VUI
. . I4Ç bérps du conte de F^nél^n est «ri t«-> Ipfx poli ^ honnête et tUé jpour léa droit»
lUffure^^ée rh|iq%eiàté (1 ) î lies acteur» de 1^« de L9 SleimaÎQ ank diis fermes bien au-* t^iQent 4c/Q|rl>e6; eb ¥oici un a» duipitife tIu qiu est v^n iDéiçhai^t « l»e;udit dm oièl ; il est fort et paresseux. « Si je ne travmlle poi|it. Se if dit-il ensoif-n^êniQ , je mourrai, et |e travail
(15 iM(l.,p. 209.
m'est insupportable. Alors il lui entra une pensée de Tenfer dans le cœur; il s'en^va de nuit, saisit quelques-uns de^ ses frères pendant leur sommeil et les charge de chaînes.
« Je les forcerai avec les verges et le fouet « à travailler pour moi , et je mangerai le « fruit de leur travail. » Et il fit ce qu'il avait pensé; et d'autres, voyant cela, en firent autant ; et il n'y eut plus de frères; il * y eut des maîtres et des esclaves.
Un autre survint après qui, voyant que les hommes s'étaient multipliés, se dit : « Je « pourrais bien en enchaîner quelques-uns, « et les forcer à travailler pour moi ; mais il « £3iudrail les nourrir , et cela diminuerait te mon gain. Faisons mieux : qu'ils travaille lent pour rien ; ils mourront, mais j'aurai «r toujours amassé des richesses avant qu'ils «c aient diminué beaucoup , et il en restera <r toujours assez. »
Ceux qui survivaient, il les amenait à des transactions nouvelles , qui grossissaient
D£ LA NOUVEllE HÉAÉSIE. 157
d'autant son trésor. « En augmefitant toute jours plus leur travail, et diminuant toute jours plus leur salaire. Et ils mouraient « faute du nécessaire, et d'autres s'empresff saient de les remplacer; car l'indigence tf était devenue si profonde dans ce pays, r que les fiamilles entières se vendaient pour t( un morceau de pain. Et l'homme méchant « qui avait menti a ses frères amassa plus de c? richesses que l'homme méchant qui les « avait enchaînés. Le nom du premier est tr tyran ; le dernier n'a de nom qu'en enic fer. (p. 40-44.) »
L'auteur a bien senti que les besoins inséparables de l'humanité' établissaient , parmi les hommes , une subordination subversive de l'égalité naturelle , et que le travail imposé a tous les enfans d'Adam les assujétît à une dépendance réciproque* Comment échapper à ces principes ? Des suppositions les plus arbitraires, il déduit les conséquences les plus violentes, v Quoi ! s'écrie à ce ff sujet un de nos plus estimables journaux,
188 nuTOiiiB
« cielui qui paie un travi^l pur «m atlairc , « celui que nous appelons amplement un ff {Manufacturier, un chef d'ateUer^ celnblk, « pire que les tyrans , n'a de nom i diles^^ « ypus, quê dans l'enfer ! Et vous jetiea ainM « Tanathème sur les manufactnrierB, quand <f Lyon retentissait de la mitraille du corn* <r bat I Vous criiez le^ manufhcturiers à ll^iu c< fer^ quand la révolte à Lyon criait : Les K ms^^ufacturiçrs à la mort I £t voua êtes (^ un prêtre ! et vous avez dit que voUs ap* ce prendriez au monde ce que c'est qu'un w prêtre (1 ) ! »
Daps la dbptrine consente; de M- de La Sfennais, point de di^tiilçtion (|tii ne spit un attentat contre la nature et contre la Religion . Maîtres et tyranpi , esclave^ et serviteurs , mots synonimes. Son > arrêt de proscription embrasse toute autorité bumaine, toute hiérarchie sociale. Pour lui, l'injustice, la cruauté aveugle, T'âvarice insatiable dictent tous les contrats, règlent
(1) J)f^wrna\ àes Débàiê, 34 mai 1834.
