‹ Histoire de la notation musicaleChapitre 113 sur 147 · SOL · texte numérisé non relu

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On voit qu'il existe une lacune, un saut, entre la ligne du la (5), la plus haute de la portée de fa, et le mi grave (6) de la portée de sol. Le simple bon sens indique qu'on a supprimé une ligne, celle du milieu, affectée à Yut. C'est pourtant la plus importante; c'est le pivot, la clef de voûte de tout le système, car notre portée générale est basée sur onze lignes, comme le démontre l'exemple suivant1 :

Pourquoi cette sixième ligne a-t-elle été supprimée? Pour que, du premier coup d'œil, les musiciens pussent distinguer les notes qui appartiennent au

1 Les trois clefs d'ut, de sol et de fa forment les sons générateurs de notre système musical : fa donne les harmoniques la, ut; ut donne mi, sol, et sol donne si, ré. Ce sont toutes les notes qui constituent la gamme d'ut, ou gamme naturelle. Chacune des notes de ces clefs est, en outre, la base d'un accord parfait. De plus, sol est la tonique de la gamme qui commence la série des dièses; fa, la tonique de la gamme qui commence la série des bémols, et ut, la tonique de la gamme naturelle. Voy. Dictionn. de l'Acad. des beaux-arts, sous la rubrique Clefs, un excellent article du regretté H. Reber.

dessus et celles qui appartiennent au grave, c'est-à-dire, pour que ceux qui jouent des instruments à clavier pussent discerner sans hésitation les notes qui doivent être exécutées par la main droite ou par la main gauche.

Cette suppression coupe en deux le système général. Si elle a eu l'avantage d'indiquer instantanément aux praticiens la position des notes par rapport au clavier, elle a enlevé à ce système son admirable unité et sa clarté philosophique. 11 est vrai que l'œil embrasserait difficilement un groupe de onze lignes, tandis qu'il en saisit cinq avec une étonnante promptitude, et que ce nombre suffit pour toutes les voix et tous les instruments. Mais, en principe, la suppression de cette ligne centrale est regrettable. En effet, sans elle, nous avons deux tronçons de cinq lignes chacun, que l'on a la fâcheuse habitude de considérer chacun comme unité de système. Rétablissons mentalement cette ligne, et les notes se succèdent, se tiennent dans une logique parfaite. Une seule clef alors suffit pour indiquer toutes les notes et animer le système entier, car les deux autres clefs ne sont plus que supplémentaires : ce sont des jalons, des points de repère, qui servent à trouver plus aisément les notes. La voilà cette fameuse clef tant cherchée par les réformateurs! C'est la clef à'ut sur la ligne supprimée, ou sixième ligne, qui joue, en quelque sorte, le rôle de la charnière d'une échelle pliante. Partons de ce principe, et nous verrons que cette clef donne à la huitième ligne le nom de sol, de même qu'à la quatrième le nom de fa, sans qu'il soit besoin de recourir à ces deux clefs. Nous n'avons garde pour cela d'en demander la suppression, car elles offrent le moyen de reconnaître immédiatement la position des tronçons, et sans elles ces tronçons ne pourraient exister.

Cette clef d'ut se rapporte dune manière absolue, fixe, immuable, à Y ut du milieu du clavier (une sixte au-dessous du la indicateur du diapason). Dans le système fragmentaire, sur quelque ligne qu'elle se trouve, elle indiquera toujours cet ut. La clef de sol désignera la quinte supérieure, et la clef de/a la quinte inférieure. Ainsi les clefs de fa, à'ut et de sol ont une signification invariable.

On voit, par l'exemple suivant, que plus la clef d't/£ est au bas de l'échelle fragmentaire, plus elle empiète sur la clef de sol; plus elle est élevée, plus elle empiète sur la clef de fa.

l™ basse.

2e basse.

" ténor.

" ténor.

icr alto.

îc alto.

1er soprano.

2e soprano.

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