CHAPITRE DERNIBR
Vues générales.
Le pape Grégoire XVI , dans son En* cyclique da 25 juin 1854, embrassant d'un coiipT.d'œil la connexion intime des erreurs ariennes et nouvelles, les unit dans une même censure, et les foudroie toutes également. La filiation est directe. Vous en avez découvert les germes dans le livre sur V Indifférence^ et dans sa. Défende. Vous les voyeis
S80 msTonuc
qui se développent , et se propagent dans les pamphlets subséquens, se manifestent au grand jour dans le livre de la Religion considérée dans ses rapports avec l'ordre cii^il et politique^ arrivent à leur perfectionnement dans VAi^enirj et portent leurs fruits dans les Paroles du Croyant.
Rien dans celui-ci de nouveau que les formes seivjieaiieiit ; lit y 9 ^%/fgch^ 11 y a la différence de la veille au lendemain, du présent a l'avenir , du vœu à Fexécution.
Ces scènes monstrueuses qu'il dit avoir vues, et qui n'ont jamais pu l'être par un homme dans son bon sens ; cet infernal Sanhédrin de rois maudissant le GSirîsl; 9 le foulant sou9 les pieds, dbaargeant le Rédempteur des hommes, de l'odieux d^avoir cherché à fetmm sur la lierre le règne «de la libéré , de la justice «t de Ik chitirité, quand ils âe wakdenl, eilx, qu'y étidJir celui de F^ jittMiceieftde'ia violence, lie doimaiit p6Uf mxilkârè «1 Saoerdoeé , ttchaédprénfar-
gent et d'honheurs (1 ) ; a*t-il rien de plw horrible que la prétendue ligne de Rois et de peuples athées j que le même écrirain ne cessait pas depuis quinze ans de traduire sur hi seène comme conspirant pour Topr pression de l'Eglise, avec Tair de la protéger^ et garottant ses ministres avec la double chaîne de la violence et de la séduction ?
L'accusation d'athéisme était -* elle donc moins grave que celle de despotisme? et qu'est'Ce que l'athéisme autre chose qu'une solennelle protestation contre toute reli-^ gion , et l'ariâthèole déclaré contre le divin mteur du Christianisme?
A l'occasion de moindres erreurs , S, Berr nard ne crai^iait pas die faire éclater et son indignation et ses alaiimes : un nouveau Go<- Uath, s'écriaiti-il, pariant d'Abailaifcl,$'avance contre le camp du Seigneur , il insulte les forts d'Israël , ^1 npios brave , et dj^iis son orgueil insolent , it se vatïté que pas un advei^
(1) Paroles d'un Croyant y p. 70, 71,
flM inSTOtRE
saire n'osera lui résister (1 )• Et l'on se tait ! et l'on craint de se mesurer contre lui ! Cependant ses livres vont au loin répandre leurs poisons au sein de nos villes et de nos campagnes ! Un nouvel Evangile se proclame impunément (2).
Quoi I vous frémissez d'entendre ces Conjurés se dire les uns auiL autres : « Abolis- « sons la science et la pensée; abolissons «r toute association des esprits et des intelir ligences ; épuisons la forcé et l'énergie et « le courage par la corruption ; divisons tf pour régner (3). » Ces frénétiques paroles vous laissaient saisi , pénétré d'horreur contre le calomniateur de l'humanité. Vous avez peine à contenir votre indignation , en voyant , danis cet amas d'impostures , notre église de France , là plus belle portion du
(1) S. Bernard, epis^. glxyxix, p. 182, édit. Mabill.
(2) Volatil libfi; urbibus ei eatêellis ingeruntur, if» melle ««fMmim poêiim omnibisa propinaàur, ilïM, )
(3) Paroles d'un Croyant, p. 67.
troupeau de Jésus-Christ , l'église des docteurs et des martyrs , accusée de collisiom avec la tyrannie , dénoncée comme un réceptacle àe faux prophètes y ne sachant que tromper la conscience des oppresseurs du peuple (1 ) ; nos Bossuet , nos Fénélon , à leur tête le. Prince des prêtres delà nouvelle alliance , confondus , dans une même proscription , avec les Scribes et les Phari siens d'autrefois , tramant , dans leurs conciliabules impies , la mort du sauveur des hommes (2)! Mais auparavant avait -il mieux dissimulé sa pensée dans cette longue suite de chapitres diffamatoires, où il prête à tous les gouvernemens de l'Europe les mêmes complots, où il les charge éternellement du reproche d'administrer arbitrairement et sans autres règles que leurs caprices, d'enchaîner l'enseignement, de le corrompre par système, d'abrutir les intelli-
(i) Paroles 81" un Croyant ^ p. 171, (2) /&ÛI., p. 149,126, 9à.
ttM aivrotiiK
gences, de ùàte de tentes les maisons d'édtt* «ation , autant de cloaques d'impiété et de mauvaises mœurs (4); d'avoir ^ depuis plu-^ sieurs siècles, trop bien réussi à rompre l^u-^ nité de TEglise^ k concentrer tous les pouvoirs dans leur uni<ptedeq[»otisme, à détruire complètement l'ordre religieux , en le scmmettantcontre sa nature,* a l'ordre poUtique ; et qu'il fait peser le reproche jusque sur Jésus^ Christ même , puisque c'ebt de Jésus-«Christ que vient la maxime : Bendez à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à Cësan-
Le Tribxin vous révolte , parce qu'il étale sous vos yeux les tableaux delà destruction, de la vengeance et de la mort, qu'il en paraît savourer les sanglantes images : le Publia»
ciste se montrait-il plus humâûin, quand il tressaillait d'allégresse au devant des si-^ nistres présages qui les annoncent? N'est-ce
(1) Paroles d'un Croyant, p. 196, 105. M. La' cordaire, Considérations., etc., p. \S6.
(2) Religion considérée, etc., p. 81.
DB LA NOUimU HERESIE. SMIf
paa le même qui savsàt fait retçiijtirf ce$ paroles : tf ISoa » mille £oâ$ 9on , von^ ue.fer^» <f pas. de nous ! un peDple d'i)oifs». JNoii^» la «r ridiesse ne sera pi^ spuT^aine^ npn, Uh «n'y aura pa^ deu^ nation» en France:
« Vùne privilégiée , l'autre escl^vi^ Itom K réaisterona à toi&te ip^nre cpii Tiojterait ic nos libertés ; 90^ les mainUeittdrons de ^fuit contre toutes 1^ attaques de Varbi- « ^aire \ nnus liitt^rona pour elles sans f e- « l^cbe \ nq^us amasserons et iios gne& «t v notre indignatipi^ jusqu'à ce quela m^esmre « soit coml^lç et que le . vas^ déborde (1). » Eh bien! s'^t écrié le ^14at de (lyqii ou de Paris, la mesure est c^onvbléQ» le^ vase a débordé : où sont; mesjarmi^] à l'tnsUixt je pars pour la sainte croisade, je vais ^9m* battre pour délivrer mes frères d^l'oppres^ sion , pour briser leurs chaînes, et les cbaî-*
(1) Paroleê d'un CroifaM , p. 149, 125, 190.
