LIVRE VII. — CHAPITRE I
C'est donc pour éviter les lignes supplémentaires qu'on emploie la clef d'ut pour les voix et les instruments dont le diapason oscille entre la clef de fa et la clef de sol. Plus les notes de ces instruments montent vers la clef de sol, plus la clef d'ut est grave; plus, au contraire, les notes descendent, plus la clef d'ul est haute. Par exemple, pour les instruments et les voix d'alto qui descendent jusqu'au mi au-dessous de la quatrième ligne du système général et montent jusqu'à Yut au-dessus de la neuvième, on emploie la clef d'ut troisième ligne. Si on employait la clef de so/pour l'alto, il faudrait, pour la moitié des notes, des lignes supplémentaires au grave; si on employait la clef de fa, il faudrait des lignes supplémentaires au-dessus.
On pourra nous objecter qu'il n'y a, comme nous le démontrons plus loin, ([ne sept clefs, et que cependant ce tableau en présente huit. Cette contradiction n'est qu'apparente, car la clef de sol première ligue est identique à la clef de fa quatrième ligne, et ne s'en différencie que par la position de l'octave; c'est pourquoi on l'a définitivement abandonnée. D'ailleurs, la gamme ne se composant que de sept notes, sept clefs suffisent pour la pratique de la transposition.
La clef d'ut sixième ligne est donc le centre du système. La clef de fa prend les cinq lignes graves, et la clef de sol les cinq lignes aiguës, ayant pour point de départ, ou note de jonction commune aux deux clefs, Yut de la sixième, qui est la note la plus élevée de la clef de fa et la plus basse de la clef de sol. De même, chacune des autres clefs ne prend du système général que cinq lignes : ainsi la clef de fa troisième ligne emprunte les 2e, 3°, 4% 5e et 6'' lignes; la clef d'ut quatrième ligne, les 3e, kQ, 5°, 6e et 70 lignes, etc.
Plus les notes se rapprochent du diapason de la clef de sol, plus la clef d'ut est grave; au contraire, plus les notes se rapprochent du diapason de la clef de fa, plus la clef d'ut est haute. Glaréan le fait observer en ces termes : ce Autant la clef monte, autant la note descend; et. au contraire, autant la clef descend, autant monte la note1.-»
Maleden2 a, de son côté, donné l'enchaînement suivant :
B 1 . Il m . Il i
La. Ut. Mi. Su!. ani Si. IH Ré. Fa.
H est certain qu'aujourd'hui le système des onze lignes serait insuffisant pour représenter tous les sons employés. Il y a des instruments qui dépassent de beaucoup cette étendue. Mais avec cinq lignes supplémentaires, ou tronçons complets, au-dessus et au-dessous de ces onze lignes, nous obtenons vingt et
rr Quantum clavis ascendit, tantum notula descendit; et contra, quantum descendit clavis, tantuni ascendit notula.» (Dodectichordon , t. I, chap. vu, p. i5. Bàle, 1 556.)
1 Les sept clefs rendues faciles. — Maleden a e'té le professeur de Camille Sainl-Saens.
une lignes; ajoutons les octaves aiguë et grave, et le total s'élèvera à trente et une lignes, susceptibles de porter soixante-trois notes, c'est-à-dire une étendue de plus de huit octaves et demie. Mais la lecture sur ces lignes supplémentaires devenant quelque peu embarrassante, on les supprime, et l'on transpose d'une octave, que l'on indique par 8a, avec le mot alta pour l'aigu et bassa pour le grave. Exemple :
8a alla.
8a bassa.
Chaulieu, dans les premières années de notre siècle, proposa de remplacer ce signe additionnel (8a) par une clef, dite clef d'octave, ainsi figurée : hk, qui hausse les notes d'une octave.
Une remarque encore. Les lignes supplémentaires dont voici l'exemple :
Vf
■ etc.
ne sont véritablement pas supplémentaires. Celles de la clef de sol empiètent sur l'échelle de la clef de fa, et représentent les 6e, 5e, Ae lignes, etc., du système général; celles de la clef de fa empiètent sur l'échelle de la clef de sol, et représentent, à leur tour, les 6e, 7e, 8e lignes, etc., du même système, comme le prouvent les exemples suivants :
équivalant à
, etc.
ÉEÉ
équivalant à
mm
etc.
Aussi, jusqu'au milieu du siècle dernier, on évitait ces lignes supplémentaires en employant la clef à'ut toutes les fois que la main droite descendait au-dessous de Yut de jonction, ou que la main gauche montait au-dessus de cette même note. Ainsi, dans les sonates de J.-S. Bach, de son fils Ch.-Ph.- Em. Bach, et de Honaiier, dédiées au prince de Rohan, on ne voit aucune de ces prétendues lignes supplémentaires, qui sont remplacées par une clef d'wf.