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prouver qu'il faut se tenir en gar(ïe contre tout raisonnement , et réduire au silence la raison , qui ne raisonne jamais que pour errer. C'est la le ciment et tout le corps de son édifice. Sous la commune inspiration de leur maître , les disciples en font la base de ' leur certitude , sans autre dessein que celui d'ébranler toutes les certitudes. Avec lui, ils proclament que le principe de la foi, le fondement de toute certitude , est dans la raison générale , et ne s'en éloignent que parleurs variations, caractère de tout temps inséparable de l'erreur; tous en font la base de leurs théories. M. La Cordaire lui-même, en l'abandonnant comme erronée , n'y voit pas moins une preuve nouvelle de la révélation divine (1). C'est à celle-là qu'ils attachent le plus grand degré de certitude ; le reste , ils l'abandonnent à Fécole routinière du cartésianisme ; ils le dédaignent comme incomplet, insuffisant, inintelligible, laissant
(1) Co]isidé7-at,, p. 6S.
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dans l'enseignement théologique un vide qui ne pouvait être rempli que par eux. Us ne s'en tiennent pas la; ils le dénoncent a l'univers catholique comme un venin funeste et taché,
M. de La Mennais pouvait bien se contenter de faire servir les mensonges de l'antiquité au triomphe de la vérité chrétienne, et peu de personnes l'auraient contredit; mais il fallait au plus puissant génie du XIX® siècle quelque chose à quoi personne n'eût encore songé. Quelle gloire de reculer des limites où s'était arrêtée la pensée des plus grands hommes , de se créer un horizon sans bornes , par-delà ce qu'avaient anercu les Justin , les Clément d'x\îexan-
drie; les Eusèbe , les Lactance, les Thomas d'Aquin , les Augustin et les Bossuet ! N'y avait-il pas plus d'audace et plus de gloire a bâtir une église sur la poussière des niorts , qu cl la bâtir sur le roc?
Ils savaient bien, tous ces grands hommes,
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l'honneur de la raison humaine autant que de la religion; ils savaient hien que la philosophie avait pu préparer les voies h la prédication évangélique ; mais qu'elle avait laissé ces mêmes voies dans une obscurité profonde que la seule lumière de l'Evangile était capable de dissiper; que la tradition orale, canal de la vérité primitive, avait été bientôt rendue méconnaissable par le limon impur des superstitions dont elle était surchargée j qu'elle n'avait pas pénétré dans tous les lieux; que la tradition écrite, n'ayant été donnée qu'à un seul peuple privilégié, n'avait été nulle part remplacée par la raison générale; que cette tradition écrite avait eu elle-même besoin d'une autorité parlante et enseignante, d'un tribunal chargé d'en expliquer les oracles. Aussi, toutes les fois que les calvinistes opposaient l'autorité de l'Ecriture , comme parole de Jésus - Christ, suffisante pour résoudre les doutes, en matière de religion, Bossuet ne s'en con-
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lentait pas, et. ne manquait pas de leur répondre : «< Faîtes revenir Jésus-Christ , ente seignant, prêchant, faisant des miracles; « je n'ai phis besoin de TEgiisc; mais aussi, « ôtez-moi l'Eglise, il me faut Jésus-Christ « eii personne, parlant, prêchant, décidant « avec des miracles et une autorité infailli- « ble. — Mais vous avez sa parole? — Oui, « sans doute , nous avons une parole sainte (( et adorable ; mais qui se laiÉise expliquer « et^ïianier comme on veut, et qui ne ré- « plique rien à ceux qui l'entendent mal. Je « dis qu'il faut un moyen extérieur de se « résoudre sur les doutes , et que ce moyen « soit certain (1). » Or, nous l'avoîis, concluent avec Bossue t tous nos dix-huit siècles chrétiens ; nous l'avons , cette autorité une , divine , perpétuelle , infaillible , distincte de la raison humaine , qui n'est ni divine , ni infaillible , quoi qu'en puissent dire M. de La Mennais et ses adhérens.
(1) Conférence avec le ministre Claude.