M. Lacordaire, Co^nsidérat., p. 185.
(2) Avenir, n. li.
nés du inonde (1 ) ; et il lui a été répondu : que tes armes soient bénies^ sept fois bénies! Jeune soldat (2). Et sur quel autel ira-t-il les prendre? sur celui que M. de LaMennais avait dressé long-temps à l'ayance , Tautel sur lequel se lisaient tracés par les mains de M. de La Mennais, ces paroles : « Le
« Christianisme a pour toujours délivré « Thomme du joug de l'homme (3). » U n'avait donc pas attendu si long-temps pour proclamer ses droits de l'homme, sa liberté pleine , absolue , indéfinie , son égalité radicale des hommes , et sa loi agraire, le téméraire écrivain qui , depuis quinze ans , travaillait à régénérer le catholicisme , à réparer l'édifice tout entier de la société dissoute dans ses fondemens ! L'accusons-nous vainement, quand il s'en est vanté luimême ? quand le parti tout entier de l'in-
(1) Paroles d'un Croyant, p. 202.
(2) Ibid., p. 206.
(3) La Religion considérée, etc., p. 8r.
crédulité lui en a fait un titre de gloire (1 ) ? Tout drame ne peut que dérouler successivement ses actes ; et le dénouement se découvre dès son exposition. Nous croyons l'avoir démontré aux plus incrédules. Dès la
(1) Voici comme 8*en exprime un des journaux lea plos/iccréditës : « Dès-loirs (dès son premi^ oitr « vra^^e de V Indifférence), se manifestait chez M. de « La Mennais une tendance secrète vers la démo- « oratie. Sous couleur de ruiner la raison indi^i- M duelie , l'abbé de La Mennais ayait produit sa « fameuse doctrine du consentement universel , la- «r quelle ressemble si fert à la souveraineté du peuce pie. Censuré par le Saint Siège , il cède , il se ré- <« tracte , il se condamne au silence ; jusipi^à ce a qu'enfin , étouffé par un silence de deux années , « plein de l'instinct démocratique qui bouillonne « ^1 lui ^ il lance au monde une parole qui le fiût « frémir^ ime parole de désespoir et d'amère ironie. « Nous*^ nous rqouissons de la Nouvelle Hérésie du « xix« siècle, etc. (Le Temps, 31 janvier 1834). Un autre journal , qui s'intitule la Revue des deux Mondes^ le prend sur un ton encore plus haut: « M. de La Mennais s'est comporté avec audace. Par « un hardi changement de lui-même, il a grandi au- « dessus de tous. U a changé, voilà sa gloire et sa a force. » ( 1" septembre 1834^ p. 560. )
MB msTOOB
première partie de cet ouvrage, npus en avions fait l'observation ; et à Dieu ne plaise que ce soit pour nous en faire un mérite !
Plus d'un lecteur judicieux l'avait dit avant nous et mieux que nous , avec l'autorité né-^ cessaire pour en être cru sur parole, puisque; c'étaient nos évêques. Mais il fallait que la séduction eût son cours, et que Fhérésie accomplît sa destinée (1). Que sijnous avons osé entrer, à notre tour, dans la lice , nous réputés, avec plus de raison qu'aucun autre, parmi ces vieillards septuagénaires y jusqu'à V imbécillité y ne vivant que de soupe^ nirs ^ école ^ ou cauteleux adulateurs du pou* voir (2); c'est qu'en nous élevant malgré toute notre indignité au nombre de ceux à qui elle a conféré le droit et lé devoir d'enseigner , la c^vine Providence nous corn-* mande à tous de rappeler sans cesse le mot
(1) Oportet hœreaes fieriy 1. Cor., xi, 19.
(2) Avenir, n. 3S9, et Lettre f Mgr. Tarchev. de Paris,
DE LA NOIiVBlitE llÉtiÉSlÈ. ii09
de Saint Pa^ul : Fuyez les produciions mines et profanes^ les nouveautés tmmpeuses^ qui^ de plus en plus j cpottront dans Vimpiét4y car leurs développeinens insensibles sont c^ux de la gangrène qui se propage ai>ec rapidité (i).
On ne $'€» défijait pas ; on buvait le poison à pleines coupes , on se laissait entraîner par le^haraie du langage.
Pu temp$ que h première famiHe du genrte buoiain , nuise par la Seigneur en possession d'un j^diii de délices , jouissait dks fruits d^ rinnocçnce et de ia paix ^ Vennemi de son bonheur essaya d'entraîner nos premiers parents dans le même abîme où l'orgueil l's^yait lait tomber lui-même. Ange de ténèbres , il se transfigura en ange de lumière , et vint leur tenir ce langage : Il vous a été permis de manger de tous les fruits du paradis à l'exception d'un seul le plus excellent de tous par l'éclat de ses couleurs , par
(1) Il Tira., II, 16,17.
le charme de son pariîim; il s'appelle le frak de la science du bien et du mal ; oubliez qu'il a été dit que si vous ^n mangiez , vous y trouveriez la mort ; non , vous ne mourrez point ! car Dieu sait qu'au jotir oit vous en mangerez, vos yeux seront ouverts , et vous serez comme des Dieux sachant le bien et le mal (1).
Hélas ! qu'est-ce que nous avons gagné à croire ceux qui nous promettaient de nous rendre si savans et si heureux par la régénération de toutes les intelligences ?
Que l'on se récrie donc tant qu'on voudra , sur le mérite littéraire de ses productions : qu'on nous les vante comme des œuvres de génie ; nous souscrirons a ce jugement 9 sans excepter même les Paroles (tiin Croyant^ bien qu'une critique sévère mais impartiale lui reproche de manquer complètement d'ordre et de suite , ménippée « où l'on peut mêler les pages indifféremment,
(1) Gen., ni, 5.
« mettre les premières k la fin et les der- « nières au commencement; point d'unité ff que dans la colère et dans la haine (1). j> Nous accorderons , avec le même écrivain > que le style en est ardent ^ énergi^fUe^ sublime par fois ; oui , ardent comme la torche de l'incendie, comme la flamme du vol* can qui éclate , mêlée k la ruffce fumée jaillissante de son sein ; énergique comme l'imprécation d'Àjax dans Homère , comme celle de l'Archange rebelle de Milton ; su-blime^ oui, comme il arrive par fois a l'imposteur de la Mecque lui-même , quand il unit la poésie de nos livres saints k son alcoran. Mais qu'il se rencontre des hommes assez opiniâtres dans leurs préventions , pour se déclarer les Apologistes de sa doctrine; qu'on nous en présente les assertions « comme « d'heureuses témérités, comme des élans ff k la fois patriotiques et évangéliques, l'exa* K gération d*un sentiment noble , vertueux
{\) Journal des Bihat8,^xxxsii\Si^fL.
