‹ Histoire de la notation musicaleChapitre 96 sur 147 · LIVRE V. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE II

de la sorte: si, mi, la, ré, sol, ut, fa; renversons cet ordre et nous aurons, comme nous venons de le dire : fa, ut, sol, ré, la, mi, si, qui est l'ordre régulier des dièses.

On trouve, dans les œuvres des vieux maîtres, des morceaux où les dièses sont mêlés aux bémols. C'est que, s'ils se servaient du bécarre pour effacer le bémol, ils n'agissaient pas de même à l'égard du dièse, qui, selon eux, ne pouvait être annulé que par le bémol. En voici d'abord deux exemples, que nous avons extraits de la Tabalahira nova de Samuel Scbeidt, organiste de Hambourg, en t GoA :

■0 — *ee-

On peut voir la même cbose à la dixième mesure de YAve maris Stella de Frescobaldi, que nous donnons plus haut, où le si\> de la basse est annulé par un si #.

Dans la Musurgia de Kircher, on ne rencontre que le bécarre comme signe d'annulation d'un bémol précédent:

ft

xi i m F

et seulement le dièse comme signe d'élévation du son fondamental, dont le signe d'annulation n'est pas encore le bécarre, mais le bémol :

x <> B j SË3

nzs

Ce n'est qu'au commencement du xvm'' siècle que la séparation définitive est accomplie, c'est-à-dire que le dièse arrive comme signe d'élévation, le bémol comme signe d'abaissement, et le bécarre comme signe d'annulation de l'un ou de l'autre. Ainsi, dans le Gradus ad Parnassum de Fux (1725), nous voyons :

Cependant on rencontre encore, et jusqu'à une époque avancée, de nombreux exemples de l'ancienne manière d'écrire, qui ne disparut que peu à peu. C'est donc récemment que la coutume d'effacer les dièses et les bémols indifféremment par le seul bécarre a prévalu.

iG.

m HISTOIRE DE LA NOTATION MUSICALE.

Page 1