‹ Histoire de la nouvelle hérésie du 19e siècle :; ou, Réfutation complète des ouvrages de l'abbé de La MennaisChapitre 4 sur 24 · DIRECTEUR · texte numérisé non relu

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Chacune des associations particulières venoit aboutir à un comité central qui en dirigeoit les opérations.

A la tête de la Ligue se plaçoient naturellement les hommes qui av|^ent témoigné le plus de ferveur pour la religion , et par là le plus de haine contre le gouvernement.

Résidant à Paris , ils s'en partagèrent les seize quartiers, et formèrent le (îomité directeur chargé de l'administration. Ils gouvernaient par leurs intelligences et leurs émissaires ; faux dévots , disent les écrivains du temps , contrefaisant admirablement les zélés pour le bien public ; pour la plupart gens d'Eglise, auxquels s'associèrent quelques laïques.

Les principaux étoient Senault, qui, ie premier, développa la question obscure et dangereuse du

Les associations locales doivent toutes se réunir à un comité directeur établi à Paris , qui ela. est le foyer central et le lien réciproque ( Avenir., n^ 345).

Partage de la France eu trois grands départemens , ainsi qu'il suit :

1° Angers, Blois, Bourges , Chartres , Le Mans , Limoges , Luc on , Moulins , Ne vers , Nantes, Orléans , Quimper , Rennes, Saint-Brieuc , Sens , Tours, Tulle, Vannes;

2° Amiens , Arras , Autun , Ajaccio , Bayeux , Belley, Besançon , Cambray, Chàlons, Clermont, Coulances .Dijon ,Evreux , Langres , Meaux, Mende, Metz , Nancy , Paris , le Puy, Rei.ms, Rouen, Saint- Claude, Sain t-Diez, Sainl- Flour , Seez , Soissons , Troyes , Verdun , Versailles.

3° Aix, Agen, Aire, Alby , Angoulême , Avignon , Auch , Bayonne , Beauvais , Bordeaux ,

pouvoir qu'une nation peut avoir sur son roi ; Jean Boucher, Jean Prévost, Pelletier, Guincestre, tous Curés de Paris ; l'avocat Louis d'Orléans, les procureurs Emonot , La Chapelle et Bussy Leclerc , le plus factieux de tous. Ils se lièrent entre eux par une union plus particulière , à dessein , disaient-ils^ de conserver en France la religion menacée ' de périr , et d'y éteindre la tyrannie ; car c'est ainsi que les dévots factieux se donnoient la liberté d'appeler • le gouvernement. Ils eurent même la hardiesse d'envoyer leurs députés dans toutes les provinces pour faire entrer dans leur nouvelle Ligue ceux qui s'étoient déclarés pour celle de Péronne, et qui signèrent à ce coup une formule plus pernicieuse encore que la première.

(Maimb.p.63et 66).Elle était accompagnée de l'envoi dans toutes les provinces des libelles les plus séditieux. << J'aurois « eu honte de lire tous

M. DE L.\ MENNAIS

Cahors , Carcassonne , Digne, Fréjus, Gap, Grenoble, La Rochelle, Lyon , Marseille , Montauban , Montpellier, Nîmes , Pamiers , Périgueux , Perpignan , Poitiers , Rodez , Strasbourg, Tarbes, Toulouse , Valence , Viviers.

( Que devenait , dans chacun de ces diocèses , l'autorité épiscopale ?)

Supposait-on la Connivence des Ordinaires ?

Mais qu'il s'élevât des réclamations dans l'épiscopat , ce qui eut lieu , de l'aveu de M. de La Mennais , le schisme devenait flagrant. Nous ne voyons pas que ce danger ait arrêté nos confédérés, puisqu'ils ont persisté à envoyer leurs émissaires dans chacun de ces diocèses^ malgré les oppositions manifestes d'un grand nombre de supérieurs ecclésiastiques , malgré les sévices dont on y frappait leurs doctrines ; à quoi ils répondaient qu'ils déploraient amèrement que quelques Evêques se prêtassent h seconder lesvues du pouvoir athée qui les

ces libelles . j>our les blasphèmes et pour les énonnités dont ils sont remplis, si cela ne m'avoit aidé à me confirmer dans la créance qu'il y avoit plus d'impiété que d'erreur et d'aveuglement dans leur doctrine. » (Le Laboureur, Addit. aux Mém. de Castelnau , liv.

II, ch. 1, p. 405).

M. DK LA MENNAIS.

persécutait. L'œuvre n'en a pas été moins poursuivie , témoin la nomination récente de deux nouveaux membres du conseil pour remplacer MM. de La Mennais et Lacordaire pendant leur voyage à Rome. Les deux élus avaient mérité cette distinction par leur ardeur à seconder les vues de la propagande.

W . Desseins et espérances IV. Dépeins et espérances de la Ligue. de l'Agence générale.

Les espérances de la Ligue se fondaient principalement sur la guerre dont l'étranger (l'Espagne surtout ) , menaçait la France pour réprimer les mécontens (1) .

Les espérances du parti se fondaient principalement sur la guerre de l'Europe entière contre la France , devenue un objet d'horreur et d'épouvante pour tous les peuples du monde. {Avenir n° 8, 53, 113. Mémor.

cathol., t. I, 1830 p. H etsuiv. -ReZî<jr. considérée, etc., p. 70. 110. Union belge, 2ô août 1832.)

{i) On voyait dans Paris la Discorde inhumaine Excitant au combat-et la Ligue et Mayenne, Et le peuple et TEglise ; et, du haut de ses tours, De la superbe Espagne appelant les secours.

( La Hcnriad" , ch. i, -vers 57. ) Ferrand, Esprit de l'Hist., t. III, p. JfîO, M\. Anqnetil, Esprit de la Ligue, t. lîT, p. 24i et suiv.