« qui se révolte de rinjuttice «I s'indigne « contre l'oppression ; » que l'on nous donne ees haines atroces de la pa^t d'un pif être de Jésus-'Christ comme n'étant que de légitimas représaiiles contre les gou^memens tynm^ nUjues ; que Ton vante la courageuse indépendance de l'éori<vain mettant a nu l'égoïsme et l'onfiiiâtre résistance d'un Sacerdoce hostile aux progrès de l'inteHi^nce ^ que l'on vienne nous dire ^^iljr a des pré* i^nti&ns plus coupfzèles peut-être encore ^ a savoir^ celles du saint Siège Apostolique^ qu'on l'accuse de violer présentement la doc-^ trine antique et régénératrice , de dememref' pbês sourd que le rocher, sans pitié pour le peuple qui a soif dans le désert; qu'en; côn*» séquence, 6n ose aflBurmer que les principes de M « de La Mimais sont irréprochables sons le rapport du dogme , et que i»'ils pburvent devenir dangereux dans les Bââint de ceux qui les comprendraient msA^/iiit^pQur l'instruction de tous y ils devrment; ê(re pU-^
DE LA NOOiraLU BÉRBSIE. SM
ces sous le chevet du Ut où dorment les grands et les riches de la terre :
S'il len était ainsi , au lieu du blâine litii- ▼ersel que l'ouvrage a excité , l'auteur avait droit à tous les hommages de l'estime et de l'admiration , comme itant le bienfaiteur de l'humanité* Qiie l'on amène des victimes au nouveau Dieu de l'éloquence : qu'on lui déceirne des couromies éivitpies, et que, sur sa statue érigée en regard de celle de Simon le magicieh , on lise cette inscription qui nous est fournie par son panégyriste :
« M. de La Mennais s'est comporté avec au* <f daee ; il a jeté k la face* de Rome ùnpodme, «r un pamphlet, un tonnerre, il a éclaté avec cr un irrésistible fracas , il a rempli les peuir pies d'espoir et les rois de stupeur; il a «r Coilsterné l'Eglise en la désertant , coura^ ff geuit , nouveau , grand , subHme , le seul cr Prêtre de TËurope (1).
(i) La Revue des tkus Mondes (article signé , M, L'Herminier)vl** sêpteml}reflS34, p. 560.
3IH • maroBiE
Que les ennemis déclarés dû nom chrétien applaudissent , qu'ils se félicitent de .rencontrer dans l'Apostat de TEvangile une conquête inattendue , nous saycms , et nous le publions avec joie, que M. de La lyonnais n'a pas voulu de ces éloges qui le calofioftient. S'il oublia qu'il était Prêtre catholique , du moins il n'a pas permis qu'on effaçât de son front le sceau du Chrétien.
De pareik panégj^iques étaient unprmier châtiment dont la justice diyme châldaitses hla^hêmes. Mais pourquoi aussi son désaveu n'est-il pas l'exprésàoh du r^entir ?
' S'il repousse les adulations du saiiit-Simo^ nisme , est*ce pour Êiire amende honorable a cette épouse de Jésus-Christ qu'il a livrée
. aux sarcasmes de ses plus cruels : ennemis? Non : infidèle à la pr^oiesâe solennellement dannée dans ses précédentes déclarations de suivre uniquement et absolument la dw:trine exposée dans l'Encyclique pontificale de Sa Sainteté le pape Grégoire XVI , bien
DB LA NOUVELLE HÉiUBSIE. SOtt
loin de renoncer aux erreurs qui s'y trouvent condamnées» il les aggrave: il en ajoute de nouvelles. A toutes les condescendances de la bonté paternelle du Chef auguste des Chrétiens , il ne répond que par les plus sanglans outrages , par la révolte la plus déclarée, par la menace d'un nouvel écrit) encore, nous dit-on» plus violent, en justification de sa doctrine. A l'exempLe de ce fameux Novateur dont saint Bernard déins^que si éloquemment les dangereux paradoxes contre, la raison et contre la foi »
l'audacieui( hérésiarque convoque le ban et l'arrière-ban de son parti (1), relève les courages abattus , dénonce a l'univers chré?
tien qu'il va ji^enouveller le combat, par la publication d'un nouveau système de philosophie religieuse. Attendez-vous à une éruption nouvelle du volcan.
(1) Ille nihilhominàs, imè et-amplius levavii vocem^ vooapii tnulios, congregavU complices, (S. Ber* nard, De Abœl,,Epi8t., 189, col. 183, édit. MabUl.) T. ni. 20
S06 HisTomB
t^u*est-ce donc , grand Dieu ! qui se remue au fond de cet abîme? quels nouveaux scandales se préparent? et, s'il n'y avait eu jusqu'ici que des essais de l'alliance projetée entre la philosophie et la Religion , k quel dénouement viendra donc aboutir l'œuvre d'iniquité réservée k l'avenir (1)?
M. Lacordaire , cherchant k nous expliquer le changement de doctrine et de langage de son maître , en rend cette raison :
« Une philosophie, dit -il , tombe de la <( plume éloquente d'uii écrivain i^en'Mmmé.
<c Elle fait des disciples ; elle est défendue ic avec un 2^èle inconcevable ; elle constitue ^ cf une école qui devient comme une puisff sance. Le monde lui-même s'émeut; il « proclame l'écrivain et le philosophe chré- « tien comme le seul sauveur de l* Eglise ,
(l) M. (le La Mennais ne Ta pas laissé long-temps attendre. A la tête de ses Troisièmes Mélanges qu il vient de mettre au jour, il a placé une Prèfatje où il semble renchérir sur les emportcmens de ses précédentes compositions.
tf si t Eglise peut être saui^ée. Ils* étonne que •f l'Eglise ne dise pas comme lui ; il l'accuse cr d'ingratitude j il prophétise sa ruine (1). » Jurieu Pavait prédite avant lui pour l'an 1689, Voltaire et Condorcet pour la fin du xvni* siècle. L^Eglise a répété avec le saint Patriarche de Constantinople : i< Jugeons de «^ l'avenir parle passé. Que de guerres altf lumées contre l'Eglise ! que de puissances «f conjuréés^ k sa perle ! que de bras armés « pour, sa ruine-! Si elle prouvait périr, depuis « Ion g-'temp» elle ne serait plus. Le glaive « des tyrans, l'impiété dés Barbares-, l'au- <f dâcè des novateurs, la xlitiltitudé dés peu- «• pies déduits , la rage des enfers n'ont « abouti qu'à des efforts impuissans. De « noùveauît ennemis ont remplacé les pre- <f miers; l'Eglise a vu tomber les uns et les ' « autres (%: »•
(1) Considérât, sur le Syst. de M. de La Mennais^ p.. 200.
(2) Dans Bihlioth. choisie des Pères ^ t. XÏII , p- 109.