DE LA NOUVELLE BÉRÉSIE. ISSO
tous les intérêts. Toutes les formes de gouyerneoient, toutes les nuances d'autorité dans les uns» de soumission dans les autres, également condamnables, psrce qu'elles impliquent l'idée de domination ^t d'obéissances. A ses yeux , Titus et f^éron , saint Louis et Henri y ni marchent sur )a même ligne. Tout ce qui lut roi , fut pervers , rapace et cruel, prodigue des souffrances, des sueurs et du sang de ses sujets; et ceiix^ci , yiles bêtes 4is sqq^ine, troupeau marqué pour l'esclavage ou la boucherie; ils n'obéirent jamais qi^à la peur de la verge et du fouet y qu'à la peur de mourir de faim.
Si l'auteur n'avait eu en vue que Fesclayage tel qu'il s'exerce dans les contrées de l'Afirique et di} Nouveau-Monde, on applaudirait 9i ces moiivemens d'une religieuse philantrppie 9 rédamant avec raison contre ces trafics sacrilèges, où tous. les droits de la nature et de la fraternité humaine sont foulés aux pieds . où des hommes , créés a
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l'image de Dieu, réduits a la condition d'a-^ nimaiix que l'on égorge sans remords, sont enchaînés aux plus pénibles travaux pour servir les cajfrices de l'avarice ou de la sensualité. Honneur au vertueux Las-Casas , qui eut le courage de plaidep à4a cour des rois la sainte cause de la liberté ! Honneur a ses pieux imitateurs qui alors, dans lés confessionaux et dans les chaires , anathématisèrent cet infème commerce (i). Mais vouloir faire peser sur toutes les conditions de l'ordre social les sévères reproches que l'humanité adressa de tout temps à ses oppresseurs, c'est a son tour outrager tous les principes, c'est braver toutes les conséquences des réactions les plus sanguinaires.
L'esclavage est-il dans la nature? Est-il condamnable en soi et d'une manière absolue? Cette grave question a, de tout temps,
(4) Raynal, Hist. philos, du Commerce, t. V, p. 337. Robertson , Hist de VAmér., t. III, p. 52 , ett.I,p-3l2. V
exercé les pubiicistes et les philosophes.
Grotius, Poffendoif, Barbeyrac, d'autres encore l'ont doctement discutée. Montesquieu lui a consacré un des livres de son Esprit des lois (1). Au chapitre vi, il soutient que le droit d'esclavage doit être fondé sur la nature des choses y et produit les cas où il en dériv« (2). Ni la loi du Sinaï, ni celle de l'Ëvangile n'ont condamné l'esclavage.
L'écrivain moderne qui nous a laissé un livre utile et savant sur les institutions de Moïse , .Salvador , observe avec justesse que les expressions liéhrdiques ^ se vendre ^ être en servitude , devenir esclave y embrassent nos expressions de louer y se mettre en condition y en Service y devenir domestique (3). Dans les états despotiques eux - mêmes , la condition de l'esclavage n'y est guère plus à charge que la condition du su-
(4) Liv. XV, t. I, p. 409 et suiv. (édit. Paris, 1798).
(2) Page4i6.
(3> Tom. II, p. U2 (3 vol, 'mS\ Pam. ) '
IJft UISTOIIiB
jet (1). M. dç LaMennais est bien loin d'admettre ced distinctions. Tout se confond dan^son langage et dans sa pensée; I^stImk devient le principe même. Ce que l'Eglise n'a poÂnt prononcé y il le préjnge; ce qu'elle n'a point condamné , itle proscrit impitoyablement. Parce qu'elle hâta de tous ses tœfn le jour où tous le» pvinces chrétiens s^uniront par une conifrention ^néralé en favetir de la miiséricord» et 4e la piété, il ne permet pas a la sage politique et a la justice des états de calculer les effets de la rétosm^' à cet égatd. Parce que ^ôn s^imtîgne stveè rais^k contre les lois Oictieusés qui au!trefoîS) ont autaxiisé l'esclavage dans ta Crète , a Sparte, aRoiae,danslaThessaKé, kSicyone, à Carthag^ , il euUie les souiètemens que ces Lois odieuses excsiaient, pour en risqueï* de natfvesMs et commiander les. vçngeàtiées.
Ainsi , au mo^^ent oh. l'Angleterre avant nous s'occupait de modifier par d'utiles et
(1) Mont^quievr, st#jpr.^p. 409.
