‹ Histoire de la papauté pendant le 14. siècle avec des notes et des pièces justificatives par l'abbé J. B. Christophe (volume 2)Chapitre 112 sur 146 · PRÉPARATIFS DU DÉPART D’URBAIN V · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DU DÉPART D’URBAIN V

connues, de républiques turbulentes, et ils ne cessaient d’assiéger le pape de leurs plaintes, de leurs répugnances et de leurs reproches. Excepté les cardinaux des Orsini, de Capocclo et de Viterbe, qui, en leur qualité d'Italiens, soupiraient après le retour à Rome, tous les autres exprimaient un refus formel de suivre le pape. Mais la résolution d'Urbain était irrévocablement prise, rien ne put l'ébranler. Il menaça les récalcitrants de les priver du chapeau, de mettre en leur place des Italiens, et il fallut à In fin se résigner (1).

. Vers la lin de l’année 1365, le pape s’était rendu è Apt et à Marseille. Son but, dans ce voyage, avait été d’abord de prier à Apt sur le tombeau d’Elzéar de Sabran, son noble parent, celui qui l’avait tenu sur les fonts du baptême, et dont la sainteté devenait de jour en jour plus populaire (2); puis, de visiter à Marseille sa chère abbaye de Saint-Victor, où il avait goûté un bonheur qu’il ne connaissait plus peut-être sur le trône de la Papauté (5). Avant de quitter la France, il voulut revoir aussi la cité de Montpellier, où il avait longtemps professé avec succès, et où, trois années auparavant, l’abbé d’Aniane avait jeté au nom du pape les fondements d’un monastère de Bénédictins sous l'invocation de saint Benoit et desaintGermain.Cefutle 7 janvier 1307 qu’il partit pour cette ville. Il y séjourna deux mois, pendant lesquels le peuple de Montpellier ne cessa de l’honorer des témoignages solennels de son respect et de sou

(1) tl papa minaccio di privarli det cappello e di farne d’ llaliaiii. E dicendo tosto, essi si raossero luUi. (Cron. di Bologna, .Murat., t. XVUI, p. 48t.)

(2) L’abbc Rose, p 548.

(5) La chronique citée par l'abbé Rose fait entrer Urbain à Apt le 22 octobre 1565, et la 11‘ Vie d'Urbain, dans Baluze, fait partir ce pontifu de .Marseille pour Avignon le 24 octobre de la même année. Il y a sûrement rrreiir de date d'un côté ou d'un autre.

amour (voir aux Pikes justificatives n° 15) (1); puis il revint à Avignon, où l’expédition des affaires le força de s’arrêter jusqu’à la fin d’avril.

Enfin, le dernier jour de ce mois, il dit adieu au magnifique palais qu’il avait fait achever, et prit la route de Marseille (2). Il emmenait avec lui les cardinaux de Boulogne, de Bragose, d’Aigrefeuille, de Saint-Martial, de Montaigu, de Marseille, de Vilerbe et de Capoccio. Ces prélats furent les seuls qui eurent le courage d’accompagner le pape sur l’élément orageux auquel il allait confier la fortune de l’Église. Les cardinaux des Orsini, de Pampelune, de Carcassonne, de Limoges, de Beaufort, de Syracuse et de Grimoarddevaicritle rejoindre à Vilerbe, en suivant la routede terre par Bologne cl Rimini (5). Les cardinaux de Canilbac, de Blauzac et Itier restèrent à Avignon ; et, comme ils n'y furent investis d’aucune autorité (4), il y a tout lieu de croire que rien n’avait pu les décider à entreprendre le voyage d’outrc-monls. Avec les cardinaux Androin de la Roche et Ægidius Albornoz, qui commandaient, le premier à Bologne, le second dans la Marche d’Ancône, le duché de Spolcle et le Patrimoine, ces di.x-huit prélats composaient toute la cour romaine.

Ce premier jour de pérégrination, on se contenta d’aller coucher au pont de Sorgues, dans cette campagne que Benoît XII avait créée, et dont notre pontife aimait aussi le séjour. Malgré sa ferme résolution, Urbain Y semblait n’a-

(1) Hist. du Languedoc, t. IV, p. 533.

(2) Garosci de Ulmoisca, Iter italicum Urbani V; Baluze, VUæ, t. II, p. 768.

(3) Cron. di Bologna, p. 482.

(4) Ce fui PMIippe de Cabassole qui resta chargé de régir le Comtal, Avignon et son district , et d'administrer révêché de celte ville. (Collier, Notes historiques coucernant les recteurs pontificaux, in-8°, p. 73.)

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