DE LA NOUVELLE HÉnÉSIE.

Elle se vantait d'avoir pour appuis le cardinal Légat , les ordres religieux , la plus considérable partie du clergé de France et plusieurs évoques dévoués à ses intérêts ; entr'autres Guillaume Roze , évêque de Senlis , et Tarchevêque de Lyon. (Voy. tous les mémoires du temps. Satyre Me'«ijojoe'e. Daniel .Crévier, Histoire de l'université . )

En même temps, joignantVaction à l'intrigue, les ligueurs essayaient.de s'emparer à main armée desplus fortes places. Déjà maîtres de Toul et de Verdun , ils menaçaient Bordeaux et Marseille , voulaient livrer Boulogne aux Espagnols ; et, pour détourner le reproche de leur infâme trahison , ils répandaient le bruit que le roi avait voulu vendre cette ville à l'Angleterre. (Daniel, p. 444 et suiv. )

Parce que la confusion était extrême dans les Pays-Bas , où la religion partageait les esprits , ils ( les ligueurs ) avaient eu soin de s,'y ménager des

M. DE H MF.KNAIS.

Mais ce n'est pas à la France seule tpie s'est bornée la fervente sollicitude de l'Agence générale pour la liberté et les progrès du Catholicisme.

Elle peut se rendre le témoignage de n'être restée indifférente à aucun de ses intérêts , même dans les pays les plus lointains.

La vieille Allemagne s'agite; elle commence à remuer ses chaînes. Chaque jour, nos relations se multiplient avec la Bavière , où , comme l'on sait , se trouve le centre du nouveau mouvement catholique. Nous avons envoyé un vicaire apostolique en Suède. Elle comptait aussi sur des auxiliaires tant au-dehors qu'au-dedans.

Nous ne sommes que d'hier , et déjà notre cri d'affranchissement a volé au-delà de nos frontières.

{Avenir n. 73,78. )

La sympalliie la plus complète règne entre nous et les Catholicpies belges, et, chaque jour, se resserrent les liens qui nous unissent à cet-

intelligences, et d'en faire un des plus ardens foyers de la conjuration. ( Hénault, à l'année 1598. ) Le peuple de cette contrée avait voulu se donner à la France parce qu'il ne voulait plus de la maison d'Orange. Ils surent profiter de ces dispositions pour aigrir les esprits, et attiser la guerre où la Flandre se trouvait engagée avec Philippe II, roi d'Espagne , qui vouloit y introduire le régime sanguinaire de l'inquisition. (Anquetil, tome III, page 176, 288).

M. DE LA MKKNAIS.

te généreuse et fervente nation, qui nous appelle de tous ses vœux au partage de la liberté religieuse qu'elle possède déjà, et pour laquelle nous luttons encore.

(nM, 164.)

La Belgique avait donné le premier exemple d'un soulèvement catholique au dix - neuvième siècle , contre l'oppression de l'hérésie; nous lui avons consacré un ardent et inépuisable amour.

( Avenir n° 393. )

« L'Eglise belge est menacée d'un schisme ; une dissidence bien prononcée s'est établie parmi le clergé belge. Deux partis à peu prés d'une égale force nuihérique sont en présence, l'un, se ralliant aux doctrines papales de l'Encyclique^ condamne l'esprit révolutionnaire et les suites qu'il a enfantées ; l'autre , imbu des principes politico - religieux de M. de La Mennais, veut continuer de s'immiscer dans les actes de l'administration gpblique . Les esprits s'échauffent : où s'arrêteront-ils ?

DE LA NOUVELLE nÉRÉSIE. 49

Les provinces Flamandes sont aujourd'hui autant qu'une autre , en proie à ce genre de discorde. »

(l' Univers religieux ,ïi . 44, citant un journal belge.) Les Encycliques pontificales ont trouvé de fortes résistances dans le clergé belge. (V. VAmi de la Relig. llfévr. 1834.)'

Sys-tème de résistance au gouvernement: organisé par l'Agence générale avi nom de la Religion.

(Sur l'objection que les.

premiers Chrétiens obéissaient et ne s'insurgeaient pas , on répond que cela était bon pour les temps d'autrefois , et que les circonstances étant différentes, elles nécessitaient d'autres devoirs. {Avenir n. 113.) Aujourd'hui que nous sommes l'immense majorité, c'est aux Catholiques à dire ce qu'ils veulent faire pour leur liberté. Aujourd'hui nous n'avons pas autre chose à dire aux Catholiques ; Ils attendent peut-être, mais Dieu n'a jamais rien fait pour ceux qui attendent.

Nous, pendant que la peur va bêlant ses niaises la-

y. "Emportemens de la Ligne,

Qu'étàit-ce,dans son langage habituel, que le pouvoir ? Rien qu'une simple délégation, toujours révocable à la volonté des mandataires ; elle laissait celui qui en était revêtu sous l'autorité de la multitude, dépendant de tous ses caprices. On publia des écrits où l'on établissait , en principes , qu'il était permis de se défaire des princes qui n'agissaient pas conformément à la loi de Dieu. L'un de ces écrits eut pour auteur l'évêque de Senlis, Guillaume Roze , le plus fameux ligueur qui fût en France. On y renouvelle

M. DEIA SIEITMAIS

mentations, tendons à nos frères une main , et posons l'autre sur notre épée. [ Avenir n. 1, 2, 6, 8, 113. ) << Courbés sous « le sceptre de Pharaon , « et sous le fouet denses « exacteurs, levez -vous « et sortez ensemble. »

{Paroles d'un Croyant. ) « Combattez et ne crai- " gnez rien . « (Ibid^Tp . 60 . )

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