‹ Histoire de la papauté pendant le 14. siècle avec des notes et des pièces justificatives par l'abbé J. B. Christophe (volume 2)Chapitre 12 sur 146 · C0>'STRÜCT10?( DU PALAIS APOSTOLIQUE. SI · texte numérisé non relu

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lôl même ce pontife se vit obligé de renoncer à son projet d’aller à Bologne ; car, soit que les habitants de cette ville ne fussent point encore revenus de la colère qui leur avait fait expulser le légat Bertrand du Poyet, soit que des meneurs perfides ou abusés leur eussent présenté le dessein du pape sous un jour-peu favorable à leurs intérêts politiques, lorsque les envoyés d’Avignon annoncèrent les intentions du Saint-Père, demandant qu’on préparât un palais pour lui et des livrées pour les cardinaux, ils trouvèrent les Bolonais dans des dispositions si peu bienveillantes, qu’ils revinrent aussitôt prier le pape d’abandonner son projet de voyage (1).

Dans le fait, il y aurait eu peu d’avantages pour la Papauté à retourner alors en Italie. La péninsule était loin d’être pacifiée ; la rivalité des factions y continuait toujours vive, passionnée, sanglante. La protection de Louis de Bavière donnait beaucoup d’espérance aux Gibelins, et les Guelfes ne jouissaient que d’une prépondérance précaire. D’ailleurs, ces derniers n’étaient guère plus soumis que leurs adversaires; l’autorité pontificale était aussi bien contredite par ceux qui combattaient sous ses enseignes que par ceux qui s’intitulaient ses ennemis, et Rome était de plus en plus livrée à l’anarchie.

Forcé de rester en France, Benoît XII reprit le plan de Jean XXII d’élever à la Papauté une demeure indépendante qui lui servît à la fois de palais et de forteresse; et, trouvant que les constructions de son prédécesseur ne répondaient ni par la force ni par la majesté au but qu’il s’était proposé, il démolit .à peu près ce qui existait de CCS constructions, et bâtit de l’édifice présent toute la partie septentrionale, qui confine à l'église de l!lotre-Dame avec

(1) Baluze, Vitæ, t. I, p. 199.

b liaule tour dite de Trouillas (1). Benoit XII appela près de lui les meilleurs ouvriers de l’Italie pour exécuter celle œuvre el la rendre digne de sa deslinalion. Pierre Obreri en fui l’arcliilecte cl dirigea les Iravaux. Mallicurcuscmenl nous ne savons rien de Pierre Obreri. Quelques mois de sa vie jelteraienl sans doule une grailde lumière sur l’hisloirc de son gigantesque édifice ; mais son nom seul est arrivé ju.squ’à nous. Simon Memmi de Sienne est plus connu. 11 avait été formé è l'école du célèbre Giotlo, el Icnail un rang distingué parmi les sculpteurs et les peintres de l’époque. Son biographe dit qu’on lui fit instances sur instances pour l’engager à venir à Avignon (2). Ce fut lui qui exécuta, dans le nouveau palais, les fresques où était représentée l’histoire des martyi’s (5). ,

A l’exemple du pape, les cardinaux élevèrent à leur tour pour eux-mèmes ces beaux palais contre lesquels s’indigne Pétrarque (1), tandis que la cité des apôtres tombait, disailil, en ruines. Plusieurs d’cnlreeux choisirent la rive opposée du Rhône pour y passer les mois de la belle saison, el la décorèrent de magnifiques maisons de plaisance. Le neveu de Jean XXII, Arnaud de Vié, y fonda l’église de Notre- Dame (ü), et Napoléon des Orsini y bâtit une forteresse qui subsiste encore el rivalisait avec celle des Dons. Plus lard, les souverains pontifes en firent l’acquisition, el y établirent leur résidence pendant une partie de l’année (0). Grâce au goût de la cour romaine pour la rive française du Rhône,

(1) Baluze, ViUP, loc. cil. — Fantoiii, Sloria délia ciUa d’Avignone, etc., t. I, p. 202.

(2) Vnaari sur Simon de Sienne.

(5) Ciacconiu.s, in Bencdicturo.

(4) Senil., 1. IX, ep. i.

(5) Baluze, Nota,', p. 803. — Uujiis tempore cœpeninl cardinales ædiPicia ultra ponlem facere, in qiiibus æstivo Icmpore inorabautur. (P. 226.)

(6) Id., 1. 1, p. 289.

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