‹ Histoire de la nouvelle hérésie du 19e siècle :; ou, Réfutation complète des ouvrages de l'abbé de La MennaisChapitre 2 sur 24 · LA LIGUE · texte numérisé non relu

LA LIGUE

M. DE LA ]IIE]\i\AIS.

L'édit lie pacification de '1575 , qui accordail aux reiigioniiaires toute liberté de conscience , déplut fort aux Catholiques^ et donna lieu à une confédération qu'on appela la sainte Ligue , entreprise pour la sûreté de l'Etat et de la couronne , et pour rcxtirpation de l'hérésie. On disait que reconnaître indifféremment tous les cultes, c'était n'en admettre aucun , et conséquemment se déclarer contre tous ; qu'il

M. DE I,\ MENXAIS.

Un élat où le oouvernement ne reconnait plus aucune religion , et qui , sous le prétexte de liberté de conscience , admet indifféremment tous les cultes , se déclare athée ; il se met hors de la société. Les Catholiques ne doivent avoir rien de commun avec lui ; et ils sont tous tenus par un rigoureux devoir de s'en séparer. [Avenir , n° 1 et suiv. Lalielig. considérée dans ses rapports arec r ordre cu'il et polit. ,

y avait de l'impiété à tolérer un pareil ordre de choses ; et que c'était un devoir de le combattre par toutes sortes de moyens. (Leprésid. Hénault. Obs. chron. à l'année \ 576 . Mémoires de la Ligue, t. V.) Henri accorde une protection t^gale aux cultes les plus opposés; il n'a donc évidemment aucun culte ; il est donc évidemment athée. (L'Etoile , Joiirn.

de Henri 111^ tom. V, pag. 302, 393. Satyre Ménippée , t. II , p. 195. )

Asî^ociation faicte entre les princes , seigneurs , gentilshommes et autres , tant de l'estat ecclé.siastique que de la noblesse et tiers estât , .subjets et habitans du pays de Picardie.

Ce jourd'iiui , Ireizièuie jour de féA'riei- , l'an 1577, nous soubzsiîniés estant

M. DE LA M£KHAIS.

pag. 51, 70, 91, 102, Î09 , etc. Essai sur l'Indiffér., p. 25.)

Il y a aujourd'hui treize mois que quelques hommes ont entrepris de défendre deu\ grands biens, la Religion et la liberté.

Ils ont dit au Sacerdoce chrétien : Descendez comme les Apôtres au railieu des peuples , et recommencez la conquête du monde. Ils ont défendu chaque jour contre les entreprises du pouvoir , toutes les libertés , tant religieuses que politiques. {Avenir, n° 393. )

l. Manifeste de la Liijue I

Manifeste de M. de La Mennais. Acte d'Union. Agence générale pour la défense de la liberté religieuse.

Les soussignés , constitués d'une manière officielle et publique en Agence générale , conséquens en tout aux principes tant religieux que politiques étnis par eux , tant dans leurs écrits antérieurs tjue dans le journal Y Avenir, inviolablement fidèles à la devise

congrégez et assemblez en riiostel de la Yille de Péronne , avons preste serment et juré sur les sainctes Evangiles de garder inviolablement , et de poinct en poinct , les articles de l'association et saincte Ligue.

Estant cogneu d'un chacun les grandes pratiques et conjurations faites contre l'honneur de Dieu , la sainte Eglise catholique, et contre l'Estat et monarchie de ce royaume de France , et que le.s longues et continuelles guerres et divisions civiles ont afFoibli nos rois et iceulz réduit à telle nécessité , qu'il n'est plus possible que d'eulx-mémcs ils puissent par cy après nous mainteuir sous leur protection et sûreté de nos personnes, familles et biens ;

Avons estimé estre très nécessaire et à propos de rendre premièrement l'honneur que nous devons à Dieu , à la manutention de notre Eglise catholique , et mesmes nous nionstrer plus ufiectionnez à la conservation

M. DE t\ MENNAIS.

placée en tète dudit journal , Dieu et liberté , déclarent et renouvellent ce qui suit :

Désirant établir entre tous les peuples du monde un vaste concert d'eftorts, pour défendre toutes les hautes et nobles franchises qui sont la patrie commune des peuples libres , et dont les Catholiques sont appelés à donner le modèle par un nouveau genre d'association, nous avons dévoué notre existence à protéger toutes le« libertés contre toutes les atteintes qu'elles subissent chaque jour. Les premiers nous avions proclamé les principes d'une liberté universelle en tout et pour tous, devant lesquels aujourd'hui le vieux libéralisme recule, mais qu'une jeunesse sincère adopte ?^\GC amour.

