XXXIV
<v Satan qui est le roi des oppresseurs des « nations, leur a suggéré, pour affermir <r leur tyrannie^ une ruse infernale. 11 leur (c a dit : Voilà ce qu'il faut faire. Prenez dans tr chaque famille les jeunes gens les plus ro- « bustes et donnez^leur des armes, et exer- K cez-les à les manier, et ils combattront A pour vous contre leurs pères et leurs ff frères ; car je. leur persuaderai que c'est
90B HUTomB
« une action glorieuse; je leur ferai deux « idoles qui s'appelleront honneur et fidé- « lité ^ et une loi qui s'appellera obéissance i< passiue. Et les oppresseurs des nations « firent ce que Satan leur avait dit, et Satan V aussi accomplit ce qu'il avait promis aux « oppresseurs des nations. Et l'on vit les « enfans du peuple lever le bras contre le « peuple , égorger leurs frères , enchaî* ir ner leurs pères , et oublier jusqu'aux en- « trailles qui les avaient portées. Je vous le « dis en vérité : Depuis la séduction de la ir première femme par le serpent , il n'y a <( point eu de séduction plus effrayante que « celle-lk ; mais elle touche à sa fin. Encore cr quelques jours, et ceux qui combattaient f( pour retenir dans les fers leurs pères, leurs « mères , leurs firères et leurs sœurs pour les (c opprimer,combattront pour les affranchir.
« Et Satan fuira dans ses cavernes avec les u dominateurs des nations. » (p. 196. 197.) Bossuet a flétri le faux honneur qui s'at-
DE LA NOUVBIXE HBMQBIB. 985^
tache à des vices éclatans. tr Par exemple ^ est>41ri«n de plusinjuste, démande-t^l, quede verser le san^ humain pour des injures particulières , et d'ôter, par un même attentat, un citoy«n à «a patrie , un serviteur à son roi , un enfimt à TEgUse et une âme k Dieu cpi'il à Tacheté de son sang ? Et toutefois depuis que l«s hommes ont mêlé quelques çouleivs de vertu à ces actions sanguinaires, l'honneur s'y est attaché d'une manière si opiniâtre, que ni les anathèmes de l'Église , ni les lois sévères du prince , ni la justice rigoureuse d'un Dieu vengeur n'ont point assez de, force pour venir à bout de l'en ar^ racher (1).>i S'agit-il de guerres légitimes entreprises pour la défense de la patrie et des lois : Fepée de Gédéon est Pépée de Dieu lui'-méme. C'est le Seigneur lui-même qui' dresse aux combats lesmmïs des David et des Mathalias(2l). La honte serait de rester sous
(J) Sermon», t. IV , p. 474 , éd. in». Paris, 1772 (2) ludic. VII. 20. — Psalm. xvii. 35.
sa,t^i»^^ et M Aepii9eq>Mer sa .lÂe qpmd
nffpfà (l).L^oiinwr yéritabls, dç soAiunvy 9i% le.faiijt^p^w imiB amsi saîp^t^ oMfe. G'eit q^ qu^ diraient les ;g^nértvBL Mftccabées;' % A. DifLU n^ plaise que nousJhyiaiiB deTanft «c reniuemi^Â notre heure de mourir ester- ^ xîyéet meuroiis en gens 4^ Hl^tur |>onr nos ip fir^%9 fit n§ mettent npUe tacbe h mitre If «Joire (2). »
. f)sttce )à une séduction de Satan ?
Qui oubTAg? rhonneur, doit £aire pea de ca^ de . rpliéimnce d»e à l'autorité , quand ceUe^qi est réputée tyrannie, l'œuvre de Satap. Que l'obéissanee soit mise en problème '" f&'est Aé]k un commencement de r4vplte) cpi^elie soit regardée comme servitude , flétrie des noms dé servile abjection y l'instrument du . dèq>otisme et de l'arbi**
(\) Indic. IV. 16. ï Reg., Xf, 7.
(2) IMaccab., m, 10.
