AU MONT-SAINT-MICHEL
vaient aucun intérêt à se soumettre au duc de Noimandie ou au roi d'Angleterre.
Les deux princes -vinrent comme pour leur passe-temps afin de chasser Henri de son comté, et le poursuivre jusqu'à son château du Mont-Saint- Michel. Il y eut des joutes entreles assiégeans etles assiégés ; dans une de ces rencontres , le roi faillit être pris : (( Je suis le roi d'Angleterre ! » s'écriat-il quand un soldat mit la main sur lui pour l'emmener. « Par le saint voult de Lucques ! dit-il ensuite à cet homme , à l'avenir tu seras à mon service , et tu pourras t'y distinguer par de nouveaux exploits. ' »
Henri, n'ayant pu approvisionner cette place redoutable, éprouva bientôt la disette sur son rocher; son frère Robert, dont l'âme insouciante n'avait aucune rancune, laissa passer des vivres, dans la place , et s'attira les reproches du roi d'Angleterre. « Nous n'avons que ce frère, répondit Robert ; au moins ne le laissons pas périr de faim.' » Paroles qui honoreraient ce souverain
' Guillaume de Malmsbury, liv. 4.
' <t Papœ ! dimitterem fratrem meum mori siti ? et quem alium habebîmus, si enm amiserimus ? » Guillaume de Malmsbury, Hv. 4. — Wacc, Roman de liou , tom ii, pag. 316-17.