354 niSTOins
L'Esprit saint , nous dit-elle , ne cesse de nous répéter, par ses sacrés oracles, que Dieu avait laissé toutes les natio/is s'égarer dans leurs voies ; que la philosophie humaine , celle-là qui usurpait insolemment le nom de sagesse, et qui n'était que folie, les a entraînées et retenues dans l'ignorance et dans la corruption ; que Dieu , voyant que le monde, avec cette prétendue sagesse, ne V avait po^it connu dans les ouvrages de la sagesse divine, il lui a plu de sauve» par la folie de la prédication non ceux qui avaient cru auparavant, mais ceux qui, par suite, croiraient en lui (\). Non, reprend M. de La Mennais , Dieu et son Esprit se trompent, saint Paul se trompe. J'affirme, moi, que la philosophie, née, comme la divine épouse de Jésus-Christ, de la parole de Dieu, fut comme elle une église parlante, enseignante ; qu'elle repose sur le même fondement, comme elle, infaillihle; qu'elle
(t) ICor. 1,21.
nous a été donnée de Dieu pour être notre sagesse* notre justice, notre sanctification et notre rédemption !
Si ce n'est point la le langage textuel du Novateur, on ne niera pas 'que ce ne soit là la seule conséquence h déduire de sa doctrine. Dira-til que nous en imposons quand les preuves les plus authentiques viennent au secours de notre assertion, et que l'imagination la plus féconde à enfanter des monstres se verra vaincue par les prodigieuses rêveries que nous aurons encore a exposer? Résumons ce livre par un tableau sommaire de ses principales contradictions, tracé par une main des plus respectables : « Ces hommes, qui pouvaient d'ailleurs être « dignes d'estime , dit M. l'archevêque de « Toulouse , ils ont renversé par leurs faux « systèmes les premiers fondemens des con- " naissances humaines. Ils ont confondu , t! dans leurs discours , les notions les plus « communes ; l'évidence des premiers prin-
5î5ft HISTOIRE
« cipes avec la foi, la foi humaine avec la « foi divine , l'infaillibilité promise par Jéw sus-Cbrist à son Eglise avec la prétendue « infaillibilité d'une certaine raison générale <f qu'ils ne sauraient définir. Constamment « en contradiction avec eux-mêmes, ils veu- « lent, disent-ils , prémunir la raison indicé viduelle contre le doute universel, et ils « commencent par enseigner que cette rai- <( son ne peut acquérir sur rien une vérita- « ble certitude. Us reconnaissent qu'il est « des vérités si claires que l'homme est dans « la nécessité absolue d'en douter , a moins (( qu'il ne se dépouille de sa propre nature, w et ils cherchent je ne sais où une certif( tude plus grande que celle qui ne peut <f permettre absolument aucun doute. Us « enseignent que nous ne devons pas tenir i< pour infailliblement certain ce qui est de (( la dernière évidence, et leur système, qui « est rejeté par un si grand nombre de gens *( sages, ils veulent que nous le recevions
« comme s'il était d'une certitude infaillible. « D'après ce système , notre raison indi\i- « duelle , pour arriver k la certitude d'une « vérité, doit être auparavant certaine d'une K infinité de choses, elle qui, suivant eux, « ne peut être certaine de rien. Ils soutien- « nent qu'on ne peut rien prouver par le f< raisonnement, et ils publient chaque jour « des livres nouveaux, où ils raisonnent sans « fin pour établir la vérité de leur vaine « philosophie. Ils prétendent ne vouloir « s'appuyer que sur des faits , tandis qu'iffe « ont mis en principe que la raison indivi- « duelle ne peut avoir la certitude d'aucun « fait, pas même de sa propre existence (i ). »
(1) Mandement du 2 août J834 coatre le^dernier ouvrage de M. de La Menuais , intitulé : Paroles d'ail Croyant.
€HAPITR£ VIII.