Dans l'ordre religieux, séparation complète de l'Eglise et de l'Etat; dans Tordre politique , sccon-

niSTOIRE

d'icelle que les desvoiez de la bonne religion ne sont à radvancement d'une nouvelle et faulse opinion.

Et à cet effet jurons et promectons de nous employer de toutes nos puissances à remectre et maintenir l'exercice de nôtredite Religion catholique, apostolique et romaine , en laquelle nous et nos prédécesseurs avons été nourris , et voulons vivre et mourir.

Par un nouvel acte d'union passé en l'année i o76 , le clergé de la province de Champagne , confédéré avec la noblesse , s'engageait par serment à employer eux , leurs personnes , v ies et biens pour la manutention de l'Eglise catholique , apostolique et romaine , promettant de se secourir et aider tant de conseil , personnes , que forces , contre toutes personnes, sans nul excepter. » (L'Etoile, Journ.

de Henri III. fom. III.

pag. 32. )

i.t à l'effet encore que dessus , nous tous soubz-

M. DE lA MKSMAIS.

der la tendance de la société à un afFranchisseinent général , tel est le but de l'union. Elle repose sur une déclaration politique qui renferme les bases de la liberté commune. Jusqu'ici la Religion a gémi dans tous les temps et chez tous les peuples , enchainée au char d'un pouv oir hypocrite et oppresseur ; il est temps de l'arracher aux entraves dont elle fut garrottée sous le nom de protection , et de la ramener à sa primitive simplicité , et de chercher pour elle dans les peuples un plus solide appui. Jusqu'ici les peuples ne furent que les esclaves des rois , il est temps que les rois deviennent les justiciables des peuples. La liberté ne futjamais qu'un mensonge ignoble et sanglant : Qu'elle devienne le cri de tous les peuples de la terre ; c'est aux Catholiques à donner le modèle de ce nouveau genre d'association . Leur courage s'est éveillé ; ils ont compris les avantages d'une lutte contre l'op-

DE tA IVOUVELLE HERESIE.

signés , promectons de nous tenir prêts bien armez , montez et accompagnez selon nos qualités.

Promectons en outre nous conserver les ungs les autres en toute sûreté et repos, et nous préserver et défendre de toute oppression d'aultruy. . .

S'il est besoin de prendre correspondance avec les autres provinces circonvoisines , nous promectons les secourir et ayder de toutes nos puissances et moyens.

î-t d'autant que cette cause doit être commune indifféremment à toutes personnes qui font profession de vivre en la Religion catholique , nous soubzsignez admectons et recepvons en la présente union toutes personnes appelées en auctorité et estât de judicature et de justice, corps de villes et communautés d'icelles, et généralement tous autres

RI. DE lA JIENr.AIi

pression : tel est le but de cet acte d'union par lequel tous les Catholiques du monde sont invités à déclarer à la face de l'univers leur ferme résolution de se dévouer au triomphe de cette noble cause.

Déterminée à frapper un grand coup , et se rappelant que la liberté ne se donne pas , mais se prend , l'Agence générale catholique ne s'est pas bornée à agir par elle même ; elle a encouragé et soutenu de son mieux toutes les tentatives faites à son exemple et à sa sollicitation, pour conquérir cette indispen.«able liberté.

Nous présentons à tous cette grande charte du siècle comme l'établissement d'un lien commun à toutes les associations faites ou ù faire dans le but de former une assurance mutuelle contre toutes les tyrannies.

Les Catholiques appellent donc à eux quiconque veut ce qu'ils veulent : ils ouvrent les rangs de leur alliance à tout honnête

LA LrGlE.

du tiers estât vivant catholiquement , comme dit est , promectant par semblable les maintenir, conserver et garder de toute violence et oppression , soit en leurs personnes ou en leurs biens , chacun en son estât et vaccation.

M. DE LA MENNAIS

homme qui leur donne sa parole en recevant la leur , quelles que soient ses opinions religieuses , et sans distinction -de croyance et de culte.

