‹ Histoire de la papauté pendant le 14. siècle avec des notes et des pièces justificatives par l'abbé J. B. Christophe (volume 2)Chapitre 20 sur 146 · L,\ CROISADE ÉCHOUE · texte numérisé non relu

L,\ CROISADE ÉCHOUE

ment pouvait-elle parler de contracter un second mariage avant que la nullité du premier eût été légalement prononcée? D’ailleui’s, il y avait entre Marguerite et le marquis de Brandebourg un empêchement de consanguinité au troisième degré.

Instruit d'un projet si criminel, Benoît XII se hâta d’écrire au patriarche d’.Vquilée, pour qu’il interposât l’autorité apostolique , afin d’en empêcher l’accomplissement (1). Mais que ne peut la cupidité! Ce qui ajoutait deux belles provinces â ses domaines héréditaires parut à Louis, malgré les représentations du pape, sufiisamment légitime. Il prit son fils à part, lui montra dans l’union proposée un notable accroissement de puissance pour leur maison, et le pressa de l’accepter, et, comme le jeune prince, effrayé d’un attentat si grave aux principes de la religion et de la morale, refusait son consentement, Louis le lui arracha de force, fulmina lui-même, de sa propre autorité, le divorce de Marguerite avec le prince Jean-Henri, ainsi que la dispense de l’empêchement de consanguinité qui existait entre la princesse et son fils, et célébra leur mariage avec une pompe royale (2).

Comment, après un tel acte, Benoît XII aurait-il pu se décider à absoudre Louis de Bavière ?

Notre pontife échoua de même dans l’affaire de la croisade. On ne peut douter cependant que Philippe de Valois n’ait secondé de prime abord sérieusement ses vues. Le voyage que ce monarque fit dans le midi de la France, au commencement de l’année 1556, sembla donner les plus

(t) Raynald, ann. 1541, n° 14.

{■2} Dubraw., Hisl. Bohem., 1. XXI. — Henrici Rebdorff Annales, p. 429. Frcher y a inséré les deux diplômes de Louis concernant le divorce et l'empêchement de consanguinité. — Alb. Argent., p. 129 et seq. — Processus Clementis VI artv. Bavarum. (Raynald, ann. 1543, n" 56.)

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