DE LA NOmmSMM HÉRÉSIE.
triUM : l!oisdre ptUk est reirrersé ; plus d*iin^ fans j^'oonsûrile €t de paàt dans u»
état, fv ITont ie peuple d'Israël dit à Josué .*< <r mom JCerons tant be que vous nous com^ <r .jnahdercs : tioub isom pavtout où T4ms <r noua i en^œrez. ' QojL résistera à tos pu** « rôles et ne sera pas obéissant à vosr «ordres , «r qu'il meure (i ); * Toute la force est transpoirtée au ii»f;istrat souverain i chacun s'at formit ftu> pr^udioe de k éleime et renonce a âa^propve vie en cas qu'il désobéisse. On y gagne , €«r on retrouve^en ta personne de ce supi^me magistrat plus de force qu'on n'en a quitté pour l'autoriser , puisqu'on y retrouve toiite la forée de là nation réunie ensemble pour nous secourir (2). «Partout
OÙ- l'slmour de la patrie n'est pas un vain nom, tout homme est tenu de copicourir , par tous ses moyens , à la défohse commune, et tout citoyen est soldat. Que l'on refuse d'o-
(1) Jo8.,i, 16, 18. *
(2) Bossuet, Poia. sacrée, liv. i, art. m, p. 308.
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béir aux ordres du général , que Ton se croie le droit de les interpréter au gré de'ses désirs , tout va en confbâon. Verser le blâme et le ridicule sur ces axiomes sacrés , les travestir sous les noms de servitude et d'idolâtrie 5 c'est violer toutes les lois divines et humaines*
La philosoprus bd dix-huitubhs sibgle essaya de déraciner dans les cœurs ces prin* cipes sacrés. La force deç choses eut. bientôt triomphé de ses utopies. Notre France ne serait paa si fière de ses victoires, si elle n'avait eu à la tête de ses armées que des philosophes qui comptassent pour rien l'honneur et ila gloire ; dans ses camps , des soldats sans discipline et sans obéissance.
Toute la licence des écrits les plus furieux de cette époque ne nous avait pas accoutumés à entendre des paroles telles que celles-ci :
K L'on vit les enfans du peuple lever le « bras contre le pei^le, égorger leurs (c frères , enchaîner leurs pères. Quand on
« leur disait : Au nom de tout ce qui est saff cré, pensez à l'injustice, à l'atrocité de ce « qu'on vous ordonne; ils répondaient : nous « ne pensons point, nous obéissons. Et quand « on leur montrait les autels du Dieu qui a « créé l'homme , et du Christ qui l'a sauvé ; « ils s'écriaient : Ce sont là les Dieux de la « paUîe. Nos Dieux a nous, sont les Dieux « de ses maîtres, la fidélité et l'honneur. » S'il en était ainsi , la doctrine de saint Paul n'est plus que superstition , l'évangile, que l'apologie du meurtre , de l'aâsassinat , du parricide. L'humanité s'unit k la Religion pour proclamer ensemble ce vpu de M. de La Mennais : « Encore quelquesijours, « et ceux qui combattaient pour les o|>pres- « seurs combattront pour les oppiimés ; « ceux qui combattaient pour retenir dans « les fers leurs j^res, leurs mères, leéirs frè-- <( res et leurs sœurs , combattront peur les « afiranchir (p. 499). »
Le -philantrope a changé de masque. Ce chapitre le présente comme recruteiur au nom 4e la liberté. •
A si vue s'est offert un jeune soldat enrôlé sQ^s l'antique drapeau de Thonneur, de 4a fidélité, de Tobéissahce à fts chefs. Le dialogue Rengage : « Jeune soldat, oii vas^tu ? » (p . ^1 . )Et celui-ci de répondre qu'il a quitté sesfoyerspoùr aller combattre les tyrans, les
HISTOnS DB LA NOUVSIXB HÂEÉ8IB. 9lD0
oppresseurs des peuples, briser leurs chaînes et les chaînes du monde ; pour qu'il n'y ait plus au monde d'esclaves , plus de pauvres , plus de capti& gémissans dans les cachots \ combattre pour affranchir en tous lieux la pensée, la parole, la conscience. — «Que les armes soient bénies , sept fois bénies , ô jeune
soldat !» (p. 206») .
Je reconnais ici la voix de Jacob; mais
les mains ne seraient- elles pas les mains
d'E8aù(i)?
Jeune soldat ! dans quelles déceptions l'on
vous entraîne ! Celui qui a dit : Bienheureux
lès pacifiques (2)^ n'a p'as de bénédictions
pour les' cœui^ altieré bt sUpcrbes^ que le
mot d'tibéissance efl&rouche.
(1) Vox quidem, vox Jacoh^esty sed manus, nuinus sunt Estni, Gen. xxvii, 22.
Çt) Màtift. r.9.
XSXVh
De IHndépetidance et de la liberté.
