‹ Histoire de la Normandie sous le règne de Guillaume-le-Conquérant et de ses successeurs, depuis la conquête de l'Angleterre jusqua la réunion de la Normandie au royaume de FranceChapitre 76 sur 255 · DISPOSITIONS · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS

lui ai cédé, dit-il, le duché de Normandie et le Maine; je ne les lui retirerai pas; mais je plains le pays qui sera soumis à sa domination; car c'est un homme orgueilleux, dissipé, insensé, et dont la conduite mérite les plus grandes punitions. '

Il bénit ses deux fils Guillaume et Henri. Cependant, il n'en désigna aucun pour lui succéder sur le trône d'Angleterre : seulement il exprima le désir que ce fût Guillaume, disant, suivant la relation mentionnée ci-dessus, que n'osant confier à personne un royaume obtenu par tant de péchés, il voulait laisser cette affaire à la volonté de Dieu, attendu qu'il ne possédait point l'Angleterre par héritage , mais qu'il l'avait enlevée à un prince parjure, à Harold."

On ne peut croire que Guillaume ait parlé ainsi, puisque c'était précisément son droit d'héritage qu'il avait fait valoir, en entreprenant la conquête du royaume. Ce qui paraît d'ailleurs en contradiction avec les paroles qu'on lui attribue , c'est qu'il fit partir son fils Guillaume pour l'Angle-

' « Superbus enim est . et insipiens nebulo , trucique diu plectendus infortunio. » Ord. Vital , 7.

^ « Non enim tantum decus hereditario jure possedi , sed per-^ juro régi Haroldo abstuli, n Ibid.

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terre avec des lettres marquées de son sceau et adressées à Laiifranc, pour qu'il se fît sacrer roi d'Angleterre. En effet, Guillaume-le-Roux partit sans délai.'

Henri se présenta, en demandant : Que me donnerez-vous , mon père ? Le roi ordonna qu'on prît pour lui , dans son trésor, 5ooo livres d'argent. Mais que ferai-je de l'argent , si je n'ai pas seulement une demeure ? reprit Henri , qui devait être étonné , en effet , de n'avoir reçu aucun domaine d'un père qui en Angleterre seulement possédait quinze cents manoirs. Guillaume l'exhorta au courage et à la confiance en Dieu. Sois tranquille, lui dit-il; peut-être seras-tu un jour plus puissant et plus riche que tes frères.'

Henri ne perdit pas de temps, et se fit compter, par le trésorier du roi, la somme promise par son père; il eut grand soin d'avoir le poids exact, et de mettre ensuite son trésor en sûreté \

' Ord. Vital , lib. 7. — Ingulphe , Histnr. Croyland. , dit positivement que le roi donna l'Angleterre à son second fils : Roberto (ledit IVormanniam , Pf^Ulielnio Angliani.

' Fragment, de GuUehnn. — Ordcr. Vital , lib. 7. — Roman de Hou, t. II, vers 14280 et suiv.

s Oi der. Vital , lib. 7.

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