‹ Histoire de la papauté. Moyen-âgeChapitre 6 sur 23 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

DEPUIS L'ÉLECTION DE BENOIT XI JUSQU'À LÀ MOBT DE JULES II (1303-1513). -ANARCHIE MUNICIPALE A ROME ET DANS LE RESTE Dl L'ITALIE. - LES PAPES A AVIGNON-

Considérations générales sur les origines des libertés municipales dans la civilisation chrétienne ; elles sont de création ecclésiastique. — Clément V transporte à Avignon le siège de la papauté. — Est-ce à Tinfluence des rois de France que cette translation doit être attribuée.— Clément V se prononce pour la maison d'Autriche contre la maison de France. — Il se refuse à condamner Bonifacc VIII. — Sa conduite vis-à-vis des Templiers ne fut pas non plus une concession aux passions du souverain français. — Le cardinal d'Ossa, Jean XXII, malgré son serment, ne peut revenir à Rome. — Louis de Bavière et sa conduite vis-àvis du Pape. — Louis de Bavière crée un anti-pape, Nicolas V. — Benoit XIL — Clément VI lève Tintenlit contre Louis de Bavière. — 11 est forcé d'excommunier ce prince à nouveau ; ce Pontife est l'arbitre do l'Europe. — Innocent VI ; situation de Rome sous ce Pontife. — Urbain V rentre à Rome et est forcé de retourner à Avignon. — Gré-

goire XI est surpris par la mort au moment où il était forcé de rentrer en France. — Considérations générales sur le schisme d'Avignon. — Vie errante d'Urbain VI par toute ritalie ; sédition à Rome. — Boniface IX supprime les libertés à Home, s'y fortifie, et c'est dans une situation semblable que s'écoule le pontificat d'Innocent IV. — - Vie errante de Grégoire XX. — Les conciles de Pise et de Bàle ; fin du schisme; le pape Martin V.— Considérations nouvelles sur le séjour des Papes à Avignon. — Martin V proclame la supériorité du Pape sur le Concile. — L'antipape Félix V et les derniers agissements du concile de Bàle. — Eugène IV, le concile de Florence et la réunion de l'Église grecque à l'Église latine. — Nicolas V et la prise de Constantinople ; ce pontife prélude à Toeuvre de Léon X. — Pontificats de Calixte III, Pie II, Paul 11. Sixte IV. Innocent VIII et Alexandre VII. -— Œuvre de ce dernier Pontife. — Son achèvement par Jules II. «

C'esl le moment, pour le lecteur, afin qu'il puisse oîfgTnes dM^H-J^'g^'' saînemeut l'époque tourmentée qui va se

bertés muDicIpa- j , , » • . i

les dans la civiii- déroulcr SOUS ses yeux, de jeter un regard en ar-

sation chrétienne;

alion^ecdéllaïïi- ^èrc, sup Ic chemiu parcouru, car c'est ainsi qu'il '^"'' pourra apprécier sainement celui qu'il lui reste à

parcourir.

La cause des événements qui vont se dérouler dans co livre, est Tanarchie municipale ; c'est par elle que les l'apes sont chassés de Rome et même de l'Italie. Mais quelle est donc cette anarchie municipale qui succède à cette anarchie

Féodale dont nous vous avons eutretenus dans le detiMëmc livre de ce volume?

Il faut, pour bien la comprendre, se faire une idée exacte de Tétat de Tormation de la civilisation chrétienne au moyen-âge, dont cette anarchie municipale forme, qu'on me permette cette expression, la dernière période d'enfantement.

l^s grands feudataires que l'invasion Lombarde avait laissés en Italiis q^i^ Gharlemagne avait trouvés et n'avait pu renverser, y avaient opprimé son œuvre, ainsi que nous l'avons vu au deuxième livre de ce volume, au moins en ce qui concerne la papauté.

Mais le grand empereur y avait jeté un levain qui levait peu à peu, sourdement, et qui ne s'empara de toute la pâte que dans la période de Grégoire Vil ; ce levain était Tindépendance de l'Église.

Nul, parmi les contemporains de quelque valeur, quelle que soit leur hostilité de libres-penseurs, ne nie que la liberté municipale, ce germe de toutes nos libertés, ne soit née de l'indépendance ecclésiastique. Tous recornaissent entre la municipalité du moyen-âge et celle de l'ère impériale romaine,

fine différence radicale, donl Teschvage, base de celle-ci, est le traii le plus distiaclif: les évéques succédèrent, dans les villes d'abord, et dans les campagnes ensuite, aux comtes de la féodalité civile |)ar les droits de justice et de juridiction qui leur furent d'abord octroyés, par des privilèges succèssirs qui vinrent s'ajouter peu à peu à ces droits.

