‹ Histoire de la nouvelle hérésie du XIX siècle: ou, Réfutation complète des ouvrages de l'Abbé deChapitre 24 sur 30 · DB LA NOUV|$U«B HÉBÉSIE. I4KI · texte numérisé non relu

DB LA NOUV|$U«B HÉBÉSIE. I4KI

Ypix le meurtre , le pillage et l'incendie ?

Avant la publicatipn du livre dcis Paroles d'un Crojant , ces proclaiwations furibondes remplissaient le journal de Vuivenir j qui les portait dans les provinces.

Là , M. de La Mennais ne manque pas d'étaler les riombreux triomphes promis à sa noble cause j et déjà obtenus par elle.

Il énumère avec faste les cités oii ses doctrines commencent à dominer, où la crainte flamme de la liberté éveille enfin les âmes engourdies jusques-là dans un honteux esclavage; il contemple avec orgueilla génération nouvelle qai grandit chaque jour en force et en courage ^ et prépare pour le monde entier la conquête de la liberté. Celle de nos citéSy qui fixe plus par licnlièrement. ses espérances, c'est Lyon, la seconde Capitale de Fempire, pour Fintrépide ferveur des membres de l'association qui s'y est formée.

€c Catholiques! combattons, et mourons, s'il fc le faut, pour la défense de nos droits sa-

194 HibTmue

<r ctéfi; bmotis âit# les têtes de hds tyratis « les ftit*s dbiii Hs ont chargé nos iftains. » £t le joUi^ n'étfirit ps^ loin où le coliibâtt pto- Toqaé àvëd tâht d'ai^déur par le natnredu Tyrtkée , allait s'ëhgager. Des contestations s'élèvenit entre les fiiblricans et les onvriei^s. fr Nottii YétÉlëti!^ , ont dit cètn^ci , une ang- « mentationdëslalaite, afin dé pôttirblir sttb- (T stster, nOtis, rios feÂihies et nos elifiiis; » Où ètes-TOtts M. de la Meiinàis? Quoi, h Paris , loin du chattip dé bataillé qui s'apprête ! quoi y la plume à la lââàiti , (JUahd le fer ëtihcelle d'ah^ les mains de Vos satel6tés armés par vos doctrines ! Ne vous souvientil pltis que la veille d'une action décisive , \M Roniaiti fàmetix , comme vous lé séirez im j6ur dans Thisitoire , dkâit k seé compagnon^ réunis autour de lui : Je ne serai pas loin dé vous y ni d affèctiori^ ni de présence (i)! Aussi, fidèle k ses engagemens, M. de La

(1) Nequc animus , neque corpus à vohis aberit, {B^llum Cotilin. ), p. 81.

DE L4 NOUVELLE HÉEÉSIE. t#B

Mennais est-il parti, en déclarant la suspension de son J venir ^ avec le dessein de se rendre à Rome : le pèlerin de la liberté pourrait-il manquer de visiter ses frères >et amis, de prêter au moins à leurs ma- ^nanimes efforts le secours de ses encouragemens? Arrivera-^ t^il assez k temps pour ^re témoin des violentés seènes qui ensanglanteront la malheureuse eité ? Je ne Pen accuse point. Mais celui qui sonna la charge ëtait-ôl hors du combat , quand même il ne se serait pas trouvé dans la mêlée ?

Non , je n>^ccuserai pas M. de La Ménnais de s'être joint aux rebelles élevant les barricades , faisant feu sur les magistrats et sur l'a forcé militaire. Mais les proclamations séditieuses, a tous momens placardées sur les ptates publiques au moment de l'action, se retrouvaient textuellement dans ces paroles de VAs^enir^ répétées pài^ le Croyant: Association y résistance ^ courage. Soyez hommes : nul n'est assez puissant pour vous

196 BISTOnS DB LA NOUVELLE HÉEÉSIE.

atteler au joug* malgré vous. »< Nous laisse-

<( rons-nous égorger comme de vils trou-^

c( peaux, esclaves dégradés au-dessous même

<( de la brute, car la brute sait tout ce qu'on

i< affirme que nous ne savons pas ; et elle

« n'a besoin que de son instinct pour le sa-

V voir? Il y a des»animaux stupides qu'on en-

•^ ferme dans des étables, qu'on nourrit pour

K le travail^ et puis, lorsqu'ils veiUissent,

«qu'on engraisse pour manger leur chair. »

«f H y en a d'autres qui vivent dans les

« champs en liberté , qu'on ne peut plier à

«< la servitude, qui ne se laissent point sé-

. K duire par des caresses trompeuses , ni

« vaincre par des menaces et de mauvais

ce traitemens. >. '

« Les hommes courageux ressemblent « a ceux-ci ; les lâches sont comme les pre- 4f miers. >. (P. H^2, 113.)

XXJL

Théorie de la liberté. — «Pour être libre ^ «( il faut, avant tout, aimer Dieu; car si tous « aimez Dieu, vous ferez sa volonté , et la vo- « lonté de Dieu est la justice et la charité , « sans lesqulelles point de liberté, i» (P. 116.)

