‹ Histoire de la nouvelle hérésie du 19e siècle :; ou, Réfutation complète des ouvrages de l'abbé de La Mennais (volume 2)Chapitre 41 sur 51 · C. XXIX · texte numérisé non relu

C. XXIX

(2) Essai, t. Il, p. 122.

SPO HISTOraE

tant de fois et si despotiqiiement prononcç

que l'homme qui fait de sa raison individuçllç la règle de ses jugemens j ne peut arriver à rien de certain^ et cjue, s'il est conséquent^ il doutera de tout (i). A qui pouvait-il persuader qu'il fallut croire aveuglément a son infaillibilité?

Au reste , si l'illustre auteur se dispensait si complaisamment de prouver ce qu'il avançait, il ne s'embarrassait guère d'être compris, quand il développait sa pensée. Sollicité maintes fois de descendre a un langage plus intelligible , d'accorder ses perpétuelles contradictions, il était également sourd, et coupait court h toutes les objections nouvelles , en répliquant : f^ous ne me comprenez pas. Personne ne l'avait compris ; personne , ni ceux qui l'attaquaient après avoir donné cependant une attention assez sérieuse au livre qu'ils combattaient, ni même, de l'aveu de M. deLaMennaisetde ses plus intrépides apologistes , ceux qui tous

(1) Considérât.,]). lo4, loo.

les jours rompaient des lances pour sa cause, « On ne l'a pas compris. » Quoi ! des hommes accoutumés a porter la lumière sur les questions de la métaphysique la plus abstruse échouaient contre celle-ci! Ce n'était donc pas même de la métaphysique ; car, tout obscure qu'elle soit dans Hobbes, dans Spinosa, dans le baron d'Holbach, elle se laisse pénétrer 5 et l'antre de Trophonius laisse échapper quelques éclairs de la fumée obscure qui en est le fond. S'il était vrai qu'on ne l'eût pas compris , était-ce la faute du lecteur, ou de l'écrivain? Ne serait-ce pas qu'il aurait négligé ou refusé de donner a son ouvrage la première des qualités, la plus nécessaire, surtout a un ouvrage dogmatique, destiné à enseigner les premiers rudimens de l'intelligence , la clarté. Pascal a dit que les meilleurs ouvrages sont ceux que chaque lecteur croit qu'il aurait pu faire. L'obscurité d'un ouvrage indique que l'auteur ne s'est pas tou-

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jours entendu lui-même, ou qu'il s'enveloppe de ténèbres concertées. Les nouveaux Docteurs ont leurs raisons pour aimer le vague et l'équivoque dans les expressions. Celte manœuvre leur ménage la ressource , quand ils sont pressés , de dire qu'on ne les a pas compris (i ) . Les admirateurs sont les seuls qui comprennent; les adversaires n'y entendent rien. Un tel ostracisme est le passeport des absurdités et des paralogismes sans nombre que renferme le système de la nouvelle école.

Toutefois, son fondateur s'est fait assez comprendre dans ses écrits subséquens. Sa doctrine, déguisée a dessein dans son Essai sur l'Indifférence, n'a pu soutenir long-temps le m asque dont elle s'était couverte , Son système de la raison générale n'était que le préliminaire de sa théorie politique en faveur de l'autorité souveraine de la multitude; son Journal de V Avenir y que le commentaire journa-

(1) M. Pvozaveii, Examen, pré f.,^. 19.

lier des doctrines contenues dans son livre De la Religion dans ses rapports avec V ordre civil, dontleXïwe des Paroles d'unCroj-antn'aété, à son tour, que la complète manifestation. Sa doctrine tout entière perçait à l'avance dans ses brutales réponses au mandement de Ms'' l'archevêque de Paris, au P. Ventura, à l'évêque d'Hermopolis • réponses qui sont autant de fastidieuses répétitions de ce qu'on lit dans ses autres brochures , où il n'y a rien de neuf que les sarcasmes virulens et les plus grossières injures. Encore ces illustres assaillans ont-ils dii à leur dignité la grâce de n'être pas confondus avec les autres adversaires , k qui l'on n'accorde qu'une insultante pitié : Tactique familière au parti, où l'on est convenu et de lutter avec audace contre les supériorités de rang , pour avoir l'air de traiter avec elles d'égal à égal, ou d'écraser les inférieurs par le silence du mépris, pour faire croire qu'ils sont en effet méprisables î

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