Vous eu resterez convaincus, et j'insiste pour que vous prêtiez une attention toute particulière à cette réflexion, lorsque vous viendrez à réfléchir que le mot guelfe ou papalin s'applique aux bourgeois et gens du peuple, et celui de gibelin ou impérialiste à tout ce qui se rattache à la Téodalitc, et par elle, à l'empereur.

il Tallul du temps aux libertés municipales, nées de rinflnencc épiscopalc, pour pouvoir entrer en lutte ; au i\' et x" siècle, l'Église est opprimée par la féodalité, et ce n'est que dans l'ombre qu'elle prépare la régénération sociale par la création des libertés municipales ; c'est l'âge de fer que vous avez vu peser plus lourdement sur Rome et la papauté que partout ailleurs.

Mais vient un moment où comme une commotion universelle agite la société chrétienne ; ce sont les

évèqiies qui sont plos forts que la féodalité impériale, et le Pape que l'empereur. Le levain a fermenté : c'est l'ère de Grégoire VIL

L'empire prend peur et veut rétablir U prépondérance féodale, son point d'appui ; vous avez vu que la voie dans laquelle il se jeta pour y parvenir fut celle des investitures.

Mainlenant, dans le livre présent, nous siommes devant un spectacle étrange : les libertés municipales, en lutte contre les privilèges féodaux, cherchent à s'émanciper du potivoir qui les u fait naître ; elles s'élèvent tantôt contre le comte ou le duc, tantôt contre l'évêque ; à Rome, tantôt contre l'empereur et ses représentants les Gibelins, tantôt contre le Pape lui-même.

1^'anarchie ne prête ni au récit suivi, ni à la pointure d'ensemble ; c'est l'inconsislance, l'imprévu, la contradiction, le défaut absolu d'unité. Nous devons renoncer à décrire l'anarchie municipale, ainsi que nous avons renoncé à décrire l'anarchie féodale ; nous le regrettons, car c'eût été le vrai cadre de T histoire de la Papauté pendant cette période ; mais cela est au-dessus de nos . forces.

eiémeotvtninspor- A la moFt de Boniface y III, rinfluence de Phi-

te à Avignon le

giépe de la pa- lippe-lc-Bel, ^près le rapide passage sur le trône pontifical de Benoit XI ((30MS0/i), fit tomber le choix de la majorité des cardinaux sur un homme quMI croyait avoir dans la main, Bertrand de Got, archevêque de Bordeaux. G*est lui qui transporta le Saint-Siège à Avignon, et ouvrit cette ère de la Papauté qui est connue, dans Thistoire de PÉglise, sous le nom de Texil des soixante et dix ans ; elle fut natiireliemenl comparée par les poètes et tes historiens d*outre-monts à la captivité de Babylone. circonatancpshisio. 1| iuiportc Cependant de se rendre compte s'il

riqaes qui avaient ' " '

iS^L^ndfil n*y eut en cela, ainsi qu'on se plaît à le répéter,

part des Papes. . , , , , , , . «

presque toujours, qu un résultat de linfluencedes rois de lYanco qui se succédèrent pendant cette période, influence qui fit abandonner momentanément la tradition (|ui place à Rome le centre et le foyer de la vie de T Église, en même temps que la tête de son administration (1).

(4) Celui qui a suivi jusqu'ici avec atteuLion les phasos diverses qu'a traversées i'histjire de la papauté, a dû souvent remarquer combien le séjour de Rome avait été disputé aux Papes par des circonstances diverses, et comme est pou considérable le nombre do successeurs de saint Pierre qui aient pu vivre et mourir en paix auprès de son tombeau.

Pour ndmcUie que c'était rinflnence de» rois de Esi-ceà imnnence

des roisdeFi'ancn

France qui avait été la principale cause de cette ^in.tettetransia-

' ^ » lion doit être at-

translaiion, il nuulrail admellreque celle influence '"^"'®^ avait été telle, pendant tout le temps qu'elle avait duré, qu'on doive considérer la Papauté comme ayant élé réduite par elle en sorviUidc.

Cependant Clément V (1805-14') qui est ce Ber- ciément v se ppo-

* \ / I DoncG pour la

irand de Got (|uc nous venons de voir nommé par Sw u'^mSn

,,. , ,-, ... . ^ de Franco.

l lunuencc de Philippe se prononce, et son influence est prépondéranle, pour le comte de Lulzclboug, couronné empereur sous le nom d'Henri Vil, contre son concurrent à Tcmpire , Charles de Valois , frère de Philippe-lcrBel.

Dans le concile de Vienne, quinzième œcumé-

Deux faits qui rendent ce séjoui absolument împr.ssible viennent de se produire au moment où nous sommes parvenus, le despotisme des empereurs, et la folie de Home de prétendre à l'empire de l'univers.

Ainsi, en ce moment du xiv» siècle, les Gibelins sont poussés en avant par la main même de l'empereur, et les Guelfes, par toutes leurs attitudes, préludent aux folies de Nicolas Rienzi.

En butte aux attaques directes do Louis de Bavière, abandonnés par les Romains qui veulent réduiro les successeurs de saint Pierre à l état de pauvreté de cet apôtre, les Pa[)cs n'ont plus un seul asile assuré eu Italie.

vais.

II se rerase à' on- nîquc, D^ayaut pu euipécher de se produire la mise

damner Uooiface

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