DE LA NODVBIXC HÉRÉSIE. t4K
progressives réformes la législation à cet égard, en France les républicains de 1791, précurseurs de ceux de 1793, faisaient en* tendre ces paroles : Périssent les colonies y plulât qu'un seul de nos principes; et ce cri féroce , exhalé a la tribune de l'Assemblée constituante, allait par-delà les mers porter la déyastaitièn et le carnage , incendier les habita^tions , et Êdre ruisseler lès flots de sang \mn$m !
Missîpnû^ire d^ révolte , qui vous dites prêtre; deJésua-Cbrist! allez donc, votre livre a la main, dans les contrées que la Pro^ vidk^n<^ , en les abandomiant aux brutales fijreiyrs de leurs bourreaux, consolait par la préseuee des. Anges de paît apparaissant au milieis d'elles^. Que disaient-^ ils à leurs mattieurèux habstans? Y ikisaient-ils retentir lés crîa de la vengeance et de la h^ine cbi^id^e leurs barbares maîtres? Dxsaiemtr-ils : Fi^s- d'Adiam, teus égaut aux yeux de la nature et de la religioiik, brises les lers sous
lesquels l'avarice et l'orgueil vous tiennent pourbés ,' brisez les sur les tètes de vos oppresseurs ; vos maîtres sont vos tyrans , et l'insurrection est le plus saint des devoirs? Non ; ils disaient : Frères du Dieu qui n'a pas craint de se revêtir lui-même de la forme d'esclave pour nous racheter tous de l'escla* vage du péché ; restez soumis à vos maîtres ïïnême fâcheux \ ce obéissez leur avec crainte ir et respect , dans la simplicité, de votre K cœur comme a Jésus-Christ même ; ne les fc servez pas seulement lorsqu'ils ont l'œil ff sur vous , comme si vous ne pensiez qu a cr plaire aux hommes; mais faites de bon « cœur la volonté de Dieu, comme étant les ff serviteurs de J^sus-Christ , et servez les ' « avec affection , regardant en eux le Sei- (t gneiv et non les hommes , sachant bien « que chacun recevra du Seigneur la ré- « compense du bien qu'il aura fait, soit qu'il «soit esclave, soit qu'il soit libre (1). »
(1) Ephes. , chap. vi^ 5-8.
M LA MOUVSEUB BÙlisiB.
lU
Saint Chrysostôme a dit qae le Chrétiea peut être libre jusqaes sous les chaînes de l'esclavage; témoin Joseph dans les fers de Pntiphar(<). • *
(1) Bibîicih. choisie tles Pères, t. XVIII, p. 305*
T. Ul.
ne
« Vous êtes dans ce monde comme des étrangers I »
Saint Paul qui donne cet avis à tous les Chrétiens , en tire cette conséquence que nous devons avoir nécessairement sous les yeux la patrie vers laquelle nous marchons (1). Est-ce a cette morale que M. de LaMennais les rappelle?
« Allez au Nord et au Midi , a l'Orient et
(1) Hebr., xi, 13-14 , xm, 14.
mSTOIEB DE LA flOWSLUS BÉBiSDB. MSF
« ft l'Occident, en quelque endroit que tow » vous arrêtiez , tous trouverez un honuno « qui vous en chassera^ en disant : ce champ r est a mei ( p. 48). »
Mais s'il est vrai qu'il lui appartienne, d$ quel droit un autre prétendrait-il 8*en Ma-» parer? Qu'aurait à répondre ]V|. de La Menpais anjf'ère €t ami qui viendrait lui dire : il y a assez long-temps que vous posséder voire terre de la Chesnaye : maintenant c'est mon tour? Ce qu'U aurait a répondre!
« chacun a droit de conserver ce qu'il a^ « sans quoi personne ne posséderait rien<i »
L'Apotre ne permet pas que nous attachions notre cœur a rien de ce qui passe ( puisque étrangers d^ns ce monde, nous ne possédons point une cité permanence, et qu'il nous suffit d'y avoir le nécessaire. Mais en est-ce assez pour ceux à qui M* de La Mennais a dédié ses Paroles d^un Croyant?