Est-ce la une rétractation de tout ce qui précédé? car qu'est-ce que la justice et la charité, fondemens de l'amour de Dieu? La justice , saint* Augustin la définit : la vertii

186 nsToiHz

qui rend à chacun ce qui lui est dû, le tribut à qui a droit au trU)ut, l'honneur à qui l'honneur appartient. Four conserver la jus> tice , poursuit le saint docteur , il faut tout endurer, les privations, les krs, Tesclavage, la mort même. La charité , saint Paul yeut qu'elle soit patiente, résignée, soumise k ses maîtres, à la puùsance, k l'ordre étahli.

Telle est la volonté de Dieu, parce que telleest son œuvre : Omnis potestas à Deo.

Vous croyez, lecteur, cet oracle émané du ciel. JVon; ce n'est, selon M. de La Mennais , que le langage du mensonge et de la force, employé par les oppretsems de la lib^ifé, pourprolDii:ger la servitude de leurs frères : « Ils disent que la dominatisrti Jtthi-^ « trùre de quelques-uns et l'esclavage de « tous les âges est l'ordre établi de IHea. »

« Répofidez'leur que leur Dieu k en* est «Satan. .(P. 417.)

Képondez k ces martyrs de la charité^ la gloiri; de nos annales chrétiennes , qui se

DE LA NMVELUB HÉRÉSIE. iW

iaisaisAt esclaves pour racheler leurs frères (1); qu'ils lie &isaien|t, a^ee leur hérmsiue de charité, qu'obéh* à l'insipîra^km dé Satatt, père de F^sdayage.

•r Que si voi|s n'êtes pas résolus |i com- «r battre eaas relâahe, a iout ^içporter sans ^Jiéchir, ne jamais vous lasser» a ne cédei* K jamais, gardes vos fers^ et renoncez à une « liberté dont; vous n'êtes ^pas dignes^. La li- « berté est comme le royaume de Dieu; eUe « SQUJj^e Violence j M Us wolens la ravis- «sent. » (P. 4f8.)

Ladiberbémiae en balance airec le royaume du ciel l avec. ce trésor «ptettoiis les (biens de la itetxe ne ipaieraient pas, lei doiil la perto ne peut être compensée , pour aucun de nous , paar quoi que ce soit !

Far quelle violence les Saints de tous les temps ont-ils ravi le royaume.de Diieu? En

(i) TéaMMDft le'^eaheui^eiix Paiil DelatTSietiSamt Vinoent de Paul, dansées temps modemes. Voyez Godesoard. >

SHÙD UBTIHftS

foulaut aux pieds tous les biens du monde'^ même la liberté, comptant pour rien toutes les .répugnances de la nature et de la chair, se renonçant a soi-même , fiiisant du bien à ceux qui les persécutaient , ne connaissant de serTitude que le péché , d'ennemi que le démon. TSos saints. Martyrs, par quelle vip^ lence ont->ils conquis le royaume^ du ciel ?

En répandant leur propre sang, jamais celui de p wsonne (i ).

Plagiaire de lui-même, M. de La Mennais répète ici ' ce qu'il avait dit déjà dans son Avenir : La. ËiBERiié ne se ookete pas, edle se PREivi. Et l'exemple qu'il-proposait , c'était cekii de la Pologne,, creusant son tombeau..

(4) S. Aug^uetin se demaade comment noB sainU martyrs ont trioniphé de.leQiss bcraiveaux ? II. répond :. Orando, patiendo, Qum pid $ecurUate moriendo , leges quibus davinabatur Christiana Religio , erubescèro compuîerunt, muiarique fecerunt : en priant, en souffrant^ en mourant avec une pieuse aéturanee, ils ont, forcé les lois 4|ui condamnaient te Christianisme à rougir et à ee retracter. {D0 civii. J}ei, lib. vm, cap. 20, t. VII. Bened. p. 207. )

Les Thermopyles : voilà pour M. de La Mennais le royaume du ciel.

La liberté se prend ; par quelles armes ?

Par la violence et le carnage? Non, à Dieu ne plaise, répond-il; et il laisse ces auxiliaires aux voleurs et aux brigands; mais par une volonté forte j inflexible j un courage calme et courageux. L'insensé ! après qu'il a lâché la bride aux passions populaires , ii croit qu'il en^sera le maître !

La cause la plus sainte se change en une cause impie , exécrable , quand on emploie le crime pour la soutenir.

L'Eglise affligée par de grandes calamités fait entendre ses gémij>semens, et redouble ses prières au Seigi^eur pour conjurer sa justice et invoquer sa miséricorde. Elle emprunte dans l'expression de ses douleurs les pathétiques accens des Prophètes de l'ancienne et de la nouvelle alliance , assurée que le Seigneur écoutera avec plus de

HISTOIRE DE lA OHHI¥BLLE HÉRÉSIE. 90H

£l¥6iir les paroles que lui-même a dictées ; elle en compose ee quenaus appeloi» Lita^

mes y ousnpplieatMnsipiibliqiies, solennelles, a€€oiDpagi»ées«lejeime,proces8i0ns, etc.(1).