Nous l'adressons à nos frères des Etats-Unis , de l'Irlande, de la Belgique, de la Pologne, à tous ceux qui sont en travail de la liberté du monde , quelque part qu'ils se trouvent. [Avenir, nos 41 83).

Ainsi nous offrons le vrai moyen d'unir toutes les opinions qui déchirent la France; et déjà nous pouvons prendre Dieu et les hommes à témoin de nos succès et de nos cffoi'ts. Pas une seule plainte que nous n'ayons accueillie, pas un opprimé que nous n'ayons protégé par toutes les armes que nous avions entre nos mains , pas un seul attentat du pouvoir que nous n'ayons dévoilé et Hétri , livrant un combat sans relâche pour notre foi et nos autels, et que nous avons soutenu par les démarches les plus énergiques et les plus

Il sera formé un conseil auquel seront appelez et employez six des principaux gentilshommes de la province , et autres de qualité et fidélité requises pour avec leurs advis pourveoir à l'exécution des choses susdites , à la despense , entretenement et autres frais convenables et nécessaires à tel effect.

Et si pour chaque compagnie seront nommés trois gentilshommes du pays, de valeur et expérience.

M. DE lA MKNNAXS.

constantes pour les rendre utiles et efficaces.

L'association est formée :

i° D'un comité central directeur , composé d'un membre au moins par arrondissement de souspréfecture , sou.s la présidence de M. l'abbe de LaMeimais.

2» Du comité de rédaction du journal intitulé l'Avenir, et du conseil de l'Agence générale catholique; il correspond tant avec les départeraens qu'avec l'étranger.

La France est partagée en trois grands cercles sous la direction de MM.

de Coux , La corda ire , le comte de Montalembert.

Pour l'étranger, trois autres membres , agens-o-e-^ néraux , correspondent avec la Belgique, la Suisse , l'Italie , l'Allemagne et l'Irlande.

3° D'actionnaires et donateurs, des souscripteurs du journal, d'un secrétaire agent eonfidentiel , d'avocats désignés pour former un conseil de consultations.

4" Chacun des diocèses

Et parceque telles levées ne se peuvent faire sans grands frais et despenses , et qu'il est très juste à tel expédient et nécessité d'employer tous les moyens que chacun peut avoir , sera levé et prins sur le pays les sommes de deniers à ce convenables et nécessaires.

Et pour tant plus facile expédition desdits frais , seront en chacun bailliage députez un ou deux gentilshommes ou autres de suffisance et fidélité requises , pom* informer des moyens et entendre particulièrement sur les lieux ce qui sera sur ce mestier et besogne.

M. DELA MENNAIS

a ses associations locales sous l'influence et la direction du conseil général , sous-divisées en cantons, ayant leurs dizainiers oucenteniers, selon la population.

. Vu que rétablissement ne peut se faire sans frais et dépenses , il a été pourvu à l'administration et à la comptabilité par le choix de quatre commissaires.

Les dépenses nécessaires à l'entretien de ladite union seront fournies tant par les actionnaires que par les abonnés correspondans du journal et parles donataires.

L'abonnement annuel qui constitue le titre d'associé donateur, est de 10 fr. au moins. Tous les donataires de oO fr. sont admis à examiner les livres et comptes, etc.

Le renouvellement des donataires se fait à des époques fixes.

Les souscriptions proposées par l'Agence ont pour objet entr'autres le rétablissement du palais de l'archevêque de Paris, ( évalué à plus d'un mil-

DE lA NOUVELLE HERESIE.

M. DE I,A MENNAIS

lion), l'institution d'une école libre , frais de procédure , de publication d'ouvrages, etc.

( On nous apprend que les fonds reçus au 1*"^ septembre ne s'élevaient encore qu'à la somme de 2J,o0ofr. 63 c. )

Tout donateur qui n'aurait pas renouvelé à cette dernière époque ( du 1^' janv. au 1" mai 1832) sera censé avoir renoncé à cette qualité.

Et si aucun desdits Catholiques, après avoir été requis d'entrer en la présente association, faisoient difficulté ou usassent de longueur , sera estimé en tout le pays ennemi de Dieu. et déserteur de sa Religion , rebelle à son roi , traliistre et proditeur , de sa patrie ; et, du commun accord et consentement de tous les gens de bien, abandonné de tous, et délaissé et exposé à toutes injures et oppressions qui lui pourroient subvenir , sans qu'il soit jamais receu en compagnie , amitié et alliance

Quiconque ne répondrait à ce sublime élan que par un superbe dédain ou une pitié amère ; il faut bien parler un langage sévère , une langue dont l'énergie égale le mal qu'une si longue oppression fait à la France :

qu'il s'entende dire qu'il est étranger à la civilisation , à l'humanité , dégradé par l'esclavage, foit pour habiter les pays où la servitude a conservé des apôti-es et des disciples , le complice du brutal despotisme qui a fait disparaître les vertus et les lumières.

