‹ Histoire de la papauté pendant le 14. siècle avec des notes et des pièces justificatives par l'abbé J. B. Christophe (volume 2)Chapitre 131 sur 146 · SI · texte numérisé non relu

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c< que nous ne trouvions aucun chemin pour sortir (.1) ! »

Le 17, on vit l’antique et royale cité.d’Aix; on visita ensuite Saint-Maximin, en mémoire de sainte Magdelaine, puis Âuriol . Tout le long de la route apparaissaient de nombreuses troupes d'hommes et de femmes ; on accourait pour contempler une dernière fois ce Père chéri qu’on ne devait plus po.sséder. Tous les visages exprimaient une morne tristesse, et, par intervalles, des sanglots étouffés, un bruit tumultueux de gémissements, se faisaient entendre (2). Le 20, le cortège pontifical fit son entrée à Marseille. Elle fut remarquable par sa solennité. Tous les ordres religieux, tout le clergé de la ville, vinrent processionnellemenl à la rencontre du pape , et la foule qui se pressait sur ses pas était telle, qu'il ne pouvait qu'à grand’peine en fendre les flots. Grégoire XI descendit à l’abbaye de Saint-Victor, où reposait le corps de son illustre prédécesseur, et y passa douze jours (5). Vingt-deux galères l'attendaient dans le port. La plus grande partie de ces bâtiments appartenait à l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jcrusalem ; les autres avaient été fournis par diverses puissances. On comptait même dans ce nombre un très-beau navire que Florence avait fait éfjuiper, malgré la guerre qu'elle soutenait contre l'Église romaine. Cette flotte obéissait aux ordres du grand maître, Jean-Ferdinand d’ileredia, qu’accompagnaient les prieurs de Saint-Gilles, d'Angleterre, de

(1) llincrarinm D. Gregorii XI, auclorn Pclro Amclio Aleclcnsi, ep. Sinigagliæ, ap. Papyre Masson. Celle relation curieuse est en prose rimée.

0 Deus! quare erg» non claiiJiliir, ne iinquam seniila inrenlaliir?

(2) Id, p. 308.

Conrenit turba magna quœ ciirrit, uterque sexns Tacic immulala.

Orluntur auspiria gemitusque, rescranlur cordis serreta,

Traditur familia; cum dolct Dominus, frangiintur visrera ciincta !

(3) Id., p. 309. — Baluze, l. I. p. 4S3.

Rome, el une quantité considérable de commandeurs et de chevaliers de l'ordre.

On mil à la voile le 2 octobre. Le départ d'Avignon s'était accompli au milieu d’une affliction muette : elle n'était pas encore à son comble ; on voyageait toujours dans le pays de France, on n’avait pas dit adieu à son beau ciel. Mais, lorsque le pape et les cardinaux eurent pris place sur les vaisseaux et qu'ils sc retournèrent pour saluer d'un dernier regard ces rivages chéris, dont une brise légère les éloignait lentement, ce fut comme une explosion de douleur : « Dieu ! s’écrie notre bon historien. Dieu ! qui pourra « jamais se représenter les lamentations, les gémissements, « les sanglots, les soupirs, les rugissements qui se firent « entendre alors! Non, les douleurs de l’enfantement sont « moins cruelles que ne le furent celles d'une telle sépa- « ration ! » l,e pape lui-même pleura ; tous les visages étaient baignés de larmes, fous les cœurs étaient brisés (I). Grégoire montait la galère du grand maître Jean-Ferdinand d'Ilcredia. Le même historien nous peint cet illustre chevalier avec son air martial, sa contenance assurée, sa barbe blanche et bifurquée, maniant lui-même, malgré son grand âge, le timon du vaisseau qui portail la fortune de l’Eglise (2), On eut besoin de toute la capacité, de tout le sang-froid d’un tel pilote pour lutter conre les tempêtes

(1) Itincrariura D. (Jrcj»orii XI, etc., p. 310.

Ucus, qiils unquani coEilare poteril, quæ cl qaanla fucrint laincnla,

Ge milus, laclirimx, rugilus, mu|;itusquc, suspiria nunquam cxlilcrunl tanta, Parlus mulicrum dolorcs cxcciliinl rcccs.ius lui lcrra bcnctlicla, Doniinuslachriaiatur, «milia inaxilla laclirimis riçatur, fragunlur visccra cuncta!

(3) Id., ibid.

Crucem sanrtam fcri miles strenuus, sancti Jobannis pnccingilur balteo Gcntcm sanctam rcgil, admirallusquc pciago minatiir ano baculo,

Oarbam bifarcatam gerit scnci, lyrioque pollel vullu proccro

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