La înuiition en rapp<nrte forigine vers lé milien du Cinquième sîède , an temps ^ de S. Mamers, évêqaede Vienne en Dauphiné, qni les institua dans un confie tenu dans cette lâlle en 4S^4 , à l'occasion des fléaux extraoHitnaines qui désolaient le royaume.

Ce pieuK exemple ne tarda pas à être àd(M4é> et nous le voyons adopté dans plusieurs églises avant le sixième siècle.

Snrce modèle, M. 4e La Mennaîs , qui toh toutes les calamités réunies dsms la servitude , et le genre liumain tout entier dans les iers\ entasse sous sa plume toutes les lamentations , pour jeter le cri de détresse. Pas \in gtônre de souffirsmce n'est ou-

(1) Litaniœ grtBco nomine appellavtur quw latine dieuntur r^^a^in^f».^. .profàér r9§undum Deuniy et impetrandam in aliquo misericordiam eju^ ( Concll. Mogunt, ann. 813, can. xxxii. )

9M n»Tonis

falié ; il les dépose aux pieds du.tr^e de' la clémence divine, par le refrain : Seigneur^ nous crions vers vous dufond de notre misère. Mais bien différentes de cdles de Jonas enr fermé dans les entrailles du monstre, des Hébreux capti6 dans la fournaise de Babylone»

ou de nos saints Confesseurs sur lescheva* lets, ses prières ne sont que des murmures , des imprécations contre les oppresseurs de l'humanité , animaux féroces poursuivant la douce et l'innocente proie. « Nous crions « vers vous , Seigneur , comme le prisante nier que le puissant injuste a jeté dans « un cachot humide et ténébreux 5 comme « l'esclave <fécfairé par le fouet du maître , « comme l'innocent . qu'on mène' au sup- « plice ; nous crions vers vous comme le « Christ sur la croix., lorsqu'il dit : Mon » pèrSj mon père^ pourquoi m*ayez^vous ^délaissé? n{VAVAA^,)

Et Jésus-Christ mourant priait pour ceux qui l'avaient attaché a la croix , en di-

sant: Mon père y pardonnez-leur^ car ils ne sapent pas ce gu^ ils font (1).

M. de La Mennais nous donne ici les litanies de la liberté. Attendons-nous à en iroir incessamment tout TOffice, puisqu'aussi bien- la Conyention de 179S nous ayait donné déjà le culte et la dées^^de la liberté. • L'arsenal du bla^hême n'est pas épuisé !

«Semblable au sauveur lui-même, l'humaff nité qu'il a rachetée de son sang a été ra- «( menée sous le joug de Satan et de ses mi- « nistrès (c'est-a-dire despuissans du siècle), « flagellée par eux , déchirée de coups , «r jetée pêle-mêle dans le sépulcre où elle « gît frappée. de mort, et l'on en a scellé « la pierre d'un sceau sur lequel 09 a , par <( moquerie, gravé le nom de Jésus^Christ »

( parce que c'est au nom de Jésus-Christ que son Église commande la soumission aux puissances), (c Mais encore trois jours et

(i) Lur, xxiii, 34.

SilS HliTOiHV

« 1^ 9ceau sacrilège sera brisé , ut la pierre « sera brisée, et ceux (pn dorment se réveil- « leront, et le règne Vin Christ, qui est jus-- «( tice et charité « et paix et joie dans TEs» «r prit Saint, commencera» » (P. 125,196.)

Sur (fooi on écrivain qui ne s'est pas to«ijoMrs monti^ h<>9tile owx doctrine^ de M. de LaMennaîs , fai|; cette obaerratiôn :

« Convenons , piûsqm'il le faut » qae rien n'indique nulle part que M. de La Mennais exempte de sa malédiction la hiérarchie spirituelle elle-même. Au contraire, ne pourrait-on pas voir des allusions , des intentions malheureuses dates cette affectation à prédire Un pur régné du Christ sans intermédiaires humains ? Et que penser désormais de celte église chrétienne qui se vantait d'être la colonne etl'oraiîle de la vérité, quand non-seulement elle peitnettait , mats qu'elle commandait au nom de son divin lé* gislateur de prêcher incessamment aux

Di LA NMvnxi viMisa. 907

peuples le deToir de l'obéissance envers leurs maîtres tant spirituels cpie politiques (1)? M

(1) Wniverê rMgieus^ n. 160.

xxai.

