse et contre TAutriche, ennemies mortelles de la liberté des Suisses, que personne n'osait porter sur son chapeau ou sur son casque des plumes de paon, parure ordinaire des ducs autrichiens ; 00 ne souffrit plas Bmmn paoû daas ioate ta ^Suisse j et nn jour, daas .une auberge, un homme cassa SOD verre, de .foreur , parce que les rajoos du soleil, en %^ brisAnt, reproduisirent les eoukurs Inrîllantes de cet oiseau.

. xvm

Ia iMrtallle de Wwfels et mem suites* /

(De ran idSS à l'an i40S«>

Cependant la noblesse et l'Autriche avaient encpre de lidèles partisans dans beaucoup d'endroits.

Quoique Glarls gouvernât avec une extrême dDuceiiir la petite ville de Wesen \ ses habitants n'abjurèrent pas ^ancienne haine qu'ils nourrissaient contre leurs voisins ; leur fierté soufrrait moins, sous le joug d'un prince puissant que sous le joug de leurs égaux. Ils conspirèrent pour venger h maisoii d'Autriche sur les Suisses. Pour atteindre ce but, ils eurent des communications secrètes • avec des seigneurs des comtes des en virons» intro-

* Vallée méridionale du canton de Borne.

• A l'extrémité occidentale du lac de Walleubtadt, sur les coûûus

dés cantons d« Saint-Gidl et de Glaris. ^

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duisirent au milieu de la ville des soldats autrichiens déguisés ou enfermés dans des tonneaux, et les tinrent cachés au foiid de leurs caves ou dans des réduits. Pour mieux tromper la sécurité des Glaronnais , ils demandèrent nn renfort de ffarnison. Les Glaronnais . qui ne se (Joutaient de rien, envoyèrent cinquante hommes.

Tout à coup , dans la nuit convenue (la veille de la St-Matthiasl388), des troupes autrichiennes, an nombre de 8000 hommes, arrîTèrent de tons côtés vers la ville, par terre et par le lac de Watienstadt. Le silence régnait dans les rues et dans les maisons, où les habitants attendaient le signal du massacre. Il fut donné : soudain Ton vit toutes les maisons éclairées, toutes les portes ouvertes aux troupes qui arrivaient. Le massacre commença. Conrad d'Au,d'Uri, gouverneur de la ville et commandant de la garnison, fut tué avec plu^ de trente Confédérés; vingt*aeiix sautèrent parnAessns les murs de la ville ei traversèrent le lac à la nage.

Claris I rempli de terreur, envojr^ une faible troupe sur ses frontières pour résister aux ennemis qui approchaient. Les chemins dans les vallées des hautes Alpes étaient encore couverts de neige. Ton ne pouvait recevoir du secours des Confédérés. On se battit plusieurs jours aux frontières. Réduits à rextrcmitc . les Glaronnais députèrent à l'ennemi pour obtenir une paix équitable. Les seigneurs autrichiens répondirent avec fierté ei d'un ton impérieux au landammannetaux communes du pays. Les Glaronnais devaient livrer Tacte de leur eoniédération avec les Suisses , se reconnaître serfs de la maison d'Autriche et se soumettre è d^autres conditions onéreuses. Entre une paix intolérable et une guerre dont le succès était incertain, ils choisirent un moyen terme et firent des propositions conciliantes , à la seule condilion qu'on leur laissât leurs anciennes franchises et l'alliance qu'ils avaient jurée avec les Confédérés; mais leurs dépulis furent chassés de Wesen avec mépris. Dès lors leur parti fut pris ; ils s'en remi* rent à la force des armes.

lios seigneurs et les consâiUars auttichiens marchèrent

DÉ LA uktum wmk.

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à l'instant même avec 6000 hommes snrNaefels, rempart du pays de Claris, où le capitaine Matthieu Am-lUiel était posté avec 200 Glaronnais. Les femmes et les enfants cberchënmt leor sûreté dans les montagnes; des me$^ sagers coururent à Uri et à Scbwytz ; le tocsin sonna* Maïs Tormée autriotiienne força les remparts de Nssiels. Se battant sans relâche à la tête d'à peine 500 héros, Am-Buel se retira vers le montRûti, afin d'être défendu sur ses derrières; devant lui s'étendait un sol sauvage couvert de débris de rochers. Ce terrain rocailleux entravail les mouvements de la cavalerie autrichienne. Les Glaronnais lancèrent une gnMe de pierres et de blocs contre les hommes et les chevaux ; la confusion se répandit dans les rangs ennemis. Cependant on se battait

coup des cris de guerre et de Joie retentir dans les mon* tagnes» C'étaient Imte hommes de SdrRrytz mai venaient

au secours de leurs alliés. L'ennemi, ignorant leur

nombre, fut épouvanté. Déjà en confusion, la cavalerie étonnée se mil à fuir. A cette vue, l'infanterie autrichienne crut tout perdu et s'enfuit en toute hâte. Volant sur leurs traces, les hallebardes, les épées, les massues en firent un carnaae effrovable ; ^500 hommes furent' tués dans les vergers et les prairies ; beaucoup se préci*

Eitàreut dans la Linth. Le pont de Wesen se rompit sous I masse des fuyard et le lac engloutit une multitude de cadavres coîrassés.*-^ Telle fui la bataille de Nœfels, livrée le 9 avril 4388. Encore anjonrdiini le peuple de Claris en célèbre chaque année le souvenir, le premier jeudi du mois d'avril, et entend prononcer sur le champ de bataille, si cher à la liberté^ les noms des héros tués et des héros vainqueurs.

