V . Empoitemens des nouveaux liguettrs
Dans la théologie de la nouvelle école , le pouvoir n'est qu'une simple délégation soumise à la volonté de ceux qui seuls avaient eu droit de le choisir, et, par les conséquences du principe, reste dépendant et révocable.
La seule difiFérence qui existe entre l'autorité du chef de l'Etat et celle d'un maire de village , c'est que celle-ci s'exerce dans une sphère beaucoup moins étendue. [Avenir du 28 juin 1831 , n. 7 ; Religion considérée, etc. , p. 233.)
(Ainsi arrachée du Sanctuaire, et livrée à l'anar-
la doctrine de Jean Petit, et l'apologie du régicide s'y trouve hautement proclamée. (Dict. hitor. à son article. Satyre Ménippée.
Crevier, Hist. de l'université, t. VI, p. 414etsuiv.) La Ligue ne dut pas tarder à s'apercevoir que le fanatisme de Jacques Clément allait tourner contre elle. (Ferrand, Esprit del'hist. j t. iir , p. 168.)
Si l'on veut savoir à quoi peut se porter une populace effrénée, il faut lire , dans les contemporains , les excès des ligueurs. On y trouvera mi mélange de fureur et de ridicule qui inspire l'indignation et la pitié. (Auquel., t. m, pageo4-o7.)
Le roi ayant envoyé quelques ordres à Montbrun , gentilhomme du Dauphiné , il eut l'audace de répondre : Comment le roi nr écrit-il comme roi , et comme si je devais le reconnaître? Je veux bien qu'il sache que cela serait bon en temps de paix , mais en temps de guerre tout le monde est compagnon. (Anquetil, t.
Il, p. 124. )
M. DE lA MENN'AIS.
chie des opinions et aux subtilités du sophisme , l'autorité du Prince n'a plus rien de sacré ni d'inviolable.
Quel respect pouvait-on désormais concevoir pour une autorité dont on disait impunément : « Le pouvoir cherche à la trace des bassesses , quelque prêtre bien servile et bien méprisé, ou tout au moins suspect, pour lui envoyer confidentiellement , deux mois avant d'oser le dire, une mitre aux trois couleurs nationales ? Croire que l'on trouvera un clergé assez bête pour se mettre sous les quatre pattes du, Tyran, c'est une folie à faire mourir de plaisir la postérité.
Tout cvêque docile au gouvernement est le fléau de l'Eglise et le dernier des hommes. .. Ils n'ont plus ( les agens du pouvoir ) qu'un espoir , c'est decorrrompre; plus qu'un soin, c'est de chercher dans la fange , des insectes bénis et à vendre; plus qu'une joie , c'est d'en avoir trouvé un. Que peut-il donc y avoir de-
iSfi
HISTOIItE
IX IIGTJE
De ce moment, les factieux et les Catholiques faussement zélés , commencèrent à s'emporter terriblement contre le roi , qu'ils chargèrent de mille horribles calomnies. Us ne gardaient aucunes mesures , ni dans leurs accusations, ni dans leurs menaces. Les prédicateurs dans leurs chaires , les curés dans leurs prônes , les confesseurs dans leurs tribunîxux , les professeurs dans leurs leçons, et les docteurs dans les résolutions qu'ils donnaient , osaient affirmer qu'on était obligé en conscience de s'opposer fortement à son gouvernement; qu'il était défendu par les saints canons de prier pour lui en aucune oraison ecclésiastique , beauiîoup moins au canon de la messe ; ils voulaient qu'on ôtât des rituels les paroles pro rege nostro , de peur qu'on ne croie que l'on prie pour lui. Ils permettaient que le prêtre , dirigeant ailleurs son intention, la fasse tomber sur un autre à qui Dieu réservait le royau-
M. DELAMEHNAIS.
sormais de commun entre nous et les vils agens d'un pouvoir égaré ettyrannique ? Et il ose nous demander des prières !
Non , ce n'est pas nous que l'on verra murmurer d'infâmes prières en faveur d'un pouvoir impie, athée , oppresseur et hypocrite. Que si l'Ecriture nous demande des prières pour le pouvoir , quel qu'il soit , cela était bon au temps des Apôtres, où l'Eglise , réduite à un petit nombre de iidèles, n'avait de ressources que dans ses gémissemens et dans le martyre. Il- faut donc à tout prix débarrasser le Sacerdoce du joug odieux dans lequel les Princes de la terre le tiennent depuis si long-temps asservi, accoutumés qu'ils sont, depuis tant de siècles à déguiser leur tyrannie et leur despotisme sous le nom de protectorat.
[Avenir , n. 3, 41 , 00.)
M DE LA MEKNAIS.
me. (Maimb.,p. 314.)
D'autres allaient plus loin; ils disaient à la messe , et faisaient dire à ceux dont ils dirigeaient les consciences, des prières qui pouvaient passer pour de vraies imprécations contre sa personne auguste. ( Anquetil, dans son Esprit de la Ligue, en rapporte des formules , tome n, p. 75 ; t. m , p.