SOS HISTOIEE
Cepiçndant la prédiction a trouva de nombreux échos, Eljbe a retenti 4an8 le camp du Soçii^iAnisijpijQ. Uo dç sea pU» fi^rvens adeptes contemple à l'avance les fimérailles du ChristΣinisii)ç.|,^t 4^jà ne le çpmpte plus que parmi les ruines d4poséçs dans la qo^moire dçs homm^çs. Tout aii pluale Catholicisme se survit-il à lui-m$me danssun^ orifu)" dopçÎÊ morte et pétrifiée (4)., soutenue sur le penchant de sa ruine par M,, à^ La Adqnnois , seul capable ,de Içt saui^r^ si elle poupait Véire. Frêle espérance! « Nou9 firQyons, tf ajoute-t-il »q|i e la RéforiQft Qt ^a Philosophie « du xvi|i*^ sièqle çnt laissé dans Iç monde i< une.t^^çe, ineffaçable^ nous croyons que (( le.49gnie chrétien est appelé à subir. une K transactipn Immense, » Comme s'il y en avait de légitime entre Jésus-Christ, et Bélial! comme si le Christianisme pouvait se réduire à la confession du Vicaire Savoyard,
(i) Voyez le journal intitulé le Temps y M janvier
et qu'il fôt au pouvoir deis hommes d'ànéan^ tir la parole de son divin Fondateur! Le ciel et la terre passeront plutôt qu^ùn seul iota ne soit efl&cë du Uvre de son Evangile (1 ) . n est aisé de le comprendre que, ou la Religion chrëtiéniie n'est qù'ùn vain mot ) ou Ton doit la retrouver telle que Jésus-Christ l'établit dans son Ecriture et daiis la Tradition de nos saints Docteurs. ' ' * D'après ce principe qu'on ne nous contestera point , puisqu'il fait la base du Catholicisme \ nous pouvons présager ce que doivent être les nouvelles productions de M. de La M ennais. 11 est écrit : Un abîme en appelle un autre (Sli). M. de La Menhais n'est resté nulle part stationnaire; il était enprogrès. Voyez Luther : cet homme emporté , dont l'âmé semblait n'être qu'un assemblage de passions violentes que nourrissait un orgueil sans bornes, s'était montré d'abord
(1) Matth., V, 18.
(2) Ps. xLi, 8.
510 HISTOIEE
résolu a courber son front superbe sous l'autorité des premiers pasteurs et de leur chef. Mais lorsque ses erreurs eurent été proscrites à Rome , lorsque le rapide accroissement de son parti eut porté son audace au comble : ne prenant désormais conseil que de ses propres ressentimens , il changea tout à coup de langage , et ne gardant plus de mesure , lança, dans sa fureur, anathème contre anathème , et arbora hautement Tétendard de la révolte (1). Entraînés malgré eux-mêmes dans le tourbillon où ils se sont jetés , ces fougueux novateurs ne savent plus oii s'arrêter. L'Esprit Saint lui-même a tracé leur histoire dans ces paroles du Psalmiste : « Leur « langue est comme une épée dont ils ai- « guisent la pointe , et leurs paroles amères V sont comme des flèches qu'ils tiennent « toutes prêtes sur leur arc; ils tirent en cf cachette sur l'innocentYils le percent d'un
(1) M. de La Mennais, Essai sur rindiffér.^U l, p. 168.
DE LA NOUVELLE HÉRÉSIE. 51 i
« coup sans être retenus par aucune crainte, (( et s'endurcissent dans leurs desseins crier minels. Leur malice est profonde, ajoute ff le saint Prophète , et leur cœur est un « abîme. Mais le Seigneur a aussi ses flèches «r dont il les percera tout-k-coup , et ils se V trouveront frappés de ses plaies. Leur ini- « quité retournera sur eux-mêmes j et, quii< conque les considérera , reculera d'hor- '< reur et d'épouvante (I). ^^
Dieu n'a pas abandonné son Eglise; sa voix s'est fait entendre par la bouche du Pontife. L'Encyclique de Grégoire XVI a confondu Terreur ; et tous ceux qui ont le cœur juste et droit se sont réjouis dans le Seigneur en qui ils ont mis leur confiance (2)-
(1) Exacueruntut gladium linguas suas; intenderunt arcum rem amaram, ut sagiHent in occultis immaculatum. Subito sagittabuni eum ^ et non tiniebunt , firmaverunt sibi sermonem nequam^ etc. Ps. Lxni, 4-9.
(2) Lœtàbiturjustus in Domino et sperabii in eOy, et laiidabuntur omnes recti corde. [Ibid., ii. )
POST-SGRIPTUM.
Le Saint Père avait terminé son EncycCque par l'expression du vœu tout paternel que le téméraire écrivain , revenu de ses erreurs , en réparât le scandale par un retour sincère aux traditions catholiques ; rien n'a pu fléchir ce cœur intraitable.
Un pamphlet récent , publié par lui dans la Reifue des deux Mondes, reproduit ses paradoxes révoltans , ses reproches calom-
fllSTOmE DE LA NOUVELLE HÉRÉSIE. 5t5
nieux , ses chimériques utopies , ses sinistres prédictions. Tous les poisôïïs répandus dans ses écrits précédens; il les rainasse dans c^ui-ci. Ce qu'il dit aujourd'hui, il l'avait dit antérieurement, et dans les mêmes termes ; il le redira dans le^Noui^eaux Mélanges, que l'avidité des spéculateurs ohtîent si fecilement de sa plume féconde (1 ). Nulle différence, li proprement parler, que celle du titre de l'ouvragé , si ce n'est qu'cntiraînée par la pente du terrain où elle s'est engagée, l'erreur ne saurait y tenir ferme.
Marche , marche : impossible de remonter ;
(i) Troisièmes Mélanges^ par M. Fabbé F. de La Mennais^ 1 vol. in-8\ Paris , février iS35; précédés d^^one préface de plus de cent pages. Ce volume , de 436 pages , contient , à la suite de sa longue préface (où Fauteur ne fait que répéter les doctrines de ses précédens ouvrages), Réflexions sur le Procès intenié à certains articles du Constitutionnel et du Courrier^ relatifs à Tétat ecclésiastique. Lettres au Rédacteur du Mémorial Catholique, sur le jugement rendu par le tribunal de police correctionnelle , dans le procès de M. de La Mennais. Lettre au Rédacteor de la Quûtidienne y contre M. Tarche.
514 HI0TOIEB
il n'y a plu8 qu'a descendre. L'abîme est au fond ; c'est l'Apôtre qui l'a dit : Fuyez à leurs commencemens ces discours .vains et profanes; car ils xrpHront de plus eh plus dans r impiété (1 ).
Dans l'une et l'autre productic»!, M. de LaMehnais essaie de se soustraire à la condaùination portée par le Saint-Siège, en donnant , sous le nom d'Exposition de ises doctrines politiques et religieuses , une: sorte
véque de Paris , à roccasioii du Mandement où le prélat réfute les erreurs de M. de La Mennaîs. Exposition apologétique des sentimens des catholique9 Belges, et sur deus mandemens épiscopaus (Vun de M. révêque de Strasbourg, l'autre de M. Tévèque de Saint-Brieuc). Ces lettres et cette. exposition sont écrites dans le style des Paroles d'un Croyant. Recueil des articles publies dans le journal l'Avenir, depuis la page 91 jusc[u'à la page 369. Histoire des anciens peuples Italiens^ fragment de traduction de Touvragc sous ce titre publié en 3 vol. in-8\ par Joseph Micali. Dialogues sur V absolutisme et la liberté. Deux dithyrambes intitulés, Vun : Les morts, Tautre : A la Pologne.
(J) Profana autem et vaniloquia devita,' multum enim proficiunt ad impietatem, (IITim., ii, 16.)
DE LA NOUVELLE HERESIE. 5i5
d'apologie de sa conduite et de ses systèmes. Elle y est présentée à la fois comme l'explication du passé , la condamnation du présent , et la prophétie d'une, nouvelle ère sociale (1).
