SES ENFANS NATURELS
rie des mœurs d'alors. Il avait honoré le clergé, mais sans se laisser conduire par lui et sans abaisser la couronne devant la tiare. A l'exemple de son père , il avait eu soin de contenir l'autorité papale dans de justes bornes, et de prévenir ces actes humilians par lesquels le saint-siége cherchait ailleurs à assurer sa domination.
Quoiqu'il eût paru respecter les mœurs bien plus que son frère débauché Guillaume-le-Roux , et qu'il eût contracté deux mariages légitimes , aucun prince de la race normande n'avait pourtant eu tant d'enfans naturels; il en avait quinze. Le naufrage de la Blanche iV^ avait fait périr la moitié de cette lignée bâtarde. Il avait eu une affection particulière pour l'aîné de ces enfans, Robert, qu'il fut obligé de créer comte de Glocester pour le marier à la fille de Robert Fitz- Ajmon , qui ne voulut pas d'un mari sans nom de terre. Dans la suite, ce bâtard eut aussi la ville de Caen; ce qui fit qu'il se mêla sans cesse et des affaires de la Normandie et de celles d'Angleterre.
Nous n'avons pas à juger Henri comme roi d'Angleterre; il suffit de savoir que son règne offrit peut-être moins de ces exemples odieux d'injustices et de violences qui affligèrent les deux