SERLON COUPE CEUX DU ROI. .)II
En Angleterre, l'archevêque Anselme , avant son exil, avait prêché devant la cour de Guillaume-le-Roux contre les longs cheveux , et un mercredi des cendres il avait refusé sa bénédiction à ceux qui ne les couperaient pas ' . Cependant la mode l'avait emporté sur le courroux du prélat. Henri et sa cour débarquèrent en Normandie avec de beaux cheveux , une barbe bien soignée , et probablement aussi avec des souliers à longues pointes,
Serlon, quelque empressement qu'il eût d'être protégé dans son évêché contre les injustices de Robert de Bellême, conjura d'abord le roi et ses barons de ne pas donner aux chrétiens dans ce pays le scandale d'une m.ode réprouvée par l'apôtre saint Paul et par l'église romaine, qui , dans plusieurs conciles, l'avait formellement condamnée. Voyant le roi ému par ses exhortations , le prélat tondit sur-le-champ la tête du monarque. Après cet exemple, aucun courtisan ne put se refuser au même sacrifice , et toutes les chevelures tombèrent sous les ciseaux de l'évêque de Séez. Ce fut une sorte d'initiation peur la conquête de la Nor-
' Eadmer tiislor. Noi'or.