Rappelez sa maxime a ces partisans de la loi agraire, qui comme parle M. Lacor*
148 msTOiEE
claire , s'en font une arme contre le Christianisme (1 ) y et vous verrez quel cas ils feront des restrictions de M. de La Mennais.
De quel droit, vous diront-ib, ce champ estil à vous plutôt qu'à moi , pour que vous prétendiez m'en chasser ?
Dans un gouvernement réglé , chaque particulier renonce au droit d'occuper par force le bien d'autrui , par cela seul qu'il veut qu'on respecte le sien. Abraham étant dans la Palestine , demande aux seigneurs du pays un petit coin de terre pour y déposer les restes de Sara sa femme (2).
Il y a chez tous les peuples civilisés un droit sacré de propriété reconnu inviolable, mis sous la sauve -garde de l'autorité publique. Qu'il cesse d'être respecté, tout est en proie à tous.
f^ous ne déroberez pas. Ce commatide-
(i) Considérât, philoscph, surlesysi, de M. de Là Mennais , p. 14.
(2) Gen., xxtit, ^,
DE LA NOITVEIXS HÉBÉSIK.. 119
ment est écrit dans le code de la nature comme dans celui de la loi. Celui qui prend quelque chose à son père ou à sa mère^ doit
* être regardé comme un homicide^ a dit l'Esl prit Saint (1).
cr La pauvreté est fille du péché. La pauu vreté et la servitude ne viennent pas de ff Dieu» mais elles sont une suite de la cor- K ruption et des mauvaises convoitises des K hommes, » dit ici M. de La Mennais (p. 48).
' jCela est il rigoureusement exact !
La Sagesse éternelle , qui nous a exposé dans ses livres saints les causes et les effets da péché , ne compte dans ce nombre ni la pauvreté, ni la servitude. La pauvreté et la
richesse viennent de Dieu : Paupertas et honçstqs a Deo (2). Elles sont également , dans les conseils de sa divine Providence « une éj^euve, non un mal; une occasion de péché , elles n'en sont ni la cause ni le fruit.
(p) Prov., xxvni, 14, (2) Eccli.,xi, 14,
Wb ttlSTOIEft
La pauvreté n'est donc pas la Jille , la coiîséquence Immédiate du péché, témoins Jôb, Jésus-Christ et tous les Saints; ni la servi* lude non plus. On s^effarouclie de ce mot :
tr II est dans la nature, répond le plus docte à des théologiens modernes. Ce qui a dotiné «r naissance au mot servie qui est derénti t odieux dans la suite, a été, dans ton ori-* <r gine, un terme de bienfait et de clémence « descendu du mot servare^ conserver (1). % Nous avons eu déjà l'occasion de le remarquer ; et si nous y revenons, c'est parce que Pécrivain que nous réfutons y revient saM «esse lui-même. « Celse m'oblige \ me té*- « péter, \ cause de ses éternelles répétii- « tions, n disait Origène.
Vous ne rencontrez nulle pari , ni chei; les Ap6tres, ni dans les anciens canons , ni daiis aucun des monumens de la pirimilive
(1) Botsuct, dans Principes du Gouvernement, p. 7. Voy. ààn% noire Bihli^th» choisie des Pires, Origèae , t. II , p. 462 ; S. 'BaiiU . t, VlJ ^ jj. Î17 ; S. Chrysost., t. XII , 68. 1^4. '
DE LA NOUVELLE HiftÊSIB. Ittl
E^ise, l'invitation aux esclaves même, à plus forte raison aux serviteurs, de s'affranchir de Tautorité, même violente de leurs maîtres, sous prétexte de la liberté chrétienne apportée au monde par la Religion nouvelle. C'est que l'on y comprenait autrement que M. de La Mennais le vrai sens des paroles de l'Evangile et des Apôtres , la vraie liberté des enfans de Dieu.