•Ne vous attendez donc à aucune rétractation de sa part. Quelque puisse êii^e l'autorité du Tribunal auguste qui Ta condamné, et des réfutations auxquelles il n'a répondu jamais que par l'outrage et le sophisme, et des nobles exemples qui l'invitaient à la soumission y dût-eUe aller jusqu'à la complète abnégation de soi-même, et il l'avait solennellement promise : Nous n'avons , dira- t-il encore ici , k désavouer aucune de nos paroles (2). Et l'ouvrage entier fournit la preuve authentique de cette déclaration.
ff M. de La Mennais , s'est écrié. à cette ocif casion l'un de ses panégyristes , s'est com- (f porté avec audace. On le croyait abattu^
(1) Le Temps, \Z février 1835.
(2) Préface des Nouveaux Mélangea, p. y..
Sl6 msToiEE
ir il s'est levé; soumis, il s'est révolté. Il s'est <r présérré* de l'imitation de Fénelon ; il a «r été lui-mèbie (i)* »
Non content de reprendre en sous-œuvre son système de métaphysique , déclaré obscur et inintelligible , faux et incohérent dans ses principes, il loi pi€te les sophistiques argumentations si prolixement développées dans sa Défense de V Essai sur Vlndiffi-i^ènce(3i). A des principes vrais et reconnus universellement comme étant' /a conscience du getire ftumain'j il applique lesconsé^ quences les plus arbitraires , comme appartenant an domaine de la liberté , et rentre éternellement dans le cercle de ces propo^ siiiôns auxquelles on a si solidement opposé le reproche qu'elles attentent également aux droits de la raison et de la foi; que, sous prétexte d'amiîner l'examen , elles appellent le scepticisme, jettent des nuages sur le
(1) JSevue des deua: Mandes, !•' septembre iS34,
("2) Préface, p. xxxv-xl.
DE LA NOUVELLE BÉMÉSm. 317
dognie de la Catholicité de TËglise , autorisent les , préventions de l'Hérésie et les attaques du philosophisme (1), . Mais n'importe.: ici encore on se retranche à dire que Ton n'a pas été compris, que ce sont Ik toutes questions vagues, obscures^ livrées à la controverse , enveloppées de forinules ab&tr^i^es, où il est permis à chacun de douter, et qui jio^ng-temps encore attendront leur solution (2) , bien que depuis long^tçn^ps nos Docteur^ et nos Philosophes )^ aient décidées. Et, ^ans respect pour le jugement doctrinal, que Ton sait bien être intervenu, sans /^'efirayer, autrement qu'en parles, des conséquences graves, inhérentes à ^n systj^me qui met radicalement le Catholicisme^en dehors delà société, anéantit dans ,rhomme l'exercice de la raison individuelle
(i) Fcyez les Esamens qn'eioi ont fait MM. Boyer, Rocèten; Mas*itiénie, dnon lesohq). iret soiv. du le' liyre , et dans tout le second livre de cette J7mtoire de la nouvelle Hérésie du xil* eiècle,
(2) Préface^ p. vu, x. xiv.
pour Tassujétir exclusivement à la foi et a l'autorité du consentement universel (1 ) , il revient sans cesse à son point de départ.
Ses idées théologiques ouvraient un champ bien plus vaste encore aux observations de la critique.
M. de La M ennàis s'est vu lui-même contraint d'avouer que , sous plus d'un point de vue de grande importance, son zèle ne fut pas àbeàucoup près suffisamment réfléchi(2).
Sur quelles matières? L'aune de celles qui se lient le plus intinlement à tout Tordre social^ puisque c'est là le pivot sacré sur lequel porte , avec la divine Gonsititution donnée par Jésus-Christ a son Eglise, la distinction fondamentale des deux, puissances qui régissent le monde. Ainsi ont parlé les Papes et les Conciles; des nlilliers de témoignages en font foi. La mettre en problème i c'eût été compromettre ^a raison
(i) Préface des Nouv. Mélafiges, p. xii, ix.
(2) JWrf.,p. Lxix.
€t sa fidélité y avait dit dans d'autres temps M . de La Mennais(i ) . Tout-a-coup il a chance
de langage : « Ce n'est plus là qu'une' ttion- « strùeuse erreur, qui renvei^se le ^ncipe (f fondamental de tonte société humaine. ' « La part qu'elle fait* k la pùi^ance sécu- (c lière livre l'Etat au despotisme et aux « révohitiom , détruit ses rapports avec « PEgbse, avecla Religion, avec Dieuroême, ff ébranle l'autorité dé la Tradition, et par ««conséquent Ja base de la foi catholique; «et, enfin ôte tout moyen de connaître ^ arr«c certitude l'étendue du pouvoir spitf rituel : Persécution réelle , masquée sous le , nom de protection. >» , Ainsi' parlaitil k chaque page de ses livres der la Religion considérée j etc., de ses Progrès de la Résfolution^ de son Mémorial catholique. Encore ces dures expressions
(4) Voyez au i«' chap. à!àXEMaih,iètor%^e sur ht suprématie temporelle du Pape ( p. 30 et suiv. ), an •omihaire'des contradictions de Fillustre écrivain.
390 UBTOIBB
étaient- eUesi ménagées auprès de celles dont il a rempli le^ tCplonnes de son Avenir; i^ncor^ ce^ viruletitea déclamations cèdentelles aja. frénétique emportement avec lequel ilse déchaîne dans ses Para/^5^'ui£ Croyant contre l£|. tjran^que eu astucieuse hypocrjrsie exercée pa)r l'autorité ten^orelle^
Qua^t, à sa politique : indifférent sur les censures» qu'en ont, portées les Théolo^èns et le^ Publicistes ,[sur le solemnel jugement par lequel 1$ Siége^Apostolique l'a. condamnée dau^ ses deux Encycliques, il n'en poursuit pas, n^oins son système d'unité embrassant dans sa sphère les deux sociétés religieuse^ et civile, désormais confondues; et croit avoir renversé La barrière sacrée, posée par lésus-Çhrist lui-même.