De la Défen99 du livro sur l'Indifférence , par M. de La Mennais. Attires ouvrages du même:
Le premier voluiue de l'Essai sur l'Indifférence avait excité dans toutes les classes de la société la plus vive impression. Le succès même de l'ouvrage déposait contre son titre. Il y eut parmi le clergé surtout une longue et unanime acclamation j l'entraînement fut général, dit M. l'abbé Lacordaire, de son aveu, l'iîn des acteurs princi-
HISTOIRE DE LA ^iOUV£LL£ I1£RÉS1£. 539
paux dans tout ce qui s'est passé (i). De jeunes imaginations, étrangères a la langue de la Théologie , exaltées d^ ailleurs par l'exemple du siècle gmndissant autour d'elles, voyaient dans ce livre une résurrection admirable des raisonnernens antiques et éternels qui prouvent aux hommes la në-jessiié de lafoi(%). Plus d'autre oracle nécessaire à consulter pour la créance, et la direction des mœurs. On faisait apparaître a leurs regards, ainsi qu'autrefois k ceux de Saùl, la Pjthonisse d' Endor, qui, tout en invoquant une fois du passé l'ombre de Samuel ^ évoquait mille fois tous les spectres antiques (o). Elles crurent comprendre sa philosophie ^ bien qu'elles ne la comprissent pas du tout (4). Les esprits ne se divisèrent qu'après la publication du second volume , lorsque M. de
(1) Considérations,^. 35.
(2) Ihid., p. 32, 3G.
(,3) Ihid., p. lo8.
(4) Ibid., p. 160.
3<J0 HISTOUIË
La Mennais eut substitué aux anciennes autorités une autorité unique, dont personne n'avait jamais entendu parler. Avec cette extension (i), onJferma les yeux sur les paradoxes, déjà pourtant si nombreux et si Irappans , répandus dans le premier. On avait cédé sans trop de réflexion a l'impression que produisaient dans les esprits la chaleur et l'énergie des tableaux, la véhémence des accusations, le pittoresque du style, une sorte de vigueur dans le raisonnement, il n'y avait eu qu'une seule voix pour y reconnaître un talent vrai , qui semblait s'être fait de lui-même. Censurer est un besoin pour tous ; c'est un dédom;nagement pour l'orgueil, et aussi une vengeance, dit M. de La Mennais (2). Le regret du passé, consolé par l'espoir de trouver enfin un vengeiirj accueillit auec reconnaissance le courageux écrivain, qui se présentait avec tant
(1) Considératious , p. 1 J7.
(1) Religion considérée , etc.
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d'éclat aux amis et aux ennemis. Personne qui ne vouliit le connaître ; l'admiration prit partout l'accent de l'entlioiisiasme. Les éditions succédaient aux éditions. M. de Frayssinous recommanda l'ouvrage du haut de la chaire oii il prononçait ses belles conférences. Tout a coup M. de La Mennais se vit le maître j le père d'une nombreuse école, qui lui voua pour jamais respect j fidélitc , amour. Les volumes qui ont suivi n'ont pu, malgré leur évidente infériorité , affaiblir l'activité de ces sentimens , et n'ont fait qu'accroître la renommée de l'écrivain, par les débats mêmes qu'ils suscitèrent. En un seul jour, nous dit encore M. Lacordairc, M. de La Mennais se trouva investi de la puissance de Bossuet ( ! ).
Ce n'était pas , il fallait bien en convenir, ni cette rigoureuse précision de doctrine et de langage qui caractérise si éminemment le grand évêque de Meaux , toujours plein
(J) M. Lacordaire, Considérât., \i. 37.