Le prophète du dix-neuvième siècle a découvert les symptômes précurseurs de cette révolution promise à l'univers. Il les reconnaît à ces compulsifs mouvemens^ à ces secousses violentes qui V ébranlent^ à ce murmure confus qui gronde au sein de notre Europe^ a cette fiès^re intérieure dont les peuples en émoi sont agités. Elle fut depuis long-temps l'objet de ses prévisions; et il

HISTOIRE DE LfL NOUVELLE HÉRÉSIE. IIQO

n'a jpfts cessé d'en nourrir Tespérance (1), il en assigne l'époque., ce Encore trois jours , c tenez«-yous prêts , car les temps appro- « c)ient(p. 1!28). » Il en détermine le caractère principal : Le soleil des intelligences se f^it jour à travers les nuits profondes et éjiaisses qui pèsent sur tout l'horizon politique et religieux ^ et cependant «les nations «( tranblantesonl poussé des cris de terrçur f^ tels qu'on n'en a point entendus depuis m, les jours du déluge (Ibid. ). »

> Touchons-nous donc à la fin des temps ?

et les pironostics qui nous en sont donnés dans ce chapitre, sont-ils les mêmes qu'a pré£t$ , avec tant de détails , le Souverain Jnge des vivanset des morts? Recueillez ses oracdes. Il parle, lui aussi/ de soulèvemens de peuple^ , de fléaux exterminateurs, comme devant, être les commencemens desdouleurs ; il parle de persécutions sanglantes ^

(i) Voyez Imoii^^T Vlndiffér, (introd. ), page 1, Avenir, n, 1.

mt- HI^TOiaE

ff pour les bénir , et cette bénédiction des« V cendra sur leur cœur et il cessera de

«r battre.

« Et les Savans se troubleront dans leur tf. science, et elle leur apparaîtra comme «r un petit point noir \ quitnd se lèvera le ff soleil des intelligences.

«r Et k mesure qu'il montera , sa chaleur cr jbndra les nuages amoncelés par la .ternir pête ; et alors, jamais le ciel n'aura été si « serein , ni la terre aussi verte et aussi ff féconde ; et au lieu du faible crépuscule , <r que nous appelons jour, une lumière viye r et puiFe rayonnera d'en -haut, comme un te reflet de la face de Dieu , et il n'y aura « ni petits, ni grands (p. 129-130)* »

Ainsi, l'objet du futur avènement de Jésus-Christ , sur la terre , c'est une guerre d'extermination . dénoncée aux grands et aux riches ; c'est Ik le dénouement du drar me , la régénération qui , dans trois jouirs i attend le monde !

Dfi LA NOUVELLE BÉEESUfi. SIS

On croit entendre Voltaire et Diderot féliciter à l'avance la postérité , que , grâce a la nouvelle philosophie , il n'y aurait*bientôt plus dans l'univers , ni rois , ni prêtres,

XXIY.

Hymne en Fhonneur de la Providence , 80VIS la forme d'une parabole que la piété anime de la plus douce onction et des plus suaves couleurs.

Ne -retranchons rien à ce tableau ravissant, et ne mêlons au plaisir qu'il nous donne que le regret de n'en pas jouir plus souvent.

« C'était une nuit d'hyver^ lé vent souf-

BBTOnUB DB KA NOItVEIXE BÉB^SIE. Iltt

fiait au ddbMNTs , et la neige blanchissait les lùku* Sous «n de ces toits, dans une diaaabre étroite , étaient assises , travailkmt de lenn mains » nne femnte à cheveu blancs et une jeune fille. Et de tempe en temps la vieille fenune réchauffait,- à un petit braaîer see main» pâles. Une lampei d'arjple éekirait eeltd pauvre de* menrti, et un ray%n de la lampe venût etpirev sw une image de la Vierge , au»pendue aM mur. Et la jeune fille levant les yeua^ regarda en silence, pendant quelques mdnwna y la femme à cheveux Uanc»;

puia eHe hl* dit s ma mère , vous n'avea

.pa»éM teujeur» istt» ce dénueiàeiil. 1^ il y avait dan» su toix iltie douceur et une tendresse inexprimaUes. Et la femme a cheveux blancs répondit : ma fflle , Dieu est le înaUrej ce qu'il fût est bien fiût.

Aymt dit cea mots, eUe se tut un pifu de tenips:^ ensuite elle reprit ; Quand je perdis vatr^ père , ce fiit une douleur qu^ je

916 UBTOIHf

tf crus sans consolation y cependant tous 4c me restiez ; mais je ne sentis qu'une clioâfe «> alors. Depuis, j'ai pensé que s'il vWait et (c qu'il nous ^ît dans cette détresse , son âme iT; se briserait ; et j'ai reconnu que Dieu avait <r été bon envers lui. La jeune fille ne rêve pondit rien ; mais elle baissa la tête , et te quelques larmes qu'elle s'efforçait de ca- V cher , tombèrent sui^la toile cp'elle tenait «r entre ses mains. La mère ajouta : Dieli » qui a été bon envers lui a été bon aussi en- << vers nous. De quoi avons*nous manqué , Mi tandis que d'autres manquent de tout ? Il <o est vrai qu'il a fallu nous habituera peu, et « ce peu le gagner par notre travail ; mais fc ce peu ne suffit-il pas? et tous ne sont^ils «pas, dès le commencement-, condamnés If a vivre de leur travail ? Dieu , dans sa «>bonté, nous a donné le pain de (îhaque If jour; et combien ne l'ont pas? un abri, et If combien he savent où se retirer? il vous « a', ma fille', donnée a moi : de quoi me