^tou^ ses sophisme^ anciens et nouveaux sur cette matière, reproduits dsins cette Pré«face avec une opiniâtre persévérance , nous répondrons avec une égale assurance par les paroles auxquelles le grand évêque de
DE LA NOUVELLE nÉRÉSIE. S9I
Meaux réduisait toute la controverse sur la souveraineté et l'indépendance respective des deuji pouvoirs spirituel et temporel :
«( Nous avons établi jusqu'à, présent trois^ tr propositions : la première, que, dès l'on- <r gine du monde, il y a eu, même parmi les ff infidèles , des princes souverains et des <r magistrats dont l'autorité était légitime et
V dan$ l'ordre ; la seconde , que leur puiser sance venait de Dieu ; la troisième , que
V cette puissance donnée de Dieu aux sou- « verains magistrats les rendait dépendans ï< de Dieu seul, et les premiers en autorité (( dans les choses de leur ressort^ de sorte <c que Dieu n'a établi aucune autre puissance « à laquelle ils fassent assujétis par rapport r au temporel. Personne ne dispute Cjes « principes , dont l'évidence est palpable ; « les conséquences en sont également cer- « laines. Il suit de ces principes av(5ués de « tout le monde, que dans quelque état que «c se trouve la Religiop, ep y^i» les Poptifeis
15SS lUSTOIHE
« qui en sont les chefs feront deft lois , des (c ordonnances et des décrets contre le prince K qui est chef de la société civile, le prince K conservera , indépendamment de ces dé- «r crets , tous les droits qu'il avait de gou- « verner et de régler la société civile , sans «r pouvoir jamais être déposé par les Pon- « tifes, puisque Dieu même l'a établi pour « tenir après lui le premier rang dans Forif dre politique (1). »
Sur quoi donc porte l'aveu de ces erreurs graves^ dont on lui demandait la rétractation , et sur lesquelles il reconnaît enfin s'être abandonné aux écarts itun zèle peu
(4) Défense de la Déclaration du clergé de France, de 1682, liv. I, secl. ii, chap. v^trad.franç., p. J8!. Fénolou pense de même ; voyes son Essai sur le Gouvernent, civil , au tome XXI î de ses œuvres générales , et r excellent écrit de M, Fabbé Afre , intitulé : Essai historique et critique sur la suprématie temporelle du Pape et de l'Eglise, chap. i, p. 43 et suiv . , où r auteur discute solidement les propositions erronées et séditieuses a Tancées par M. de La Men> nais dans ses premiers ouvrages.
réfléchi? Est-ce d'avoir aussi constamment oublié l'oracle du Souverain Législateur :
Rendes à Césaf ce gui est à César y comme d Dieu ce qui est à Dieu; faussé par d'infidèles interprétations les paroles de l'Apôtre que toute puissance vient de Dieu^ que c'est un 'imprescriptible devoir d^ obéir aux princes même fâcheux ; violé par le langage le plus séditieux les saintes maximes de la tradition et des Pères, et, comme s'en plaint l'Encyclique , rompu tout lien de fidélité et de soumission envers les princes , lançant en tous lieux une torche d'anarchie qui doit précipiter la ruine de l'ordre public , le mépris des magistrats, l'infraction des lois^ renversé tous les fondemens de Tordre civiLet religieux? Non, ce n'est point la ce dont il s'accuse. Loin de revenir sur ses pas, ici encore le dogme des deux puissances n'est jloûr lui €[Ci\meJiction absurde (1). Tout ce que le génie des Knox, des Bucanan, des
(i) Préface^ p. xxxi.
SM niSTOIRK
Jurieu lui avait inspiré dans ses diatribes antérieures , $a Préface le répète » le commente avec le plus furieux emportement.
h^k déclaration de 16$S1 nVait fait qw proclamer ^ennellement la doc* trîne chrétienne. Egide des libertés de l'égUse GalUcaae, elle eonservait dans son in*-* grité pratique U principe fondamental de 1^ distinction des deux puissances, et Vindépendance de chacune d'elles ds^ns sa sphère propre d'action ; barrière insurmontable éleyée î^u-devjint de toutei les entreprises irrégulières , elle nous d^ends^it également des e:i^cès du despotisme et de l'anarchie.
M. *le h^ Mennais lui-même n'en peut refusicr Taveu. Abandonnée à elle-onê^inet sans obstacle qiû l'arrêtât, Impuissance spirituelle aurait tout asservi à sa doijiination ^ rien ne fût r^^é libre dans Isi vie humaine (1 ).-— Pourtant quels efforts n'a^tril pas tentés pour la renver^çr ! que d'outrages contre ses auteurs
(1) Préface, p. xvii.
DB LA NOOVEtXB HÉBÉSIE. SW
et ses partisans ! quel oubli de toutes les bienséances ! Lui-même il est forcé d'en rougir. « Ici , nous avouerons que , dans la « cbaleur du combat oik nous nous enga- «r geâmes pour défendre , soit l'Eglise en tf général, soit Rome en particulier, nous c £imes en quelque sorte mi peu trop sol- « dat (1). 31 Maintenant qu'il déclare avoir examiniâr la question avec un calme que troubla souvent «l'ardeur de la controverse (3), k quoi cette palinodie aboutiraitelle ? A de nouvelles attaques. <r Ce n'est «r toujours là qu'une question d'école ; elle ir n'oflre au fond rien que d'arbitraire en ff soi; et sur quoi aucun des partis ne s'en* « tend de part et d'autre. » On argumente d'après certaines notions fondées sur une Icmgue suite de fuits, d'où il résulte que, grâce k la doctrine des quatre articles , le
(1) Préface, p, xiv. Voyez le chap. xii du t. II, de cette Hist. de la Nouvelle Hérésie , p. 290 etsuiv. ^
(2) Préface, p. xxviii.
S96 HIST<MRB
pouvoir temporel peut exercer et même exerce nécessairement une véritable autorité spirituelle (1); que conséquemment le Souverain doit, par ordre de Dieuj être roi" prêtre/ ce n'est pas tout : qu'il doit être athée , en tant que Souverain (2).'
Aussi M. de La Mennais affirmera-t*il , comme auparavant, que tous les maux dont gémit l'Europe ont leur source dans la doctrine des deux puissances : « Le Catholicisme. « languit et tend à s'éteindrç en Europe.
« Les peuples s'en détachent; les Rois ou (( l'attaquent d'une manière ouv.erte , ou le « minent sourdement (2). » Qu'avait-il proféré de plus hostile dans ses écrits précédéns, depuifii VJEssai sur V Indifférence jusqu'à ses Paroles d'un Croyant?
Aux deux autorités temporelle et spiri*^ tuelle qui régissent le monde , il lui plaît
(1) Préfaeoj p. xxi, xxix.
(2) Ibid,, p. x\ II. -ReUgion considérée, p. 23&. Progrès de la Révolut.y p. 238.
(3) Préface, p. xxxi.
de substituer deux autres ^ordres*, qu'il nomme d'obéissance et de liberté , c'est-kdire, L'autorité divine de la hiérarchie catholi<|ueetde la liberté humaine (1). Mais dans quel but ? De mettre en problème le principe» de la souveraineté, laquelle réside essentiellement en Dieu seul, ce que personne ne lui conteste ; mais qui , . transportée pflr< dérivation a un pouvoir humain et temporel^ quel qu'il soit, reste soumise dans tous les casjsoit a l'autorité de l'Eglise, comme interprète de la morale et du droit, soit a l'arbitraire , des peuples essentiellement libres. Ailleurs que sous cet unique point de vue, la souveraineté jl'est plus qu'une chi-. mère absurde, qu'une simple délégation^ toujours révocable ; le pouvoir, qu'une force brutale (2) ; et c'est toujours là ce dangereux système d'indépendance absolue , masquée sous le nom de liberté , dont la théorie , es-
(i) Préface, p. xxvr, xxxviii, l.
(J) Ibii., p. XI.IX, L etxc!.
SW HBTOflUB
quissée dans son prefnier ouvi^age sur Ulit" différence , manifestée progresêiTement dans ses productions .ultérieures, n'avait pas encore reçu son complet déyeloppeïnetit, même dans ses Paroles tTun Croyant, puisque cette Préface lui fournit, sous le nom de modifications , de nouveaux accroissemens; système) au reste, également ré^ futé par la théologie , par la politique el par le jugement doctriiyil des deux Ëncyctiques.