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de la sève de l'antiquité , ni cette sagesse lumineuse d'argumentation qui ne laisse rien à l'arbitraire , pose les principes et ne les invente pas, les enchaîne, par la justesse des définitions et la méthode graduelle des développemens, à d'irrécusables conséquences j ni cette souplesse d'imagination et de style , cette inspiration continue , qui nulle part ne se ressent de la contrainte du travail, moins encore la délicate observation des convenances , que la religion commande envers tous. Jeté dans l'arène des discussions polémiques , au sortir de ses premières études , sans avoir eu le temps de les mûrir, dominé par une imagination mélancolique et sombre , égaré par de faux modèles, entre autres par la lecture du philosophe de Genève , à qui il affecte de ressembler par sa manière d'écrire , autant que par l'ambition du paradoxe (1), M. de
(^1) Il le copie souvent , et l'on a remarc|ué que le iophute de Genève n'est pas le seul écrivain dout
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La Mennais pouvait-il voir les objets autrement qu'à travers un prisme infidèle qui les dénature a ses yeux , connaître l'antiquité autrement que pour la travestir avec l'air de la citer? Aussi le voyez-vous impatient de produire quelque chose qui n'ait pas encore été inventé, brisant dans sa fougueuse indépendance les bornes posées par nos pères, fouler constamment sous les pieds l'autorité tant civile que religieuse , pour lui substituer le fantôme de je ne sais quelle autorité imaginaire, calomnier la science des âges passés , livrer au mépris les moaumens de la tradition et les écrits des théologiens et des philosophes. Nous n'inventons, nous n'exagérons rien : c'est en cela seulement qu'il s'est montré conséquent à
M, de LaMennais ait profité. On retrouverait chez lui des pages entières de Pascal , de M. Necker, dans son livre de l'Importance des Opinions reli'jieuses; de Nicolle, de Bossuet-, et, quoiqu'il cite beaucoup, il n'est pas toujour% fidèle à indiquer les sources où il puise. •
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lui-même. On mm'murait, mais tout bas^ contre cette confiance présomptueiise avec laquelle il prononçait sur les questions les plus délicates , contre la hardiesse de certaines propositions répandues dans ce livre en assez grand nombre ; autant d'énigmes dont on attendait impatiemment la solution , expliquées depuis par ses chimères d'infaillibilité, de raison générale , de commun consentement et du fait de Tautorité. On ne comprenait pas mieux ce qu'il avançait sur la révélation primitive , sur l'origine du langage humain , assez difficiles a accorder avec l'Ecriture et la saine philosophie (1). On s'étonnait bien plus encore des concessions qu'il y fait avi pyrrhonisme : que l'évidence , le sens intime , le sentiment, le raisonnement, ne fussent pas des motifs de
(1) Votjez les savantes discussions à ce sujet, par M. "Sioidcven, Examen, p. 3J8 etsuiv. M. Boyer, p. 43 et suiv. M. Receveur, p. 20 et suiv. M. de Bonald avait jeté le germe de ce systg^ne , que M. de La MeiTuais a recueilli pour le déxuiturer.
DE LA i\OlV£LLE ULRÉSIE. 5(j5
certitude de nos jugemens. Certes, ce n'est pas avec cet embarras, affecté ou non , que Bossuet traite ces matières , bien que purement philosophiques , mais qui se rapprochent si près de la Théologie j et quand estce que le théologien fait jamais chez lui disparaître l'homme éloquent? Rien donc ne pouvait autoriser ce rapprochement entre Bossuet et M. de La Mennais , que pour faire mieux apercevoir la distance énorme qui les sépare. Car ce n'était assurément pas chez M. de La Mennais qu'il fallait aller chercher la clarté des définitions , la justesse dans les preuves, la fidélité dans les allégations. On lui a reproche son obscurité de langage , son néologisme , les mots pris au rebours de l'acception commune , ses digressions, ses défauts habituels de logique, le vide de ses démonstrations; et l'on en a fourni des milliers de preuves , tout l'artifice des sophistes. N'attendez pas surtout ni du maître ni de ses disciples le res-
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pect filial que la jeunesse et le devoir de la profession commandent pour les renommées consacrées par l'estime et la vénération publiques ; ils vous diront que « les an- « ciens sont toujours entêtés de leurs antii( ques doctrines; que les corps enseignans « ne sortent pas des vieilles ornières de la « scolastique ; que ces hommes ne laisse- '< ront jamais entrer dans leurs vieilles tê- « tes une idée nouvelle (1). » De la, ce torrent d'injures , renouvelées a chaque page , contre les noms les plus chers h la science, aux lettres, h la Religion; le sceau de la diffamation imprimé sur le front de Descartes; la Sorbonne tout entière immolée à la vengeance de ces prétendus philosophes, qu'elle avait flétris de ses censures. A l'exemple de son chef, l'école de M. de La Mennais ne tarira pas sur les outrages prodigués a nos Docteurs; un de ces apprentis
(1) Essai, t. II, de la page 31 à 38; et Lettres à Mgr. Tarchevêque de Paris.
