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bras, produire deux sortes de coups: des forts et des faibles. Appliquons ces axiomes aux instruments à clavier, à archet ou à vent, et nous aurons trouvé les principes des moyens d'exécution dont les artistes disposent.
Ces moyens étant au nombre de sept, il faudra Un nombre égal de signes d'écriture pour les provoquer. Instinctivement ou rationnellement, c'est ce qui a lieu; car les notes pourvues de leurs signes d'exécution se présentent sous les sept formes suivantes :
J 0 Articulation des doigts arrondis.
J J Articulation des doigts un peu allonge's.
0 0 Articulation du poignet avec faible ampleur dans le mouvement.
J é Articulation du poignet avec mouvement ample, hardi.
J J Articulation mixte, poignet et avant-bras.
J J Articulation du bras.
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Arliculation des doiots avec immobilité du poignet.
Le n° î, J J ou J J J J , etc., qui est une note dépourvue de tout signe
d'accentuation, signifie qu'il faut jouer les notes simplement, sans les détacher1. De là résulte le jeu perlé, car chaque note conserve son indépendance propre.
Le n° 2 , J J ou J J J J , etc., est un coulé. Les notes se fondent Tune
dans l'autre, au détriment de l'articulation individuelle de chacune, et produisent le jeu dit en fusée. Ce que nous appelons coulé, et que l'on représente
ainsi : ou -., Saint-Lambert2 le nomme liaison, et dit que ce signe
a pour signification rc de ne point quitter la note frappée avant que la suivante soit elle-même frappée n. Rameau dit qu'il faut garder la première note jusqu'à ce que toutes les notes de ce groupe soient frappées, bien entendu si elles font partie du même accord. Moschelès (loc. cit.) fait la même recommandation.
Le n° 3, J J ou J J J J , etc., point, veut dire qu'il faut enlever à la
' Moscliclès, Vingt-quatre études de perfectionnement pour le -piano. — Henri Herz, Méthode complète de piano.
2 Principes de clavecin, etc.
note pourvue de ce point la moitié de sa valeur, en produisant un détaché moelleux, doux, sans sécheresse ni dureté1.
Le n° h, é J ou J J J J , etc., virgule, signifie qu'il faut enlever à la li l 1 1 I
note les trois quarts de sa valeur, en la jouant sèchement et en la détachant.
Rameau l'appelle son coupé, et Gouperin aspiration; mais ni l'un ni l'autre ne la considèrent comme signe indicatif d'un procédé mécanique d'exécution. Le seul sens qu'ils y attachent est celui d'abréviation. ■ Pour eux, la virgule remplaçait un silence. Exemple : J pour J \
Le n° 5, J J ou J J J J , etc., appelé porlamento, avertit qu'il faut enlever à la note un quart de sa valeur, en jouant délicatement, en portant la note.
Le n° 6 , J J ou J J J J , etc. , point souligné, indique qu'il faut également enlever à la note un quart de sa valeur, mais l'accentuer pesamment. Henri Herz2 a, le premier, proposé ce signe, qui a été généralement adopté.
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Le n° 7, ~Jjjfl~ n \ $ g f~£~£j~ ' veu^ dire qu'il ne faut pas employer le
poignet, mais produire l'effet avec la seule articulation du doigt.
Ni Haydn, ni Mozart, ni Beethoven n'ont employé le signe n° 6, ce qui ne les a pas empêchés, dans leur exécution, d'appliquer instinctivement, à certains passages de leurs œuvres, ce procédé, qui, évidemment, est seul apte à faire ressortir le caractère esthétique de ces passages , car chaque procédé est susceptible de rendre tel sentiment et non tel autre.
Les explications qu'on vient de lire ne sortent pas, il est vrai, de la généralité de celles données par les théoriciens. Voici, selon nous, la justification de ces procédés :
Le n° 1 est produit, sur le piano, dans les mouvements vifs, avec élasticité et élan, par la simple articulation des doigts; sur le violon, avec le poignet: pour chaque note un coup d'archet.
Le n° 2 est rendu, sur le piano, dans les mouvements lents et les passages îegato, sans élasticité ni élan; sur le violon, avec le bras. La note est, en quelque sorte, écrasée, alourdie, ce qui rend la vibration moins claire.
Le n° 3 est exécuté par le pianiste avec le poignet, légèrement, la main morte, c'est-à-dire comme avec un seul doigt, et peu d'ampleur d'articulation, ce qui enlève évidemment à la note la moitié de sa valeur par le silence que produit inévitablement le mouvement du poignet. Le même phénomène se présente sur le violon.
Le n° h, pour le piano, se fait également du poignet, mais en donnant
1 Fred. Kalkbrenner, Méthode pour apprendre le piano-forte.
2 Henri Herz , Méthode , etc. , toc. cil.