‹ Histoire de la nouvelle hérésie du 19e siècle :; ou, Réfutation complète des ouvrages de l'abbé de La Mennais (volume 4)Chapitre 3 sur 30 · HISÏOIUÊ · texte numérisé non relu

HISÏOIUÊ

(( transporte comme il lui plaît les cour once nés de la terre , de qui les desseins impé- K nétrables ordonnent les vicissitudes et les X révolutions humaines. Aujourd'hui que la (( miséricorde divine a consenti enfin a se « laisser fléchir , c'est elle qui a appelé un « nouveau Maître, dont la présence comble « de joie tous les cœurs. Telle est, Seigneur, « l'impression que fait naître en vous votre « avènement au trône. Que le ciel et la K terre fassent éclater leur allégresse , et « que, dans l'attente des biens que vous lui « préparez , l'empire tout entier se relève <c enfin de la profonde affliction oii il était « plongé. Que l'orgueil de vos ennemis cède i( à votre autorité j que tous vos sujets , « Prince , commencent a respirer. Puisse le « ciel vous inspirer une vertu qui vous rende « formidable à vos ennemis , une piété qui « vous rende cher à vos peuples. Puissions- « nous voir cesser les surprises des testa- « mens, les violences qui s'exercent dans

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« les actes de donation , les droits légitimes (( de la propriété reconnus et respectés , et « tous les particuliers jouir de la liberté (f qu'ils ont droit d'attendre d'un gouver- « nement dirigé par la Religion. Il y a cette « diflférence entre les Empereurs romains « et les Rois des autres nations , que ceux-ci « commandent k des esclaves , et vous à des « hommes libres (i). »

Dira-t-on, comme M. de La Mennais, qu'il n'y eut ici qu'une reconnaissance politique ^ et qu'en donnant au monde chré-

(1) Reddatur eryo Creatori omnium ah hymnidicis Angelorum choris gloria in cœlo ; persolvatiir ai) hominihus gratiarum actio in terra. (Epist. XLVf,t. II, col. 154 4. Biblioth. choisie des Pères, t. XXIV, {). 127. ) ■< L'admirable Pontife , dit un de ses histo- << ricus, bien loin de s'élever au-dessus des" Rois et " des Riupereur.s, respecta dans Phoeas le caractère << et la qualité de Souverain, en" lui écrivant arec " tout \v respect que le sujet doit à sou Souverain. » Maimbourg , Hist. du pontificat de saint Grégoire , liv. II, p. ISi), édit. in-/i . Voyez le Discours du premier président, dans le recueil des Libertés gallicanes de Durand de Maillanne , t. 11, p. (î78. T. il. 5**

tien l'exemple d'une aussi parfaite obéissance aux dispositions de la divine Providence , le saint, l'illustre Pontife ait prétendu limiter la résignation des fidèles à un formulaire de politesse (i)?

Grâce à la sagesse d'un autre Grégoire , nous n'avons plus d'inquiétude sur la pensée du Siège Apostolique, Pie VIII, Léon XII , Grégoire XVI , ont parlé comme leur vénérable Prédécesseur. Par leur simple autorité , ils ont éclairci tous les doutes , rassuré les consciences , renvoyé au suprême dispensateur des empires le jugement de tout ce qui s'est passé , laissé sans exc.use l'ignorance et la prévention. Après que le Pasteur des Pasteurs a parlé, quels murmures oseraient se faire entendre ? Evêques français , Pasteurs du second ordre , partout ailleurs si empressés à nous rappeler l'oracle du grand évêque d'Hyppone, que quand Borne s'est expliquée ^ la cause est

(1) Avenir, u. 1.

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jugée : soyez d'accord avec vous-mêmes.

Pierre a prononcé comme saint Grégoire, il a prononcé comme Pie VII , franchissant les Alpes pour venir imprimer l'onction sainte sur le front de l'homme que la Providence avait chosi; et l'Europe entière a répété le cri de paix et d'amour : Vive le monarque des Français : Vivat Rex.