« 11 faut se oiettre dans Tesprit ce que c'est (( que l'indiépendaiice et ce que c'est que lice berté,>» a dit Montesquieu (1). Ce que vaut M. de La Mennais , ce ne fut jamais la liberté, mais l'indépendance, «c Vous avez « abattu quelques tyrans , et il en est venu ^ d'autres pires que les premiers. Vous avez « aboli des lois de servitude , et vous ayez
(1) Esprit des Lois, liv. xi, ch. m, 1. 1, p. 258.
mSTOIRB DE LA NOirVELIiE HÉRÉSIE. 97i
c des lois de sang , (1 ) et encore après^ des fc lois de ser'vitude. .1» (p. 208.)
Tf ous^ ne oroyonsrpiiB préjuger à faux , en voyant dans ces paroles une allusion aux é^éntemens de 1880- Son journal de l'^i^en^r.n'a. cessé; de .Êitre retentir ks mêmes plaîiiti^s.'Qu'ienae^rappfiHe les cris forcenés de eette mukibade^ re]^riioh»it! qu'on lai avait promis iar liherlét et"<{a-on kd «vait donné Vescl«vage.(p> i 8i) -
<r La liberté ne consiste pas en ce que ce « soit cdui-«ci qÉi donûne m Uf ude.cduî^là ; «r mais en ce-çu'aucun ne domine, »(f. 309.) C'est contre la généralité de ce principe ^e nous réclamons. Elle viole également et la nature et la Religion , tout ordre public et tous les ij^térêts, individuels ^ sur lesquels repose la soqiété. «^ La liberté , » continue Vauteur do V Esprit. des loisj « est Le droit de ir fiûre.tout ce^qu^é les lois permettent; et
(1) « Fild d*Adàm, ces meules qui tournent et qui « broient , sont les lois de ceux qui vous gouver- « nent, et ce qu'elles broient, c^est vous. » ( p. 16S.)
•r n un csloyenpowail Êiir^ceifuf'dlwdé^ ir fendent , il n'y aurait pllur de Uwrté , r parce que les autnia' nmôentceinébie c pouvoir (i). j«
M* de» La Mennaâi^ ne fiât gtâe«'à «Mcutt genftomenÉenl;^ à moins, ^e cMi nfsà <tom^ Biaiède n'ait élié fikramett dbfoUi dë^WM pour obqiniaBdes. (p;2t(h<4M)" ^ ' '
. UBatéUûpvi»pèaitéénad0s'ifeewd0«i a^éè les témoignages de nos iÂWéÀ »ffàkktÈ^ iû awc 1^ monunens de l'faistoiré'i Célf ébtpas Féleetim du-fieuplei ifok a: ftii IwStfilf ,4es Xmnà , les >8alom0«». Nous tétk'ttffdÂ^ èur toute cette» matiâr^ aux puMi^istes qni'en «m traité. H nous âuffia de dira qM , dàMte ndti« principe oâthoHque y to^tefil les fortBéfâ de giMt^erneittem MM in«iffltèk^el\té^ , M^û'-^ bKqûe ou monardik, seiftf âiMDlUe , «'^if trimpéréey li^mpdrte. Lé prëce^t^ de »^i Fauk s'appliqua k^^toiitefii. La(démëcii9(tiéi ellemême, contre laquelle M. de La'Ofennais
(1) Eêpriides,L^, mpl-., i U P 36^i
DE LA NOOtmEtfi. HÉRÉSIE. 27^
av^ Aag^lfflre-f^balé difasifvioiensrej[^roehe$, pour I'iBt¥fMqoér ensuitei ai^c noU tËôitis de vic^mae , ne mèritaât en^ soi ni ses' ceiisUfes , ni ses adulations. Le poète qui à-dit qiie ïe pare 0ks Etûàs (fest fEt^tpepulaire j exceptaîl^rans doute leS'P6|mbli^es de Lacedé*^ moMÈB et deiftotoei daii» te«H^.<l<jôtir9 de gloire et ide^ prospérité, i^sisiiiet , 'parlant de la jJrémière, loue sa fermeté- dans Sheis maximes et dsos^ses di8ts6tn9(1) ; de ceile de Roihe : «c De «f .toù& les peupl4»£^ du monde, le phis fier « et lé plus hardi, mais tdut enseiiïhle le a. phis!r4glé 'ààm^&s conseils', le phis con- ' r stabBt dans sesmaxiines, le plus avisé et r . leqpAiispatieii^, e^ fot le peuple romain De « tMit cela s^^st formée la politique là plus « prévoyante, la plus ferme et la plus suivie c qui ftit jamais (2): » Polybe, Thucydide, Môhtesqiii«u,Mably, Féneloh, ont parié de
(i) Bise, sur Vffist. univ. , in« part, p. 521, éditiii-i2. Paris, 1719.
