‹ Histoire de la papauté pendant le 14. siècle avec des notes et des pièces justificatives par l'abbé J. B. Christophe (volume 2)Chapitre 21 sur 146 · I. II · texte numérisé non relu

I. II

6fi HISTOIRE DE LA PAPAUTÉ, LIV. VL

brillantes espérances. Philippe voyageait avec les rois de Bohème, de Navarre, une multitude de ducs, de comtes et de seigneurs. « Si chevaucha le roi ainsi parmi Bour- « gognc; cl fil tant par ses fournies qu’il vint en Avignon, « où il fut moult solennellement reçu du Saint-Père et de « tout leCollége ; et l'honnorèrentle plus qu’ils purent ; et « fut depuis grand terme là environ avec le pape et les « cardinaux; et se logeoit à Ville-Neufve près d’Avignon. « Si vint le roi d’Arragon en ce temps aussi en cour de « Rome, pour le voir cl fêter, et y eut grands fêtes, et so- « lennités ; et furent là tout le carême ensuivant.» Avignon n’avait jamais vu tant de grandeurs à la fois. Benoît XII prêcha le jour du Vendredi Saint devant les quatre monarques et leurs suites « la digne souffrance de N'otre-Sei- « gneur, et ennosta et remontra grandement la croix à « prendre, pour aller contre les ennemis de Dieu ; et si « humhlemcnl cl si doucement forma la prédication, que « le roi de France, mù de grand’ pitié, prit la croix, et « requit au Saint-Père qu’il lui voulût accorder. » Les rois de Bohême, de Navarre et d’Aragon, tous les seigneurs présents, les cardinaux Annibal de Ccccano, Talleyrand de Périgord, Gaucelin d’Eusa cl Bertrand du Poyet, imitèrent l’exemple du roi de France.

Celui-ci « fil, comme chef de cette emprise, le plus « grand cl le plus bel appareil qui oneques eût clé fait pour « aller outre mer, ni du temps de Godefroy de Bouillon, ni « d’autre (1).» Il envoya des ordres à Marseille, à Aigues- Mortes, à Lattes, à Narbonne, à Montpellier, pour armer des vaisseaux, des nefs, des carakes, des hus, des cognes, des huissars, des galées, des barges, en quantité suffisante pour recevoir soixante mille hommes, avec des provisions pour

(2) Froissard, «fri infra.

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