‹ Histoire de la Normandie, ancienne et moderneChapitre 9 sur 23 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Guillaume le Conquérant monte sur le trône. — Troubles à son avènement. — Mathilde de Flandre devient la femme de Guillaume. — Alfred et Edouard prétendants légitimes au trône d'Angleterre. — God-win, usurpateur de la couronne, fait assassiner Alfred , et marie Edouard avec sa fille. — Harold usurpe le trône d'Angleterre après la mort d'Edouard. — Guillaume s'apprête à conquérir l'Angleterre. — Mathilde est nommée régente de Normandie. — Départ de Guillaume. — Son arrivée sur les côtes du Susses. — Présage à la fois sinistre et heureux. — Bataille d'Hastings. — Défaite et mort d'Harold. — Couronnement de Guillaume. — Il revient en Normandie , mais ne tarde pas à repasser en Angleterre. — Révolte de Robert contr» son père. — Guillaume lui pardonne. — Le Doomesday Book. — Mort de Mathilde, et de Richard 111s de Guillaume. — Malheurs qui attristent les dernières années du Conquérant. — Siège de Mantes. — Mort de Guillaume. — Ses obsèques sont troublées.

Aussitôt après la mort de Robert, les serments de fidélité qu'on avait' prêtés à Guillaume, du vivant de son père, furent oubliés : on le proclama indigne de régner, comme illégitime et trop

HISTOIRE DE LA NORMANDIE. Hl

jeune. Les conseils du jeune prince écrivirent à Alain, duc de Bretagne, son tuteur et régent de Normandie, afin qu'il interposât ses bons offices et son autorité pour réprimer les désordres de cet infortuné pays. Alain conjura vainement les seigneurs normands de rentrer dans leur devoir : voyant ses tentatives pacifiques restées sans succès , il entra en Normandie avec des forces suffisantes, et punit quelques séditieux. Cette sévérité déplut; on calomnia ses intentions, en l'accusant hautement de vouloir s'approprier le duché de son pupille. Quelque invraisemblable que fût cette accusation, des scélérats empoisonnèrent Alain. Cette mort, prématurée autant que criminelle, au lieu d'apaiser les malheurs qu'on voulait éviter, augmenta les troubles, et alluma la guerre civile la plus acharnée (1039). Mais les obstacles qui s'opposaieat à la fortune de Guillaume ne servirent qu'à lui élever l'âme et à le rendre aussi bon politique que général instruit.

D'ailleurs Henri, roi de France, se ressouvenant des bons offices qu'il avait reçus de Robert, prit en main la cause de son fils; et, suivi de trois mille hommes seulement, il entra en Normandie. Les rebelles avaient une armée de vingt

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