‹ Histoire de la notation musicaleChapitre 131 sur 147 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

(leurs proportionnelles. Quant aux durées, il les représentait par des signes empruntés à la notation ordinaire et combinés avec les chiffres. Ce système paraît avoir obtenu du succès à son apparition, car le livre de Natorp eut cinq éditions de 1 8 1 3 à 182 5.

Un ingénieur du Palatinat, nommé Eisenmenger, présenta, en 1 838, à l'Académie des sciences de Paris, un projet de notation de la musique1 par un système de signes sténograpbiques de son invention, et par le moyen d'un appareil mécanique composé d'un clavier pareil à celui du piano ou de l'orgue, et de deux cylindres, l'un de presse pour la formation des signes, l'autre servant de rapporteur pour la traduction, et tous deux agissant par un mécanisme d'engrenage sous l'impulsion d'une manivelle et d'une vis sans fin. Le succès ne répondit pas à l'attente de l'inventeur.

C'est en 1818 que Galin fit connaître sa méthode2, basée, comme celle de J.-J. Rousseau, sur l'emploi des chiffres, et ses efforts ne tardèrent pas à être secondés par MM. Aimé Lemoine, Jue, Pastou, Degeslin, et surtout MM. Aimé Paris et Emile Chevé, qui mirent tout en œuvre pour la faire adopter par les maîtres de l'art. L'idée que poursuivait Galin était d'affranchir renseignement de la musique de la nécessité de lire des notes diversifiées par les signes de leur durée, de discerner les diverses dénominations de ces notes en raison des clefs, et d'éviter la multiplicité des signes de toute espèce.

Instinctivement, les artistes lui opposèrent d'abord une inertie qui retarda le développement de cette méthode; mais bientôt cette inertie fut suivie d'une critique raisonnée qui réduisit la nouvelle méthode à sa juste valeur. Quoi qu'il en soit, le livre de Galin contient d'excellentes choses, et Fétis, bien qu'adversaire déclaré de son système, n'a pas hésité à le reconnaître dans les ternies suivants3: cr 11 règne dans cet ouvrage un esprit philosophique très remarquable, et la netteté des idées, l'ordre de leur enchaînement, le style, doivent le faire considérer comme une production distinguée, quelle que soit d'ailleurs l'opinion qu'on ait de l'utilité de la méthode en elle-même, v

Nous allons tracer un aperçu très sommaire de cette notation telle quelle existe aujourd'hui, après toutes les adjonctions qu'y ont faites Aimé Paris et Emile Chevé; elle a fait trop de bruit dans le monde musical, elle est trop répandue, pour qu'il nous soit permis de la passer sous silence.

On prend pour base la gamme du médium de la voix, et on la représente par les sept premiers chiffres :

Ut.

Mi.

Fa.

Sol.

La.

Si.

Traité de l'art graphique cl de la mécanique appliqués à la musique. Paris, 1 838.

Exposition d'une nouvelle méthode pour renseignement de la musique. Bordeaux el Paris, 1818,

Biographie universelle des musiciens, 2e édit. , t. III, p. 385.

L'octave supérieure se compose des mêmes chiffres surmontés d'un point :

L'octave inférieure prend le point au-dessous :

Les dièses s'indiquent par une barre oblique en direction d'accent aigu; les bémols par une barre oblique en direction d'accent grave. Les doubles dièses et les doubles bémols par deux barres, ainsi :

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