CHAPITRE IV
De la raison génrrale , et du commun consentement fltc genri' hionaiii.
La certitude et l'évidence renversées dans chacune de leurs bases , quel rôle la raison est-elle appelée a jouer dans le domaine de l'inlelligence ? Elle n^est plus pour l'homme qu'un instrument perfide , qu'un stérile présent où la sagesse du Créateur est en défaut, qu'une hieur infidèle qui ne brille \\ ses yeux que pour l'égarer , triste jouet de ses illusions, à qui, comme dit M. de La Mennais, il
llISTOraE DE LA NOUVELLE HEUÉSIE. 261)
ne reste de ressource que de douter de tout, à qui sa propre existence elle-même est un problème , par-là dégradée au-dessous même de l'animal, qui du moins a son instinct pour l'éclairer et le diriger. Peu satisfait des reproches que le scepticisme ancien ou moderne accumula contre elle , on enchérit sur les vieilles accusations par les termes les plus dégoûtans ; c'est à qui tentera le trait le plus acéré. Viendront de nouveaux assaillans qui, non contens de la dépouiller de sa plus riche parure , la châtient des honnerirs qu'elle usurpa en la traînant dans la fange , et lui marquant le fi'ont du sceau de l'infamie. Entendez un d'entr'eux exhalant son courroux contre les adversaires de la doctrine de son maître : « Voila donc <f encore une fois la raison placée sur Tautel! « Non, ce n'est pas la raison, mais une pros- « tituée que l'on y a placée contre toute « raison, et à l'éternel opprobre de Vlncré- « dulitë. »