Le même esprit d'obéissance qui lie le Prêtre a la personne du Souverain, l'attache par un motif égal de conscience à la forme établie de gouvernement. La doctrine de l'Apôtre embrassé non moins étroitement le principe et la conséquence. Peu nous importe encore une fois de quel nom celte forme de gouvernement soit appelée, les moyens divers de Souveraineté , élection , succession , conquête , n'étant a nos yeux

que les canaux et nullement la source. De

même pour les formes du gouvernement :

monarchie , aristocratie , démocratie ellemême avec les justes préventions qu'elle

inspire : simples modifications d'un pouvoir originaire , ordonnées par la loi suprême du Dieu qui seul a droit comme souverain Etre de régler sa créature et de la plier comme il veut. Que la république change de Maître, que les révolutions renversent l'ordre des successions , que le sceptre sanglant ou irrésolu de Néron et de Claude , passe dans les mains pacifiques et fermes de Nerva , des Antonin: TEglise ne change pas de langage. La religion de la seconde majesté se maintiendra invariable a travers tous les chocs des révolutions humaines. Mais , les formes une fois établies , la même raison qui rend le gouvernement nécessaire, demande aussi que fa forme en soit sacrée et inviolable. Plus alors de comparaison légitime entre ce qui est et ce qui pourrait ou devrait être. Le Prêtre, plus que personne, lui doit respect et soumission. Sa tâche à lui, c'est d'inspirer a tous l'amour de la paix et de la fidélité, comme étant les vertus non-seule-

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ment des vrais citoyens, mais des vrais philosophes, comme parle Fénelon. Le torrent a pu se déchaîner : ce n'est pas lui qui en a rompu les digues. Il aura pu dénoncer à Ninive les sévères jugemens de Dieu, si elle ne fait pénitence, réveiller par ses prophétiques accens les peuples çndurcis au sein d'une sécuwté funeste ; et , quand on l'appelle, faire retentir a l'oreille de Balthazar l'arrêt inévitable par lequel il a étë pesé dans la balance, et jugé trop faible (1); vous ne le verrez point se mêler à l'exécution. Il ne fait point le procès au ciel , lorsqu'il lui plaît de remplacer le gouvernement d'Aaron par celui des Juges , et ceux-ci par Saûl et David. Nuls reproches, nulle amertume, nulles menaces. Les premiers Chrétiens ne disaient point d'injures même aux faux Dieux, comme il est marqué expressément de la Diane d'Ephèse (2). Non- seulement il n'est point

(1) .Ton., iii^ Dan. v.

(2) Act., XIX, 37.

parmi nous d'Albiniis ni de Niger, disait TertiiUien ; il ne s'est pas même rencontré d'Albiniens nideNigriens (1). Nous demandons a Dieu la conservation de ce que luimême a voulu, poursuivait- il, et c'est là pour nous un grand serment (2).

Le vrai Ministre de J.-C. ne sa^t être ni l'artisan ni le complice des révolutions. J.-C. ne donna point h ses Apôtres la mission de régenter les états, ni de réformer les abus politiques. 11 sait bien que Dieu a confié ce soin aux seuls magistrats qu'il arme du glaive pour être les ministres des arrêts de /«yM5^zce(3). Pour unSuger et un Ximenès, que de Mazarin et de -Ricbelieu a qui le saint abbé de Clairvaux eût adressé les énergiques reproches qu'il ne ménageait pas k l'illustre moine de Saint-Denis, non plus qu'à son disciple Eugène sous la tiare ! Quelle sera donc, après tout, la nature

(1) Apologet., cap. xxxvi.

(2) Ihid., n. xxxir,

(3) Rom., XII, 4.

et le caractère du précepte imposé par no» saints Apôtres de prier pour les Rois et les gouvernemens ? Comment la tradition l'at-elle entendu ? Et quel est le sentiment dont la prière pour le prince et pour l'Etat doit être animée ?

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