‹ Histoire de la Normandie sous le règne de Guillaume-le-Conquérant et de ses successeurs, depuis la conquête de l'Angleterre jusqua la réunion de la Normandie au royaume de FranceChapitre 125 sur 255 · ÉPOUSE LA FEMME DU COMTE !>' ANJOU · texte numérisé non relu

ÉPOUSE LA FEMME DU COMTE !>' ANJOU

les deux femmes qui l'avaient précédée , elle avait fait proposer au roi de France de l'enlever à ce mariage. Philippe répudia sa femme Berthe, pour épouser Bertrade ; et comme aucun évêque de France ne voulut bénir ce mariage adultère, l'indigne et turbulent évêque de Bayeux , Eudes, se laissa persuader à unir les deux époux, malgré l'indignation générale. Pour prix de cette complaisance coupable , il reçut les revenus des églises de Mantes. '

Le pape lança ses foudres spirituelles contre les époux et contre l'évêque qui les avait unis. Foulques, qui avait le plus d'intérêt à faire dissoudre le nouveau mariage de sa femme , fut pourtant le seul qui ne la condamnât- pas , et tel fut le charme qu'exerça Bertrade que, dans une visite qu'elle fit avec le roi Philippe à son ancien mari , elle fit dîner ses deux maris ensemble , et coucher dans la même chambre.

' Orderic Vital , lib. 8. — Guill. de Malmsbury, Jiv. 5 , désigne l'archevêque de Rouen , Guillaume , comme ayant béni le mariage de Philippe et de Bertrade j enfin le pape Urbain 11 {Episl. ad Raynald. archiepisc. Remens.) attribue cette bëbe'diction illicite à Ourson, évêqne de Senlis.Voy. la note relative à ce sujet dans le tom. xin des flislov. de Fiance.

•254 lOgS. CONCILE DE CLERMONT.

Cependant Philippe était excommunié, et privé des secours de la religion ; il n'en resta pas moins fidèle à ce mariage singulier , et ce ne fut qu'après la mort du roi que Bertrade se retira dans un couvent, après avoir donné le jour à quatre enfans. Elle conserva toujours le titre de reine.

Urbain II , étant venu en France , tint au mois de novembre 1096 un concile général à Clermont. Les règles de la discipline ecclésiastique y fm'ent remises en vigueur , et on renouvela la religieuse loi de la trêve de Dieu , si utile dans ces temps de violences féodales. Enfin la croisade y fut préchée contre les Sarrasins , qui récemment avaient envahi la Palestine. Pierre l'Hermite avait déjà communiqué son enthousiasme à la nation française; on se présenta en foule pour recevoir la croix des mains du pontife.

Les actes de ce concile eurent du retentissement en Normandie. Les évéques normands qui y avaient assisté, et parmi lesquels se trouvait Eudes, évêque de Bajeux, déjà reconcilié avec le pape, apportèrent des lettres du pontife suprême à leurs confrères. Ceux-ci crurent devoir tenir un synode afin de prendre dans l'intérêt de l'ordre public et de l'église des mesures analogues aux décrets

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