HISTOIUE

des susdits associez et confédérez !

En tête du présent acte , se lisent ces mots :

Au nom de la Sainte- Trinité et de la communication du précieux corps de Jésus - Christ , avons promis et juré sur les sainctes Evangiles et sur nos vies , honneurs et biens . d'ensuivre et garder inviolablement les choses icy a(;cordées , et par noussoubsignées, sur peine d'estre à jamais déclarez parjures , infâmes , et tenus pour gens indignes de toute noblesse et honneur.

M. DE LA. MENNAIS

Non ! non ; ce ne sont pas des Catholiques qui accepteront le joug imfàme qu'on tente de leur imposer. Ils broieront cette tyrannie , et dans^sa poussière , ils planteront Tarbre de la liberté, dutil ÊTRE SANGLANT !

L'acte d'uniou se termine par l'annonce suivante :

La fête anniversaire de l'Agence générale et des associations correspondantes , est fixée au 18 janvier, jour de la fête de la chaire de saint Pierre. Tous les donataires sont invités à se confesser et à communier ce jour-là.

Paris, 19 novembre 183J.

Suivent les signatures . Suivent les signatures ,

MM. l'abbé F. DE La Mennais , Bailly de Sur-

CY, DE COUX, Ph. GeR- BET, H. LÀCORDAIRE , LE

comte Gh . de Montalem-

BERT , DE SALLXIS , F.

D'Ault-du-Mesnil .

l\ LIGUi;. M. DE LA MENNAIS

(Maimbourg , ffist. de {Avenir, 18 déc. 1830. la Ligue , p. 27-37 , vol. Agence générale pour la in-4". Paris , Cramoisy, défense de la liberté re- 1686). ligieuse , rapports sur les

opérations du 1"^ semestre 1831, Avenir n° 343, 26 septembre; et n° 345, 13 novembre 1831.

Manifeste de la société des Droits de V homme et du a/<9^e/i, publié en novembre 1835. (Tiré du rapport fait à la cour des Pairs par M. Girod de l'Ain , l'iîn des commissaires chargés de l'instruction du procès déféré a la cour, par ordonnance royale du 15 avril 1834.)

«La société se divise par sections, sous la direction d'un comité centi\il. Chaque section se compose de dix membres au moins, de vingt nfiembres au plus. Les sections sont distribuées par arrondissement et par quartier. Chacune d'elle reçoit un nom spécial. Les fonctionnaires de la section sont : le chef, le sous -chef et les trois quinturions. Le chef préside la section , fait des coUee- T. ni. ,5

ôi HISTOIRE

tes, et donne lecture des publications du comité. Le comité central se compose de onze membres élus par la majorité absolue des sectionnaires : son renouvellement s'opère par tiers tous les trois mois. Le comité délègue auprès des sections des commissaires d'arrondissement et des commissaires de quartier. Le commissaire de quartier \isite , a cbacune de leurs séances , les seclions auxq^ielles il est attaché. Il distribue les écrits , et perçoit le montant des collectes. Il reçoit des caissiers un reçu con-

statant les sommes versées dans la semaine par les sections de l'arrondissement. Les commissaires d'arrondissement sont chargés d'organiser l'éducation politique dans leurs sections , et la propagande au-dehors. Les ( ollectes ont pour but d'entretenir les seclipns d'écrits patriotiques. »

II. Progrès de la Ligue et des associations établies par M. de La Mennais.

La province de Picardie commença ; elle fut la première à recevoir et à publier dai^s la ville de Péronne le traité de la Ligue , où les plus sages même d'entre les Catholiques , suivant l'illustre président de Thou , remarquoient beaucoup de choses qui chocquoient directement les saintes loix divines et humaines (Maimb. p. 28).

