‹ Histoire de la Normandie sous le règne de Guillaume-le-Conquérant et de ses successeurs, depuis la conquête de l'Angleterre jusqua la réunion de la Normandie au royaume de FranceChapitre 116 sur 255 · EN NORMANDIE · texte numérisé non relu

EN NORMANDIE

ble jusqu'en août. Cependant Guillaume-le-Roux ne fît rien pour dédommager les bourgeois de ce qu'ils avaient souffert pour lui.

Un traité fut conclu entre les deux frères. Si le duc de Normandie mourait sans fils légitime, le roi d'Angleterre devait joindre la Normandie à sa couronne , et réciproquement Robert devait être roi d'Angleterre si Guillaume-le-Roux ne laissait pas d'enfans. Le Mans et les seigneuries norman^des qui avaient refusé l'obéissance à Robert , devaient passer sous la suzeraineté du roi. Celui-ci promit de restituer à Robert son patrimoine en Angleterre, et de réintégrer dans leurs fiefs les Normands de cette île qui avaient été bannis pour s'être déclarés en faveur de Robert. De son côté, le duc cédait à son frère, le roi , plusieurs biens en Normandie , savoir, le comté d'Eu , les abbayes de Fécamp et du Mont-Saint-Michel sur la mer, Cherbourg et plusieurs châteaux déjà occupés par les troupes royales.

Douze barons de part et d'autre confirmèrent ce pacte par leur serment. '

Le roi insista pour que le prince anglo-saxon

■ Florent. 'Wigom., ad ann. i091.

234 HENRI ASSIléGÉ

Edgar, à qui Robert Courteheuse avait rendu la liberté depuis la mort de son père, et qu'il traitait avec honneur à sa cour, fût banni de la Normandie. Le malheureux prince alla chercher un asile auprès du roi d'Ecosse.'

Cependant le Mont-Saint-Michel , place importante à cause de sa position à l'extrémité de la Normandie, venait d'être occupé et fortifié par Henri , qui de là exerçait impunément des hostilités contre les gens de ses deux frères, particulièrement contre ceux du roi.

Des moines s'étaient établis sur cette montagne, que saint Michel lui-même, disait-on, avait désignée pour être un lieu de culte : aussi les offrandes des fidèles n'avaient-elles pas manqué au monastère , et peu à peu le rocher baigné par les eaux de la mer s'était couvert d'édifices, et dans la suite les reliques qu'il gardait furent enchâssées dans l'or et l'argent.

La plupart des partisans d'Henri l'abandonnèrent ; mais il lui resta de bonnes troupes bretonnes sur lesquelles il pouvait compter, puisqu'elles n'a-

■ Florent. Wigorn ad ann. 1001.

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