1174 losTmmE
même(i). Pas un de ces grands hcmmes n'avait soupçonné que les principes de l'athéisme et de l'anarchie résidassent dans la démocratie.
Nous voyons en quelques endroits de l'Ecriture l'autorîAé résider dans «une communauté . Abraham demande le droit de sépulcre
k tout le peuple assemblé ; et c'est l'assemblée qui l'accorrde (2).
Il semble qu'au commencement les Israëlites vivaient dans une forme de répubtique.
Sur quelques sujets de plainte y arrivés du temps de Josué contre ceux de Ruben et de Gad , les enfans d'Israël s'assemblèrent tous k Silo pour les combattre ; mais auparavant ils envoyèrent dix anabassadeurs pour écou* ter leurs raisons. Us donnèrent satisfaction , et tout le peuple s'apaisa (3).
Un Lévite dont la femme avait été violée
(1) Di8c. de révéq. d^Hermopolis séances des 25 26 mai 1828.
(2) Gen., xxiii, 35.
(3) Jos.,xxn, 11-14, 33.
BE LA NOUVELLE HÉEÉSIE. IKTtt
et tuée par quelcjnes-uns de la tribu de Benjamin , sans qu'on en eût fait aucune justice, toutes les tribus s'assemblèrent pour punir cet attentat; et ils se disaient l'un à Vautre dans cette assemblée : « Jamais il ne « s'est fait telle chose en Israël ; jugez et or- «c donnez en commun ce qu'il faut faire (i)- » « C'était, en eflfet, une espèce de Répu- « blique, mais qui avait Dieu pour Roi(2).>i
(i) Judic, XIX, 30.
(2) Bo9sai&t,Polii. êacréé, liv. u, art. ij propos, vi, t. VII, p. 329, 330, édit. in^ , 1755.
xsixvii-xsxyiii- 3CSXIX.
Ce n'est pas seulement du courage qu'il faut à la conquête de la liberté , telle que la veut M. de La Mennais , mais une persévérance sans relâche. « Quand même vos es- <c pérances, auraient été trompées non-seuc< lemcnt sept fois, mais septante fois sept « fois,ne perdez jamais l'espérance, (p. 214.) i< Fussiez-vous , comme le Christ ,. enseveli
ir 4aiis le tombewi , comme le Christ , vous « en sortirez après typts jùiir^ Ynioqueurs de « enoeoû^. ^ (p. ^7.)
iia liberté est assimilée , dapis le lunivel Ëvan^e , au royautne «fat- ciel , doat Jésus- Christ a 4it qii*il ne s^ prend qm^par viçlence, ot d&mande les méfnes scKrifices y car c^lui^ld seul se iaupe gui aura perséi^rè fUsqu'à la fin (1).
f< Vos enfcinfi n'auront que ce ^ue vo/us « leur laîflseras : voyez donc si voiH votulez « leur laisser des fers et dè& Yerg^s^ et la <c faim p4ur héritage. » (p. 9(16.)
Dans ce qui vient aprèa, parpdi^ pluscri- «aii^^le encore des paroles de TJ^çrituiie isftiiUe. L'auteur s'assied «ur le Uihunafl de* ^sii^^Itrist pdur }ugie#^ tous les peuples :
j^mr quoi va porter l'interrogatoire ?
Mi .Quand vij^ndra le ji^ur d|i jugement des "K Peuples, il lui sers^ dit : qu'as-tu fai[t 4e « .ton âme? » (^p. 2SH .)
(1) Matlh. X. 12. -r XXIV. 13.
S78 msTons
Est-ce qu'il n'y a qu'une seule âme pour tous les peuples du monde ?
<c Tu as aimé la boue, va pourrir dans la « boue. Et toi qui as aimé, plus que toutes tf choses , la liberté et la justice , viens , et fc possède a jamais (quoi? ) la liberté et la «r justice. » (p. 221 . 222.) Confrontez avec ces paroles du Croyant , ce que l'oracle de la vérité nous annonce devoir être dit à ce grand jour du jugement général des peuples ! (Matth. XXV. 34.)En quoi tout cela se ressemble-t-il ?
Malheur à qui profane TEvangile (i ) !
