‹ Histoire de la papauté pendant le 14. siècle avec des notes et des pièces justificatives par l'abbé J. B. Christophe (volume 2)Chapitre 43 sur 146 · CONQUÊTE DU ROYAUME DK NAPLES · texte numérisé non relu

CONQUÊTE DU ROYAUME DK NAPLES

fût, mais seulement d’aller à Naples venger le plus odieux des attentats,' les seigneurs des villes ne concevaient aucune crainte. Jacopo da Carrara à Padoue, Mastino délia Scala à Vérone, Obizzo d’Este à Modène, les Pepoli à Bologne, les OrdelalTi à Forli, les Malatesta h Bimini, les Trinci à Foligno, semblèrent lutter dé courtoisie. Ceux qui ne se trouvaient point sur sa route, comme Lucchino Yisconli, les Gonzaga de Mantouc, les Polenta de Ravenne,lui envoyèrent des ambassades pour le complimenter ; il put même recruter dans leurs États des corps de volontaires dont il grossit son armée, déjà formidable (-1).

Au milieu de celte marche, quasi triomphale, le cardinal de Saint-Marc se présenta tout à coup au roi à Foligno, lui ordonna, de la part du Saint-Siège, sous peine d’excommunication, de borner là ses projets de vengeance, donnant pour raison que le pape avait déjà fait bonne justice des meurtriers de son frère ; que, d’ailleurs, le royaume de Naples étant un fief du Saint-Siège, une entreprise comme la sienne devait être considérée comme un attentat aux droits de l'Église. Celte brusque intimation ne déconcerta pasl^ouis; il repartit au légat que la justice n’était pas .satisfaite lorsque plus de deux cents coupables restaient encore à punir ; que le royaume de Naples lui appartenait par droit de succession, et qu’il saurait, après en avoir fait la conquête, respecter les droits du Saint-Siège ; quant à l’excommunication, elle l’inquiétait peu, car la justice de sa cause était évidente (2). Le légal ne jugea pas à propos d’insister davantage ; peut-être manquait-il à cet égard d’instructions suffisantes. Il se retira donc et laissa le monarque hongrois continuer sa marche vers les fron-

üiov. Vill., 1. XII, c. cvi. — Bonfini, Rerum Ilungar., 1. X, dec. ii.

(2) Giov. Vill., 1. XII, c. cvi.

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tières du royaume de Naples. De Foligno, Louis fil une pointe vers Ascoli, où il passa le Tronic (1), et se dirigea vers l’Abruzze ullérieure. Il arriva à Aquila la veille de Noël, y célébra celte fête et y séjourna quelque temps, pour annoncer son arrivée au duc de Duras, recevoir les soumissions des comtes de Celano, de Sonlo, de Valentino, de plusieurs autres barons des Abruzzes et y attendre la réunion des différents corps de troupes qui composaient son année (2).

Cette réunion opérée, il détacha une partie de ses forces, en donna le commandement au comte de Fondi, avec l'ordre de pousser une reconnaissance jusque sous les murs de la capitale, afin d’y porter la nouvelle et l’effroi de son arrivée. D’ Aquila, Ix)uis vint à Caslel-Veccliio, accompagné du comte de Celano. Le 27 décembre, il fil son entrée à Sermona, qui lui ouvrit ses portes et le reçut en qualité de seigneur ; de là il se dirigea sur Bruzzano par Sangiiinelo et Sarno. Nicolas de Carracciolo et Agnolo di Napoli essayèrent de résister dans deux forteresses ; ils furent attaqués, vaincus, et leurs forteresses rasées (ô).

Dès les premières nouvelles de la marche du roi de Hongrie, Jeanne et son nouvel époux, guidés par les conseils de Nicolas Acciajoli, avaient songé à se mettre en défense, et le prince de Tarente, prenant lui-même le commandement des milices du royaume, était venu se poster à Capoue, pour défendre le seul pont qu’il y eût sur le Vullurne, et couvrir la capitale. Parvenu à Bruzzano, le roi apprit, en effet, que le prince de Tarente occupait ce pont, et, jugeant qu’il lui serait difficile de passer le Vulturne sur ce point, il se contenta d’envoyer le comte de Fondi

(1) Bonliiii, nenim Uungar., toc. cit.

(2) Dom. de Grav., p. S27. — Giov. Vill.. 1. Xlt, c. ex.

(.A) Giov. Vill., toc. cil

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