Je le demande à la bonne foi , non plus de nos faux convertis, mais de tout lecteur sensé : en quoi les doctrines de M. de La Mennais ont-elles changé ? Quelles soht^dles, ces graves erreurs où Fauteur des Nouveaux.
Mélanges convient aujourd'hui s'être laissé entraîner? C'est d'avoir trop bien présumé de ses lecteurs et de son sic^cle y d'avoir pré» jugé trop favorablement les dispositions des peuples a l'égard de la Religion, de ses ministres , de l'indépendance nécessaire et absolue dont elle doit jouir par rapport aux
DE LA NOttYttUE HÉBÉSB. SV
gouYememons ^ et «n soirv«ràiii empire qit^elle exeree sur les coMctences de tous les hommes ^ chi potentat comme du dernier des plébéiens» Il a vu que le Christianisme, considéré en soi, dans ses dogmes, son culte , sa morale , étant ^ snr les points «{u^il propose a la croyance des hommes , dans les préceptes qu'il promul^e , dans les senlimens qu'il inspire , la plus haute etpression de la vérité et de l'aîmour, tout ce qui tend à satisfaire ces àevoL grands besoins de l'humanité , k développer dans tous les ordres de connaissuncès la vérité qui est une essentiellement, à élever, k améliorer la condition génél^ale des hommes, ce qui est le but et l'effet de l'amour, tend k dilater le Christianisme (i ).
Mais depuis quand étaîent-^ce Ik des vérités nouvelles ? k qui donc avait-il fallu les apprendre? Quel homme assez étranger k
l'histoire de l'humanité pour ignorer que
(i) Préface, p. lxxvi«.
880 msTOiEB
c'étaient la les bienfaits sans cesse renouvelés par le Chrislianisine? « Combien, s'é- « crie . M. de La Mennais , ne leur fôt-elle « pas devenue chère et vénérable cette te Religion céleste, qui y compatissante à.
«r leurs maux , eût ouvert , pour les adoucir, « tous les trésors de sa charité inépuisable, « et béni , au nom du Dieu qui ne fait point ir d'acception entre ses enfans , les efforts « tentés en faveur du faible, du pauvre, « c'est-a-dire de l'incomparablement plus tr grande portion de la famille humaine, « pour l'affranchir de la tyrannie que quel- « ques-uns exercent sur elle , au mépris de (c toutes les notions de justice , gravées daas . ff la conscience universelle {i)l »
Erreur dont bientôt « hélas I il lui a fallu se désabuser. Décevante séduction dont le Clergé français n'était pas digne ! M. de La Mennais ne voulait que le régénérer, que le sauver à tout prix : Si Pergama dextrd de-,
(\) Préface^ p. Lxxviii, Lxxjx.
fendi passent , etiam kâc defensa JuisserU.
Le Clergé français, en grande partie du moins, s'est refusé à de si nobles vœux; il a repoussé opiniâtrement les remèdes qui lui étaient offerts (1). L'erreur de M. de L^ Mennais (ut d'avoir espéré vainement; erreur en effet bien mortifiante pour l'amour-^propre d'un Réformateur !
lEh ! ({ui avait pu lui en faire un reproche ? S'il n'avait eu à encourir que celui-^là , non certes, il n'aurait point scandalisé l'Eglise et la société, l'Episcopat et son auguste Chef, contristé si amèrement le cœur du Père commun de» Fidèles , compromis , auprès des rois et des peuples , les droits réels , inaliénables de la puissance religieuse, en les exagérant. Le reproche qu'il ne se fait pas , c'est de n'avoir point compris la subordination nécessaire que se doivent les deux puissances; c'est d'avoir confondu opiniâtrement leur nature et leurs limites resipec-
[\) Préface, p. liv, lv.
88A HBVMU
taures; o^est de^at^mnier étern^lemehl la piété cll«-inème par l'es impurations les plus désfaimorantes. €ar «nfin , étions-^nous encore une fois, étions-noud donc, jusqu'au lyionient où parut M. de La Mennais, des Barbares ensefrelis dans les ombres de Ti- ^noranee et du paganisme, récemment initiés aux mystères dé la Révélation évangéUque? «(Du moins , reprend te Régénéra- «r teur des intelligences , étions-nous de mi- «r sèi^ables eedaves cdurbés bous l'oppresâon « la plus abrutissante , complices dNine Re- <t lîgion officielle , d'une Religion bâtarde , ce avilie et asservi e , que le pouvoir fabriquait « par ses ordonnances , par ses oppressions <^et par ses feveurs mêmes (1). Car l'Epis- <r copat était gallican : il l'étaitpar une suite K de renseignement donné autrefois dans « les écoles théologiques , par amour^propre « et préjugé national , par ihtérêt ; il s'était (T fait l'auxiliaire dévoué d'un gouvernement
(1) Préface,^, xvi.
% DB LA NOUVBLIA HÉrAsIE. SH
« atlitée f hj^pdTocrite et perséonteiir. Ov, \e « Qallicanisme nous choquait , et noua Ta^ « voua asscB répété ; il nous ckaijuait par « l'esprit de servilité <{ai lai e$t inhérehu r Dépouillé, avili, poursui'vi ssois relâch^ « par 1b6 attaques du libéralisme, le Catho** « licisme n'offirait phis eu réalité que Tappa^ « renoe d'une Religien. Deu^i grandes kair « nés oroissateni: enseoi&it^^ et prenaient ir okaqueîoaraa earadèreplva implacable, « la haiite des pralines et la baiae du trône* <c Cet état d'asserdasement aviait pour efibt « d'aflEaibUr la foi dalist le osstir 4^ péuqplas^; H et quand, la Religion , soumise au gou^eiv c nemeut ipii dkpofiie. d'elle, .solis préjteâiè K de la protéger, dévient l'auxiliaire' du n idéapotisàfe*^ cet. n'est plus ^seulement de M k'ikdjifiîâreaice y eJest dé . la haiilQ . ^w'dtte «< inspires ^a, ce> qui kii^est ^Iwfincito «.efiOQro,mS'«iei^tHnAleinépBÎ8(1>)j:*. - Â tous ces maux dont le poids ou la per-
(1) Préface, p, lxx.
3M avTsnui #
^eetive accablait le cœiir^' compatissant de M. de La Mensais , il n'avait cessé j depuis (fiùnze ansj de demander, pour remèdes infaillibles, d'abord la séparation absolue de l'Eglise avec l'Etat, sans doute pour «aimer les violentes dissensions existantes entre l'ane et l'autre , pour guérir les iniques préventions qu'un Etat athée avait conçues contre une Religion déclarée son ennemie^ ensuite la suppression volontaire de tout traitûment alloué k l'entretien du Culte ca** tboltque et de ses mimstres, trafic honteux entre le despotisme et ï avarice (4). L'exécution de ,ce plan impliquait le concours du Qlergéi Uéjbait , àla vérité, natiu^el d'espérer içb coricoûrs ; caf .mille mûti& semblaient en £lire uni devoir i et iiae. nécessiter Ainsi le |iîéosi^ent,oën;.èfiet,.*u!ne foule >de^pnètres généveux, 4ésintérèssés, etleurdévoucnient émut de -nombreiàses et puissantes sympa-
(ij Préface, p. Liv, iiV, lxiv, lxv.
