‹ Histoire de la notation musicaleChapitre 8 sur 147 · CHINOIS · texte numérisé non relu

CHINOIS

Pour les anciens habitants du Céleste Empire, la musique était comme le principe de toutes les sciences. Si l'on peut s'étonner d'une chose, en voyant la place d'honneur qu'ils accordaient cà cet art, c'est que, arrivé presque d'emblée à un état de perfection bien supérieur à celui de leurs contemporains étrangers, il n'ait pas, depuis plus de quatre mille ans, fait un pas en avant; c'est qu'il soit demeuré aussi immobile, aussi primitif que les magots de ce

pays- Bien que les traditions chinoises attribuent l'invention de la musique à leur

premier empereur, Fou-hi, qui vivait plusieurs milliers d'années avant le

Christ, leurs notions certaines les plus anciennes ne remontent pas plus haut

que LiNG-LUN, lequel florissait sous l'empereur Hoang-ti, 2,700 ans environ

avant J.-C. Ling-lun passe pour avoir inventé l'octave, qu'il divisa en douze

parties égales, appelées lu. A l'aide de ces douze lu, il établit des rapports entre

les sons de la musique des planètes1, les sept jours de la semaine, les douze

signes du zodiaque et les vingt-quatre heures de la journée. Imbus de l'idée

que la nature entière contribue à la musique, les philosophes chinois divisèrent

les corps sonores en huit classes, ayant pour type un instrument particulier

possédant les propriétés qu'ils supposaient inhérentes à ces classes.

Malgré l'obscurité qui règne sur cette partie de l'histoire, nous croyons que l'on peut admettre, sans trop de témérité, que Pylhagore a emprunté aux Chinois son quaternaire sacré (la sainte tétraclys), sa proportion triple ou série de quintes (1, 3, 9, 27, 81, etc.), et enfin son système musical basé sur l'octave; à moins que Pythagore et les Chinois n'aient puisé cette idée à une source commune et plus ancienne qui pourrait bien être l'Inde.

Les Chinois ont eu, et ont encore, deux systèmes musicaux. Dans le premier, ils désignent les intervalles de l'octave par les noms des douze lu, comme dans notre système des douze demi-tons égaux ou tempérés. On divise ces lu en six parfaits, ou impairs, et en six imparfaits, ou pairs.

Consulter à ce sujet le P. Mersenne, Les Préludes de l'harmonie universelle, ou Questions curieuses, utiles aux prédicateurs , aux théologiens, aux astrologues, aux médecins et aux philosophes. Paris, i634 , in-8°. — Cerone , El melopeo y maestro 0 musico perfetto, tractado de musica theorica y pratica. Naples , 161 3, in-folio. — Le P. Nassare, Escuek musica segun la pratica modema. Saragosse, 1738-1 7s h, ■2 vol. in-folio. — Eximeno, Dell' origine e délie regole délia musica, colla storia del suo progresso, decadenza e rinnovazione. Piotue, 177^, gr. in-4°.

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