V plaîndfrais-je ? A ces dernières paroles, la ^ jeimë' fille tout émue tomba aux genoux ic de sa inère, prit ses mains, les baisa: Et «t se pencha sur son sein en pleurant, et la K niète faisant un effort pour éîever la voix : viià'fiïïe, dît-elle, le 'bonheur n'est pas « de'^dSsédei''b'eaucotip, mais d'espérer et t( d'aiàiei* beaucoup. 'Wolre espérance n^est « pas id. bas', ni notre ainiour liôh'plùs ,'ou te s'il y e^t, ce n'est qu'en passant. Après « Dieu, TOUS m'êtes tout en ce monde j mais ir ce monde s'évanouit comme un songe » et

V c'est pourquoi mon amour s'élève avec « vous vers un autre monde. Lorsque je <c vous portais dans moii sein , un jour je « priai avec plus d'ardeur la vierge Marie , « et elle m'apparut pendant mon sommeil , « et il me semblait qu'avec un sourire ce- « leste , elle me présentait un petit enfant. i< et je pris l'enfant qu'elle me présentait, et « lorsque je le tins dans mesbras, la Vierge (( Mère posa sur sa tête une couronne de

118 HI8T0HL& W hX NOQVEIXE BÉlUBSlif.

« roses blaacbes» Peu de mois après» vous « naquîtes, et la douce vision était toujours c devant me, yeux. Ce disant, la femme > aux cbbveuiL blancs tressaillit » 9t serra sur « ^n ec&ur la jeune fille. A quel^^ tepps « de là, une âme sainte vit deupr formes ir lumineutea monter vers le ciel» et «ne V trou|^d^Anges le^ accompagnait y. et l(air « r^t^itiasait i^ leurs cImui|s d'aU^gfeife* »

XXT.

Rien de remarquable dans celui-ci ^ à moins qu'on ne veuille faire a Técrivain un 'mérite particulier du bon sens qui l'a dicté.

Paraphrase du mot (Te saint Paul que la vie présente n'est que V enfantement d'une vie meilleure (1 ) , suivie de réflexions dont plusieurs ne sont pas d'une justesse xigoureuse : celle-ci par exemple c « Cette terre si riche, si

(i) Rom., vm, 22.

990 mSTODlE DK LA NOVVBLLE BÂRÉSDE.

« verdoyante n'est que le pale suaire de la

«r nature ; car la nature , déchue aussi , est

« descendue comme l'homme dans le tom-

« beau. » Ce qui la suppose morte , et dans

l'impuissance de produire.tr Elle ensortira,j» dit l'auteur.

Quand viendra cette métamorphosedont M. de La Mennais a seul le secret?

L'homme subit dans le sépulcre la peine du péché qui est la mort , pour ressusciter un jour et vendre compte de ses œuvres :

est-ce que la terre, est-ce que la nature ressusciteront pour être jugées ?

Celui-ci nous transporte bien loin des riantes images que présentaient quelquesunes des précédentes pages.

Sommaire de la vie de Jésus-Christ , pour mettre en opposition le peuple et les grands, et £ure tomber sur ceux-ci tout le mal qui 8^ cominet.

y <c Qui est-ce qui se pressait autour du « Christ pour entendre sa parole ? qui est-

999 ^ msTOiES

«( ce qui le suivait sur la ibontagne , au dé- « sert f qui le demandait pour roi , et , le , « jour de son entrée dans Jérusalem, lui « rendaithommage comme au fils de David?

« le peuple. — Au contraire, qui est«:e qui « se scandalisait à cause des malades qu'il « guérissait le jour du Sabbat ?|qui Tinterro- « gedit insidieusement pour le perdre ? Cetr taient les Scribes et les Pharisiens, les « docteurs de la loi , le roi Hérode et ses « courtisans , le gouverneur romain et les ic Princes des Prêtres (p. 143-145). »

La colère et la haine sont de mauvais conseillers.

Les flatteurs du peuple , car il a aussi le* siens, et plus dangereux encoire, dit Bm*' suet, que les flatteurs des Princes, pourront se prévaloir du témoignage du Prêtre La Mennais, pour dire que partout le peuple est bon , sensible , reconnaissant k' Fégard et ceux qui lui font du bien. L'Evangile lui répond que le même peuple qui raivail Je-

DB iA NOCVBUS ■ÉRSffiB. ttS

tus-CSilist au désert , le poursuivait sur la route du CaWaire par des cris de fureur, par d'homicides imprécations, et arracha sa sentence de mort ii Pilate qui voulait le sauver. L'histoire de TEglise lui montre ses Apôtres et ses Confesseurs , des milliers de martyrs immolés , par qui? par la cruauté sanguinaire des peuples. Qui est-ce qui se précipitait en foule dans Famphithéfttre pour s'y repaître du sang des victimes que Pon y entassait? Qm est-ce qui allait y jouir de Tagonie et de la mort des innocens qu^on y égorgeait ? Et ce cri barbare , les Chrétiens au lion^ qui est-ce qui le faisait retentir d'une extrémité à l'autre du monde ?

Trop d'expériences nous ont appris ce qu'il faut attendre d'un peuple abandonné a se^s passions naturelles.

On avait mis en question, chez un peuplé voisin , s'il est des cas où le peuple ait le droit de juger et de punir son Souverain.

