‹ Histoire de la notation musicaleChapitre 125 sur 147 · SIGNES DES PROCÉDÉS D'EXÉCUTION · texte numérisé non relu

SIGNES DES PROCÉDÉS D'EXÉCUTION

L'examen de la musique antérieure à François Couperiii, dit le Grand, et même à Rameau, prouve qu'avant eux on n'accompagnait les notes d'aucun signe pouvant indiquer le procédé à mettre en œuvre pour l'exécution de ces notes. Le point et la virgule, au-dessus ou au-dessous de la note, n'apparaissent qu'avec ces maîtres, et encore ceux-ci ne leur accordèrent-ils qu'un rôle abréviatif.

Dans toutes les méthodes de musique parues au xvmc siècle que nous avons pu consulter, nous avons trouvé le coulé, le point, le portamento et la virgule, mais aucune ne fait mention des moyens à employer pour exécuter ces signes. Il est à remarquer qu'à cette époque, en Italie, on se servait préférablement de la virgule1, et en Allemagne du point2. Aujourd'hui ces signes ont reçu une signification absolue, et leur ensemble constitue un système complet dont l'unité forme une des branches les plus parfaites de la séméiologie musicale.

Que l'on donne une page de musique bien écrite, contenant tous les signes d'exécution et de mécanisme actuellement usités, à des chanteurs, à des pianistes, à des violonistes, à des flûtistes, etc., et tous rendront presque exactement chacun de ces signes. Donc, il y a unité d'entente, unité d'interprétation, unité de procédé.

Néanmoins, en ce qui regarde cette unité de procédé, nous devons dire que, si les didacticiens ont donné une explication plus ou moins claire de la valeur de la note se présentant sous tel ou tel aspect, aucun, h notre connaissance, n'a indiqué le procédé mécanique correspondant à chacune d'elles. Nous croyons ne pas dépasser notre programme en faisant connaître, d'après nos propres observations, par quels procédés de mécanisme ces signes sont rendus par les différents instruments de virtuosité.

Prenons une baguette; nous aurons deux manières de la faire glisser sur une surface plane :

i° Avec le poignet;

2° Avec le bras.

Avec le poignet on obtient une sonorité claire, limpide; avec le bras, une sonorité sourde, étouffée. On peut de même, avec le poignet comme avec le

P.-F. Ricci, Becueil de connaissances élémentaires pour le piano-forte , \n-h°. Paris, 1788. 1 Marpurg, Principes du clavecin, 1766. — Cf. aussi Ch.-Ph.-Em. Bach, Acklzehn Probestùcke in sechs Sonaten, etc. Berlin, 1759.

Page 1