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ner enfin parmi nous , aprcs une longue éclipse de quatre siècles, la vérité partout méconnue ou négligée ; que la civilisation européenne, l'œuvre du Christianisme et de ses Pontifes, entravée constamment parle despotisme des princes et l'abjecte servilité des peuples, devait être ramenée a ses antiques élemens, à savoir : l'unité absolue dans l'ordre religieux et politique; que le Christianisme , qui avait rallié tous les peuples sous la bannière de la liberté, « après avoir « long-temî>« conservé la souveraineté, avait t< cédé h la tin à l'opinion qu'il était possi- •r ble d'en conserver les bienfaits en cessant H d'être chrétien ; d'où l'on avait pris occa- « sion de nier même ces bienfaits, et d'accu cuser le Sauveur des hommes de tous « les maux de l'hutnanité; qu'a ce moment « Dieu s'était trompé comme embarrassé, et « que, pour châtier ces générations superbes, K il s'était retiré du milieu d'elks , et les « avait laissées s'égarer dans leur nécnl.
Xn DISCOURS
« lorsque, contraint de respecte/' sa parvle , « Dieu prit un autre moyen de s'absenter, t< autant qu'il était possible, d'une société V qui le méconnaissait, en accordant a ses « ennemis de prévaloir eux et leurs princi- « pes dans le gouvernement des afl'aires hui< maines (i). ^ De la ces doctrines bâtardes qui ont dominé et dominent encore dans le sanctuaire, oii elles entretiennent les poisons du schisme et de l'athéisme ; de là, sous le nom de protection donnée a l'Eglise, la persécution hypocrite , la plus dangereuse de toutes, sous laquelle l'Eglise gémissait et gémira toujours, jusqu'à ce qu'elle soit affranchie par une séparation totale avec l'état. Heureux jour, s'écrie dans un ouvrage tout récent un de nos modernes Réformateurs, heureux jour où les peuples et les rois, reconnaissant leurs erreurs, rcbàti-
{\) M. Lacordaire, Considérations sur le Syst. de M. delà Mennais, p. 21-25. (1 vol. in-8°, 1834. )
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ront ensemble Jérusalem démolie (1 )! m En même temps que les vrais principes de la hiérarchie et de la discipline de l'Efflise étaient universellementméconnus, ceux de laThéûlo.ie et de laPhilosophie catholique n'étaient pas plus respectés; c'est ce qu'affirment de concert tous les adeptes de la nouvelle école : aussi se croit-elle destinée à recréer rinlellisence humaine. Selon elle, il n'existait point encore pour l'Eglise de philosophie catholique j ses Docteurs, réputés jusqu'ici les oracles de la Théologie, en avaient tous profondément altéré l'enseignement : « Les preuves employées d'ordinaire par les « Apologistes de la Rehgion chrétienne pour « étabhr l'existence de Dieu et la vérité du « Christianisme sont incomplètes par faute « du premier principe auquel elles s'at- (f tachent; elles portent sur une supposi- « tion très -fausse et destructive de toute «c vérité; avec, elles, on est conduit pas
(1) M. Lacordaire , Comiâhat., p, 1%.
XiV OISCOLRS
« h pas jusqu'au scepticisme um\ersel (1). » JN'y aura-t-il pas du moins quelque exception en faveur de saint Thomas d'Aqiiin, par exeniplc, h qui l'assentiment de tous les siècles chrétiens a décerné le surnom cVAnge de l'école, et q'.e ses immenses travaux sur toutes les parties de la science théologique recommandent si éminemment a la vénération publique ? N'y en aura-t-il pas pour cet évcque d'Hipponc, regardé comme le représentant de l'Eglise universelle, et pour Bossuet, cou'.plé de son vivant au rang des Pères de rEglise?]Non. Le premier n'a laissé sur l'essence de la foi, sur son princ ipe, son objet et ses caractères, sur la certitude qu'une théorie vague, obscure, ininlelligible ; le second, ils le cilent, mais cji le dénaturant, soit pai!* des traductions iniidèles, soit par des inductions arbitraires, contraires U sa doctrine ('2); le troisième, ils l'im-
(1) Défense de l'Essai sur l'Indifj'èr., p. li^9. ^'2) Voyez les preuves qiiVn donnent MM. Kny.a-
PRÉLIMIAAJRE. XV
molent au ministre Claude; et l'un d'eux reirrelle modeslemenl de n'avoir pu dicler au grand éveqne de Meaux les réponses qu'il avait à opposer aux difficultés de son adversaire, danssaramcuseConfércnceaveclui('l).
Egalemer.t présomptiieux, et lorsqu'ils détruisent, et lorsqu'ils édiiient, ils rejettent l'enseignement unanime des siècles pour courir au hasard après des fantômes qu'ils se sont lails. Pour bâtir leur système de Théologie et de Philosophie, ils brouillent ou amalgament indifféremment les questions qui sont du ressort de l'une et de l'autre, confondent la foi divine et la foi humaine, i'incertiUide avec rinfaiHibililé, le principe de la foi avec sa règle, l'acte de l'entendement avec l'acte de la volonté. Us s'inscrironten faux contre l'évidence, nieront
■ven et Boyei-, le premier, p. 100, lOo, Ml, 112, 155, 183, etc.; le second, ch. vni, p. lOGetsuiv.
(1) M. Rozaven , Examen, cliap. viii, p. 428 et tuiv., et 454.
XVI DISCOl'BS
les droits de la raison, et les remplacent par leur chimère de Raison générale ou commun consentement, a qui ils prêtent une autorité égale II celle de l'église catholique. Ils proclament infaillible le genre humain, et fondant toute la défense du Christianisme sur cette prétendue infaillibilité , ils se vanteront d'avoir trouvé enfin le Icuier seul capable d'arracher l'Eglise à ses ruines , et la société a sa mortelle indifférence (1).
Quelle puissante voix appellera la lumière au sein du chaos où toutes les intelligences restent ensevelies? Ce profond assoupissement où dort l'Europe entière, qui l'en tirera ? Qui soufflera sur ces ossemens arides pour les ranimer (*2) ?
Un homme s'est rencontré d'un rare talent fécondé par la lecture du philosophe de Genève et de notre grand évêque de Meaux , quelquefois comparable a l'un par
(1) M. Lacoi'flaire , Considérât., p. li).
(2) Essai sur l'Lndiffér., inlrod., p. \.