Bientôt la mort tragique de Charles P'', ré-

284 IIISTOIKE . f .

solut la question, et fit voir dans les principes républicains le plus haut point d^ l'extrui^agance et de la sédition.

J'emprunte ici les paroles d'un philosophe anglais à l'occasion de ce procès célèbre , il ajoute : ce Lo gouvernement est instiff tué pour restreindre la fiirie et l'injustice « du peuple , et son fondement étaut touce jours l'opinion , non la force , il e^t ^9Dç ff.gereux d'affaiblir par de téméraijres spé«* « qulations le respect que Ici p^enple doit ^ « l'autorité (1).)»

(1) Hume, Hist, de la maison de Siuard. (trad. franc., 1. 111, p. 429, 430. )

Contre l'intolérance .

' L^auteur de V Essai sur V Indifférence avait dit : ff une 'pKilosophi« hypocrite fait rè- (c tentir au loin lés mots séduisans de mode- «r ration , dlndulgence , de mutuel support r et de paix j le miel perfide de ses paroles « déguise mal l'amertume des sentimens que « son cœur nourrit (1). »

996 IIlHtOIRB

Nous pourrions citer vingt passages du même auteur où la tolérance est jugée avec la même sévérité. Sans entrer dans le fond de la question , quoi de moins tolérant que Y Essai sur VIndiffërence et les ouvrages qui l'avaient suivi jusqu'à la publication des Pa^ rôles et un Croyant ? Quoi de plus acerbe que chacune des feuilles de son Avenir ^ et de plus opposé k l'Esprit de Jésus - Christ qu'il reconnaît essentiellement un esprit de paixj de miséricorde et d* amour? Comment accorder ces sentimens avec les étemelles provocations k la révolte , à la haine , ^ la vengeance qui re^nplissenl^ i^h^cune de8.pae^s de .ce livre séditieux? Si. tolérant k 1'^sard des peuples, M. de La Mçnnais est.inplacable contre les rois et les riches : est-ce que les devoir^ de la misérijcorde et de la charité ne s'étendent pas su^ eux aussi, bien cnîe sur les pauvres et sur les peuples?

K On ne commence k persécuter que fx quand on déè^ère de convaincre; et qui

DE LA NOfJTCLtf: HÉRÉSIE. Mf

«r désespère de convaincre , ou blasphème <c en lui-même la puissance de la vérité ^ ou « manque de confianee dans la vérité des « doctrines qu'il annonce (p. 148). *

Mais ne peut-on se &ife d'illusiofli k mi^ même ? Manquohs^nous de faux prophètes , qui , sous lapeaU de brebis , cachent des loups ravissons y et de docteurs de mensonge, qui vont disant parmi It peuplé fue le mal est bien, et fue le bien est mal; qui donnent aux ténèbres le nom de huniers é et à la kt" mièrelenom de ténèbres (i)? Les démasquer et les combattre ^ c'est le droit et k devoir de la vérité, quand elle se renferme dans ke bornes de la modération , que saint Pânl commande k l'égard de tous (2). Et quels admÙE^Ues modèles de ce sagie ten^éra^ ment d'inflexibilité contre l'errefir, et de darité envers les personnes , ne trouvorts^ Mme fias 4ans la vie ^ dans les écrite d'an

(1) Matth. , vir, 45. Ida. , r, 2&.

(J) n Tiei. , fi. 15.

saint Basile , d'un saitit Jean Clirysostùme ^ d'un saint Augustin !

Ces sa vans et pieux Evéques étaient-ils persécuteurs , quand ib disaient aux Hérétiques de leur temps : f^ous propagez . des doctrines dangereuses; votre secte trouble V ordre et la paix publique? f^iolateurs.des lois et ennemis du genre humain , vous ébranlez P empire et là société tout entière.

Vous nous dites : « Que demandaient les « premiers Chrétiens., au temps des persé- « cutiôns? La liberté (p. 151). »

Oui ; mais ils ne la demandaient pas aTéc la menace de combattre à outrance pbtir l'obtenir, si on la leur refusait. Appelaient*ils aux armes , à la force , à l'insurrection , pour briser les résistances, et faire triompher leur doctrine /)flrf 01/^ les moyens possibles? K Je n'oserais plus lire à mon peuple les « actes de nos martyrs ; disait saint Auguste tin, si, à la suite de leur glorieuse confes- « sion , j'avais à raconter l'histoire de leurs

DE LA NOUVELLE HÉRÉSIEé 9S9

« combats, entrepris pour résister aux persé- «f cuteurs (1)? »

«( Malheur à qui profane l'Evangilei en le ir rendant , pour les hommes , un objet de « terreur (p. 150) ! »

Et nos dix-huit siècles chrétiens ajoutent :

Malheur à qui profane TEvangile, en faisant de ce divin livre une bannière de révolte et d'anarchie !

« Jésus- Christ ne choisit pas pour Apô- « très des bourreaux. »

Ni des conspirateurs.

(1) Epist, xxvii ad Comii. Maroell.