« Rome païenne, a dit un estimable écrivain « de nos jours, exerçait sur l'esclave, comme • sur l'enfant , le droit cruel de vie et de « mort. Rome chrétienne , par sa douce « charité , in^'^nsiblement abolissait, sans « commandement, l'esclavage, que la )oi de « l'homme n'abolira nulle part sans désor- M dres et sans ceux de l'anarchie, qui est f Fesclavage de l'homme libre (1). >» « ^
- ' 0) teê Pa¥dm d^ttn Créfmn^, têtun , tàfrigéèM
1V4 WÊgMOK WÊ tk mvrnxB
f^urs contre ceux qui les avaient enchaînés, et le sixième jour ils fiirent vainqueurs , et -le septième Jiit un four de repos (p. SS)«
Veilh rœu\To ie M. de La Mennais ceneompiée ! Comme le tout puissant Créateur il a iravailU six Jours jZt le septième ils^^t ' reposé l
ie serai semblable anTrès-'Haut x a 4ît S|tan dans aan orgneil im^«
Ce chapitre est It m^itt di| précédaient.
V Nous avons résolu de combattre le méchant « qui nous accable de chaînes forgées dans « la demeure des démons. Combattez, et ne
V craignez rien , que vos résolutions soient
<r fermes,mais lentes. Si la victoire paraît s'étr loigner de vous, ce n'est qu'une épreuve; « elle reviendra ; car votre sang sera comme « le sang d- Abel égorgé par Gain , et votre
IM WBTOmE M LA NOUVEIXB OhutalB.
« mort comme celle des martjrrs (p. 60-61 .) Ainsi avait-il dit dans son Avenir : « Les « Catholiques ont commencé depuis un an cr un grand combat qui finira , s*ils perse- « vèrent, par le plus beau triomphe qui « ait jamais été accordé a des efforts hu- « mains. Ce triomphe marquera dans l'hist( toire une époque aussi glorieuse que le ir règne de nos ^ans est exécrable et flétr trissant pour Fhum^ité (1). »
L'analyse de cds deux chapitres peut se réduire à ces deux mots : Liberté ou la mort.
(1) Avenir, n. 41; d2> 396:
Celui-ci est un des plus renommes du livre , et n'en est pas encore le chef-d'œuvre. Jamais peut-être , depuis la cohfiision des langues, l'orgueil insensé des hommes n'enfanta pareille production.
C'est-là, encore une vision. Mais ressem* ble-t^elle à celle des Prophètes et des hommes inspirés par l'Esprit de Dieu ?
Par exemple , le' Proplièïë EzécKîél se
188 msTons
voit transporté , par l'Esprit divin » dans une plaine aride couverte d'ossemens. « Fils de l'homme ! Commande a ces osse* « mens desséchés, de renaître a la vie; à 4c la voix du Prophète , tous ces morts se « raniment ; ils se dressent sur leurs pieds, «r vous diriez une grande armée, rangée en
« ordre de bataille , où brille sur tous les
' <r fronts la joie de la délivrance , et l'es- « poir de la glorieuse iipmortalité(1).« Que cette image est grande I qu'elle est digne du Dieu qui l'inspire et de l'interprète qu'il s'est donné ! rien n'effraie , rien n'attriste la pensée.
Le modèle que M. de La JVÎënnais s'est choisi, est-ce Ezechiel? non, c'est Luthei*.
Dans les œuvres de l'hérésiarque, il se k*encontre deux fictions ; la première , est sa faûieuse conférence avec le Diable qui, au milieu des agitations de son esprit et de ses orageuses veilles de nuit , vient lui appren-
(1) Exech., xxxvfi , 9-i4.
Ate ^€ It Sacrifice de la MeaM n'est qn'i* dolatrie; l'autre est sa vision de Tare-en^»
ciel t rai^ortée dans sa lettre au chancelier Pontanus du 5 août 1S30* « Je tu isn der»
nier lien deux merveilles ; la première »
c'étaient les étoiles et toute la Toûte ce* leste; mais je n'appercevais pas les piliers sur lesquels repose ce vaste édifice ; la seconde , c'étaient de grandes et épaisses nuées qui flottaient pesamment sur nos têtes et que l'on pouvait comparer à une vaste mer : elles tombèrent sur nous ; elles menaçaient d'un déloge étemel; bientôt elles dbparurent, et a leur place semon« tra un arc-en-ciel formant un dôme aix«> dessus de la terre. C'était un toit bien fai« ble , plus semblable a un prisme qu'à un toit solide ; il sembla cependant que le faible phénomène semblait porter cette « masse d'eau et nous préserver (1). » Lu*
(1) Hiêt, de la Bé formai., par de Sekendorf, t. i« p. 186 ; t. Q, p. 225«
100 msTOins
tfaer y voyait l'image des inimitiés qui allaient fondre sur sa réforme, et la prophétie de sa Tictoire. Du moins n'est-ce point par les affreux préludes de vengeance et de des^ traction, de mort et de ruin^ que le Croyant du XYI^ siècle fait passer les peuples pour
arriver k son règne d'égalité et de bonlieur universel.