Ce qui suit n'est qu'une répétition de ce que l'auteur a dit tantdefo& sur la liberté de l'animal sauvage , errant sans entraves dans ses forets , rapprochée de celle de l'animal façonné au joug domestique.Le reflet de cette insultante comparaison qui jaillit sur l'homme de la nature mis eu opposition ayec l'homme civilisé, rappelle a la fois à la mémoire
(1) Parohi d^un Croyant y p. 150.
DE LA NOUVIliLB HSHtea. 1179
et les paradoxes du sceptique Montaigne , et les pages éloquentes de Buffon. Le Bxavage habitant des déserts est-il un animât tranquille? est*il un homme heureux? Telle est la question à laqueUe viennent se réduire enfin ces théories que nous- propose M. Tabbé de La Menhais.
« Croyez- vous que celui qui se promène
c< tranquille dans un de ces parcs , qu'on ce; appelle royaumes, ait une vie plus douce ((. que le fugitif qui y de bois en bois et de « rocher en rocher, s'en va le cœur plein 4e «r respéraoQce de se créer une patrie?^» (p . 5S24)
La belle félicité en effet que de courir de bois en bois y . de^ rocher en rocher , pour se créer une patrie, comme si l'on se créait une patrie en changeant de àé%etl\
Quelle est , après tout , la vie de l'homme sauvage ? Végéter plutôt que vivre , ne rien désirer que de satisfaire son appétit :
voila rhomme de la nature, v(»là tout son bonheur. Et si Ton réfléchit .que
iwskt j^fmiA^ ae* ligner cèviCre )^i poui- lui cbipiitcâr e6ffte< puissance { qtte les animaux
<$liihat ^ ^et iraâiatt Ac6 êtres de toute ^pèce s^fit aulaolr d'enirttlM» qui f'a^égènt perpétwaUeMent; que les combats et les l%itigues qu'il essuie pour ch6r€hfer,à4»iaVfei*s les soli- U9Àea y ou pouv enlever de yiirë forèè Ane proie nécessaire , lui^iomt paye» Meti cher une jpiaveille conquête , tour à to«#'dof]ttx où cruel, caJime «ou furieuk , enclin l^la paresse , mais infatigable iorsque ' lia fâith le presse , sans crainte poui*raTenir, tiésacb^htni contèrtipiler lanatÀre-, ni irMéebir : ft^ëk-on pSs'en droit 4e conclure qu^l n^ést pas de situatioti moins désirable que cellé-4k?Si les voyageurs ou les* philosophes nous ôht présenté des tableaux séduisans , i'éliitifé à l^omtne sauvage , solitaire sur des plages nécesssRrenmtit agrestes ; quelle foi peut-on ajouter a ces romans , puisés dans leur seule itnagiriationr
Ce chapitre est le contrepoison des précédens et le ineilleur de tout* Touvrage. Cornposé tout entier de réminiscences , il attache dutnoins parles images douces, par les affections tendres et la touchante mélancolie dont il est empreint. Ce refrain : L* exilé partout est seulj est un trait de sentiment qui parle à tous les cœurs. Et combien elles sont consolantes et vraies ces autres paroles : « Pauvre
permis k aucun homme de rapporter* fout cela s'est révélé k M. de. La Mennais. « Ente ivre de lumière , il a senti son âme , em- « portée par des flots d'harmonie , s'endor- « mir sur les ondes célestes , dans une extase « inénarrable. Toutes les créatures palpite tantes d'une vîe nouvelle ont élei^é la voix ^ «r et les cieux en silence ont tressailli. >» (p .237 . )
Traducteur éloquent du livre de V Imitation , vous auriez bien dû vous souvenir de ces paroles du pieux Akempis : « A quoi vous servirait de plonger bien avant dans le mystère de l'adorable Trinité, si. vous n'avez pas l'humilifiié s^nis laquelle vous ne pçqvez plaire à la Trinité (;t ) ? ^>
Ce. symbole de profe^siop de ïf^ est hïffx loin d'être satisffdsant; il sç^pr^^ ,k qi^lque^ articles , énoncés dans le style de ^wf^c^^fnbourg ojti . 4' Antoinette Bo^rig^Q|l. . .
On s'étonne deigierencontfef dlins tout ce livre ri^n qui rappelle les Sacremens de
(^) ï)£ imiêatiùHe'Ckrieti, Hbr. l, cap. i.
