‹ Histoire de la Normandie sous le règne de Guillaume-le-Conquérant et de ses successeurs, depuis la conquête de l'Angleterre jusqua la réunion de la Normandie au royaume de FranceChapitre 71 sur 255 · SUR LE DOOMSDAY-BOOK · texte numérisé non relu

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la location des chevaux (probablement de la cavalerie du roi). Elle devait trois jours de corvée au mois d'août pour la moisson et un jour pour la fenaison, partout où commandait le vicomte. Chaque tenancier de masure se rendait trois fois par an avec le vicomte aux plaids et aux assemblées (iirmelavia) du hundred ou district. Quand le roi se livrait au plaisir de la chasse, un homme de chaque maison allait selon la coutume faire le piquet dans la forêt. Les autres habitans qui ne possédaient pas des masures entières, faisaient le garde au château , quand le roi était dans la ville.» •

Ainsi les Anglo-Saxons avaient forcé les Bretons à moissonner leurs grains, faucher leurs prés , surveiller leur gibier , indépendamment de l'impôt qu'ils levaient sur toutes les maisons. Les Normands rendaient à leur tour tributaires les Anglo-Saxons, car il n'était plus question des Bretons : ils exigeaient les mêmes corvées, ou du moins ils maintenaient l'ancien droit des maîtres du pays ; ils établissaient un privilège en faveur

■ Consuetudines ex Dnomsdnj-hook , dans le tom. ii de Gale Histor. britann. scriptores.

l/jS DÉTAILS

des Normands à l'égard des condamnations judiciaires, mais ils respectaient les coutumes anglosaxonnes. Soutenir, comme on l'a fait ' , que les Normands enlevèrent aux Anglo-Saxons tous leurs droits, et ne les firent entrer dans la nouvelle société qu'ils formèrent que comme propriétés personnelles , n'est peut-être pas tout-àfait exact. Ceux qu'ils déplacèrent, ce furent principalement les chefs, les grands propriétaires, tant civils qu'ecclésiastiques , les possesseurs de serfs, enfin les oppresseurs du pays; quant au peuple, aux gens de campagne, aux bourgeois , ils ne changèrent que de maîtres; cependant il est vrai que les nouveaux conquérans usèrent brutalement des droits de la force , et que , despotes impitoyables, ils ajoutèrent souvent de nouvelles exigences à celles que les oppresseurs précédens avaient inventées et établies.

Aussi le peuple regarda le grand rôle comme un document qui perpétuait le mal dont il souffrait'. On voit, par ce rôle, que les Normands

' A. Thierry, Histoire de la Conquête de l'Angleterre par les Wormands , tom. ii , liv. 7.

' « Et vcxata est terra tnultis cladibus inde procedentibiis. » Florent. Wigorn. Chron. , nd atin. 1086.

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