‹ Histoire de la notation musicaleChapitre 30 sur 147 · VOL · texte numérisé non relu

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' Le texfe grec est tel que le donne Kircher dans sa Musurgia universalis (t. I, p. 5/ii ), mais l'interprétation en notation moderne est celle de Fétis (Histoire de la musique, t. III, p. 266), que nous avons préférée, parce qu'elle nous semble la plus vraie et la plus logique.

Méfions-nous des sornettes que l'on nous raconte sur les surprenants effets produits par cette musique, et qui ont été acceptées avec tant de complaisance par les didacticiens des siècles passés ; ne croyons que sous les réserves les plus expresses à ces manifestations, à ces transports d'enthousiasme qu'elle aurait éveillés1, à ces accès de fureur qu'elle aurait excités, et à ces sentiments de calme et de bien-être qu'elle aurait amenés par un simple changement de mode2. L'imagination des Grecs, nous le savons par leur mythologie, s'est donné libre carrière dans le domaine du merveilleux; elle était portée, par son essence même, à tout exagérer, et à considérer comme surnaturelles les choses les plus simples. Ce que l'on nous apprend de Tyrtée et de sa magique influence sur ses concitoyens s'explique naturellement quand on réfléchit que, dans l'art hellénique, le contenu poétique avait une prépondérance marquée sur la mélodie et l'harmonie, s'il nous est permis de nous servir de ce dernier mot en tant qu'il se rapporte à la mélopée grecque. Aristote ne considérait la musique que comme « l'assaisonnement n de la poésie. Ce mot même de poésie, chez les peuples de l'Hellade, ne doit pas être pris littéralement comme équivalent de versification ; il signifiait aussi composition musicale, et s'appliquait fort bien à un morceau de chant dont l'auteur était à la fois le musicien et le poète.

Examinons leurs instruments, ces mesquines lyres à sept cordes, ces cithares étriquées sans manches ni touches, ces primitives flûtes à trois trous qu'il fallait doubler au moyen d'une sorte de muselière pour en obtenir l'octave; comparons-les à l'opulente variété d'instruments que possédèrent les Orientaux, et nous reconnaîtrons que les Grecs, si remarquables en d'autres genres artistiques, ont été, de tous les peuples de l'antiquité, les plus mal partagés en ressources propres à la culture de la musique.

Assurément les Grecs ne sentaient pas la musique de la même manière que nous, et il faudrait être dépourvu de bon sens pour vouloir juger leur art en le comparant avec le nôtre; mais notre raison se refuse à croire que leur insipide mélopée, réduite à elle-même, ait ému profondément les auditeurs.

Cf. John Wallis, On tke strange effects rcported of music informer limes. Londres, 1698.

Burette, Oh l'on fait voir que les merveilleux effets attribués à la musique des anciens ne prouvent point qu'elle fut aussi parfaite que la nôtre, dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions et belleslettres, t. V, p. i33.

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