EN NORMANDIE. IQI
prédicateur exhortait les Normands aux bonnes mœurs ; il n'y avait plus de justice : le droit du plus fort régnait h la place des lois , et les moeurs se relâchaient dans le désordre général de la société. On n'entendait parler que de meurtres, de pillages, d'usurpations; des vices scandaleux ne se cachaient plus : restant impunis, ils se montraient au grand jour. '
Parmi les familles nobles qui désolaient la Normandie par leurs querelles et leurs violences, il y en avait qui ne traitaient pas mieux leur sol natal que l'Angleterre, et qui paraissaient avoir pris à tâche d'abuser de leur pouvoir partout où elles avaient des possessions. Telle était surtout cette famille Talvas*", qui surpassait, selon Wace, tous les félons du royaume , et dont on disait qu'aucun
' « Quotidie fiebant incendia , rapitiae et homicidia, et liigebat plebsj... inter hœc itnpune procedcbat petulan» illecebra mollis, flammisque cremandos turpiter foedabat Venus sodomitica , nsarîtalem thorum publiée polluebant adulteria. » Orderic Vital , lib. 8.
' De Taluas , bouclier, parce que le chef de la famille paraît avoir porte' un bouclier remarquable : de là l'e'pithète de Talwassiens (talvalicos subversores, Orderic Vital, lib. 8 ). On trouve dans Rabelais le terme talt^assiers , employé comme injure.