‹ Histoire de la papauté pendant le 14. siècle avec des notes et des pièces justificatives par l'abbé J. B. Christophe (volume 2)Chapitre 33 sur 146 · PROCÉDURES CONTRE LOUIS DE BAVIÈRE · texte numérisé non relu

PROCÉDURES CONTRE LOUIS DE BAVIÈRE

entraver son administration. Déjà la Bohême et la Moravie étaient soulevées contre lui pour venger le mariage adultère de son fils avec Marguerite et revendiquer le Tyrol et la Carinthic ; beaucoup de mécontents s'y rendaient. Une seconde lutte avec le Saint-Siège pouvait faire éclater un incendie qu’il ne serait peut-être plus en son pouvoir d'éteindre (1). Ces considérations lui firent comprendre qu’il ne s’agissait point de braver, mais de fléchir le souverain pontife. Plus que jamais, Philippe de Valois était puissant à la cour d’Avignon ; Louis se retourna de son côté, et envoya à Paris, où un nonce du pape, Guido de Calma, se trouvait déjà (2), quatre députés, savoir : le dauphin Humbert, les évêques de Bamberg et d'Àugsbourg, et Ulric, son chancelier, avec des lettres pour demander sa médiation. Philippe répondit à ces ambassadeurs qu’il n’y avait pour leur maître qu’une seule manière de se présenter convenablement devant Sa Sainteté, celle d’un sujet repentant ; qu’à ce prix il promettait une médiation efficace (5). «Nous avons plein pouvoir de traiter, repartirent « les ambassadeurs; l’empereur veut, à tout pri.v, obtenir « l’absolution du pape ; tracez vous-même les conditions « auxquelles Sa Sainteté attache l’absolution du prince. » Alors Philippe remit aux députés un acte de soumission dans lequel Louis de Bavière reconnaissait toutes scs fautes, résignait l’Empire, s’obligeant à ne le reprendre que sur le bon vouloir du pape, et plaçait sa personne, celles de

(1) Se<l ciim tandem vidil Lndoviciis; pontincis amicitia et favore esse &ibl opus ad Imperium adminislrandum et retinendum, accidissentquc ns dirOciliores, multo humilior reddilus, etc. (Mulius, Germ. Chron., I. XXIV,

(2) Raynald, ann. 1244, n° 9.

(3) Respondit Gallus legalis, si Ludovinis pelât gratiam et absolutionem, ut subditum et pœnilentem decet, se aliquid impctraturiim ab aposlolico. (Mutius, Germ. Chron., loc. cit.)

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ses enfants et scs biens entre les mains du chef de l’Église. Les ambassadeurs, sans se permettre aucune observation, signèrent cet acte ainsi conçu, et en jurèrent l’exécution au nom de leur maître.

Quand on apprit à Avignon ce qui s’était passé .à Paris entre le roi et les envoyés impériaux, l’étonnement y fut grand (1). On avait peine à concevoir qu’un prince si longtemps rebelle à l'Église, si longtemps opposé à toute réconciliation, se fût décidé tout à coup à faire, pour l’obtenir, d’aussi larges concessions, et plusieurs y soupçonnaient do l’artifice (2). Clément VI se plut ù y voir de bonnes espérances, et témoigna assez ostensiblement sa satisfaction. Louis en fut informé, et l’en remercia par une lettre datée de Landshut, le 20 septembre 1344. Ix; monarque s’y exprimait ainsi : «Saint Père, nos entrailles « se sont émues de joie lorsque des témoins dignes de « foi nous ont rapporté ce que vous avez montré de bien- « veillancc et d’affection pour nous dans l’affaire de no- « tre réconciliation. Comme un enfant soupire après le « sein de sa mère, de même notre âme soupire après notre « retour à la faveur de Votre Sainteté et de l'Eglise ro- « maiiie. Excité par la grâce divine et les paroles rassu- « rantes de celui qui nous a transmis les heureuses dis- « positions de Votre Sainteté, nous avons conçu une si « grande confiance en elle, que nous nous en remettons « pleinement à sa décision. 11 nous plaît de vous en in- « struire. » Ces témoignages si explicites de soumission, Louis les répétait encore dans les lettres qu’il adressait aux cardinaux pour leur recommander ses intérêts (3).

(1) De quo pnpa ipüe el collegium mirabanlur. (Alb. Argent., p. 153.)

(2) Dicenles inira se ; Iste humo diHidentia est perplexus. (Alb. Argent., loc. cit.)

(3) Raynald, ann. 1344. n°^ 10 et 11.

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