A LIGUE. M. DE LA MENNAIS
du Siège Apostolique est impérative , explicite , énoncée dans les termes les plus clairs , M. de La Mennais permettra d'y échapper par de subtiles restrictions. Il répondra aux scrupules des consciences par deux longs articles de son Avenir, où, tout en paraissant adhérer à la reconnaissance que le Saint-Siège Apostolique avait faite du gouvernement , il explique comment on peut à la fois obtempérer et se soustraire à l'ordre du Souverain Pontife , par des subtilités du genre de celles où il n'y a que la honte du déguisement, sans avoir l'énergie de la résistance {Avenir, n. 38, Dèclar. au Saint-Siège , n. 113).
Après que le Pape Grégoire XVI eut condamné ses erreurs par ses deux Encycliques , le parti essaya d'échapper à la censure par la distinction que 1 acte n'émanait pas du Chef des Chrétiens , mais simplement du pro-secrétaire ministre du Prince tem-
UGXJK. M- DB L.V MENNAXS,
porel ( Univers reliy. n.
285). Ailleurs M. l'abl é de La Mennais, écrivant à M. r vêque de Rennes, dit : Bien que condamne parle Saint-Père , nous ne nous abandonnerons pas nous-mêmes. Sans diminuer les droits suprêmes du Siège Apostolique , mais pour obéir aux conciles et à notre conscience . nous protesterons [Avenir, n. 41) .
Ici du moins il a l'air de reconnaitre que les conciles sont au-dessus du Pape, puisqu'il consent à leur obéir, quand il se met en pleine désobéissance contre le Pape !
Condamné par la doctrine des conciles aussi bien que par la censure du Souverain-Pontife, ferat-il enfin amende honorable? Non, diral'orgueilleux sectaire : je ne peux désavouer une doctrine que je crois véritable; j'attendrai que les hommes soient capables de la porter, et que le temps soit venu de publier sur les toits des vérités auxquelles s'attachent l'avenir des nations et la régé-
HISTOIRE DE LA NOUVt»
^Àni^SIE.
M. DE LA MEN5AIS
nérationtLoiverselle. (Déclar. du 10 sept. 1833 ).
Qu'il ose se vanter encore d'être catholique : Non lui criera la justice humaine : « Non, M. de La Mennais n'est plus catholique. Ce prêtre démocrate a outragé le Chef de la Catholicité , au moment même où > il venait de s'age- ' nouiller devant lui, : pour faire une solen- I nelle rétractation à ses I anciennes erreurs. Non,
< il n'est plus catholique, ' le prophète de l'insur- ( rection qui vend ses ' prophéties, et qui, dans ' une horrible réticence, ' ose psésenter au front
< vénérable de celui qu'il
< appelle le vieillard usé ( par les ans , le même
signe de réprobation qu'il pose sur le front de tous les rois. (^Ami de la Relig. 2 déc.
RECAPITULATION.
« Ces prédicateurs de sang et de carnage auraient voulu que pour victimes k leur fureur, et pour apaiser les mânes du martyr saint Jacques Clément, on eût égorgé tous les bons serviteurs du roi sur les autels qu'ils venaient d'ériger à cet exécrable assassin. ( L'Etoile y Journal de Henri III, p. 420).
i< Ils criaient partout que la Religion était perdue, et recommandaient aux prières^du peuple les saints martjTs de la Ligue, quand ils n'avaient que des iniprécations contre le roi, sa famille et ses ministres. (/Z'iV/. ,p. 579.)
'< Ces clameurs produisaient leur effet. Beaucoup s'éloignèrent de la personne de Henri. Le prétexte de religion devint alors si plausible , qu'une infinité de catholiques de toutes les conditions, séduits par les discours des orateurs de la Ligue, ne doutaient T. m. , 6
point qu'il ne fallût plutôt périr que d'endurer que celui qu'ils croyaient obstiné dans l'hérésie s'assît sur le trône de saint Louis ; et voulaient qu'on choisît un autre roi. (Maimb., p. 515.)
« Les mœurs se ressentaient de cette brutale indépendance; on était cruel et impitoyable de sang-froid. Ce qui arrivait dans un parti , à quelques circonstances près , se reproduisait dans l'autre. Tout était légitime, héroïque, divin, de la part d'hommes égarés qui allaient prendre sur les autels le glîlive parricide dont on vit s'armer les mains d'un Jacques Clément, d'un Châtel, d'un Ravaillac Peu importait que la France, travaillée par tant de convulsions , fût traînée par la rébellion sur les bords du précipice , pourvu que la haine s'assouvît contre un roi seul capable de réparer les désastres du règne précédent , le plus honnête homme de son royaume, prince de qui l'état n'avait à appréhender ni détours ni vues intéres-
sées , mettant son bonheur à faire du bien , sa gloire à pardonner , qui savait au besoin payer de sa personne , braver tous les dangers sans nulle défiance, malgré les inquiétudes de ses officiers qui eurent plus d'une fois l'occasion et le courage de lui représenter dans les termes les plus forts combien il s'exposait en croyant dans les autres une générosité pareille a celle qu'il avait luimême. Souvent on lui avait entendu dire :" (( Je ne crains, et Dieu le sait, le mal qui me (< peut advenir ni de vos deniers ni de leurs « armées, mais je gémis sur le sort d'un mil- « lion d'innocens que la guerre civile va faire t( périr. » La veille d'une bataille, il prenait tous les Seigneurs a témoin des efforts qu'il avait faits pour terminer k l'amiable tous lesdifférens. « Périssent, >• avait-il ajouté du ton le plus animé , '< les auteurs de cette (( guerre, et que le sang qui va être répandu « retombe sur leur tête ! » ( Anquetil , t. II , p. 174; Daniel.)
Le roi , dit un contemporain , n'employa que la douceur pour apaiser ces esprits échauffés, et les faire rentrer dans le devoir. r Je leur veux faire tant de bien , disait-it, « que je les forcerai de m'aimer malgré eux. » Il a éprouvé depuis' malheureusement combien les gens «forcenés qui se couvrent du manteau de la Religionsonta craindre, quand on n'arrête pas la licence qu'ils se donnent. {L'Etoile^ Journ. de Henri III, t. III, p. 390 et 559; Eloge de Henri IV , par Gaillard y Mémoires de Sully ; de Bury , Histoire de Henri IV, \. IV, p. 216. )