DE LA ^OL'VELLB IIÉRéSIE. 507
théologiens viendra mettre le scellé sur la tombe des Bergier, des Girard , des Barruel, des Pompignan, des Gerdil , des La Luzerne, pour prononcer fièrement que, depuis Massillon, l'Eglise catholique a manqué tout-a-fait de ces talens qui vont loindans la postérité^ et que M. de LaMennais a seul renoué la chaîne de nos grands écrivains (1). Un autre osera bien faire la leçon à Bossuet , entreprendre de refaire la Conférence avec Claude, et gourmander l'Augustin français de la faiblesse de ses raisonnemens dans la cause du Protestantisme (2).
Cependant , tout «n rabattant de l'exagération des panégyriques, et en faisant la part de la critique, il y avait aussi de quoi
(1) M. Lacordaire, Considérât., -p. 37.
(2) Celui-là s'appelle Gerbet , auteur d'une défense des principes de M. de La Mennais , sous le titre : Doctrines philosophiques sur la Certitude. M. Rozaven en a fait une réfutation excellente, à laquelle on ne pouvait répondre que par des injures. On n'y a pas manqué. Foy . la préface de son Eramen .
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justifier l'éloge , et mériter a l'auteur des eiicouragemens. Il remplissait toutes les espérances qu'avait données sur son compte un autre ouvrage publié sous le titre de \ Institution canonique des èvêques , à l'époque du dissident élevé entre l'empereur et le pape Pie VII. On demandait aU Souverain Pontife que les métropolitains fussent réintégrés dans le droit de confirmer les évêques présentés par la puissance séculière ^ sans qu'il y eût besoin de recourir à la confirmation du Siégé Apostolique. M. de La Mennais y vit une atteinte portée au Concordat de Léon X et à»la suprématie pontificale. La censure impériale ne permit point la circulation de ce livre , qui n'a guère été connu que depuis la restauration. Voici comme en parle un journal récent : f< Une '' imagination tovit orientale, exubérante, « brille dans cet ouvrage , a côté d'une éru- « dition déjà fort remarquable (1). j) Nous
(1) L'Univers religieux , n. 177.
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passons à l'écrivain la moitié de son jugement; nous ne sommes pas de son a\is pour le reste. Le mérite de l'érudition, qualité indispensable dans ces sortes de matières , quand elle est unie à la sagesse de la dialectique , se faisait bien mieux remarquer dans un autre ouvrage du même genre , mais conçu dans un tout autre dessein , sous le titre de Traite liistoi'irjue et critique de l'élection des èvêques (1), contre le système des élections populaires , décrété par î'Assemblé-e constituante , et proposé , de nos jours , par l'école Lamennaisienne. Mais l'auteur était sous le joug d'une inculpation grave : on l'accusait de tenir h une secte justement repoussée par l'Église ; son livre eut peu de cours. Celui de M. de La Mennais fiit répandu à profusion dans les séminaires. « On y lisait » , dit encore le journaliste déjà cité , v des pages d'une coura-
(1) 2 vol. in-8°, Paris , ]792; par M. Tabaraud , prêtre de l'Oratoire. ^
« geuse indignation contre le despotisme « d'alors >^ ( le despotisme impérial ). La préface contenait cette note : Quant au premier article de la déclaration de 1682, fy tiens autant que qui ce soit. (C'est pourtant contre ce premier article que l'auteur déploie le plus vivement tout l'arsenal de sa polémique, comme étant principe de schisrriey d'apostasie et d'athéisme (1 ). « Toutefois , il K y a dans le premier ouvrage une expan- « sion d'amour pour la chaire de saint Pierre, «• une soif de son exaltation , qui peut dèsce lors faire présager le long et vif combat « que l'auteur livrera pour elle contre ceux <f qu'il croira ses ennemis. » Pourvu qu'elle n'improuve pas ses opinions.
Quelques publications moins importantes avaient suivi V Institution canonique des éi'éques , lesquelles furent réunies sous le titre de Mélanges. On trouve dans ces Mé-
0.) Vovez la Religion Considérée , et«-., p. 205 et Ittiiv. , et tout l'Avenir.
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langes bien des articles qui seraient d'éloquentes réponses a ce que l'auteur a écrit dans ces derniers temps, et spécialement à l'ouvrage qu'il a composé , dit-on , pendant son dernier séjour à Rome , sur cette même situation de l'Eglise chrétienne (1).
(^1) L'Univers relig., n. 177, à l'article : Paroles d'un Croyant.