DE LA NOUVBLftE HÉRÉSIB. IIM
notre Eglke , quand Taiiteur avait eu de si
fréquentes occasions d'en parler. Pas un mot du Saleitesàent qur nous régénère, de celui quifust^e ceux qui s'aceuseàt; ni de celui qui ncntt - distribue le pâm de vie;» pas .un mdt sur le caractère du châtiment ré8c!!rvé aux gran^ criminels. L'enfer qui'lçnrest réservé , c'est d'aller pourrir dans la boue. Cette' menace ressenJ^e bien k eelb d^un complet anéantisseineat , que le pécheur dans les enfers pourra désirer , mais qu'il n'y obtiendra jaiïiaifr. Moins encore est-teile en conlbtnnté avec la description que l'É* vangile nous fait de cet aflheux séjour du deuil et du désespoir oii le feu renouvelle incessamment les victimes qu'il dévore.
Mais toutes les observations de détail cè'^ dent à l'impression générale qu'excite dans toiis les emurs honnêtes la lecture de ce li-^ wejuiqu'icisans modèle 9 et qui, il faut bien l'eR9pidrei?, n'^aura jamais d'imitateur. « Lovs*t< qu'il parut, dit l'un de nos journaux les
« plus accrédités, il fut jugé si étrange, si « inconcevable, que Ton ne savait comment <r le caracteriser.il a couru, ajoute-t-il, sur tt ce livre plusieurs mots attribués aux hom- ^ mes les plus distingués de notre époque :
« c'fffX Bàbomf pioché par IsaSe; c'est r£- « vangile de la révolte; c^est V Apocalypse ^ delà sédition; d'antres encore qui témoi- « gnent tous du profond étonnement cfn'a « excité l'accouplement monstrueux du Ca- « tholicisme et du jacobinisme ^ qui fait le « fond du' livre de M. de La Mennais(l). »
La singularité la plus surprenante était qu'un ouvrage , où les principes consacrés par la Religion catholique sont foulés aux pieds , eût pu sortir de la même plume dont Xest productions précédentes affectaient de les exagérer. Quelque chose de non moins sur-
fl
prenant , c'était le continuel abus que fait l'écrivain des textes et du langage de nos Livres Saints. Cet emploi sacrilège de la pa*
(1) Journal dêM Débaii, 34 mai iS3&.
DB LA NOmmUS nÊRBSIB. 5IB7
rôle de Dieu, que le Souverain Pontife dénonce au peuple chrétien comme étant pour lui un 3ujet de profonde aJBliction , étonnera moin^ peut-être, si l'on se souvient que le Démon osa bien en donner l'exemple, en alléguant au Sauveur un texte en effet pris des Saintes Ecritures (1).
Un des traits les plus caractéristiques de rhérésîe d'Abailard, c'était, au jugement du saint abbé de Clairvaux ,' la téméraire
pro£aination qu'il faisait des paroles de la
Sainte Ecriture (2).
L'épouvante et 4a douleur que ce livre excita furent générales. L'épiscopat firan-
(1) « Le Tentateur 8^ approchant de lui : Si vous êtes le fils de Dieu , lui dit-il , jetez-vous en bas ; car il est écrit qu'il a ordonné à ses Anges d*avoir soin de vous , et qu'ils vous soutiendront de leurs mains , de peur que tous n^ toub heurtiez le pied contre quelque pierre (Ps. xc. n. (Jésus lui répondît, etc. (Matth., iv, 6. )
(2) In Scfiptufis sacris in^anit, {De error Abœl. , col. 64Â.)
988 HISTOIM OK tJi NOOVBLKfi -JÊtWÉBIE.
çais tout entier n'eut qu'une voix pour le condamner. Le Vicaire de Jésus-Christ ne tarda pas k le flétrir. « A'm premier ap- « perçu de cette détestable production « d'une audaàieusé imptéié^ dit le successeur f( de Pierre, le Vicaire de JësUs-Christ; nous w avons frémi d'horreur. .Notre ekprît se « refuse a suivfef leis pages où l'auteur r s'efforce de rompre tout lien de fidélité cr et de soumission envers les princes, et (f lance partout cette torche d'anarchie qui « doit précipiter la ruine de l'ordre public , (c te mépris des magistrA;s,^Knfraction des
f( lois et renverser tous les fondemens du ff pouvoir civil et religieux (1). »
(1) £«ii^y«;.da 25 î«iil8M^ portant eoBdaBmn* tiOû àxk livre intilolé : Paroleê dfun'CfêfoiU, Noim la donmms en entier a la suite de cet ouvrage.