HENRI JUGÉ PAR UN PRÊTRE
règnes précédens. Au commencement, Henri avait même paru vouloir relever la nation anglosaxonne de son abaissement; cependant il avait peu justifié l'espoir des Anglais, et ils demeurèrent dans l'oppression : aussi quelques écrivains de cette nation le représentent comme un tyran. L'archidiacre de Huntingdon, surtout, le juge très sévèrement dans une lettre familière, après lui avoir donné de grands éloges dans sa Chronique ; en secret ce prêtre le représente comme un prince rempli d'artifice et de dissimulation, dont il était impossible de connaître les véritables sentimens, violant ses sermens, commettant des.meurtres et des cruautés sans aucun remords , n'ayant pas d'égal dans le royaume pour ses crimes , et étant par ses terreurs le plus malheureux des hommes, quoiqu'il passât aux yeux du monde pour le prince le plus fortuné ' . Le justicier d'Angleterre, qu'il avait fait deux fois poursuivre et condamner aux amendes, dit un jour, lorsqu'on lui rapporta les éloges que le roi avait faits de lui : « Tant pis pour moi ; car
' « Beatissimus regum habitus est , sed ceite misenimus est. » Henric. Huntingclun. Episl. de Contemptu mundi.