La vision que M. de La Mennais nous présente ici , c'est une épouvantable phan^ tasmagorie, qui tous ^anspcrte au mUieu d'une place d'exécution, vous enveloppe d'ossemens et de blasphèmes, vxius laisse pénétré d'une sombre horreur. Ici , la sa-* tyre la plus dégoûtante de l'humanité tout entière ; des tableaux dont la démence .seule a pu broyer les couleurs; l'imagination créant k plaisir des crimes inouis dans les annales des peuples , et le récit des crimes les plus atroces exposés de sang froid/
Citons le texte ; bien qu'il faille un certain courage pour transcrire d'aussi étranges paroles.
tt Dans une salle tendue de noir et éclaifc rée d'une lampe rougeâtre , sept homme s « vêtus de pourpre et la tête ceinte d'une « couronne étaient assis sur sept sièges de « fer. Et au milieu de la salle s'élevait un « trône composé d'ossemens , et] au pied du « trône, en guise d'escabeau^ un crucifix renie versé ; et devant le trône , une table d'é- « bène, et sur la table, un vase plein de sang ff rouge et écumeux, et un crâne humain. Et « les sept hommes couronnés paraissaient « pensifi et tristes, et, du fond de son orbite « creux, leur œil, de temps en temps, laissait K échapper des étincelles d'un feu livide.
cf Et l'un d'eux s'étant levé , s'approcha du <c trône eh chancelant, et mit le pied sur le ce crucifix. En ce moment , ses membres «r tremblèrent, et il sembla près de dé&illir. ce Les autres le regardaient immobiles ; et ce oeliii qui avait semblé près de dé£aâllir , ce étendit la main, saisit le vase plein de tf' sang, en versa dans le crâne, et le but. Et
T. in. 11
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« cette boisson parut le fortifier. Et dres- 'T sant la tête , ce cri sortit de. sa poitrine n comme un sourd râlement : Maudit soit le '( Clirist , qui a ramené sur la terre la li- « berté ! Et les six autres hommes couronnés « se levèrent tous ensemble, et tous ensem- (c ble poussèrent, le même cri : Maudit soit « le Christ , qui a ramené sur la terre la « liberté ! »
E^t chacun a son tour boit le sang dans le crâiie humain , avec des imprécations nouvelles contre la science et la pensée, contre le Christ , qui se terminent par le refrain : « Plus de Christ; il y a guerre à mort, guerre cr éternelle entre lui et nous. »
L'on se croit arrivé au terme de ce dithyrambe impie. Non : h Mais comment dérr tacher de lui les peuples? Ecoutez- moi, (c reprend un dés sept conjurés j il faut ga- « gner les prêtre» du Christ avec des hiem, « des honneurs et de la puissance; et ils ff commanderont aux peuples, au nom du
DE LA NOCVBLIA HÉESSIE. I6t
«r Christ, de nous être soumis en tout, quoi* « que nous fassions , quoique nous ordon* «r nions ; et le peuple les croira, et il obéira tr par consciepce. Et tous répondirent : il m est vrai, gagnons les prêtres du Christ(1 ). » . Cette ligue criminelle du sacerdoce avec le pouvoir, contre les droits des peuples, était un des reproches habituels dent M. de La Mennais chargeait les cokimes de son
A chaque page, nos évêques y sont flétris des noms injurieux de serviles adulateurs de la puissance, de lâches comphces d'un pouvoir hypocrite et oppresseur ; ils. ont prêté les mains k des ordonnances sacrilèges, a des lois athées, k des traditions mensongères, imprégnées du venin du calvinisme , au complet renversement de l'Eglise catholique et du Christianisme. Ils ont consacré la tyrannie , en persuadant aux peuples que tout est permis aux mécbans
(i) Pages 64-74 .