(2) Ibid.y p. Lxxv.
DB LA NOlXnSLLB HÉRÉSIE. 83S
thies non-seulement en France, iiiais dans toute l'Europe mX au-delà (1). Cependant il est vrai de dire aussi qu'il rencontra des multitudes d'oppoisitions diverses. Moins confians en la Providence , ceux-ci craignirent que , n'ayant plus l'appui du budjet , ils ne fussent condamnés à mourir de faim (2); et n'osèrent pas, en secouant les chaînes du pouvoir civil, reconquérir la liberté du Sacerdoce et là faveur des peuples. « Conve- <r nons que ceux-là ont eu raison : presque ir partout c'est beaucoup que le prêtre ^qui « ne coûte rien, réussisse à se feire toUrèr: «f'que serait-ce sHl luifallail qu^on le dé- ^ frayât t^)! Aveugles quinfont pas sa pré- «r voir l'époque p^dcfaaine où le Cl^rj^é , ^ qui aurait pu se -faiire une ^ WUe él si c: haute position , sera réformé comfne un « laquait' (4). » '
(i) Préface f p. Lxnt.
(2) Ibid.,^. LXYiii.
(3) Ibid., p. Lxxv. ^
(4) Ibid,, p. Lxxiv. . . / , ' ; . ' ;
De pareiU^ ejipremûQB i|ou$ donneat le istecr^t de Vécnv^ia : c'est Thypocrisie dv B^rci^^Qieupie s^ l'oirgeuil de l'esprit de secte. C^t9 critiqw fippareRte <{tt'U fait de ^% actefi'i^t de h^ pensées (1)» sow le masque de la frai^chi^e, A'ert que le dépit de sa défaite. QhHI vÂeime uous dire aujourd'hui qu'il fil. eu tort de rewufa- ce» hautea et déliealfis qu^ations; qu'il reconnaît enfin que ce n'étaient là que dea brandops de dis- 'C^rde^jetéfrd&w la société; qu'elles devaient é^rç .dé%éep oftclp^Yeœent m j^geInent • ecel4»iaaiquef que la «plutiou en appartenaît toute ^entîi^re à Vépi^copat j que l'autoli^i ibîérarebi^^ Aea ayant décidées, tout le usMpndie devait s'ys^(p«m^tl:re. Pourquoi n'en donnehtHti |>as;A'tex#ittt»lev? il l'ayait %\ solen-
n^sUem^nt pff^wi^\(^ IJN'axaMl pas promis
également la soumission la plus avei]^gle aux oracles du Siège Apostolique ? On a vu
' Il
(î) Préface, p. lxix.
(2) Ihid.y p. Lxvi.
comme il avait tenu parole. Ce qui l'étonné, ce qui Pàfflige si aftièrement , ce n'est pas que json projet ait échoué, c'est qu'il ai£ élé arrêté par les sommités de la hiérarchie. Un si noble sacrifice sauvait la Religion , relevait le clergé aux yeux des peuples (1 ) ; mais pouvait-on l'attendre d'un Episcopat acheté à prix d'argent et d'honneurs (2) ?
Il a donc fallu que le Sacerdoce, placé dans une position dépendante (3) , qui l'enchaînait a la servitude , se résignât à la désaf?fection des peuples, en guerre dans toute l'Europe avec ces souverainetés usurpatri'^ ces de l'autorité spirituelle , et par conséquent acceptât les chances qui peuvent résulter, pour le Catholicisme , de la victoire des peuples aigris contre une institution alliée avec ceux qu'ils regardent comme leurs oppresseurs (4).
(i) préface y p. Lxx.
(2) Paroles d'un Croyant, i^.VO^ li,
(3) Préface , p. i.xjx.
(4) Ibid, , p. LXTi.
T. nu 22
858 nsMinB
Ce dont il g'accuse «ujourd1i«ii, c*eit don»
uniquement d'avoir méconnu la force des circonstances, et trop présumé des vintus du Clergé. « Nous auriona dà prévoir ait moins tr la possibilité de cette opposition , et eom- K prendre en même temps qu'il n'est point A ^ faute plûsgrape q^ de se haaardeir duii « une vaste entreprise dont on tdetX pM « absolument maître, et qu'on ne peut'paa ir conduire k son gré. 11 nous mvait i^mUé Y que , s'il était une voie peut i^amener le '« monde au Catholicisme , c'était ôelle*
Gea questions ^ qui fermentent encore sourdement dans les esprits, qui les agitent et les inquiètent (2), nous les avons dfedu«> tées dans cet ouvrage avec asset d'étendue pour n'avoir plus k y revenir (S);
Les conséquences auxquelles s- anête le
(1) Préface^ p. lxxix, lxxx.
(2) Ihid,, p. Lxxvï.
ÇC) Hist. de la nouvelle Hérésie du xtx* siècle , t. II , chap. IX, p. 135-190.
DE LA soonuM ftÈhiSiE. 880
moderne Jél^mie sont leê plus sinîstrefc fré'^ sages pour TaTenir.
Quel dommage qne M., de La Memiais ti'aît pas été absolument k matu^i qull ii'ait pas trouYé dans le Ckrgé fraiiçais le loonoouns néoessaire pour assurer le triomphe de sa Wisîe entrqprùey et Jès moyens de WhdtêirÊ à Bon gré le yaissetn de l'Erse à travers les éèileîk et lès tèmpèMs nouveUes ^i la ineiiacent I
S'il fiiUait en croire à ses lugjubres près*eetOitimenS) le Gatlioticismë^ ébranlé dans la &i des peuples4 chancelé et croule de toutes
parts ; la Religion de Jésus-Christ, bien que BOttlenne par l'inrielabie promesse de son -toiit-pnissani fondateur^ né pouvait subsister qne sous le patronage du prêtre dé la Vendée. Le aaeerdoce £ra.Qçais s'est suicidé ;de ses propres mains ; les trésors de son inépuisable charité sont taris* Désormais, plus de Charles Borromée , plus de François de Salës^ plus dfeVincent de Paul, de Fénélod , "«ful faaognt retentir seus les voûtes de nos
840 msTome
temples^ ou dans les solitudes des conscien* ces, les notions de justice gravées si profane dément dans la conscience unwerseile; plus de Qirysostôme ni de Bosssuet qui lassent entendre au cœur du pauvre et du faible ces douces, ces in^ables consolations cpii se prodiguai^t à toutes les infortunes , ni ces accens redoutables à l'oreille même qui refuse de les entendre. Là tyrannie a re-^ poussé pour jamais tous les efforts tentés en faveur de l'humanité asservie par la ligue des Prêtres et des Rois. L'autorité hiérarchiqiie a jeté l'interdit sur le génie du Réformateur du dix-neuvième siècle !
Cependant , faut-il tout à fait désespérw du salut public ? Non. M. de La Mennais luimême, est loin de renoncer à Fespoir de cette régénération universelle , objet de tous ses vœux. Il a tourné ses regards vers l'avenir; et ses voiles, se repliant à ses yeux , lui ont découvert une perspective bien plus consolante : « L'Europe, s'écrie*t«-il, touche à de ir grands événemens , et les nations à leur