LIVRE III. — CHAPITRE
Uepiphomis, ainsi que son nom l'indique, était un ornement aux intonations plus élevées que le son de la note à laquelle il s'appliquait, à peu près comme :
I J g II
Le cephalivus était l'inverse de Xepiphonus. Sa petite note devait être descendante. Ces deux signes sont ce que Guido d'Arezzo, dans le prologue de son antiphonaire, appelle des notes liquescentes. C'est pour cela que, plus tard, ces deux neumes reçurent le nom de plique, parce qu'ils indiquent que la voix doit être, en quelque sorte, plie'e, avec cette différence que l'un est ascendant et l'autre descendant. C'est le port de voix, ou encore Yappoggiature de notre musique. Donc, une note liquescente est un son qui monte ou qui descend par degrés insensibles, en diminuant graduellement d'intensité. Quand nous traiterons de la musique figurée, nous reviendrons sur la plique, car elle y a occupé une place non sans importance.
Le quilisma avait deux traductions, que voici :
L'abbé Raillard dit (loc. cit.) que l'effet produit par le quilisma devait ressembler au roulement du tonnerre (!), ou, mieux, encore peut-être, au roucoulement de la colombe (!!). Nous ne nous chargeons pas de mettre d'accord ces deux comparaisons.
Les pressus sont des trilles. Le pressus était la vox tremula dont parlent les auteurs du moyen âge. La véritable signification du pressus minor était celle-ci :
Quant au pressus major, c'était le trille proprement dit, que l'on peut rendre ainsi :
Vancus était l'inverse du quilisma :
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Le gulluralis, signe de chevrotement (on voit que celui-ci date de loin), est
la répétition accélérée d'une même note en contractant le gosier. Son effet peut être ainsi représenté :
-je r r r r ^^
Les ligatures, dont l'usage était plus rare que celui des autres signes, furent au nombre de trois : la pinnosa, la pandula et Yliypodicus. La pinnosa peut se rendre par
1 r r j r II
exactement comme le stropliicus.
La pandula, dont le nom vient de pandas (courbé), ressemble, quant à sa forme, au cephaliçus., mais le mouvement ascendant de voix qu'il indique diffère de celui-ci en ce que la note ascendante n'est pas un ornement sans valeur de temps, mais une note réelle.
Lîhypodicus était rarement employé. Il devait présenter la forme mélodique suivante :
Nous avons vu que l'élément le plus simple de tous les neumes était le point. Le quatrième tableau neumatique nous dit que deux points inclinés à droite s'appelaient bisticus ; ils étaient les signes de deux notes ascendantes. Gradicus était le nom donné a trois points disposés de la même manière et indiquant trois sons ascendants. Les quatre points placés dans la même disposition ont reçu le nom de ti-agicon, ou plutôt de tétragicon, car le premier ne veut rien dire, tandis que, par ses deux premières syllabes, tétragicon signifie quatre. Il y a deux figures de cinq points, qui sont le dialcssus et Yexon.
Le cinquième tableau neumatique nous montre que deux points s'appelaient bipunclum; trois points, tripuncium ; quatre points, subpuncte. Il en était de même pour Yaposli'ophe, ou pressas; le mineur s'appelait bistropha, et le majeur, ou apostrophe triple, tristropha. De même aussi pour la virga (virgule) : double, elle prenait le nom de bivirgis ; précédée d'un point, elle s'appelait prepunctis; de deux points ascendants, prebipuneds ; suivie de deux points descendants, elle recevait le nom de subbipunctis ; précédée et suivie de ces deux points, contripunctis. Gela signifiait que deux notes brèves ascendantes étaient suivies d'une longue plus élevée, et qu'à celle-ci succédaient deux brèves descendantes. Trois points ascendants suivis de la virgule plus élevée s'appelaient virga pretripunctis, et si la virgule était suivie de trois points descendants, son