Cet exemple fut bientôt suivi, dans toutes les provinces du royaume ,' de plusieurs personnes de toutes les conditions, qui, sous le beau prétexte de religion , s'enroloient , sous main , dans cette Ligue. Ainsi la Ligue se forma , et devint en fort peu de temps très-puis-

M. DEL.V MENNAIS

Le clergé de la ville de Beauvais donna le premier exemple d'une éclatante opposition au pouvoir. Nouseùmesla gloire de déterminer sa résistance. Ses sentimens étaient connus de l'agence générale pour la défense de la liberté religieuse.En conséquence, elle chargea celui de ses membres qui correspond habituellement avec le diocèse de Beauvais de prendre les mesures néces saires {Avenir, n" 345, Recueil de Pièces publiées par V Agence générale , p. 30.)

Le pouvoir oubliait que la Charte avait séparé l'Eglise de l'Etat. Il oubliait aussi les crimes qu'il avait commis ou soufferts contre l'Eglise. Nous eûmes la gloire de le déterminer à rejeter , par une démarche éclatante, celui qu'on voulait lui imposer pour Pasteur (1). Nous

(J) » L'Eglis" ijaUicane , q^i.i ncxiaic plus . sYtonncra que

LA LIGUE. M. Dt LA MKNNAli.

sante(Maimb., p. 39, Da- espérons qu'il troiivera niel, p. 267)i comme une des imitateurs. Plaise à boule de neige s'aug- Dieu que les Evèques de mente en roulant, et de- France veuillent bien sevient bientôt aussi forte condernos vœux ! C'est-là que la montagne d'où le signal de bien d'autres elle s'est détachée ( Da- vœux de même genre , yila). qui n'attendent que des

occasions pour se produire, le commencement du mouvement qui sauvera la religion * en France.

Celui , de tous les écrivains de nos jours, qui aient le mieux saisi l'esprit de la Ligue et de ses funestes projets, c'est M. Anquetil , dans l'excellente histoire qu'il nous en

" l'on ait remercié le Roi d'avoir donné un premier Pasteur à '" yéglise de BeauVais. Les Rois ne donnent pas de Pasteurs, et » il est inutile au moins d'exagérer le Concordat par des expres- " siens qui navrent les bons Catholiques. » {Avenir et Becncil de pièces publiées par l'Agence générale , p. 28.)

Non contente d'avoir publié dans son journal sa correspondance avec MM. les prêtres de-Bcauvais , pour les déterminer à rejeter par une démarche'.cclatante celui qu'on voulait leur impo' ser pour JEvéquc , et qui s'empressa de donner sa démission pure et simple, l'Agence Tîénérale rassembla dans un /iVcHei7 particulier toutes les pièces relatives à cette affaire. Elle ne voulait pas qu'on ignorât la part qu'elle avait prise à l'éncryique résistance de l'église de Beauvais, qu'elle félicitait d^a\oh pris l'initiative dans l'œuvre de notre affranchissement , elle qui avait eu tant à se plaindre de la servitude où l'avait jetée son ancien Evêque , M l'abbé Feutrier. (Jbid., p. 35, et jouirai de l'Avenir, n. 54. > ]\Iai8 la France avait de quoi se consoler. Les malheurs de l'Eiilisc allaient être surpassés par sa yloire. [Ibid. )

a laissée (1). « Ce que la Ligue présente de « singulier, nous dit-il, c'est d'abord le sou- « lèvement presque général des Catholiques «f contre un roi très-catholique , renommé « tel, malgré les suggestions employées '( pour faire suspecter sa foi; ensuite les pré- « tentions hardies de cette Ligue audace cieuse , même dans la faiblesse de ses « commencemens ; sa marche toujours ferme « et uniforme, malgré la connaissance qu'on « avait de ses secrets ; les succès effrayans « de cette Ligue , le fanatisme qui poi*- « gnarde les rois , l'anarchie qui désole les « empires , la tyrannie du peuple , brutale « et insolente, plus redoutable que celle des « grands ; enfin tous les fléaux que Dieu en-»

(1) « L'ouvrage le plus propre à donner une par- « faite connaissance de tous ces événemens, me parait « être l'Esprit de la Ligue , par M. Anquetil. Cet " auteur semble quelquefois avoir assisté au conseil « de tous les partis , et il scrute jusqu'à leurs der- « nières pensées.» (Ferrand, Esprit de VHist. , Lettre XVIII, t. III, p. 153.)

« voie aux hommes dans sa colère. >» Anquetil , Esprit de la Ligue j t. II, p. '147.

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