Avant que le bruit de cet exploit eût retenti chez les Confédérés, ceux-ci s'étaient rassemblés sous leurs bannières. Les ZuricoiSy soutenus par des troupes de toute la Confédération* attaquèrent, mats sans succès, la ville de Bdppersctiwyl , nouveUraent fortifiée. Les Bernois^ aidés par lesSolemrois, conquirent Biîren, Nidau, Unterseen ; vainquirent devant Friboorg , ravagtasnt l'Argo*-

entendit tout d^un

* flisTomt

vie, rasèrent lechateau antique de Pierre de Gauenstein, et traversèrent le Frickthal chargés de butin.

Lorsque les ducs d'Aulriclie apprirent ces revers et virent la Thurgovie entière et l'Argovio en grand danger ^ leurs armées battues et dispersées ^ leur» trésors épuisés, ils désirèrent la paix et la conclnrent poursepi ans. Par le traité de paix, les Suisses oonservèreattOQS' les pa^s qui étaient entrés dans leur alliance; ilsae ren-* dirent que Wesen, mais à conditioD qu^aucua de ceux qui avaient trahi la fidélité jurée aux Suisses et pris part au massacre, n'y habitât tant que durerait la paix.

Ce que Léopoid, quatrième duc d'Autriche de ce norn, n'avait pu laire par les armes, ii ie lenla par la ruse. 11 songea d'abord à répandre la division parmi les Suisses, et gagna en etîet à Zurich le bourgmestre Rodolphe Schœno et quelques membres du conseil. Les Zuricois bannirent oet homme dangereux avec tout son parti, et limitèrent , par un acte scellé d'un serment, le pouvoir du bourgmestre et du conseil, pour prévenir Tabus qu'ils en pourraient faire.

Les huit cantons de la Coiifédération, ainsi que So-» leure, firent , dans une diète assemblée à Zurich , une commune loi pour les guerres à venir (10 juin 139â) , et jurèrent : « d'éviler toute guerre inutile, mais, dans le cas d'une guerre nécessaire , d'unir loyalement leurs efforts ; de ne jamais sortir d'un combat, même blessés^ jusqu'à la décision de Taffaire ; de rester toujours maîtres du chamç de bataille; de ne piller que lorsque le gêné* ral raurait pmnis ; d'épargner les églises, les couvents' et le sexe sans défense. • Cette loi, faite ft l'occasion de la guerre qui commença par la bataille de Sempach, est connue sous le nom dé convenant de Sempach,

L'Autriche demandant une prolongation de la paix, elle fut fixée à vingt ans et observée.

Les Confédérés furent charmés d'avoir tout ce temps pour étendre leurs droits et teur république en dégageant ou acquérant des terres^ en rachetant des droits. Nul n'était pauvre, tous étaient riches quand il s'agnsait d£ contributions pour l'iiouneur de la patrie; tout.

DE LA HAtlON ftUISSS*

comme, an jonr dn combat, chacun était riche en courage et prodigue de ^ou ^ug* C'était Tâge d'or des ver*

tus helvr tiques.

Les Zuricois achetèrent de la noblesse, qui s'appauvrissait» les bailliages de Kûsnacht sur le lac de Zurich, de HcBQgg et de Tbalwyl, lesseigneHriesdAGruneoberg, de RegeDsberg et jplomeurs autres terres* Les Lvcernois acquirent tout le Rothenbourg, Ebikou^ des droits sur Merischwanden et sur des villages voisins situés au bord du lac des Qualre-Cantons ; ils reçurent à titre d liynothèques les châteaux deWolitmsen. de Russwyll et TEntlibuch. Les Bernois firent Tacquisitiun de beaucoup de droits et d'un vaste territoire dans les montagnes de rOberland : ils y joignirent la grande vallée de Frutigen, le fertile Emmenthal, la seigneurie des comtes de Kybourg dans TancieDDe Bourgogne, depuis Thoune

{'usqu'au pont d'Aarwanffen. De leur cdté, les villes de Soleure et de Bâle étencurent leurs droits et leur terri-* toîre plus rapidement avec Tor qu'elles ne l'avaient fait avec le fer. Ui i lit une alliance perpétuelle avec le peuple de la vallée d'Urseren, au pied du Saint-Gothard : de tout temps cette vallée avait joui de la liberté. Plus tard, les baillis du duc de Milan, pour une querelle au sujet du péage, ayant pris à des paysans du Haut-Unlerw alden et d'Uri le bétail que ceux-ci menaient à la foire de Varese, puis leur ayant refusé justice, les troupes* d'Uri et du Haut-Unterwalden portèrent leurs bannières, au delà du Saint-Gothard et firent avec le peuple de la Léventine une alliance offensive et défensive. Ce traité fut respecté; car les seigneurs de Belliiizone, redoutant' les Confédérés, recherchèrent même leur amitié.

Ainsi, pendant la paix, les Suisses agrandissaient leur territoire à prix d'argent et par des traités, embellissaient Itnirs villes et leurs bourgs, amélioraient leurs constitutions. Fribourg abjura son ancienne inimitié contre Berne, forma avec cette ville une alliance perpétuelle d'amitié et de combour^eoisie, et fit de môme un traité d'amitié avec la ville de Bienne« Schaffhouse imita' la constitutiou de Zurich, mai» vttuUt la stooue plus fa-

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