L'auteur ne fait que répéter ici ses invectives accoutumées. Il s'en prend auxrichesses, qui produisent les discordes , les procès. Il se garde bien de dire que, si les richesses sont des obstacles de salut pour ceux qui en abusent, elles sont en même temps des moyens de salut pour ceux qui en font un bon usage, des sources fécondes de bienfaiisance ouvertes par le Créateur.

Il accuse les maus^aises loisÇip. 154)^ et suppose qu'il n'y en a pas d'autres dans le monde. Nulle exception en faveur des lois ecclésiastiques , pas rixême de celles qui ont été rendues parles Evêques, les Papes et les Conciles, assistés de l'Esprit Saint.

« Les enfams du Christ , s'ils ont entre eux «c quelques différends, ne doivent pas les « porter devant Idl tribunaux de ceux gui V oppriment la terre ^ et qui la corrompent

Mais l'Apôtre saint Paul connaissait sans doute l'esprit de son divin Maître; et cependant il ne fit pas difficulté d'en appeler a César,

Un prophète nouveau, qui n'a point sa place parmi ceux dont nos annales sacrées ont conservé la mémoire , se lève non plus sur Israël ou Juda, mais sur tout le genre humain. Il prophétise , non pas comme, ceux d'autrefois, lesévénemens futurs, mais les événemens passés ; révèle comment s'est établi le partage des terres et l'inégalité des conditions; comment^ chacun a convoité la part de l'autre, et tous se sont mis a s'cnlrc

HISTOIRE DE LA NOUVELLE nÉllÉSlE. 255

égorger pour se dépouiller mutuellement ^ et avec le sang qui coulait, ont écrit sur un morceau de papier : Droit; et sur un autre:

GfoiV^ (p. 150).

Nous connaissons désormais toute l'histoire des législations , de la jurisprudence des peuples, des empires et ides conquérans.

M. de La Mennais a-t-il inventé ce qu'il raconte à ce sujet? Non.

Imbus de cette doctrine répandue dans ».

l'Allemagne par les prédications de Luther,

les Anabaptistes , sous la conduite de Mun-

cer et de Storck , disaient : « Nous sommes

M tous frères 3 nous n'avoi!s qu'un commun « maître dans le ciel , qu'un commun père «sur la terre. D'où vient donc cette difféff rence de rangs et de biens que la tyrannie cr a introduite parmi nous et les grands du fr monde? Pourquoi gémirons-nous dans la ff pauvreté, etserons-nous accablés de maux, « tandis qu'ils nagent dans les délices? N'a- « vons^nous pas droit à l'égcilité des biens ,

9S4 HisToniE

« qui , de leur nature , sont faits pour être

V partagés sans distinction entre tous les « hommes? Rendez-nous, riches du siècle, « avares usurpateurs, rendez-nous les bieds « que Vous retenez dans l'injustice. Ce n'est ft pas seulement comme hommes que nous «r avons droit à* une égale distribution , aiix « avantages de la fortune, c'est aussi comme i< Chrétiens. A la naissatice de la Religion, « n'a-t-on pas vu les Apôtres n'avoir égard K qu'aux besoins de chaque Fidèle , dané ta K répartition de l'argent qu'on apportait à «r leurs pieds? Ne verrons-nous jamais re- « naître ces temjfk heureux? Et toi , infortané f( troupeau de Jésus-Christ , gémiras-tu tou-

V jours dans l'oppression? Le Tôut-Puisaant « attend de tous les peuples qu'ils détruisent (c la tyrannie des magistrats , <|u'il6 l:ede- <r mandent leur liberté les armes k la main , » qu'ils refusent les tributs , qu'ils mettent K leurs biens en commun. Oui , n'avoir rien «c en propre , c'est l'esprit du Christianisme

« à sa naissance; et Tefuser 4e payer aux . « Princek les impôts dont ils nous accablent , « c'^st se tirer de la servitude dont Jésug- « Christ nous a afiranchis (i ). »

Muncer s'érigeait en prophète. Le nouveau Samuel écrivit aux villes et aux Souverains que le terme de l'oppression des peuples et de la tyrannie des Princes était arrivé , que Dieu lui avait ordoiiné d'esterminer tous les tyrans, et d'établir sur les peuples des gens de bien , élus et nommés |iar eux. Par ses lettres el par ses Apôtres, il porta le feu de la sédition dans la plus grande partie de l'Allemagne , dans la ï)ollande et les Pays-Bas » où il trouva un grand nombre de partisans.

Les Yaudois , disciples de Yaldo , riche iterehind dé Lyon , répétèrent les mêmes leçons> et formèrent, vers l'an 1136, une •edè qvi se rendit également redoutable,

(i) Catrou, Bist. des Anahaptist, , liv. i, Slcidan, Comment, ^\vr. x. Vluc^eiylHcHonn^dee HériiieH'

9S6 msTOiRE

sous le nom de paiti^res de lyfon. Us prétendaient être la vraie Eglise , p*arce que , seuls, ils pratiquaient et enseignaient la pauvreté évangélique. Les progrès de ces fanatiques furent marqués par d'incroyables désordres.

Quel autre langage M. de La' Mennais nous a-t-il fait entendre ?

Mais voici ce que n'avaient imaginé ni Muncer, ni Stork, ni Valdo.

« Deux spectres » (l'un apparemment est le droit ou la justice ) « se gliss«nt dans

ce l'ombre ; ils parcourent les campagnes \< et les cités. L'un, décharné comme un <r squelette , ronge un débris d'animal imc< monde ; l'autre a sous son aisselle une « pustule noire , et les chacals le suivent en CY hurlant (p. 160) » (la gloire sans doute qui plane sur les champs de bataille ).

« Mais quel est ce vieillard qui parle de « justice , en tenant d'une main une coupé c( empoisonnée , et caressant de l'autre une

tr prostituée qui l'appelle mon père? Il dit : « C'est à moi qu'appartient la race d'Adam, ce Qui sont parmi vous les plus forts, et je la te leur distribuerai? Et ce qu'il dit, il le fait ; <r et de son trône, sans se lever, il assice gne à chacun sa proie ( p. 161 , 162). »

Une curiosité maligne a essayé de lever le voile qui couvre cette peinture d'un vieillard , voué à l'opprobre par un homme de sa tribu. On s'est livré à des allusions. Les paroles : C^est à moi qu^ajypartient la race if A dam y ont rappelé 1» décision rendue par le Pontife romain , peu après la découverte du Nouveau-Monde. Le Pape , consulté par les Rois de Portugal ^t d'Espagne sur la légitimité de la conquête , leur donnait , en vertu de sa souveraine puissance , tous les pays découverts ou a découvrir.

Voulant éviter que la concession faite k Ferdinand et a Isabelle ne contrariât celle qu'il avait déjà faite au Portugal , le Bontife établit pour limites entre elles une ligne'

SS8 HldTOAC

qu'on supposait tirée d'un pôle k l'autre,

et passant a cent lieues a l'ouest des Aôores, accordant de nouveau , par la plénitude de son pouvoir, aux Portugais tout ce qui était SI l'est de cette ligne , et donnant aux Elspagnols tous les pays k l'ouest (i). Nous aTones ^ en eBPet, la Constitution {lontificale qui détermine ce partage. La demande fiit mdtîyée par le désir d'étendre la foi cKrétienneparmi les régions infidèles; et dans la Bulle, cdtte raifon est donnée comme la principale de celles que fait valoir le Pontife , parlant comme Vicaire de Jésus-Christ. On nom^ ma en même temps un Vicaire apostdU" que et des missionnaires en grand nombre, pour se dévouer à l'instruction des naturels du pays. Projet louable^ dit l'historien de l'Amérique , le protestant Robertson (2) , en ce qu'il avait pour but non-seulement d'ar-

(1) Herréra, Décad, l, lib. u, ch. iv.

( ï) ^oheriBon^j Hist. de VAmér, , trad. franc. , 1. 1, p. 463.

DE LA NOUVBLiB HÉRÉSIE. fiSft

racher des peuples idof&ties à leurs superstitions, mais de modérer, par l'influence de la Rdigion , les passions des Tainqueurs, et de oalmer les ressentimens tles vaincus.

M. de La Mennais , s'il eût vécu dans ce temps, eût applaudi k la sagesse de la mesure*

Quant aux paroles qui suivent, nous n'y Mpondons pas. S'il est vrai que la conjecture qoi les appËque k l'église chrétienne soit plausible , c'est trop de les avoir transcrites, l^laignons le prêtre catholique romain d'avoir mérité un aussi odieux soupçon. Il y a long^temps que ces grossières paroles ne se n^noontraient plus sous la plume des ennemis les plus opiniâtres.

La vision du prophète se termine pan un chant de triomphe, où les nouveaux Spartiates , enfans de la nature, se saluent réciproquement par cette déclaration : « Quand tr nous vous voyons, et que nous sommes près « de vous , il se passe en nos âmes quelque « chose qui n'a de nom qu'au ciel (p. 167). »

[- Au reste , s'il ^^f élc po5«bk5 de se méprendre sur le seas de lout ce chapitre, la philosophÂe modmie s'est empressée d'e& Ibtiniirrex^cation.Ecoataiis rnndesesomcles nous réTélantle secret da Réformateur qui est yesvx exécuter ses comj^ots de destruction contre le christianisme : « M. de La « Mennais, nous dit-elle, n'était pas ^t « pour s'enterrer dans les rangs inférieurs « d'une orthodoxie surannée. Laissez chan- K ter le poète divin ^ laissez4e derenir la if proie fatale et l'harmonieux écho d'un « génie qui ne s'appartient pas; écoutez ff tous, rois et puissans de la terre, votre ju- « gement et votre sentence ! Société égoïste « et corrompue , tu seras traînée aux pieds « d'un prêtre pour entendre ta condamnafc tion 'j tes usages , tes lois , tes superstitions fc çt tes préjugés seront flétris. Vous êtes « muets d'un étonnement stupide, parce que K ce prêtre a jeté sur vous l'anathème (1). »

(1) Revm des deux Mondes, 1«' sept. 188i^p.562.

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